LE DUR DÉSIR DE LA DURÉE

Il a 30, 40 ans. Ou 50. Peu importe. Il se rend compte que le désir n’est plus au rendez-vous comme quand il l’a connue, courtisée, épousée. Quoi faire pour retrouver les ardeurs des commencements de leur histoire d’amour ? Il a peur et il s’étonne de voir qu’il reluque sans cesse d’autres femmes. Se dirige-t-il vers « une séparation » pour cause de « non-désir », cela le panique. Puisqu’il sait bien, ce qui est absolument démontré, que la fracture familiale cause du grave désarroi pour les enfants. Des traumatismes psychologiques très graves. Pas de ça ! Jamais ! Plutôt… Des béquilles. Le voyeurisme, les films 3 X. Tiens, mieux que béquilles, le grand jeu : cotiser à un club où les « peureux du divorce » s’échangent leurs « fidèles » compagnes.
Paraît que l’idée vient d’abord toujours des mâles. Des juges viennent de palabrer sur ce bordel pour mariages en naufrage. On a pu lire des propos sains, de grand bon sens et d’autres (il y a des avocats-juges détraqués) d’une grande navrante niaiserie.
Notre monde est rempli de paresseux. D’incapables d’imagination, de fantasmes normaux, de gestes galants annonciateurs. Au diable les prémisses : l’épousée doit être une « marie-couche-toi-là » disponible ! Plein d’hommes ne font rien pour entretenir l’érotisme au foyer conjugal. Pas de tendresse, pas la moindre caresse, même pas un baiser volé. À moins d’être au lit. Jamais de propos érotiques. Au moment du dormir, je m’allonge, tu t’allonges, et, merde… rien ne vient ! Oui, des fainéants : jamais d’apéritifs, jamais de préalables, jamais la moindre manifestation d’érotisme avant l’heure du coucher. Résultat ? La libido boude ! C’est inévitable. Alors, après trop de pannes de désir :si on fréquentait le lupanar-échangiste, ne sera-t-il pas toléré officiellement bientôt ? Entre mariés consentants (c’est le macho-commandeur qui invite), aucun danger de descente policière. Club privé. Il y eut jadis une « mode communes » à gogo, on a lu dans des témoignages post-hippisme que la jalousie, éternelle denrée humaine n’est-ce pas ?, « démoda » vite ce « mode » d’existence. Chez ces échangeurs à trafic bestial c’est le regroupement et des « peureux de la séparation », il y a les enfants !, et aussi des exhibitionnistes avec les voyeurs, et aussi des impuissants domestiques. Sortis du bouge, ils vont re-baiser par fixations, par personne interposée : infidélité permanente et masquée. Une tromperie qui ne dit pas son nom. Tous cocus quoi au fond ! Atmosphère décadente à souhait.
À la porte de l’antre devrait s’afficher de ces placards routiers marqués « INTERDIT ». On y lirait, dans un anneau rouge barré : INTERDIT D’AIMER, car la copulation, la fornication, c’est l’antipode de l’amour humain. Le club d’échangistes c’est la sexualité des bêtes : on se renifle et hop, on se saute ! La misère érotique à domicile, répétons-le, naît de la paresse érotique. C’est une indigence pitoyable. Le plus souvent, la faute des gars. Le jeune courtisan enflammé d’antan se muait en fainéant. Jamais un mot de tendresse de tout le jour, jamais le moindre enlacement…. alors, arrivé au lit, on passe à la caisse avec la facture méritée : zéro, patate ! Séparés, ces hommes machinaux, machos, se retrouveraient vite au même degré du manque de désir. À la même stérile, vicieuse, dangereuse, tentation d’aller « échanger ». Qui ne connaît pas des cas de libertins déboussolés qui en firent d’abord une névrose, puis, plus tragique, une psychose. Ce sera le cabinet de psychiatrie. Eh !
Par souci de liberté et pour paraître bien modernes, des juges ignorants de la psychologie humaine, rédigèrent volontiers du « laisser-aller », « laisser faire ». C’est l’illustration de leur courte vue sur les dégâts prévisibles. Que ces bordels privés pullulent ou non, le problème restera : c’est celui du désir jamais entretenu et de l’érotisme bafoué hors de la chambre à coucher. Par ignorance, par paresse. Souvent par puritanisme, le « un homme marié n’a plus à faire du sentiment, des caresses, des préliminaires » et « Il y a les enfants qui nous regardent ». Pruderie idiote ! Comme si les enfants sont malheureux de constater un papa amoureux, caressant, désirant. Là-dessus trop d’hommes sont encore écrasés par le sordide héritage judéo-catholicard. Jeunes gens, vite, à l’ouvrage érotique, on ne parle pas de cochonneries où la femme n’est qu’un objet à avilir, il y a de très beaux livres érotiques, ne soyez pas paresseux. Sinon ? Le malheur vous guette de devoir aller un jour à ces bordels à échangeurs-de-peaux-seulement. Là où rien ne s’arrangera hormis une honte inavouable.

DES MENSONGES CALCULÉS ?

  • Article envoyé à LA PRESSE. Va-t-on le publier ? À suivre !
  • M. Boisvert et puis après, M. Pratte, argumentent que les scores des référendums (pour la souveraineté) au sein de deux fédéralismes (s’écrasant) furent très forts. Bien mieux que le chétif 51 % espéré ici. C’est très vrai. Les deux journalistes omettent cependant de dire que Moscou (ou en capitale de la Serbie), on n’a pas vu le féroce déploiement propagandiste d’Ottawa. L’URSS a laissé les citoyens des pays baltes se décider entre eux. Ceux d’Ukraine ou de Georgie aussi. Et puis le fédéralisme soviétique s’effondra dès 1991-1992.
    Certes, la fédération yougoslave, fort énervée, entraîna des luttes armées qui, désormais, lui font honte mondialement. Milosevic est détenu au tribunal international en « assassin » honni. Peu importe, malgré ces « hénaurmes » bavures (bosniaques surtout), Croatie, Slovénie, etc., obtinrent la souveraineté souhaitée. Comme il en alla de même dans la petite fédération Tchécoslovaque, Tchèques et Slovaques se sépararèrent sans que Prague dépense des millions en folle propagande pour nuire aux Slovaques.
    Un fait demeure: Lithuaniens, comme Lethoniens, d’autres, ont pu mener leurs référendums indépendantistes sans les attaques vicieuses à la sauce ottawaïenne. Dans tous ces pays de nouveau souverains, point de ces horribles « Chuck » Guité et compagnie, réquisitionneurs de tous les placards en terre québécois, petits, moyens et grands. Les mensonges (par omission) de M. Boisvert et M. Pratte n’honorent pas leur objectivité, oh que non !
    C’est certain: on ne peut pas rêver d’un engagement officiel d’Ottawa qu’en cas de référendum nouveau entre partis politiques québécois, le gouvernement fédéral central n’y prendrait aucune part. Alors ? C’est l’impasse, les dés pipés. « Un jeu injouable », comme disent avec bon sens et raison MM. Laplante de l’Action nationale et Jacques Parizeau.
    Et, ainsi, l’argumentaire (menteur) des commentateurs ci-haut nommés coule. À pic !

    DÉBATTRE D’ABORD ?

    Indépendantistes, libéraux ou conservateurs, peut-on être à la fois pour Landry et pour Parizeau ? Le bon « vieux Brière » et ses supporteurs enrageront, et tant pis, il semble à plusieurs (de mes entourages) que le jeune (!) Bernard Landry a bien prouvé ses capacités de chef de parti, à bien montré ses talents inouïs, a fort bien démontré qu’il serait un fameux chef lors d’une prochaine campagne électorale québécoises. Il est resté jeune, c’est tout à fait clair. Demandons-lui de mieux examiner calmement, avec les délégués-membres du parti, n’importe quel un sujet de débat, lors du congrès d’orientation du début de 2005, dans cinq mos quoi.
    Jacques Parizeau a expliqué —avec claires raisons— que « la donne » référendaire est pipée. Qu’un autre référendum entre Québécois sera encore faussée. « Partie pas jouable », a-t-il dit dans La Presse. Vrai. Très vrai. Une loi québécoise (limite de 5 millions en dépenses) sera bafouée de nouveau par Ottawa anxieux. Et, ainsi, on se retrouverait, une fois de plus, plus ou moins proche du vain 50-50. Ce sera encore l’impasse face aux gigantesques fonds fédéraux —propagandes et commandites à gogo à coups de millions de piastres. Que faire, dirait Lénine. Débattons-en. Un débat (en congrès démocratique ) n’a rien à voir avec les trop pressées condamnations d’arguments, de propositions de solutions.
    « Ça divisera… » dit le peureux prudent. Pis ? Il y aura vote. Avec, forcément, une majorité, mince ou grosse. Sujet de discussion démocratique: pour ou contre une élection référendaire suivie d’un référendum sur une constitution québécoise. « On passe au vote », dira le président d’assemblée après les discussions. L’on devra se rallier à une majorité. L’Important est d’abord d’en débattre entre militants, non ? Le chef d’un parti se doit de batailler pour la solution votée en un tel congrès. Et cela, sans faire ni menace, ni « chantage à la démission », ce que le regretté René Lévesque fit deux fois, hélas ! S’il me venait une forte idée (à moi ou à quelqu’un d’autre) et que je l’expose sur deux pages dans La Presse, est-ce que le chef du parti va  » l’écrapoutir » avant le congrès ? Ce serait fort décevant. Bernard Landry a le rôle précieux d’un chef ouvert à toutes les idées, à toutes les suggestions, à tous les membres d’un congrès. Certes il aura le droit, comme tout le monde en congrès, d’exposer son avis sur le projet élu. Une voix égale à celle des autres délégués, bien entendu avec le poids moral du chef. Mais tenter de condamner à mort une proposition pas encore débattue convenablement (donc avant le congrès) serait une bêtise, un déni de démocratie ouverte.

    LE FACTEUR SONNÉ TROIS FOIS, OUELLET !

    CORRIGÉ
    À Ottawa, le grand-manitou des facteurs, André Ouellet, rentre penaud dans ses terres. Il déclare (en démissionnant) qu’avec un gouvernement liberal majoritaire il aurait pu s’accrocher à son trône à dépenses somptuaires. Deux millions de notre argent public en dépenses diverses, voyages, avions, limousines, bouffes luxueuses, frais de « représentation ». Un favoritisme qui fait passer les vieux duplessistes pour des enfants de chœur ! En sept ans, ce fut (les rapports officiels l’affirment ) un gaspillage du trésor public éhonté.
    Cette fiole, « Chef des facteurs », était sa récompense (mieux que sénateur, cher Jean-Lous Roux) pour avoir combattu, férocement le normal nationalisme des québécois sous P.E.T., Chrétien et Cie. Du temps qu’il était député, puis ministre, ce devenu « gros jean comme devant » déployait une énergie diabolique pour dépeindre les patriotes du Québec en hordes de sataniques fascistes, de racistes. Dédé O. ne ménageait pas sa folle monture pour diaboliser RenéLévesque. Un recherchiste pourrait maintenant publier un catalogue dégueulasse de ses fallacieux arguments, avec, en addenda, la liste de ses injures grossières, de ses insultes écœurantes. Le public d’ici se ferait rafraîchir la mémoire.
    L’ex-ministrable-Ouellet avait bien mérité —pas de la patrie— du système liberal centralisateur. Ses tentatives de torpillage anti-Québec, tout azimuts, nous le montrait comme un loose canon aux tribunes de ses « tits-zamis » les déracinés. Un gueulard, traître stipendié pour combattre la patrie à faire naître. Ses monstrueuses attaques sur tous les hustings trudeauistes montraient le zèlote démonté, le valet tout dévoué à l’establishment fédérateur centrifuge. Ce Québec-à-Ouellet devait rester « une province comme les autres ». Au bout de ces décennies le tribun hystérisé par Québec s’affirmant (sous Lesage, Jonhson Sr, Bourassa, Ryan et Johnson Jr, des réformistes ), au bout de son pèlerinage Dédé O. récolta son salaire-de-Judas : Pdg-facteur. Maintenant sonné, fini les folies, les voyages princiers aux tarmacs de tous les aéroports, le patronage familial, les frais payés par le cochon-de-payeur-de-taxe que nous sommes tous.
    Hélas pour le dépensier débonnaire, Chrétien-l’auberge-Golf fut jeté hors-parti. Débarrassé, Powl Martinn, le chasse-Chrétien, tapait d’un pied nerveux : « La porte, M. le Facteur » ! D.O. vient enfin de la passer. Mais on n’a encore rien vu car la vraie enquête va débuter, risque effroyable pour des minoritaires ! Les révélations (more to come ) achèveront d’étaler les nauséabonds tripotages libéraux, tout cela au vu et au su du ministre des finances du temps !
    Alors quoi ? Élections encore :« vague bleue » ? Le Canada-anglais stupéfié optera pour un autre « beau risque », sauce-mulroney. La droite va vite se centraliser, et hop : virage coast to coast. Voici donc venir la fin des haricots pour tous ces
    magouilleurs. Le gang-à-Chrétien-Martin aura fait voir le fatal sort des nôtres (de Shawinigan à LaSalle) quand ils partent pour
    Ottawa. Nous trahir et s’engraisser. Ces porcs-frais made-in-Kouaybek, élus par une machine « à argent et à ethnies » (les encanadianisés à toute vitesse) ont encore leurs groins luisants. Le facteur-Ouellet, sac bien rempli en bandoulière, ne fait voir que l’apic d’un iceberg. Attendons l’enquête publique qui s’ébranle :une banquise merdique qui va puer énormément.
    Le pus grave ? Ces voleurs du peuple feront un mal néfaste à la démocratie. C’est le pire risque. Plein de jeunes citoyens, vomi aux lèvres, diront : « Compris. Je n’irai plus voter ». Ces amoraux irresponsables (des francophones trop souvent) entreront dans les manuels scolaires d’histoire du Canada, en de sombres pages. On lira un jour, pages « fin du siècle récent » : un certain Québécois, André Ouellet, enragé fou du centralisme fédéraliste, a rendu le plus noir service à sa cause.

    OKA, OKA, MORNE PINÈDE !

    Le Waterloo de Charest ? Une vraie farce : Kanesatake. Une fausse banlieue ce Oka-sur- Sulpiciens. Un petit village. Un petit ghetto. Et sept (7) chefs ! Et le gouvernement québécois nerveux. Silencieux, attentif et mou. Sans souveraineté aucune. « Mais quoi? Comprenez nos prudences :il y a Ottawa et son ministère en Amérindiens ». Ah oui, du guignol cette chicane à répétition ! La pagaille dure entre membres d’un clan, d’une tribu. Des enragés incendient une maison de chef et pas de coupable clair encore ! Belle leçon au public, édifiant non ?
    Un élu exilé… à Laval ! Trois (3 sur 6 et un branleux ) chefs dissidents. Scrutin électoral en danger ! Un mini-carnaval absolument ridicule. Poste de police saccagé, chef de police (Thompson) qui démissionne. Motif : « la SQ et la RCMP ne nous protègent pas », dit-il ! Quoi ? On veut la liberté totale mais on veut aussi nos polices ? Ouen ! C’est surréaliste. C’est l’effet d’une vaste culpabilité. L’histoire d’aujourd’hui illustre sans cesse la paralysie qui découle de… l’histoire. Une honte diffuse. Le passé qui taraude. Un peu partout dans le monde, c’est porte ouverte aux chantages. Les dominants d’un temps, d’hier ou d’il y a longtemps, marchent sur des oeufs. Aux USA pour le racisme anti-Noirs, les esclaves. En Nouveau-Brunswick, pour les déportés de 1755. En Turquie pour le génocide des Arméniens. Ici, au Québec pour les incessants efforts pour nous diluer, nous assimiler. Face à nos patriotes un Trudeau déraciné volontaire, fédérat hystérique, criant : « Les Québécois, un peuple de maîtres-chanteurs. »
    N’empêche, se mettent alors en place la discrimination positive ( politique ) et aussi l’inertie, les gouvernants immobilisés. « …Plus rien ne bouge », chantait Brel. À Oka et banlieue, plus rien ne bouge. Voilà où ça conduit les installations de ghettos. Des minorités s’en vantent : « Ils ont peur, ils sont culpabilisés, profitons-en, ils nous laisseront faire n’importe quoi ». Feu aux maisons, feu au poste de police ! Et quoi encore ? assassinat planifié ? Ça viendra ? La peur s’installe alors, même chez les élus du village amérindien. Ottawa s’inquiète et recommande : « que les opposants fassent de la médiation ». En clair : « Débrouillez-vous maudits sauvageons, on refuse de s’en mêler. » Frais d’avocats en vue, oh la la ? Frais de body-guards itou ! Une rencontre a eu lieu mercredi le 12 et… dehors les médias ! Huis-clos, pourquoi donc ? Belle démocratie ! Un certain Joey Day sera accusé d’incendiat mais l’élu, James Gabriel (la victime) est discrédité, et raidement. Les villageois iront-ils voter —le 4 septembre, selon les dissidents, le 5 octobre pour les gabrieliens— ben, on a peur de la peur…des représailles.
    Non mais… Pour le loustic qui se gratte le coco redisons la cause première, la racine de ce mal, des niaiseries pégrieuses (Warrriors, trafics d’armes et de tabac), c’est la culpabilité des Blancs. Le colonisateur, dont les Seigneurs-prêtres zélés évangélistes, les Sulpiciens) déménageait ces dangereux Peaux-Rouges, alors réunis au Sault d’Ahuntsic. « Clan Panneton en soutanes » et déménagement obligatoire à la nouvelle « mission catho » aux rives du Lac des Deux-Montagnes. Oka, « poisson doré », un enclos. Un ghetto.
    Défaite de 1759 et alors à Oka, feux, batailles, émeutes : « Adieu curés papistes ! On va virer protestants et anglophones ». Ghetto qui dure néanmoins. Il aurait fallu intégrer normalement les indigènes. Quoi ? Donner les mêmes droits à des « sauvages » mal dégrossis, que les Anglais n’arrivaient pas bien à génocider —avec les couvertures infestées du noble Amherst. Ottawa installera donc des ghettos nommés des « réserves », un racisme soft qui ne dit pas son nom. « C’est pour mieux vous protéger, mes enfants (rouges) ! » Ouen, ouen ! Oka ? Une semi-réserve à ententes floues. Oka aujourd’hui : c’est sept chefs en querelles et du banditisme. Et la paralysie humiliante de Jean Charest et ses ministres, celle des autorités policières.
    La sotte culpabilité blanche est une impasse, est néfaste et engendre encore ce ravage démocratique. En 2004.

    L’IMPASSE « PORNOCRATIE »

    Ne faisons pas la bête voulant faire l’ange. Nous sommes, tous, à des degrés divers, des voyeurs. Pourtant le voyeurisme, disons pathologique, est le signe clair du piètre inactif, de l’impuissant. Jeunes gens refusez, fuyez vite, cette évasion délétère. Quand la porno —mimodrames répétitifs à femmes-objets, à femmes-esclaves— sert à secrètement tromper la femme —ou l’homme— qui nous ne excite plus du tout et dont on ne veut pas se séparer : il y a les enfants, il y a l’installation confortable, ceci et cela. Une calamité qui accable ceux qui vont discrètement à la section « porno » du vidéoclub.
    Sa complaisance forcenée face à ce voyeurisme maladif conduit souvent à une sorte de névrose fatale. Je viens de lire dans l’hebdo « Ici », un accablant témoignage, très franc, très triste. Un certain Luc Forest raconte sa chute. Désormais ce Luc n’est plus que l’esclave volontaire, très consentant, de films cochons. En découle, un affligeant onanisme, une solitude déplorable. Une existence ratée, une vie de célibataire « isolé de la vraie vie ».
    Que s’est-il passé pour tous ces déplorables Luc qui « sortent de la vie réelle » ? Luc raconte : il a maintenant 51 ans, à 40, il sort du placard (« quosse ça donne ? » Il en espérait quoi au juste ? Luc déclare que sa communauté (homosexuelle) n’en a que pour les beaux corps parfaits. En va-t-il tellement autrement chez les hétéros ? Comme ce Luc n’a rien d’un Adonis, il l’admet volontiers, il semble qu’il ne peut —ou ne veut— songer à ce cher « mariage » (tant dédaigné chez les hétéros !) tant souhaité par certains militants. Sont-ils si nombreux qui souhaitent « la vie de couple » ? Nous n’avons pas de statistiques pour compter les homos des deux tendances : ceux aux furtives aventures seulement copulatives, ceux rêvant du couple stable, humanistes.
    L’amour épanouissant, selon moi, n’a rien à voir avec la fornication ou la pulsion subite de possession, le couraillage de beaux éphèbes. Qu’il faut payer comme les putes classiques.
    D’abord Luc a voulu fuir les « lieux » officiels, le Village, les saunas-bordéliques, les bars à dragues ouvertes. Pourquoi ? Motte pas un mot là-dessus. Il parle plutôt de buissons touffus, coins de parc (le Mont Royal la nuit tombée), sous-bois propices, (le parc Lafontaine ?). On songe à « My own Idaho », cet excellent film d’une très affligeante tristesse.
    « Le mythe du beau corps », dit-il, est d’un « jeunisme » implacable. Il conduit à du « consumérisme » avide et bestial. « Combien ? », dit le client honteux, parfois des pères de famille (mariés menteurs) honteux. Lire là-dessus la renversante confession d’un ex-ministre péquiste, J.-F. Bertrand, fils déchu d’un Premier ministre. Ce Bertrand jr a illustré cette course néfaste au « beaux corps » de jeunes drogués, il est d’une franchise sidérante avec viols et aussi vols, violence souvent. Un univers répugnant à souhait avec lequel M. l’ex-député tente de rompre. Luc-aux-bois, lui, faune écorné, ne rencontre que dédain et maints refus humiliants. Il en a « l’égo à terre », souligne-t-il. Alors il se retire de ces clandestins champs opératoires, aux lendemains nuls. La pratique des « preneurs de dos » (expression du temps de Verlaine) conduit souvent à la psychose et au psychiatre. Parfois au meurtre passionnel sordide, relire —ou revoir en vidéo— « Being at home with Claude » de Dubois.
    La finale de son aveu ? Il dit qu’il a butté vite sur l’ennui, et, vint son terminus sordide : sa main branlante et des cochonneries filmés. À 50 ans le voilà seul et avachi, tel le pré-ado avec ce que nous nommions jadis la veuve-poignet. « Je suis seul et je fantasme beaucoup », conclut-il, parlant de sa « précoce prise de retraite ». Adieu satyres sous bosquets ! Pourquoi ? Parce qu’il n’était plus jeune ! Le narcissisme de la plupart des sodomites conduit à cette impasse. Les invertis sexuels n’ont pas souvent la franchise d’un Luc et ce terme « GAY » est souvent un exécrable mensonge, un masque, une fraude. J’en suis venu à admirer les demandeurs du mariage homo ou lesbien. Sinon ? D’abord beaux « jeunes » corps à louer ou à vendre, satyres en sous-bois, et, l’âge venu, c’est l’effrayant désert des Luc : la solitude totale avec l’onanisme toujours décevant. La main comme outil sexuel, l’œil vissé aux acrobaties pornos mécaniques. Ce sinistre cinéma à bon marché. Non, je n’avais jamais rien lu de si triste.

    OH CHÈRE « VIEILLE CAPITALE » !

    Aznavour chantait : « En m’en revenant de Québec ». Et le cher Trenet ? « Nous irons à Québec à pied sec » ? Je reviens de deux brefs séjours dans la vieille capitale. Votre chroniqueur jouait au « président d’honneur » pour l’artisanat actuel, l’expo « Plein art». Dans la haute-ville, la vieille rue Saint-Amable bouclée, réquisitionnée, avec installation d’une longue tente plus de cent kiosques ! Québec a changé.


    JASMIN INAUGURANT D’UN TOUR DE MAIN L’EXPO PLEIN ART

    1945 (à 14 ans), j’y allais parfois comme aide sur le train de mon oncle Léo, le jovial cantinier du CPR. « Orangeades, limonades, sanouiches », criais-je dans les allées des wagons avec mon lourd cabaret à courroies. 1950 (à 19 ans ), nous y allions en bande (une fois l’an) pour fraterniser avec nos petits camarades en beaux-arts, là où Jean-Paul Lemieux n’était encore qu’un prof anonyme. C’était comme « aller à Paris » pour nous, les petits pauvres sans bourse à « piston duplessiste » pour aller en Europe-des-arts. C’était une cité déglinguée, vieillotte, sans prétention. Nous aimions ses allures européennes, ses murs et ses portes de pierres, ses rues et ses escaliers, sa terrasse Dufferin, le château.
    Québec a changé. Même un lundi soir, sur Grande Allée avec la cohue à touristes, les restaus alignés, les voix qui s’interpellent, des musiquettes diverses dans l’air. Un joyeux bruitage, impétueuses rumeurs, tumulte festif des badauds le nez en l’air. Caméscopes et appareils photo sur le bedon. De tous les continents de la planète, l’on s’y amène par pleins autocars nolisés. Une fête. Perpétuellement. Au bord du fleuve, en des après-midi ensoleillés, vivifiante Place Royale aux saynètes « historiques », rues de belles reliques du célèbre Petit Champlain aux boutiques charmeuses, leur Vieux-Port aux rénovations réussies. Partout, mêmes foules joyeuses avec musiciens de rue, personnages (du XV11 siècle) déguisés, troubadours à luth, bouffons sur échasses ou sous des chevaux-de-guenilles. Peintres « de genre ». Indigènes comme visiteurs, ça déambule le sourire au bec. Un festival chasse l’autre, là aussi, Québec-sur-touristes est un joyeux cirque. Étourdissant.
    Entre mes interviews accordées pour radio ou télé, presse, le président-Plein Art est allé musarder hors les sites cotés. Le pauvre quartier de jadis, Limoilou, désormais, a des cafés, des terrasses, revit, est fort animé. Basse-ville,quartier Saint-Roch retapé, invasion de profs cultivés, de jeunesses étudiantes bohémiennes. Partout désormais une atmosphère de rajeunissement intelligemment fait. Bon à voir.
    Vestiges de quatre siècles d’existence, rare fait en Amérique du nord, c’est unique. Emballant ! J’ai toujours aimé Québec. C’est un Vieux-Montréal mais répandu, multiple, aux vieux témoins, « construits typiquement », innombrables. La cité, moins riche, a moins démoli qu’à Montréal, métropole. Un peu partout, des toits mansardés, des corniches, des murs militaires. Et des parcs nouveaux aussi, des fontaines avec cascades, les alentours de ma vieille Gare du Palais (salut fantôme de l’oncle Léo !) rajeunis.
    Partout, pour le moindre renseignement, une vague petite information, les sourires s’affichent. Population fort conviviale, habituée aux visiteurs, des gens amènes, moins stressés qu’en métropole, des belles filles accortes, de vieux fonctionnaires pas pressés. On se croit sans cesse dans un roman de Poulin, dans une venelle, un chat tigré fuit félin nerveux, un libraire à béret basque grimpe une côte, un jeune couple, au pied d’un escalier public en spirale, s’embrasse les yeux « farmés bin dur » (Duchame-Charlebois). Une aïeule édentée, sorcière sans malice, secoue sa vadrouille sur un balcon branlant et, gaie, vous sourit, vous salue !
    Québec a changé, oh oui. On m’a vanté les efforts du maire L’Allier… qui se retire, on m’a vanté la nouvelle fierté des « habitants » du lieu. J’ai vu les céramiques de Picasso au Musée proche des Plaines, j’ai revu le joli Musée de la Civilisation, le Poste de pompier-labo du génial imagier, Robert Lepage. J’ai lu, un croissant aux genoux, sur un banc des quais fort distrait par un impressionnant paquebot qui partait, puis par un traversier qui arrivait. Des vélocipèdes filent. Une circulation tumultueuse sans cesse, manèges visuels incessants, piétons musardant, taxis, limousines, vieux tacots, embarquements, débarquements. caléchiers goguenards à percherons poilus et très bavards, guides à gesticulations forcenées. Ce Vieux-Port de Québec, que l’on continue de revaloriser, vit vivement.
    Soudain, la vérité vraie sous les gras nuages, dans un recoin de bâtisses épargnées, un très vieux vieillard casse la croûte et bout du rouge sur une galerie branlante ! J’aime Québec. Deux fois deux jours et l’impression, à chaque départ, d’un petit scandale personnel : devoir quitter cette émouvante beauté architecturale, oser tourner le dos à l’historicité de nos commencements quand Samuel Champlain faisait construire sa maison, ses dépendances, des palissades, son petit fort et qu’il rêvait qu’un bon jour, là, il y aurait une ville, une vraie.
    Québec a bien changé. Le mot « bien » ici importe.

  • Le Soleil a publié ce texte le 12 août 2004
  • Voir aussi: J comme dans juke box
  • Ah, former un couple !

    Un fidèle correspondant (par méls) me fait part d’un échec récent : « Elle n’a plus rappelée ni répondu à mes autres invites, après pourtant une première rencontre merveilleuse ! ». Ce D. me demande des conseils. Je me suis souvenu : dès que La Presse arrivait au petit caboulot (de la petite patrie) de papa, ma mère, lâchant aussitôt son ouvrage, se précipitait sur le quotidien pour lire sa chère Colette, son indispensable « courrier du cœur ». C’était son vif plaisir. Y trouvait-elle consolation, compensation, face à sa « petite vie » d’élever sa marmaille ? Cette jolie prose, remplie de compassion délicate, l’enchantait visiblement. Parfois maman, comme éblouie, me lisait les chaleureuses réponses de cette Colette aux malheurs du monde d’ici. Le goût d’écrire me vient-il de cette Colette ? J’ai donc répondu à D. et j’ai eu envie de publier ma réponse faisant « une Colette de moi » ! Cher D., « tit-peu-beaucoup-dépité » (il signait ainsi),
    Votre narration détaillée d’une nouvelle et récente tentative de séduire une dame accorte (et décevante) montre de la délicatesse, des bonnes manières et tout, mais…hélas, vaine rencontre ce samedi-soir-là à Longueuil. Ah !, si vous saviez les mille millions d’efforts « galants » chaque jour dans le monde, les recherches partout du « bonheur à deux », cher D.
    Ces rencontres tant espérées, celles qui durent, qui se développent, harmonieusement, qui engendrent du bonheur solide, qui donnent du sens à l’existence, sont une sorte de perpétuel combat sous toutes les latitudes : former « un couple heureux ».
    Comme il est bizarre ce vieux vœu, comme il doit beaucoup aux capricieux dieux du hasard, à CUPIDON le cruel, à quoi ? Aux circonstances ? À ce terrible FATUM des Grecs ? À la destinée ? Cette curieuse affaire des vies. Et, ainsi, plein de femmes et d’hommes, inquiets parfois angoissés même, car ils avancent en âge et restent sur la berge. « Le cœur en chômage » comme chantait Maurice Chevalier, « qui ce qui veut l’employer », vous vous souvenez ?
    Mais, cher dépité, êtes-vous vraiment tout à cet ouvrage subtil ? Est-ce un incessant guet ? Comptez-vous seulement sur une rencontre-essai par semaine, par quinzaine, par mois ? Est-ce que chaque matin, en vous levant, vous ouvrez les yeux grands (et vifs) sur dix et vingt possibilités de rencontres (fortuites) ? Je vous parle « efforts » et vous rêvez sans doute plutôt d’un « effet de hasard » tenant du miraculeux. Vous comptez peut-être sur votre bonne fortune, un peu paresseusement. Je vous préviens : il y faut un désir constant.
    Discos et bars-à-dragues ne sont plus de votre fait et vous avez bien raison. Questionnons « les heureux élus du sort marital riche » et nous voyons que « la bougie d’allumage » opéra souvent en des lieux bien éloignés des compulsifs chercheurs d’occasions, du « one night stand ».
    Conseiller en cette matière est chose difficile. J’ai connu, rencontré, tant de personnes solitaires malheureuses ( car il y a des célibataires heureux ) qui souhaitaient, d’une ardeur bien tempérée, le couple « emblématique ». Ils y pensait… de temps en temps. L’amour durable, épanouissant, est un vieux besoin dans l’humanité. J’ai eu cette chance, je la voulais tant et sans cesse, « le mérite » n’y fut pour rien. Oh ! coup de foudre fou et qui dure, dure, dure ! La chance ? Ou bien une volonté de bonheur extrêmement tenace ? Ah !
    Il y a injustice, qui n’en conviendrait pas ?, moi, j’en suis convaincu.
    « Un si bon parti » !, disions-nous jadis quand on voyait telle et telle personne sans compagnon ou sans compagne de vie. Mais qui savait si « ce bon parti » était vraiment un acharné en « recherche de l’âme sœur », ces vieux mots encore. Enfin, ma foi, oui, certains cherchent avec véhémence et, hélas, ne trouvent pas. Malgré Internet et autres voies modernes de rencontres. Je connais un couple fort bien assorti qui se réunissait suite à la moderne machine ordinatrice qui avait mis en rapport tous leurs goûts, leurs besoins, leurs tendances, etc.
    Insondable jeu amoureux, stérile parfois pour des raisons inexplicables.
    Comme le vent (qui enrage les « prédiseurs » de météo), l’amour souffle ainsi où il veut. Cela ne consolera personne mais la vie réelle est ainsi.
    Heureusement, nous connaissons, tous, des couples formés tard, très tard parfois. Espoir ? Mais oui. Accrochez-vous, récidivez en invitations galantes. Sans cesse. Et bonne chance, vous finirez bien par signer un prochain mél : « un bien-content-trouveur » !