NOUS, LA MAJORITÉ INVISIBLE !

Impression souvent que, même si nous formons plus de 80% de la population, nous n’existons pas. Foin de cette discrimination (positive, n’est-ce pas ?). En médias comme ailleurs, place seulement aux nouveaux venus. Il en va d’une sorte de fausse culpabilité imbécile. Cette frousse hystérique des « colonisés » de passer pour… xénophobe, raciste, etc. C’est que les « fédérats » adversaires d’un très normal nationalisme nous « garrochent » ces épithètes afin de nous faire taire. L’ère du soupçon (et du mépris) aura-t-elle une fin ? Or, des émigrants s’activent souvent à faire fleurir leur ex-nationalisme (pas moins normal). Exemple visible ? Dany Laferrière. Pas bavard sur sa nouvelle patrie. Il raconte plutôt Haïti, sa patrie abandonnée, profitant de sa chronique dominicale. Place aux… autres ! À observer ce racisme inverti (à l’envers, qui est méfiance de nous-mêmes) l’on en vient à déclarer : nous ? une majorité invisible » ! Tant pis pour les mérites, il faut absolument démontrer que nous sommes très, très tolérants. Les dirigeants, radio, télé, presse, partout, installent aux créneaux les nouveaux arrivants (Québécois à part entière, c’est entendu) par un mécanisme con.
Personne ne va nier le regrettable nombrilisme d’antan. Ces culpabilisés sont satisfaits : trop longtemps ce fut l’ignorance des Noirs, des Latinos, un temps, des Femme et des Homosexuels. Pour corriger ce tir bien bête de jadis, l’on fonce dans un excès contraire. Voyez que je ne crains pas les sujets délicats car qui ose contester ce regrettable « racisme inverti » est vite montré du doigt et re-pleuvent les « Xénophobes, racistes, etc. » Des mots sont tabous désormais et on taxe de « ceinture fléchée » ou de « pure-laine », quiconque ose protester.
Nos néo-Québécois vivent en majorité à Montréal. Souvent au centre-ville. L’observateur constate que l’exposure est montréaliste. exclusivement. Les provinces du Québec ? Qu’ils aillent au diable! Elles ne comptent plus. « Il n’y a de bon bec que Paris », disait-on jadis. Idem pour Montréal maintenant. On se fendra la gueule en pieux sermons pour déclamer qu’on illustrera toutes nos régions. Foutaise chaque fois. Cet auto racisme a comme conséquence : la majorité en devient invisible ! À ceux qui voient très bien ce « racisme inverti » on sort toujours la scie : « il y a des nationalistes chez certains des nouveaux venus ». C’est vrai : une infime minorité, hélas ! Peu de ces valeureux Maka Kotto. Nous sommes plus de 80 % de « descendants de colons », faux de dire « d’émigrants ». L’émigrant profite (et c’est tant mieux) des progrès d’une société devenue progressiste. Le colon, notre ancêtre, défrichait, s’installait, produisait, faisait s’épanouir une campagne, un village, une cité et il n’en allait pas ainsi des Amérindiens, cueilleurs, pêcheurs, chasseurs, nomades pour la plupart; c’était leurs coutumes, fort respectables, mais ils ne « bâtissaient pas pays » pour parler comme Vigneault.
Concluons : au Saguenay comme en Abitibi, en Beauce comme en Gaspésie, la majorité des « nôtres » ne voit plus à tous nos écrans —nos journaux, revues, etc.— que Montréal-centre-ville. Le cosmopolitisme qui excite tant nos déracinés volontaires décideurs en médias est commun à toutes les grandes villes du monde. Avec ses ghettos habituels. L’écrivain Bruno Roy (président de l’UNEQ) vient de condamner courageusement ce multiculturalisme et il s’appuie sur des témoignages d’émigrants (ou fils d’émigrants) lucides qui craignent cette tendance néfaste : Marco Micone, Naim Kattan, Neil Bissondath et Bharati Mukhejee. Ces nouveaux-Québécois dénoncent les dangers du muticulturalisme et ces néfastes ghettos —entretenus par Ottawa pour nous minoriser, nous diluer). Ils retardent la normale, nécessaire, heureuse intégration au 80 % de la population, devenue hélas une majorité invisible.

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