FUNESTE GLISSADE DE RADIO-CANADA ?

J’ai déjà déclaré publiquement (à Bernard Derome) que le réseau français de Radio-Canada fut le vrai et courageux premier pionnier (« l’indispensable détonateur ») de notre salutaire Révolution tranquille. En cet automne de 2004 ? Affirmer qu’il y a eu une fatale glissade. Que la télé publique (et sa radio ) s’est détournée de tous ses rôles valables. De ses fonctions normales. De son orientation valeureuse comme de sa nécessaire mission culturelle. Jadis, à la radio comme à la télé, on admettait volontiers que le réseau public offre aussi des divertissements. Sinon ce serait le dangereux ghetto à intellos. Variétés comme jeux-questionnaires populaires fidélisaient la foule à l’antenne.
Maintenant, constatation affreuse, déception effarante, c’est la chute totale d’un tout à l’égoût. Tout le budget aux (nécessaires) divertissements et même pas des miettes à la culture. Notre CRTC, composé de mollassons en perpétuelle déliquescence, ronfle, nos surveillants, nos protecteurs, « dorment au gaz », c’est très évident. Les dirigeants actuels de Radio-Canada s’affaissent, rendent les armes, baissent lâchement les bras, ils se prostituent carrément. Putains du populisme, grassement rémunérés par notre argent public, ne pas confondre avec le populaire. Littérature, arts plastiques, danse, concert, dramaturgie ? Les directeurs actuels de Radio-Canada crachent là-dedans, ils bavent là-dessus. Ils s’en torchent, des voyous ! La culture est un encombrement chez les programmateurs devenus de compulsifs concocteurs de fadaises et niaiseries (ce « V.I.P. », avorton immonde, offre l’exemple le plus récent).
« INTERDIT À LA CULTURE ! » est le moto des inconscients impuissants aux commandes des ondes, propriété pourtant publique des contribuables. C’est, au moins (pour tout le réseau français), 300 millions de nos taxes et impôts que l’on brûle sur leur autel sacré des « crottes » d’écoute. Fermeture de l’ ex-active vie culturelle à Radio-Canada : une honte, une imposture, très navrante situation. Un cloaque nauséabond et pour les artistes actifs et aussi pour les jeunes créateurs des relèves. Aussi pour les publics variés et intéressés. Ce mépris du public est un Ce lierre qui se répand davantage saison après saison a un nom : mépris des intelligences. La déréliction en ce monde des ondes publiques s’enfle, l’inique situation grossit, marais pestilentiel ou, si l’on préfère, zone désertique qui gagne sans cesse du terrain, année après année. Il faut vite, très vite, alerter les représentants, élus par nous, de tous les paliers de gouvernement. En sont-ils scandalisés ? J’ose le croire, Par exemple, une Liza Frulla (qui fut une excellente ministre de la culture à Québec), ô espoir!, déclarait récemment qu’elle s’interroge actuellement. À Radio-Canada le vrai boss de ces dirigeants inconscients se nomme « démagogie humoristique pour public à abuser et à aliéner ». La cible recherchée ? PLUSSE de publicités, avec réclames commerciales (observez bien) jusque « pendant » les génériques qui illustre le mépris écœurant des dirigeants actuels pour les équipes (d’artisans et de techniciens), une grossièreté encore jamais vue !
Veut-on un seul exemple de la dégradation actuelle ? Avant la télé, dans les années ’50, Radio-Canada invitait le talent en friche, celui de la jeunesse. Cela se nommait « Nouveautés dramatiques ». Le suractivé Guy Beaulne, après le dynamique Guy Mauffette, offrait micros et interprètes, fameux « studio 13 », à des débutants. Grâce à cette radio publique audacieuse, les Yves Thériault, Hubert Aquin, Claude Gauvreau, Jacques Languirand —moi aussi… j’en oublie. Des auteurs, ainsi, pouvaient faire s’épanouir leur normal besoin de créer, de s’exprimer sur les ondes publiques de Radio-Canada. Cela se faisait encore un peu il n’y a pas très longtemps mais c’est terminé. Les chefs actuels du réseau français de la SRC ont mis la hache dans « la culture qui se fait » tout comme dans celle dite classique ou d’avant-garde.
Nostalgie ?, non, rôle nécessaire ? Oui. Comme c’est regrettable ! Lamentable ! Viendra-t-il quelqu’un de suffisamment responsable pour stopper l’hémorragie ? « Anne, ma sœur Anne, ne vois-tu rien venir ? » (Charles Perrault). Y a-t-il des placards à horribles squelettes en un château démoli ? Oui, les dépouilles d’une institution publique jadis essentielle.

2 réponses sur “FUNESTE GLISSADE DE RADIO-CANADA ?”

  1. PLUS QUE TOUTES MES FÉLICITATIONS POUR VOTRE LETTRE OU TEXTE !? JE SUIS TRÈS HEUREUX DE VOUS AVOIR LU, PARCE QUE JE CONSTATE DIEU MERCI QU’ IL Y A AU MOINS UNE AUTRE PERSONNE QUE MOI QUI CRI HAUT ET FORT QUE ÇA NE PEUX PLUS ALLER !? VOUS VOYEZ DES CHOSES AFFREUSES DANS LE DOMAINE DES ARTS ET DE LA CULTURE MAIS C’ EST COMME CELA AUSSI DANS D’ AUTRES SECTEURS D’ ACTIVITÉ, ET C’ EST POUR CELA QUE JE VOUS AI DÉCOUVERT ET QUE JE SUIS LÀ ACTUELLEMENT !? ACTUELLEMENT JE PENSE ÉCRIRE UN LIVRE SUR CERTAINS SUJETS POUR JUSTEMENT FAIRE DES DÉNONCIATIONS PUBLIQUES !? JE NE SUIS PAS UN ÉCRIVAIN ET JE N’ Y CONNAIS PAS GRAND CHOSE DANS LA PUBLICATION DE LIVRE POUR NE PAS DIRE QUE JE N’Y CONNAIS RIEN DU TOUS !? SERIEZ VOUS ASSEZ AIMABLE POUR M’INDIQUER À QUI IL SERAIT PRÉFÉRABLE DE M’ ADDRESSER AFIN D’ AVOIR TOUS LES RENSEIGNEMENTS NÉCESSAIRES AU CAS OU JE VOUDRAIS PUBLIER UN LIVRE !? PEUT ÊTRE QUE VOUS MÊME POUVEZ ME DONNER DE BONNES INDICATIONS !? IL Y A LE TEXTE BIEN SUR MAIS Y A T IL DES PERSONNES QUI CORRIGENT NOS ÉCRITURES AVANT DE LES IMPRIMER !? IL Y A AUSSI LES COÛTS DE PUBLICATION, ET LES REVENUS SI LE LIVRE SE VEND BIEN ETC. ETC. ETC. !? )(( HO !? OUI ANNE, VOTRE SOEUR NE VOYEZ VOUS PAS VENIR QUELQUE CHOSE DE PAS TROP JOLI, MAIS SERAIT IL POSSIBLE QU’ AUSSI VOUS VERRIEZ CE QUELQU’ UN S’ EN VENIR STOPPER LA TRAGÉDIE, AVANT QUE TOUT NE SOIT DEVENU SQUELETTRES DE PLACARDS, RÉSULTAT D’ABUS DE SOTS DÔME, ET GO MORT !? ( sots dôme, le dôme ou la cîme le top des sots !?
    JE VOUS REMERCI !?
    MAIS EN PASSANT SI VOTRE BOITE AUX COMMENTAIRES EST CAPABLE DE PRENDRE UNE LETTRE QUE JE VIENS D’ ENVOYER UN PEU PARTOUT, JE VOUS L’OFFRE HUMBLEMENT MOI QUI EST LOIN D’ÊTRE UN ÉCRIVAIN JE VOUS PRIE D’ EXCUSER MON INEXPÉRIENCE EN LA MATIÈRE !?

    [Note du webmestre: Désolé- ce n’est pas possible de publier une lettre de 11 pages ]

  2. M. Jasmin,
    Sur le fond, vous avez sûrement raison dans votre dénonciation du chemin que prend la SRC. Utile de comparer ce qui se faisait auparavant avec ce qui se fait aujourd’hui. Utile, oui, mais aussi trompeur. La réalité de la télé a bien changé. On faisait peut-être beaucoup de place à la relève à l’époque, mais avouons qu’à certains moment cela ressemblait parfois à un concours amateur (très même) présenté dans le sous-sol d’une église. On disait, par exemple que Point de mire était une émission exceptionnelle. Avec une carte et un tableau noir, René Lévesque réussissait à faire des miracles. Il faut dire qu’il était un tribun exceptionnel. Imaginons aujourd’hui une telle émission face aux autres (sur CNN ou ailleurs) qui ne vous presentent pas l’information sur un tableau noir mais en direct. On aura beau placer un autre René Lévesque devant ses tableaux noirs, gageons qu’il ne ferait pas le poid.
    Et puis, nous aimons la contradiction. Nous avons été les premiers à fondre (moi aussi) sur SRC lorsqu’on a tenté de changer le contenu. Souvenez-vous du retour en catastrophe de Bernard Derome. On veut que ça change, … pourvu que tout reste pareil. On veut que la SRC ne se limite pas à analyser les cotes d’écoute, mais nous sommes les premiers à crier au gaspillage lorsqu’on nous dit que la SRC n’attire qu’un faible pourcentage d’auditeurs. « C’est tu effrayant mettre autant d’argent la-dedans pour si peau de résultats » a-t-on entendu plus de mille fois au cours des dernières années. On leur en veut cependant de faire des séries à succès en les accusant, come vous le faites, d’être populistes.
    Vous me direz qu’il faut des émissions populaires sur la culture. Vous avez raison. Mais ce n’est pas avec les Grands ballets canadiens qu’on battra des record de popularité. Faut-il pour autant que les danseurs se costument en Môman et en Pôpa (ou en Bougon) pour être populaire ?
    Je vous rappelle d’ailleurs que vous avez vous-même souligner par exemple que les émissions littéraires genre « show de chaises » n’avaient rien pour donner le goût de lire (ni de regarder). Alors, c’est le médium qu’il faut changer; pas le contenu (enfin un peu quand même). Ma blonde disait, à juste titre, qu’un met présenté sur une belle table dans de beaux couverts avait bien meilleur goût que le même repas servi dans des assiettes de carton sur un naperon de papier. En terminant, je crois qu’il faut se méfier de la nostalgie du bon vieux temps. Le temps nous fait parfois oublier des choses pour ne garder que ce qui nous a plu. Le passé, c’est bien, mais il n’y a pas à y revenir. C’est fini. L’avenir s’en vient, lui et tout reste à faire. La SRC n’a pas d’idée pour revamper la culture. C’est à nous de nous imporser puisque nous sommes auteurs (je sais que vous avez fait une proposition intéressante qui a été refusée). Tant qu’on laissera les humoristes prendre toute la place, on aura des conneries sur nos télés. Au plaisir de vous lire.

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