SUR « INTERDIT D’ENNUYER ».

Un vigoureux concert à quatre mains sur claviers d’ordinateurs pas bien tempérés. Fugue ou tango ? Disons : un concerto pour esprits en violentes chicanes.
Elle, Francine, a un peu plus de 50 ans, Claude, son « vis à vis », a un peu plus de 70 ans.
Deux écrivains différents jasent avec rudesse et aussi avec symnpathie dans ce bouquin, causeries à perdre haleine.

iNTERDIT D'ENNUYER« Interdit d’ennuyer » c’est la révélation publique d’entretiens parfois très intimes. Aveux risqués en masse.
L’éditeur Triptyque y a lu assez de fantaisie, assez d’effronteries aussi, pour en faire un bouquin qu’il vient d’installer en librairies d’ici.
Vous lirez avec ce « Interdit… » sur la vie privée de deux auteurs tiraillés par les engrenages obligés de « la petite vie » mais aussi sur les empêchements de s’exprimer vécus au Québec.
Un livre de cris ?
Oui, sans stridence vaine, avec, ici et là, des émotions, de l’humanité. Francine Allard veut un peu plus de lumière, Claude Jasmin fuit certaine clarté embarrassante.

« Interdit d’ennuyer », des échanges quisont le troc bizarre des vies en apparence ordinaires quand elles se vivent en un milieu (littéraire) bien chétif, aussi en un milieu social où les accords et désaccords pleuvent. Collisions frontales parfois !
À chaque chapitre, la courtoisie prend le bord et on en vient presque aux coups…par franchise, par envie de bousculer les idées reçues d’un monde trop froid, trop poli, trop gavé de rectitudes fades.
De la ferveur à plein, des rancunes tenaces et des secrets révélés.

« Interdit d’ennuyer », un pan de la vie littéraire officieuse, celui que l’on camoufle soigneusement dans les pieux et brillants « Salons du livre ».