Ah, former un couple !

Un fidèle correspondant (par méls) me fait part d’un échec récent : « Elle n’a plus rappelée ni répondu à mes autres invites, après pourtant une première rencontre merveilleuse ! ». Ce D. me demande des conseils. Je me suis souvenu : dès que La Presse arrivait au petit caboulot (de la petite patrie) de papa, ma mère, lâchant aussitôt son ouvrage, se précipitait sur le quotidien pour lire sa chère Colette, son indispensable « courrier du cœur ». C’était son vif plaisir. Y trouvait-elle consolation, compensation, face à sa « petite vie » d’élever sa marmaille ? Cette jolie prose, remplie de compassion délicate, l’enchantait visiblement. Parfois maman, comme éblouie, me lisait les chaleureuses réponses de cette Colette aux malheurs du monde d’ici. Le goût d’écrire me vient-il de cette Colette ? J’ai donc répondu à D. et j’ai eu envie de publier ma réponse faisant « une Colette de moi » ! Cher D., « tit-peu-beaucoup-dépité » (il signait ainsi),
Votre narration détaillée d’une nouvelle et récente tentative de séduire une dame accorte (et décevante) montre de la délicatesse, des bonnes manières et tout, mais…hélas, vaine rencontre ce samedi-soir-là à Longueuil. Ah !, si vous saviez les mille millions d’efforts « galants » chaque jour dans le monde, les recherches partout du « bonheur à deux », cher D.
Ces rencontres tant espérées, celles qui durent, qui se développent, harmonieusement, qui engendrent du bonheur solide, qui donnent du sens à l’existence, sont une sorte de perpétuel combat sous toutes les latitudes : former « un couple heureux ».
Comme il est bizarre ce vieux vœu, comme il doit beaucoup aux capricieux dieux du hasard, à CUPIDON le cruel, à quoi ? Aux circonstances ? À ce terrible FATUM des Grecs ? À la destinée ? Cette curieuse affaire des vies. Et, ainsi, plein de femmes et d’hommes, inquiets parfois angoissés même, car ils avancent en âge et restent sur la berge. « Le cœur en chômage » comme chantait Maurice Chevalier, « qui ce qui veut l’employer », vous vous souvenez ?
Mais, cher dépité, êtes-vous vraiment tout à cet ouvrage subtil ? Est-ce un incessant guet ? Comptez-vous seulement sur une rencontre-essai par semaine, par quinzaine, par mois ? Est-ce que chaque matin, en vous levant, vous ouvrez les yeux grands (et vifs) sur dix et vingt possibilités de rencontres (fortuites) ? Je vous parle « efforts » et vous rêvez sans doute plutôt d’un « effet de hasard » tenant du miraculeux. Vous comptez peut-être sur votre bonne fortune, un peu paresseusement. Je vous préviens : il y faut un désir constant.
Discos et bars-à-dragues ne sont plus de votre fait et vous avez bien raison. Questionnons « les heureux élus du sort marital riche » et nous voyons que « la bougie d’allumage » opéra souvent en des lieux bien éloignés des compulsifs chercheurs d’occasions, du « one night stand ».
Conseiller en cette matière est chose difficile. J’ai connu, rencontré, tant de personnes solitaires malheureuses ( car il y a des célibataires heureux ) qui souhaitaient, d’une ardeur bien tempérée, le couple « emblématique ». Ils y pensait… de temps en temps. L’amour durable, épanouissant, est un vieux besoin dans l’humanité. J’ai eu cette chance, je la voulais tant et sans cesse, « le mérite » n’y fut pour rien. Oh ! coup de foudre fou et qui dure, dure, dure ! La chance ? Ou bien une volonté de bonheur extrêmement tenace ? Ah !
Il y a injustice, qui n’en conviendrait pas ?, moi, j’en suis convaincu.
« Un si bon parti » !, disions-nous jadis quand on voyait telle et telle personne sans compagnon ou sans compagne de vie. Mais qui savait si « ce bon parti » était vraiment un acharné en « recherche de l’âme sœur », ces vieux mots encore. Enfin, ma foi, oui, certains cherchent avec véhémence et, hélas, ne trouvent pas. Malgré Internet et autres voies modernes de rencontres. Je connais un couple fort bien assorti qui se réunissait suite à la moderne machine ordinatrice qui avait mis en rapport tous leurs goûts, leurs besoins, leurs tendances, etc.
Insondable jeu amoureux, stérile parfois pour des raisons inexplicables.
Comme le vent (qui enrage les « prédiseurs » de météo), l’amour souffle ainsi où il veut. Cela ne consolera personne mais la vie réelle est ainsi.
Heureusement, nous connaissons, tous, des couples formés tard, très tard parfois. Espoir ? Mais oui. Accrochez-vous, récidivez en invitations galantes. Sans cesse. Et bonne chance, vous finirez bien par signer un prochain mél : « un bien-content-trouveur » !

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