« ON THE ROAD » AVEC UNE TROMPETTE !

D’abord la peur, l’énervement. Combien de parents, de grands parents, ces jours-ci s’en font pour un enfant parti ? Parfois il (ou elle) a fui sans laisser d’adresse. Fugues maudites. Plus de nouvelles. Ponts coupés. Ça vient de m’arriver. Papi « bin » énervé ! Pas de rupture brutale, non, le cadet des garçons de ma fille, Gabriel, est parti pour tout un été, deux longs mois. Voyage en bus à travers les États-Unis. Son précieux bagage ? Une trompette. C’est un fou de musique, mon petit Gabriel. Il a assisté cet hiver à une sorte de congrès international pour Chrétiens, à Chigago. Formulaires à remplir là-bas pour candidats à un pèlerinage musical. Il le remplit. À sa grande surprise, il est accepté, élu ! Cette organisation(protestante) a formé un ensemble avec chants et orchestrations. Au début de ses vacances, il fait donc sa malle, y jette son instrument et il part. Les adieux à Dorval ! Hop, premier tour d’avion.



Gabriel et son grand-père à Sainte-Adèle

California here I come ! Premier tarmac, premier arrêt. Des répétitions pressés, stressantes, d’abord. L’angoisse de sa maman, ma fille. Et du papi aussi ! Il est parti du home sweet home et pour longtemps. Ce Celebrant Singers débutera donc là-bas, en Californie, puis ira vers le Texas, puis ce sera le Kansas… etc. Il est en Floride maintenant, à Orlando. Hier soir, au téléphone : « Salut Papi ! Ça va très bien. Chaleur intense mais on a une piscine et des palmiers ! On cherche l’ombre, je te jure ! On part bientôt pour le Nicaragua. On verra bien ! » Est-il bien ce petit garnement qu’il n’y a pas si longtemps il me semble, j’amenais jouer dans les parcs ? Il a dix-huit ans, il ne grimpe plus dans les balançoires ! Avec lui, il y a Lisa, la clarinettiste du groupe, Mark, le tromboniste, Caleb à la batterie, Mary, l’« esquimaude » soprano, Mishka née au Niacaragua, Myriam, la pianiste venue de France. Tant d’autres, sans oublier Willie-le-chauffeur dévoué de ce bus itinérant ! Mon cher petit protestant québécois is on the road, rien d’un Kérouac écrivain beatnik névrosé et surdoué. C’est un étrange et long parcours pour de jeunes croyants et mon Gabriel a eu un moment de déprime : tous ces bagages dont il est le surveillant, tous ces claviers à connecter et déconnecter chaque jour. Je lui ai parlé (son père, Marco, aussi) de ces jobs d’été si abrutissants. Sans aucune musique, oh non !

D’Orlando, c’était un Gabriel recrinqué qui me jase de son étonnant pèlerinage musico-religieux et qui me dit : « Je t’achète quoi en souvenir, papi ? » Je les sais tous pas riches et même à court d’argent (un don ? oui, dans son journal sur le Web ). Je lui dis : « Des cartes postales, Gabriel, ton papi les collectionne ». Il promet.

À son âge, je n’étais pas sorti du Québec, j’ignorais même nos belles provinces québécoises et lui, déjà, c’est les USA de part en part, les avions à prendre parfois ! Les temps ont changé, dites-vous ? Oui, beaucoup.
Gabriel Jasmin-Barrière, à son collège Regina Assumpta, jouait de la trompette. C’est toujours son bonheur. Cégepien depuis cette année, il étudie la musique au collège Vanier, rêve à un orchestre un jour, à enseigner la musique plus tard.

Le voilà donc enrôlé dans un petit ensemble, roulant d’un State l’autre et, lundi, volant au dessus du Mexique… quand, moi, à son âge, un été je polissais des sandales de plastique rue La Gauchetière, ou je rangeais des colonnes de caisses à la Seven Up un autre, ou faisais rouler les mobiles remplis de fudgicles, de popsicle, de revels chez Lowney’s, ou encore expédiais les stocks de la Brophey Umbrella, rue Clark.

Un monde nous sépare ! Je lui ai donc raconté toutes ces sueurs estivales lors de son down. Il a compris. Toujours On the road… oui, c’est dur mais valorisant à son âge.

  • Gabriel raconte son voyage dans son site web
  • 2 réponses sur “« ON THE ROAD » AVEC UNE TROMPETTE !”

    1. Merveilleux pour un jeune de cet âge. Quelle belle expérience.
      Ce qu’on a pas eu la chance de faire étant d’une autre époque.
      Je suis de la vôtre (époque). On trimait plus dur que ça pendant nos vacances. Mais quelle belle époque quand même.
      Je lui souhaite de réussir son rêve futur dans la musique.
      Liliane Guérard (amie de Jacqueline Depocas Barrière)

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