AUX FUNÉRAILLES DE DIEU ?

Aux actualités, samedi matin, dernière nouvelle : Dieu est mort ! Ah ! Et Allah ? Aussi. Et Jéhovah ? Itou ! On sort la vieille manchette et il n’y aura pas de cérémonie mortuaire ni chez Bourgie ni chez Dallaire. C’est le journal « La Presse » qui relance ce débat et tout le monde peut y aller de son oraison funèbre. À vos claviers, croyants ou incroyants. Pour partir le bal macabre, on a pu lire un gras titre : « NÉFASTES LES RELIGONS », point d’interrogation, avec une première plaidoirie pour l’enterrement définitif de « Monsieur Dieu ». C’est signé : Sam Harris, philosophe amerloque et Sam n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il dit : « Dieu (ou Jéhovah, ou Allah avec son Mahomet au dictaphone) n’a jamais écrit un livre. Pas une ligne. Il dit : « Hélas, trop de monde s’imagine un livre signé Dieu » ! Même Jésus, l’envoyé de Dieu, n’a jamais rien écrit. À part des barbeaux dans le sable face à la femme qu’on voulait lapider.
Sam dit que le néfaste c’est tous ces fidèles des trois religions qui affirment que Dieu, comme Allah son jumeau, aurait écrit que les autres religions sont toutes mauvaises. Voir la Thora, via ses prophètes juifs, les Évangiles, via les zélotes du christianisme, le Coran via son guerrier Mahomet. Alors quoi ? Guerres, déplore Sam, celles de jadis, celles d’aujourd’hui comme on le voit actuellement chaque jour sur nos écrans, à la radio, dans les quotidiens. Le fanatisme islamiste tue, alors Sam affirme : « Religions égalent intolérance ». Exemples : les ghettos fermés des Juifs arrogants, les bûchers catholiques des Inquisiteurs, les chasses aux sorciers-et-sorcières des pieux Protestants et, hier, Manhattan bombardé. De nos jours, affreux attentats-suicides, otages décapités par des Musulmans, croyants fanatisés. L’horreur est religieuse selon lui. Pourtant le tueur en grandes séries, Adolph Hitler, ne croyait, lui, qu’en lui !
Bon, bin, on va tuer Dieu, disent les Sam Harris et ce sera la paix sur terre. L’autre soir débat à Paris sur TV-5, ça bardait. Un vendredi récent, débat « pro-voile, anti-voile », avec « Bazzo-Va y avoir du sport », à Télé-Québec. Palabres. Paroles volent ! Que faire en réaction à la peur ? Québec-le-mou joue la carte du « tolérons, toléron-don-daine », ouvrons des mini-mosquées dans des écoles. Ontario—la-molle dira « d’accord » à des tribunaux islamiques à part. Vive le voile à l’école ! Vive le couteau-kirpan ?, bin, oui mais pas trop voyant et bien enveloppé, compris ? Le turban? D’accord, même en police à cheval, bien montée. En avant la rectitude politique ! Nous vivons en paniqués, peur d’un Bali dans une disco de la rue Saint-Laurent, d’un Madrid à notre gare du CN, de nos « tours Ville-Marie », cruciformes bombardés. Eille, voyez-vous ça, la veille d’Halloween qui vient ?
On marche sur des œufs, la police cache des caméras partout, installe des tables d’écoute, fouille et refouille. Une florissante industrie s’étale désormais. Je veux un vigile dans ma coir ! L’État-policier s’installe aux Etats-Unis, ça se nomme « Patriotic Act ». À quand notre tour ? C’est qu’il y a la chimie moderne, ces anciens pauvres araboïdes se sont instruits, on rit plus, à Bonn comme à Londres, on appris à conduire des Boeing à Miami. Et le nucléaire, W. Bush l’a dit, ils savent ! On pourrait mourir ce midi, demain soir, étouffé raide dans le métro « Berri-Uqam », ou Rosemont ! Misère humaine, comment, diable, amadouer ces nouveaux « docteurs Folamor » barbus ? métamorphosés en dangereux mystiques.
Où est le grand vrai coupable ? Lui, Sam, « y connaît ça » ! Philosophe ça veut dire sage, Sam, tonitrue : « Faut vite éliminer Dieu, Allah et compagnie, sinon ? Sinon la planète va saurer et ce sera bientôt la fin du monde », ses mots à lui. Imaginez Sam prêcher ça : « tuer Allah mes amis », avec courage, dans une école islamiste de Bagdad, je lui donne pas cinq minutes de survie. Pas fou, son livre :« The end of faith » —« La fin de la foi », pas encore traduit, se fait imprimer et distribuer sur ce contnent. « Fatwa » en vue, mon Sam ! Rush-man Sale-die n’a rien vu. Sam ne croit qu’en la raison. Au Québec, très longtemps, on nous a fait croire que les autres, tous les autres, n’iraient pas au ciel. Enfant, on y croyait dur comme fer. Sam dit : « C’est la raison bafouée ». Vrai. Les croyances sont en compétition, sont toutes en rivalité. Vrai. Or des intelligents célèbres, dont le génie Albert Einstein, croient que la quête du spirituel est une nécessaire interrogation. Pour quoi ? Pour trouver un sens, du sens à l’existence humaine. Sam les fustige : « Perte de temps, foi et raison sont des ennemis ». C’est bien vite dit. Il ponctue : « Le prix à payer sera terrible si l’on enterre pas le bonhomme-Dieu ». La dimension, le besoin de sacré, c’est un bel idéal, disent les Sam athées mais continuer d’ imaginer un Coran dicté par Allah-Dieu ou un Jésus-messie né d’une sainte vierge, c’est l’apocalypse à court terme.
Bon. On va respirer par le nez Sam, tu permets ? et dire juste ceci : l’esprit humain a-t-il le droit de penser qu’au-delà de la science des humains, de la raison des humains, il y a encore de la place pour imaginer qu’une entité surhumaine a voulu pour les humains un destin qui dépasse la science humaine et la simple raison humaine. Annulons les funérailles de Dieu, tiens et envoyons vite notre avis à ce Forum de La presse. Sans ça des suiveurs du Sam matérialiste l’ouvriront ce cortège funèbre avec Dieu dans un cercueil et « Prière de ne pas envoyer de fleurs ». Moi, je dis que je crois à la Lumière. Sam Harris croit aux Ténèbres. Il n’y a pas que la raison. On a besoin de se consoler face aux dégâts passés ou actuels, ceux des fanatisés et ceux des arrogants raisonnables.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *