RAËL OU SCALPEL ?

Comme tout le monde, je me fait gober vif en potins salaces, échos médisants : un gérant abuseur sexuel soupçonné, le chien de la Richard, cet imposteur déguisé en pape laïc fumiste, Dutrisac-les-sacres repentant. Il disent ce beau mot, HUMOUR, mais ce n’est qu’horions mesquins, piques diffamatoires ou bien le règne voyeuriste aux anonymes friands de réalité monnayable. Au chômage les jeunes diplômés en art dramatique ! Le sadisme soft offert aux « veudettes » masos. Et trop peu de publicité à ce qui fonctionne. À ces valeureux cerveaux qui, en ce moment même, se penchent sur des microscopes, chirurgiens habiles qui vous retirent une tumeur, sans anesthésie, hop là boum ! J’ai le chapeau bas à la main : à Sherbrooke, une certaine Géraldine se fait opérer par ce scalpel à rayons gamma (Gamma Knife). « Guérie, miracle », dit La Tribune.
Des bollés étudient sans cesse. Des filles et des gars surdoués que l’on ne verra jamais aux tribunes à gogo, radio ou télé, ni en pages « spectacles ». Cette jolie expression : « l’espérance de vie », voulant dire qu’il est bien fini ce temps maudit où les humains crevaient jeunes. Tel, dans un rang de village Saint-Laurent mon grand-père. Mort tout jeune d’une simple appendicite ! Catastrophes épidémiques de jadis, adieu !
La science, radieuse, s’avance. Avec ses bénéfices, et ses dangers, certainement. Bientôt, la manipulation des gènes. Les peurs appréhendées, l’on corrigera les anomalies des poupons et, aussi, certains voudront une sorte d’eugénisme, j’en ai parlé. Hors ces sentiers-de-la-peur, il y a des progrès indiscutables. Ce scalpel à gamma, par exemple. À part les « cognés durement par un sort funeste » (Balzac), presque tout le monde veut mourir le plus tard possible et en bonne santé. Pas un mot sur ce fameux défilé, discret, sobre, dans les laboratoires des pays industrialisés. Les gens ne lisent pas —moi pas plus que les autres— les revues branchées en science, en médecine. Alors ceux qui ne visionnent même pas « Découvertes » (à la SRC le dimanche) sont des nigauds. Une pauvre petite heure de télé précieuse. Le reste des programmations se vautre dans l’insignifiant. Ne jouons pas l’ange, le divertissement de qualité, a son utile rôle, un devoir de bonne santé mentale. Mais pour la plupart, c’est « rire tout le temps », stupide pitance, goinfrerie d’insatiables, boulimie confinant à l’auto-crétinisation. Ils courent d’une distraction l’autre, jamais repus de bêtises aux radios du matin. L’idiote, comme l’idiot volontaire, un jour, couchée sur la table d’opération guérira puisque la science soigne, aucune discrimination, le taré et l’intelligent. L’imbibé de folichonneries ignore tout du monde scientifique, ne remerciera pas quand il retournera à son stupide programme de vie. L’ignorance des prouesses médicales fait de ces ignares des ingrats. Allez donc brailler en Haïti, ces temps-ci pour voir, impatients chialeurs hypocondriaques en salles d’attente.
Moi, jamais malade (je touche du bois), un dimanche récent, j’ai visité un hôpital en porte-parole —« Petite patrie » oblige— du 50 e anniversaire de Jean-Talon. J’ai découvert un monde, celui dont on ne parle pas aux bulletins stridents des actualités sensationnalistes. J’ai vécu, une initiation (légère) tant à la médecine nucléaire qu’à cette renversante « quincaillerie », aux innombrables prothèses métalliques. Des inventeurs —designers spécialisés— travaillent sans relâche à perfectionner ces inventions étonnantes. On est loin du caca d’une chanteuse, du désarroi d’un animateur culotté et puis congédié, loin du méméring (sempiternellement hollywoodien) bourrant les colonnes du journal. La démagogie s’engraisse :« Quoi ? C’est ça que le monde veut », disent les chef de rédaction. On en donne, auges débordantes, pâtée à chiennerie : « Mangez-en tous… » Ils se frottent les mains, ces gérants en imprimerie de fadaises.
« Pendant ce temps…meanwhile…, comme disaient les panneaux du cinéma muet, des personnes vêtues de blancs sarraus fouillent dans de puissants microscopes, cherchent, trouvent. Les foules s’évachissent sur le mou divan aux croustilles, devant la table à bières pendant que des esprits curieux s’enhardissent, jusqu’à ce qu’ils découvrent… un scalpel à gamma par exemple. Silence, grand silence dans les estrades du cirque. Il est enrageant de constater l’indigence des médias face à la science et ses merveilleuses technologies qui vont permettre aux loustics aliénés, indifférents, une fois soignés, d’avaler longtemps encore les poutines aux divertissements

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