Chacun sa guerre, silence dans les gradins

Poutine, un ex du KGB, pas d’accord, ne participe pas à la guerre en Irak de W. Bush. Il a la sienne. L’URSS tombant (1991), écroulement prévu, Moscou accordait l’indépendance à de nombreux satellites (forcés). Pas à tous. Pas aux Tchétchènes. Oh non ! le fédéralisme nouveau (21 républiques autonomes) ne pouvait tolérer cette…partition.
Ô Pétrole !
Aux nouvelles (radio, télé, presse) : l’Irak tous les jours et de rares bulletins sur cette guerre de Moscou à la Tchétchénie. Silence curieux, lâche, honteux. Ce terrifiant 11 septembre à New York a permis à Poutine de frapper en paix. Cette invasion buschienne en Irak permettait encore plus d’attaques, de négation à l’indépendance qu’ils avaient osé s’accorder.
Voici le temps des massacres.
Silence du monde entier ! « La cause tchétchène » ? Bah ! Bof ! Un cinéaste français (Léo Carax) a vilipendé publiquement son président Chirac : « Vous êtes un lâche ! » La complicité face à un génocide évident pue ! « Un peuple et en voie de disparition », explique Jocelyn Coulon.
Poutine rigole, dit à Bush (et aux observateurs occidentaux et ceux des Etats-Unis) : « Nous aussi, il nous faut combattre le terrorisme ». 130 otages dans un théâtre de Moscou ? On discute pas : gazés ! Aux suivants ! Un philosophe populaire de Paris, André Glucksmann : « La plaie tchétchène conduit à l’infernal, aux talibans cachés qui s’infiltrent, à Al-Qaeda…à de nouveaux Manhattan… » Silence toujours : pas de manifestants pour la Tchétchénie ravagée, tous dans les rues contre la guerre en Irak.
On se souvient : l’Arménie décapitée par les Turcs quand tout le monde regardait ailleurs « la vraie guerre » (1914-1918). . Séquelles honteuses qui empoisonnent la Turquie désormais. L’histoire, mais oui, se répète.
Tout l’Occcident —avec CNN-aux-caméras— scrute les péripéties guerrière du jour : Bagdad et alentours. À Grozny ? On a pas le temps ! Et l’horreur continue. De temps à autre, petits sursauts, par exemple dans Le Monde ou dans Libération. Grozny c’est tout de même moins loin de Londres, Washington (et Montréal) que Bagdad, non ? Les soldats des USA n’y sont pas. Aucun intérêt ! Ainsi va l’impérialisme constant, ainsi va ce curieux monde des manifs organisées, des « envoyés spéciaux », de l’ONU. « Pendant ce temps », comme disait les vieux films de western, meanwhile… une nation entière est aux prises avec toutes les horreurs d’un capitale farouchement fédéraliste dans ce cas.Grozny est en sang, massacrée, bombardée. Et ce soir, comme hier, comme demain, nous aurons les images fraîches du combat de M. Bush en Irak.
Cela a un nom : un crime. Croyez-vous, comme Milosevic, qu’une fois le génocide tchétchène terminé, le bon et brave M. Poutine devra comparaître un jour au tribunal international de La Haye ? Hum ! Le génial fabuliste Lafontaine, jadis, a parlé net : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour… ». À celui qui ose gueuler comme moi « Vive la Tchétchénie libre », le loustic rétorque : « Mais de qui, de quoi, tu parles ? Tu regardes pas le téléjournal ? »
La télévision est toute prise par « la vraie guerre » actuelle, en Irak. Il faut laisser en paix ce Poutine, il a tant de gros problèmes avec la liberté nouvelle, la presse que l’on censure, réduit au silence, la radio et la télé à contrôler. Foutez-lui la paix !
Alors, en toute quiétude, l’infernal ouvrage moscovite de fracasser un peuple, se poursuit. Un génocide arménien chasse l’autre quoi.
Réduits à rien, traqués sans cesse, dominés, manipulés, des patriotes tchétchènes se transformeront en guérilleros dangereux. Des âmes pieuses se scandaliseront quand ces désespérés passeront forcément à des attaques sanguinaires lamentables. Ils se voileront la face, ces sépulcres blanchis, iront crier aux tribunes : « Mon Dieu, en Tchétchénie, c’est encore pire que les Talibans meurtriers ! »
Car c’est cela, l’horreur chez les désespérés, qui monte, qui vient, Et dans ces bains de sang annoncés, on verra enfin CNN, et tous ses suiveurs, se précipiter à Grozny, aux furieuses barricades, aux charniers familiers… Et enfin, on parlera d’eux, on décrira —avec compétence bien sûr— leur totale désespérance.
Il sera tard, bien tard, trop tard peut-être.

MISE À MORT D’UN DÉMAGO À QUÉBEC !

Dans « la vieille capitale », pour faire taire un pathétique jeune animateur de radio, les surveillants d’Ottawa (CRTC) ont eu une idée : « On a averti l’employeur de ce jeune poltron : « Assez de grossièretés, c’est du domaine public les ondes ! » Et ils récidivent ? Simple, on va leur enlever le permis de radiodiffuser ».
Bang, de même ! Tiens, tiens, personne ne cause de ses centaines de milliers d’auditeurs. « Ah ! ah ! », dirait un pharmacien de pub. Il ne s’agit pas d’un nono sur ondes de nuit dans une station marginale hein ! Oh non, l’on publie : « Le plus populaire », battant même son mentor en polissonneries, le Roi-Arthur. Un loustic avance : « Bin quoi ? Depuis toujours, aux cirques, les monstres attirent la foule. Qu’est-ce qu’on y peut ? » C’est vite dit. Quelque part, en Scandinavie, l’on poursuit les clients des putes. Quoi faire, à Québec, avec « les clients » de ces désaxés ?
Plus de clients, plus de putains, c’est ça l’idée ? Voyez—vous la binette des auditeurs accusés (mandats en mains) d’écouter le maquereau, le « pimp », l’odieux démago ? Oh la la, la révolution. Quel sociologue va étudier la composition du vaste auditoire de ces gueules tordues ? On lirait cela avec une vive curiosité, on y retrouverait, pas seulement des routiers goguenards, anarchistes du dimanche mais du monde varié. Des intellos, des cultivés ? C’est certain. L’audace démagogique surprend, fascine. Comme le sensible, le doux, ne peut pas s’empêcher de ralentir, en voyeurs titillés que nous devenons tous, lors d’un écrapoutissement fatal sur une autoroute. Pas vrai ça ?
Restons lucides : il y a tant de menteurs, de retors en silences coupables, de langues de bois, chez les dirigeants de tout acabit (politiques, sociaux, d’affaires) qu’il devient surprenant d’entendre ces gueuleurs-sans-limite à la Filion. « Quand le simple bon sens semble du courage… c’est qu’il n’y a plus personne de raisonnable aux élites », a dit un penseur. Voilà justement leur habile recette : au sein de propos outrageux, diffamatoires où s’emmêlent libelles, médisances, rumeurs, ces hâbleurs populistes glissent des propos de bon sens. Enrobage habile ? Oui. On le chasse brutalement des ondes et plein de braves quidams, souvent citoyens respectables, montent aux créneaux actuellement : « À bas les censeurs ! Liberté, liberté chérie… ».
Cette confusion découle de quoi ? Des hypocrites qui nous gouvernent, des malins qui nous trompent, des instruits, très bien informés qui se taisent par intérêt, complices des gaspillages. Ces foules d’auditeurs bernés constamment se rabattent alors sur cet audacieux qui dit, ô illusion, « toute la vérité, lui ». La tromperie généralisée, politiquement bien organisée —démasquée si rarement ( voir le scandale des propagandes fédérates, par exemple), la gabegie, le favoritisme régnant partout, c’est cette pourriture ambiante qui fait grassement vivre les démagos rusés. Un demi-million de $ en salaire-de-la-bave par année pour ce J.-F. F.
Le « surveillant » (Crtc) de ce dortoir puant qu’est le vaste domaine des manipulateurs-du-populo va s’en prendre à quoi, à qui ? À l’effet d’une cause. Un Filion (il en viendra d’autres tôt ou tard) est seulement un effet. La cause, tout le monde s’en sacre. Le nettoyage de cette écurie polluante, d’un Augias tentaculaire, exigerait trop d’efforts. Et surtout trop de risques. Car ce bras musclé (politicien et affairiste, son jumeau) fermerait le bec de ces vigiles indispensables. Et vite !
Bonnes âmes, voilez-vous la face : « Hon ! Voir si ça a du bon sens de tels démagos ! » Continuez tacitement de tolérer, majorité trop silencieuse, les abuseurs politiques et affairistes. Quand s’approchera d’un micro un autre dénonciateur à gogo, « héroïque » dénonciateur des travers qui s’alimentera encore aux ragots de poubelles, aux bobards de ruelles, de nouveaux vous proclamerez : « Non mais… Faites-le taire ! » Dans une société libre vraiment, débarrassée des trompeurs concupiscents (avec notre argent public) plus aucun gueulard déboussolé et sans éthique ne pourrait s’installer et croître.
En attendant, qui sera le prochain exploiteur (façon Arthur ou Filon) ) de « Dame Bêtise, dont le règne est infini », chantait jadis une graine d’ananar, Léo Ferré.

copie d’une lettre ouverte envoyée aux magazines en France

M. le rédacteur,

Fred Vargas a voulu que son récent roman se déroule en bonne part au Québec.
Rien à redire.
Hélas, elle fait parler ses flics québécois dans un langage absolument farfelu. Il y a du mépris dans ce fait car personne au Québec, personne, n’emploie ce bizarre idiome qu’elle invente. Fred Vargas est actuellement la risée du lectorat de « la belle province ». Son argot imaginaire (et bien lourd)—mais quel Français ignorant du Québec l’a conseillé ?— n’a rien de commun avec le français de niveau populaire.
Certains Québécois en sont insultés et des articles dans la presse d’ici font même voir de la colère. Les Français apprécieraient-ils qu’un auteur québécois leur FORGE un patois imbuvable, faux, ridicule ? Je ne crois pas. Or, à Paris, évidement, les lecteurs de « SOUS LES VENTS DE NEPTUNE », pas familiers du tout avec la parlure dite « joual » n’y verront que du feu. Ici, on y voit une sorte de mépris, de grave paresse, voire de la fumisterie.
Vargas trompe les Français avec tous ces dialogues de policiers québécois. Leurs propos sont nuls, leur jargon niais, plus grave, « inconnu au régiment » ! On frise l’imposture. On suppose que Vargas a vécu quatre (4 ) jours à Gatineau (lieu de l’action de son polar) pour le Salon du livre de l’Outaouais ? Quelle imprudence ( impudence !)_ de sa part alors ! Quel culot de nous plaquer un langage populaire qui… n’existe pas !
Comment se fait-il qu’une telle auteure populaire —et chez un éditeur séreux et responsable— a refusé un conseiller, a refusé de soumettre son manuscrit à un Québécois. Il n’en manque pas à Paris que je sache. Oui, il y va d’une fumisterie regrettable qui est insultante pour les Québécois. Exemple: « Tais ton bec » , répété sans cesse, n’a jamais été dans le vocabulaire québécois, jamais, jamais, jamais. Il y a des douzaines de « fions » de cette encre. Quel mépris !
Claude Jasmin
Sainte-Adèle

L’HISTOIRE DU QUÉBEC ?

paru dans le Forum

De récents livres forment une excellente base. Il y en a tant. Je n’ai pas de préférence marquée. Mes réflexions viennent (découlent) de tant de lectures. Il faut tout lire. Sans cesse. Il devient clair que, sans cesse, les Canadians souhaitaient nous assimiler. Ce qui fut normal en vérité. Triomphant, nous aussi, nous aurions tenter d’aplatir L’AUTRE (nation). Ils ont fait l’ouvrage convenu de tout vainqueur, de n’importe quel colonisateur qui s’installe. Et puis l’ouvrage de tout colon nouvellement installé (pas seulement dans les Cantons de L’Est) . Le miracle…
OUI NOUS SOMMES, LA NATION QUÉBÉCOISE, DES « MIRACULÉS » DE L’HISTOIRE, DES ÉTRANGERS S’EN ÉTONNENT ET L’ADMETTENT.
Le miracle donc est que nous sommes restés (en français), UNE NATION résistante. De Résistants héroïques. Avec, hélas, à nos côtés des stipendiés (le fric versé à ces collabos) et… les peureux.
Impardonnable (ce miracle) cela pour toute « la francophobie » y compris nos chiens servants, nos valets, « les collabos », les cocus contents qui participèrent (objectivement) à toutes ces tentatives de nous assimiler en nous diluant (voir les émigrants reçus à la hâte avant le Référendum, par exemple). TOUT CELA SE FAIT DOUCEMENT, LENTEMENT, avec politesse, courtoisie et surtout HYPOCRISIE. C’est cela (ce côté SOFT) qui est vicieux, néfaste, qui fait que 4 sur 10 de nôtres ne voient pas clairement la situation politique. Ces politiques de serpent rampant aveuglaient les soumis. TOUT EST LÀ: il n’y a eu aucune agressivité apparente des Anglos et leurs assimilés. Aussi, plein des nôtres qui vont répétant: « Quoi ? ce combat des indépendantistes ? , on a une certaine autonomie, non ?
Un leurre épouvantable. Qui aveugle les étrangers en voyage rapide: « Ils se plaignent de quoi ces indépendantistes ? »
Maintenant, on tente de construire un NATIONALISME CANADIAN. Alors que ce mot, pour nos adversaires, était dégueulasse (et fasciste) il y a pas très longtemps. Or, ce Canada a un ennemi HÉNAURME: « l’américanisation ». Les Canadians sont plongés là-dedans. Le peuple canadian est  » américain » à l’os. Je ne me réjouis pas de cette horrible situation de fait, de ce handicap majeur pour les anglos du CANADA, je la constate.
Des intellos en universités (et des politiques lucides) tentent de barrer ce ravage. Pas facile. Il est trop tard !. Mais le vaste populo canadian, lui, est complètement américanisé, à Toronto comme à Vancouver, à Halifax comme à Winnipeg. Un fait têtu. Imaginez alors leur jalousie face à notre nation pas (tout à fait) encore américanisé, Dieu merci ! Par réaction, dépit, envie, jalousie, ils fessent, tous, ces fédé-rats, à tour de bras (et même nos valets serviles à la Lysiane Gagnon, à la Pratte, etc, etc, sur NOTRE nationalisme… fondé lui sur une réalité palpable. Ces médias (Convergence en effet cher Pierre Falardau) bavent, méprisent, ignorent, leurs propres lecteurs qui sont 60 % (nationalistes fermes) , 50 % séparatistes. Et pas un seul éditorialiste de notre côté. Sinon LA PORTE ! ! Anecdote savoureuse qui décèle la rage anglo-saxonne: à Mackenzie King, à Ottawa, se lamentait au Président des USA, par correspondance de notre réticence à jouer la carre LONDRES-WASHINGTOn-OTTAWA durant la guerre, le grand Roosevelt écrit à son ami: « Pourquoi vous n’organisez pas une DÉPORTATION de vos Canadiens-français comme cela fut fait en Acadie en 1755 ?  »
Édifiant non ?
Oui, il faut lire tout sur notre histoire: c’est un enseignement éclatant. Ignoré hélas de nos froussards qui votent NON à un pays, à une patrie. Il faut les éclairer, les renseigner. Il y a presque 6 sur 10 des nôtres qui comprennent l’enjeu vital. Charming indeed (ce Frank-DELANOE R.) et tous ces BLÔKES francophobes d’ici, de l’WESt et…de Washington. L’Axe (car c’est un AXE) anglo-saxon est d’une forte puissance. Ce sera un dur combat. Il est magnifique et NOUS VAINCRONS un jour ou l’autre. La Grèce a attendu 600 ans (et plus) pour sa liberté, non ?, ne nous décourageons pas. Des signes (la jeunesse mieux informée par exemple ) nous disent que notre liberté n’est plus bien loin. Je crois, optimiste toujours, qu’avant 2015, ce sera fait.
Ou bien, sait-on jamais, Ottawa défait, nerveux, (et se rendant) il y aura une véritable CONFÉDÉRATION (enfin !). Non plus cette fédération assimilatrice, issue des jeux politiques hypocrites des « PÖPAS »(ces « pères » mon cul) de la Con-Fédés réunis à Terre-Neuve, en 1867. (des gens qui fonctionnaient en vase clos, sans élections sur le sujet, avec nos pitoyables et imprudents collabos, les L.H. Lafontaine, les Cartier, etc.) oui, sans mandat, sans référendum (qu’ils auraient perdu ici). Ce 1867 qui fut du même odieux acabit que l’UNION forcée (imposée par Londres) des deux Canadas !
Moins facile que de crier en manifs, ou de s’essouffler vainement parmi les convertis en chapelle, étudions donc notre histoire (c’est de l’ouvrage !), racontons-la aux jeunes… aussi aux « vieux' » ignorants sympathiques (c’est de l’ouvrage !) et la victoire s’accomplira.
CLAUDE JASMIN

« ON THE ROAD » AVEC UNE TROMPETTE !

D’abord la peur, l’énervement. Combien de parents, de grands parents, ces jours-ci s’en font pour un enfant parti ? Parfois il (ou elle) a fui sans laisser d’adresse. Fugues maudites. Plus de nouvelles. Ponts coupés. Ça vient de m’arriver. Papi « bin » énervé ! Pas de rupture brutale, non, le cadet des garçons de ma fille, Gabriel, est parti pour tout un été, deux longs mois. Voyage en bus à travers les États-Unis. Son précieux bagage ? Une trompette. C’est un fou de musique, mon petit Gabriel. Il a assisté cet hiver à une sorte de congrès international pour Chrétiens, à Chigago. Formulaires à remplir là-bas pour candidats à un pèlerinage musical. Il le remplit. À sa grande surprise, il est accepté, élu ! Cette organisation(protestante) a formé un ensemble avec chants et orchestrations. Au début de ses vacances, il fait donc sa malle, y jette son instrument et il part. Les adieux à Dorval ! Hop, premier tour d’avion.



Gabriel et son grand-père à Sainte-Adèle

California here I come ! Premier tarmac, premier arrêt. Des répétitions pressés, stressantes, d’abord. L’angoisse de sa maman, ma fille. Et du papi aussi ! Il est parti du home sweet home et pour longtemps. Ce Celebrant Singers débutera donc là-bas, en Californie, puis ira vers le Texas, puis ce sera le Kansas… etc. Il est en Floride maintenant, à Orlando. Hier soir, au téléphone : « Salut Papi ! Ça va très bien. Chaleur intense mais on a une piscine et des palmiers ! On cherche l’ombre, je te jure ! On part bientôt pour le Nicaragua. On verra bien ! » Est-il bien ce petit garnement qu’il n’y a pas si longtemps il me semble, j’amenais jouer dans les parcs ? Il a dix-huit ans, il ne grimpe plus dans les balançoires ! Avec lui, il y a Lisa, la clarinettiste du groupe, Mark, le tromboniste, Caleb à la batterie, Mary, l’« esquimaude » soprano, Mishka née au Niacaragua, Myriam, la pianiste venue de France. Tant d’autres, sans oublier Willie-le-chauffeur dévoué de ce bus itinérant ! Mon cher petit protestant québécois is on the road, rien d’un Kérouac écrivain beatnik névrosé et surdoué. C’est un étrange et long parcours pour de jeunes croyants et mon Gabriel a eu un moment de déprime : tous ces bagages dont il est le surveillant, tous ces claviers à connecter et déconnecter chaque jour. Je lui ai parlé (son père, Marco, aussi) de ces jobs d’été si abrutissants. Sans aucune musique, oh non !

D’Orlando, c’était un Gabriel recrinqué qui me jase de son étonnant pèlerinage musico-religieux et qui me dit : « Je t’achète quoi en souvenir, papi ? » Je les sais tous pas riches et même à court d’argent (un don ? oui, dans son journal sur le Web ). Je lui dis : « Des cartes postales, Gabriel, ton papi les collectionne ». Il promet.

À son âge, je n’étais pas sorti du Québec, j’ignorais même nos belles provinces québécoises et lui, déjà, c’est les USA de part en part, les avions à prendre parfois ! Les temps ont changé, dites-vous ? Oui, beaucoup.
Gabriel Jasmin-Barrière, à son collège Regina Assumpta, jouait de la trompette. C’est toujours son bonheur. Cégepien depuis cette année, il étudie la musique au collège Vanier, rêve à un orchestre un jour, à enseigner la musique plus tard.

Le voilà donc enrôlé dans un petit ensemble, roulant d’un State l’autre et, lundi, volant au dessus du Mexique… quand, moi, à son âge, un été je polissais des sandales de plastique rue La Gauchetière, ou je rangeais des colonnes de caisses à la Seven Up un autre, ou faisais rouler les mobiles remplis de fudgicles, de popsicle, de revels chez Lowney’s, ou encore expédiais les stocks de la Brophey Umbrella, rue Clark.

Un monde nous sépare ! Je lui ai donc raconté toutes ces sueurs estivales lors de son down. Il a compris. Toujours On the road… oui, c’est dur mais valorisant à son âge.

  • Gabriel raconte son voyage dans son site web
  • Visite à un Buckingham Palace ! (envoyé spécial à St-Hyppolite)

    Je voulais voir ça une fois : plein de raides gardiens en uniformes frais repassés, médailles et guirlandes de rubans dorés aux épaules. Jardins bien jolis. Sentiers très fleuris. Grande maison champêtre. Plein d’invités. De blanches navettes vont et viennent entre les parkings et le site royal. Immense tente centrale. La représentante de la Reine d’Angleterre au Québec, patiente, trône à sa porte. Chacun, d’une longue file d’attente, à tour de rôle, bien encadré, va la saluer pieusement. Photographie aussitôt et « au suivant ». Mille fois (1,000 !), son bon sourire, quatre mots et « allez vous promener dans les jardins autour ». Saint Hyppolite flamboie au soleil de ce dimanche midi radieux.
    Une princesse de Buckingham ( cette Diana morte) était une Janus, dieu à deux visages, face à jet-set de playboys richissimes et face à œuvres de charité. Le Prince Charles est accusé de gaspillage frénétique ces jours-ci ? Que penser, à Ottawa, de Dame Clarkson gaspilleuse de notre argent : voyage supra ruineux en scandinavie, rénovation ultra onéreuse de sa demeure.
    À St-Hyppolite, Lise Thibault, Lieutenant-gouverneur du Québec , n’a plus de jambes valides et pourtant se déplace partout et sans cesse, dévouée à mille causes caritatives. Je l’admire. Sur les pelouses, tableaux et sculptures autour de la tente géante car il y aura « encan dit silencieux » en fin de journée. Images peintes convenues, ici et là, rare, du talent fort dont celui de cette Lachance-Legault qui, ma surprise, dit : « J’étais une de vos élèves en 1963 aux Arts Appliqués ». Des VIP défilent, examinant ces pontes beauxartiennes, commentent. Ici, le vieil acteur René Caron, là, Robert-Guy Scully bien vieilli, l’ex-patron de TVA, Robert L’Herbier, octogénaire encore vaillant, le Pierre Bruneau « champion en journaux télévisés » présidera l’encan. D’autres « notoriétés ». Accolades, poignées de main sans cesse.
    À l’heure du buffet : aucun alcool, que des jus ! Aucune viande, que des légumes et des fruits ! Des militaires retraités, très galonnés, veillent discrètement à l’harmonie déambulatoire de cette foule. Fêté au 50 ième anniversaire du collège Grasset, avouant mon inconduite (qui me valut « la porte » en versification), Lise Thibault se soulevait de son fauteuil roulant pour déclarer : « On doit garder aux études les turbulents comme lui, on ne sait jamais ce qui en sortira ». Nous avions ri. De là, je suppose, le carton embossé avec son invitation en lettres dorées. Vient l’heure du spectacle et l’handicapée admirable joua, avec gaieté, le MC-au-micro : « L’Ensemble Amati », beaux moments, Barbara Araya, une grasse Noire très allumée, Audrey-Mélanie Boily, espoir d’avenir, l’opératique Corneliu Montano, frais sorti de Star Académie, et, apothéose de trépidation, la vivante chorale de ce vibrant Gregory Charles, lui en soliste déchaîné.
    À l’entracte, rencontres fortuites : ça va des populistes Alice Robi, Lucille Dumont, Jen Roger aux célèbres, Ginette Reno. qui n’apprécie donc pas que les Hells, et Cie. En somme un « chiard » modeste si je le compare aux annuels « pow-wow » électrisants (à ses frais) de feu-Pierre Péladeau à son domaine adèlois. Dans ce vaste décor champêtre, je songeais aux « Jardins des Finzi-Conti », un film inoubliable, je songeais aux jardins de Westmount, chez les riches Papachristidis, quand ces richards invitaient les jeunes gens du TNM, troubadours stipendiés pour divertir les crésus, aussi à ma visite comme pauvre jeune marionnettistes chez les Beaubien d’Outremont. Où l’on nous fit dîner en vitesse chez les domestiques. Alors j’observais les serveuses et waiters de la dévouée Lieutenante-Gouverneure. Jeunes précaires travailleurs soumis qui, avec des plateaux, allaient et venaient dans les allées en silencieux valets dociles. Je me disais : l’un (ou l’une) d’entre eux racontera un jour cette fête galante, en fera l’épisode d’un monologue cruel d’humour, ou d’un film, d’un récit, d’un roman, dira : « C’était du temps que j’étais un jeune nobody servile, obéissant ».

    JAZZ : NOTRE COLONISATION SUBVENTIONNÉE !

    L’envoyé anti-monarchiste, Benjamin Franklin, avait raison en 1776 : « Ce serait moins coûteux d’acheter ce pays (alors colonie d’Angleterre) que de payer pour le conquérir ». Les choses ont changé fantôme-Franklin ? Nous deviendrons (c’est juste « pire » à Toronto) une colonie des USA. Exemple patent : ce « Festival du jazz » à Montréal. Même si aucun hôtelier montréalais n’est mon cousin, je ne voulais pas nuire à leur business. C’est fini alors parlons clair sur ce chiard subventionné par nous, cochons-de-payeurs d’impôts. Certes, le populo aime les fêtes gratuites d’entrées. La minorité d’ afionados (nantis) achètent des billets en salles et l’immense majorité va aux jam sessions extérieurs, eh, ça coûte rien ! Sauf les bières. Comprenez le soutien des brasseries. Il s’agit d’une gigantesque fiesta faite par des musiciens Étatsuniens en majorité. « Broadway P.Q. », titrait l’innocente Collard. Pleines pages pour publiciser note colonisation-USA. La toute petite poignée de jazzmen d’ici et un maigre zest de jazzeux hors-USA, n’arrivent pas à masquer Big Uncle Sam.
    Tout au long de l’année, après cette tombola géante, le jazz n’a aucune vie active dans nos murs. Nos médias font la zélée promotion d’une culture pop qui n’a aucune réalité solide au Québec. Il y a les foules, c’est gratis !, et, partant, l’illusion, le leurre. « C’est payant », titrait aveuglément Michèle Boisvert, pour les attrape-touristes des USA : restaurateurs, hôteliers et Cie. Et, via les assoiffés du début de juillet, pour les Molson, ou Labatt qui profitent du gros des subventions provenant de l’argent du peuple. Tous ces visiteurs de la Nouvelle-Angleterre voisine, État de New-York compris, montent voir Montréal : « Ce Paris sans le décalage horaire », comme dit la pub. Ils se retrouvent… chez eux ! Voyez-vous Berlin payer cher pour attirer, disons, le tourisme italien en montant tout un chiard sur leurs opéras ? Ou Bruxelles installant maints tréteaux pour illustrer « la belle Provence » ? Ou New York avec un festival mexicain ? Non, il y a un calcul clair : les « amerloques » ont du fric. Faut les traire. On
    va leur installer une gigantesque promotion de « leur » jazz. Est-ce un piège à cons ? Oui et non. Franc, les organisateurs pourraient affirmer : « D’accord, ça nous est une forme grave de colonialisme mais ça rapporte, songez aux jobs. Reste un fait têtu : ce « Festival de jazz », que le cochon-de-contribuable québécois finance, est chaque été, un gras Cheval de Troie enfonçant davantage, chaque juillet, le colonialisme étatsunien.
    Franklin a eu raison, la culture populaire USA est totalement envahissante : chansons, cinéma, télés, magazines, etc. Ajoutons-en. Un peu plus un peu moins, pas vrai ? Pensez-vous qu’un festival aux veines bien françaises aurait le même succès ? Que non ! Les voisins cossus sont, on le sait trop, agoraphobes culturellement et nombrilistes depuis toujours. Passer nos frontières et retrouver « leur » monde, hurray ! Une reporter en cuisine chic vient de le souligner : « Il y a Paris. Mais Montréal (sans décalage horaire) c’est bien mieux car ces gens sont bilingues (un récent New York Times). Compris ? Merci nos bons maîtres et « Bienvenue-Welcome » en territoire culturellement annexé. Le badaud rétorque : « Té-toé donc et achète-toé une biére, c’est gratis ! » Le badaud s’en sacre de ce colonialisme jazzé subventionné via ses propres taxes ! La vérité ? Onze mois et demi par année, le jazz d’ici (à entrée payante) n’a aucun attrait. Le festival du film de M. Serge Losique, lui, est vraiment international, celui de M. Gilbert Rozon est francophone majoritairement. Avec sa portion anglo pour les touristes. Ça va. Ce festival-jazz est un efficace collaborateur —avec notre fric— du colonialisme-USA. Ces joyeuses foules ? Il y en autant aux fêtes —gratuites d’entrée— du 24 juin, pas vrai ? Urgence : que ce festival-de-colons « niochons » se transforme vite, par exemple, en festival des musiques pop du monde. J’applaudirai. Il y a, messieurs les restaurateurs et hôteliers, une part de touristes très riches en Angleterre, Irlande, Belgique, Hollande, Allemagne, France, Italie, Espagne… Ne l’ignorez plus. À bas le colonialisme-USA !

    NOUS, LA MAJORITÉ INVISIBLE !

    Impression souvent que, même si nous formons plus de 80% de la population, nous n’existons pas. Foin de cette discrimination (positive, n’est-ce pas ?). En médias comme ailleurs, place seulement aux nouveaux venus. Il en va d’une sorte de fausse culpabilité imbécile. Cette frousse hystérique des « colonisés » de passer pour… xénophobe, raciste, etc. C’est que les « fédérats » adversaires d’un très normal nationalisme nous « garrochent » ces épithètes afin de nous faire taire. L’ère du soupçon (et du mépris) aura-t-elle une fin ? Or, des émigrants s’activent souvent à faire fleurir leur ex-nationalisme (pas moins normal). Exemple visible ? Dany Laferrière. Pas bavard sur sa nouvelle patrie. Il raconte plutôt Haïti, sa patrie abandonnée, profitant de sa chronique dominicale. Place aux… autres ! À observer ce racisme inverti (à l’envers, qui est méfiance de nous-mêmes) l’on en vient à déclarer : nous ? une majorité invisible » ! Tant pis pour les mérites, il faut absolument démontrer que nous sommes très, très tolérants. Les dirigeants, radio, télé, presse, partout, installent aux créneaux les nouveaux arrivants (Québécois à part entière, c’est entendu) par un mécanisme con.
    Personne ne va nier le regrettable nombrilisme d’antan. Ces culpabilisés sont satisfaits : trop longtemps ce fut l’ignorance des Noirs, des Latinos, un temps, des Femme et des Homosexuels. Pour corriger ce tir bien bête de jadis, l’on fonce dans un excès contraire. Voyez que je ne crains pas les sujets délicats car qui ose contester ce regrettable « racisme inverti » est vite montré du doigt et re-pleuvent les « Xénophobes, racistes, etc. » Des mots sont tabous désormais et on taxe de « ceinture fléchée » ou de « pure-laine », quiconque ose protester.
    Nos néo-Québécois vivent en majorité à Montréal. Souvent au centre-ville. L’observateur constate que l’exposure est montréaliste. exclusivement. Les provinces du Québec ? Qu’ils aillent au diable! Elles ne comptent plus. « Il n’y a de bon bec que Paris », disait-on jadis. Idem pour Montréal maintenant. On se fendra la gueule en pieux sermons pour déclamer qu’on illustrera toutes nos régions. Foutaise chaque fois. Cet auto racisme a comme conséquence : la majorité en devient invisible ! À ceux qui voient très bien ce « racisme inverti » on sort toujours la scie : « il y a des nationalistes chez certains des nouveaux venus ». C’est vrai : une infime minorité, hélas ! Peu de ces valeureux Maka Kotto. Nous sommes plus de 80 % de « descendants de colons », faux de dire « d’émigrants ». L’émigrant profite (et c’est tant mieux) des progrès d’une société devenue progressiste. Le colon, notre ancêtre, défrichait, s’installait, produisait, faisait s’épanouir une campagne, un village, une cité et il n’en allait pas ainsi des Amérindiens, cueilleurs, pêcheurs, chasseurs, nomades pour la plupart; c’était leurs coutumes, fort respectables, mais ils ne « bâtissaient pas pays » pour parler comme Vigneault.
    Concluons : au Saguenay comme en Abitibi, en Beauce comme en Gaspésie, la majorité des « nôtres » ne voit plus à tous nos écrans —nos journaux, revues, etc.— que Montréal-centre-ville. Le cosmopolitisme qui excite tant nos déracinés volontaires décideurs en médias est commun à toutes les grandes villes du monde. Avec ses ghettos habituels. L’écrivain Bruno Roy (président de l’UNEQ) vient de condamner courageusement ce multiculturalisme et il s’appuie sur des témoignages d’émigrants (ou fils d’émigrants) lucides qui craignent cette tendance néfaste : Marco Micone, Naim Kattan, Neil Bissondath et Bharati Mukhejee. Ces nouveaux-Québécois dénoncent les dangers du muticulturalisme et ces néfastes ghettos —entretenus par Ottawa pour nous minoriser, nous diluer). Ils retardent la normale, nécessaire, heureuse intégration au 80 % de la population, devenue hélas une majorité invisible.