MISE À MORT D’UN DÉMAGO À QUÉBEC !

Dans « la vieille capitale », pour faire taire un pathétique jeune animateur de radio, les surveillants d’Ottawa (CRTC) ont eu une idée : « On a averti l’employeur de ce jeune poltron : « Assez de grossièretés, c’est du domaine public les ondes ! » Et ils récidivent ? Simple, on va leur enlever le permis de radiodiffuser ».
Bang, de même ! Tiens, tiens, personne ne cause de ses centaines de milliers d’auditeurs. « Ah ! ah ! », dirait un pharmacien de pub. Il ne s’agit pas d’un nono sur ondes de nuit dans une station marginale hein ! Oh non, l’on publie : « Le plus populaire », battant même son mentor en polissonneries, le Roi-Arthur. Un loustic avance : « Bin quoi ? Depuis toujours, aux cirques, les monstres attirent la foule. Qu’est-ce qu’on y peut ? » C’est vite dit. Quelque part, en Scandinavie, l’on poursuit les clients des putes. Quoi faire, à Québec, avec « les clients » de ces désaxés ?
Plus de clients, plus de putains, c’est ça l’idée ? Voyez—vous la binette des auditeurs accusés (mandats en mains) d’écouter le maquereau, le « pimp », l’odieux démago ? Oh la la, la révolution. Quel sociologue va étudier la composition du vaste auditoire de ces gueules tordues ? On lirait cela avec une vive curiosité, on y retrouverait, pas seulement des routiers goguenards, anarchistes du dimanche mais du monde varié. Des intellos, des cultivés ? C’est certain. L’audace démagogique surprend, fascine. Comme le sensible, le doux, ne peut pas s’empêcher de ralentir, en voyeurs titillés que nous devenons tous, lors d’un écrapoutissement fatal sur une autoroute. Pas vrai ça ?
Restons lucides : il y a tant de menteurs, de retors en silences coupables, de langues de bois, chez les dirigeants de tout acabit (politiques, sociaux, d’affaires) qu’il devient surprenant d’entendre ces gueuleurs-sans-limite à la Filion. « Quand le simple bon sens semble du courage… c’est qu’il n’y a plus personne de raisonnable aux élites », a dit un penseur. Voilà justement leur habile recette : au sein de propos outrageux, diffamatoires où s’emmêlent libelles, médisances, rumeurs, ces hâbleurs populistes glissent des propos de bon sens. Enrobage habile ? Oui. On le chasse brutalement des ondes et plein de braves quidams, souvent citoyens respectables, montent aux créneaux actuellement : « À bas les censeurs ! Liberté, liberté chérie… ».
Cette confusion découle de quoi ? Des hypocrites qui nous gouvernent, des malins qui nous trompent, des instruits, très bien informés qui se taisent par intérêt, complices des gaspillages. Ces foules d’auditeurs bernés constamment se rabattent alors sur cet audacieux qui dit, ô illusion, « toute la vérité, lui ». La tromperie généralisée, politiquement bien organisée —démasquée si rarement ( voir le scandale des propagandes fédérates, par exemple), la gabegie, le favoritisme régnant partout, c’est cette pourriture ambiante qui fait grassement vivre les démagos rusés. Un demi-million de $ en salaire-de-la-bave par année pour ce J.-F. F.
Le « surveillant » (Crtc) de ce dortoir puant qu’est le vaste domaine des manipulateurs-du-populo va s’en prendre à quoi, à qui ? À l’effet d’une cause. Un Filion (il en viendra d’autres tôt ou tard) est seulement un effet. La cause, tout le monde s’en sacre. Le nettoyage de cette écurie polluante, d’un Augias tentaculaire, exigerait trop d’efforts. Et surtout trop de risques. Car ce bras musclé (politicien et affairiste, son jumeau) fermerait le bec de ces vigiles indispensables. Et vite !
Bonnes âmes, voilez-vous la face : « Hon ! Voir si ça a du bon sens de tels démagos ! » Continuez tacitement de tolérer, majorité trop silencieuse, les abuseurs politiques et affairistes. Quand s’approchera d’un micro un autre dénonciateur à gogo, « héroïque » dénonciateur des travers qui s’alimentera encore aux ragots de poubelles, aux bobards de ruelles, de nouveaux vous proclamerez : « Non mais… Faites-le taire ! » Dans une société libre vraiment, débarrassée des trompeurs concupiscents (avec notre argent public) plus aucun gueulard déboussolé et sans éthique ne pourrait s’installer et croître.
En attendant, qui sera le prochain exploiteur (façon Arthur ou Filon) ) de « Dame Bêtise, dont le règne est infini », chantait jadis une graine d’ananar, Léo Ferré.

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