DISPARU, “MISSING”: MAURICE FALARDEAU

Maurice Falardeau, réalisateur aux dramatiques, n’est plus de ce monde.

À part ses proches, ses amis, ses camarades, le grand public ignorait Maurice alors (paradoxe) que des centaines et des centaines de milliers de Québécois lisaient son nom à maints génériques tant Maurice réalisé de téléromans, émissions populaires.
C’est l’injuste sort des “derrières-les-kodaks”.

Avec son élégant physique —à la Frank Sinatra— Maurice s’installait à sa régie —apparemment— calme, serein, sûr de lui, accordant toujours son entière confiance à ses équipes, techniciens ou artistes.
Falardeau, maigre silhouette nerveuse, avait des nerfs d’acier.

C’est le souffle qui a fini par lui manquer.

Nous le croisions souvent au supermarché de Sainte Adèle, amaigri, pâle, se débattant courageusement pour un reste de santé. Dans son regard, jusqu’à la fin, brillait une espérance folle.

Au bout de sa corde, de son souffle, Falardeau meurt hélas. Un peu avant la Saint-Jean.

Il n’avait pas d’ennemis, aucun adversaire. C’était un travailleur modeste et très sûr de lui à la fois. D’une redoutable efficacité. Bon producteur aussi, c’était important cet aspect de l’ancien job de réalisateur avant les diktats des “privés, surtout fort capable de castings instinctifs inouïs. Sa force. Rien d’un intello, d’un calculateur, pas de spéculation ratiocineuses avec lui. Que non ! Il agissait. Et rapidement, très capable de respecter les délais, les devis de budget. Un homme fiable pour cette télé, suractivée il y a pas si longtemps, de la SRC.

Il reste un lumineux témoin disparu hélas, d’un temps d’heureux forçat. Le temps furibond et excitant quand la télé de Radio Canada était une ruche-aux-images estimée des foules.

Falardeau, lucide, si réaliste, a bien vu le déclin actuel. Mais, optimiste indécrottable, il espérait sans cesse un retour de flamme. Pour lui, non ! Pas de second souffle, il n’en avait plus en réserve. Aux reprises de ses émissions, on reverra son nom briller —à ARTV ou ailleurs— nous serons quelques uns qui le liront ” Réalisation: Maurice Falardeau” en nous rappelant ce gaillard imperturbable qui souriait sans cesse même à ce moment énervant quand le réalisateur ordonne: “Attention. Cinq secondes… Quatre… Prenez: “un.”

Adieu Falardeau. À Dieu…

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