LE DUR DÉSIR DE LA DURÉE

Il a 30, 40 ans. Ou 50. Peu importe. Il se rend compte que le désir n’est plus au rendez-vous comme quand il l’a connue, courtisée, épousée. Quoi faire pour retrouver les ardeurs des commencements de leur histoire d’amour ? Il a peur et il s’étonne de voir qu’il reluque sans cesse d’autres femmes. Se dirige-t-il vers « une séparation » pour cause de « non-désir », cela le panique. Puisqu’il sait bien, ce qui est absolument démontré, que la fracture familiale cause du grave désarroi pour les enfants. Des traumatismes psychologiques très graves. Pas de ça ! Jamais ! Plutôt… Des béquilles. Le voyeurisme, les films 3 X. Tiens, mieux que béquilles, le grand jeu : cotiser à un club où les « peureux du divorce » s’échangent leurs « fidèles » compagnes.
Paraît que l’idée vient d’abord toujours des mâles. Des juges viennent de palabrer sur ce bordel pour mariages en naufrage. On a pu lire des propos sains, de grand bon sens et d’autres (il y a des avocats-juges détraqués) d’une grande navrante niaiserie.
Notre monde est rempli de paresseux. D’incapables d’imagination, de fantasmes normaux, de gestes galants annonciateurs. Au diable les prémisses : l’épousée doit être une « marie-couche-toi-là » disponible ! Plein d’hommes ne font rien pour entretenir l’érotisme au foyer conjugal. Pas de tendresse, pas la moindre caresse, même pas un baiser volé. À moins d’être au lit. Jamais de propos érotiques. Au moment du dormir, je m’allonge, tu t’allonges, et, merde… rien ne vient ! Oui, des fainéants : jamais d’apéritifs, jamais de préalables, jamais la moindre manifestation d’érotisme avant l’heure du coucher. Résultat ? La libido boude ! C’est inévitable. Alors, après trop de pannes de désir :si on fréquentait le lupanar-échangiste, ne sera-t-il pas toléré officiellement bientôt ? Entre mariés consentants (c’est le macho-commandeur qui invite), aucun danger de descente policière. Club privé. Il y eut jadis une « mode communes » à gogo, on a lu dans des témoignages post-hippisme que la jalousie, éternelle denrée humaine n’est-ce pas ?, « démoda » vite ce « mode » d’existence. Chez ces échangeurs à trafic bestial c’est le regroupement et des « peureux de la séparation », il y a les enfants !, et aussi des exhibitionnistes avec les voyeurs, et aussi des impuissants domestiques. Sortis du bouge, ils vont re-baiser par fixations, par personne interposée : infidélité permanente et masquée. Une tromperie qui ne dit pas son nom. Tous cocus quoi au fond ! Atmosphère décadente à souhait.
À la porte de l’antre devrait s’afficher de ces placards routiers marqués « INTERDIT ». On y lirait, dans un anneau rouge barré : INTERDIT D’AIMER, car la copulation, la fornication, c’est l’antipode de l’amour humain. Le club d’échangistes c’est la sexualité des bêtes : on se renifle et hop, on se saute ! La misère érotique à domicile, répétons-le, naît de la paresse érotique. C’est une indigence pitoyable. Le plus souvent, la faute des gars. Le jeune courtisan enflammé d’antan se muait en fainéant. Jamais un mot de tendresse de tout le jour, jamais le moindre enlacement…. alors, arrivé au lit, on passe à la caisse avec la facture méritée : zéro, patate ! Séparés, ces hommes machinaux, machos, se retrouveraient vite au même degré du manque de désir. À la même stérile, vicieuse, dangereuse, tentation d’aller « échanger ». Qui ne connaît pas des cas de libertins déboussolés qui en firent d’abord une névrose, puis, plus tragique, une psychose. Ce sera le cabinet de psychiatrie. Eh !
Par souci de liberté et pour paraître bien modernes, des juges ignorants de la psychologie humaine, rédigèrent volontiers du « laisser-aller », « laisser faire ». C’est l’illustration de leur courte vue sur les dégâts prévisibles. Que ces bordels privés pullulent ou non, le problème restera : c’est celui du désir jamais entretenu et de l’érotisme bafoué hors de la chambre à coucher. Par ignorance, par paresse. Souvent par puritanisme, le « un homme marié n’a plus à faire du sentiment, des caresses, des préliminaires » et « Il y a les enfants qui nous regardent ». Pruderie idiote ! Comme si les enfants sont malheureux de constater un papa amoureux, caressant, désirant. Là-dessus trop d’hommes sont encore écrasés par le sordide héritage judéo-catholicard. Jeunes gens, vite, à l’ouvrage érotique, on ne parle pas de cochonneries où la femme n’est qu’un objet à avilir, il y a de très beaux livres érotiques, ne soyez pas paresseux. Sinon ? Le malheur vous guette de devoir aller un jour à ces bordels à échangeurs-de-peaux-seulement. Là où rien ne s’arrangera hormis une honte inavouable.

2 réponses sur “LE DUR DÉSIR DE LA DURÉE”

  1. Il y a de ces textes qui nous rejoignent plus que d’autres ou qu’on endosse plus. Ce texte est tombé dans le mille pour les réflexions qu’il véhicule sur les vieux couples et sur les échanges de couple. Cru et Vrai! Bravo!

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