Un homme et son péché ?

Titre d’un roman noir actuel ? Oui. Un homme venu du Saguenay — il pourrait venir de n’importe quelle autre province québécoise— un entreprenant débrouillard en show-business, adulte avéré mais d’une immaturité sexuelle totale veut jouer à touche-pipi dans sa voiture. Avec une gamine de ses entourages, la petite fille finit par céder. À tout. Défloration et le reste. Sa vie en sera à jamais ravagée. Sainte-Adèle en a tant vu, non ? Il n’y a pas que l’avarice. J’apercevais parfois (au Métro du centre commercial) ce notoire gérant d’artistes, hilare, respirant la bonne santé physique, dynamique; salutations polies de part et d’autre. Qui aurait pu deviner ce joyeux « papa » de deux grandes jeunes filles tout englué, enfoncé irrémédiablement dans une lamentable aventure extraconjugale ?
Miserere !
Le tort causé à une enfant abusée (déloyalement, Guy Cloutier était en posture de protection, de responsabilité) est irréparable bien entendu. Démasqué tard, voilà le vicieux au sortir de sa comparution au Palais de justice tout penaud, faisant ses excuses, quêtant des pardons, regrettant sa licence sordide. Entendu à une radio tonitruante : « Ce salaud ? Qu’il se tire une balle, qu’il se taille les veines, qu’il se pende. Qu’il se tue ! »
Vox populi ? Le judaïque « Oeil pour oeil ? » Deux psys patentés, impuissants, affirmaient : un cas incompréhensible. Dire qu’il fut mal élevé serait litote niaise. Mal éduqué, mal instruit ? Nous sommes entourés, nous ne le savons que trop, d’êtres humains mal dégrossis, ils vivent sans fibre morale, sans aucun critère, sans balise aucune, sans aucune échelle de valeurs. Quoi ? Des animaux ? N’insultons pas les animaux. Ils se retiennent sans cesse de passer aux actes par…peur de la police. Soudain, trop plein de retenue, on les verra, ces refoulés amoraux, se défouler à diverses manifestations, holigans aux matches sportifs par exemple. Vandalismes variés.
Miserere !
En voici un se croyant à l’abri de toute civilisation, possesseur de trois maisons (un cadet-rousselle abruti de succès financiers) qui s’abandonne à son instinct de prédateur mâle. Prudent et illusoire silence de ses agneaux, cela lui fait illusion. Pourquoi pas deux victimes ? Ou trois ? Cela allait venir mais une des victimes découvrant que les horribles pot-de-vin pour l’achat de sa conscience ne la calmant pas, trouve enfin le courage (9 sur 10 victimes se taisent !) d’ouvrir ce Pandore à secrets délétères. Le célèbre-à-succès est piégé par la police, il vacille et tombe en un . écroulement fatal. Avec grand fracas en médias, on l’a vu. Le gâchis navrant, insoutenable longtemps, s’est installé pour ses proches. Ô l’effrayante honte des siens. Et pour longtemps.
Répétons-le, 90 sur cent abusé(e)s ne parlent pas, disent les experts. À cause de cette honte comme tombée sur les victimes elles-mêmes !
Des pères incestueux, des religieux ( et de toutes les confessions), des professeurs, d’autres gérants d’artistes célèbres ?, savent, se cachent. Ils tremblent ces temps-ci : s’il fallait que cette déchéance publicisée fasse boule-de-neige ? Qu’ils se tirent une balle, se taille les veines, se pendent ? C’est ici, exactement ici, que les vrais chrétiens peuvent se signaler en priant pour l’âme dégénérée de « cet homme et son péché ». Prier malgré la répugnance de ce crime. Malgré tout, implorer la miséricordieuse providence car le cachot d’une prison —où l’on ne tolère pas la pédophilie, où la mort le guettera chaque jour, chaque nuit— ne lui redonnera aucune paix.
Kirie eleison… ayez pitié de nous, répétait à genoux jadis tout un peuple (les Québécois) mal christianisé, à coups de piéticailleries et de dévotionnettes et qui sombrait, par réaction, bête dans l’édénisme à tout prix, l’hédonisme à gogo, vivant désormais, j’insiste, sans aucun critère moral, sans balise, sans aucune échelle de valeurs. N’est-il pas là, et de plus en plus, ce qu’il faut bien nommer d’un vieux mot bien réel : le mal ? Mot ignoré par tant de nos gens, navigateurs ballottés à bor d’une barque noire « le fonne ». Le fonne au plus vie et à tout prix. Alors, un jour, un homme mal vieilli veut jouer à touche-pipi avec une enfant et va vite s’engouffrer dans un puits de terreur.
Miserere !

QUÉBEC POIDS-PLUME ?

Je souhaite répliquer à l’opinion ( La Presse du lundi 15 novembre) de M. André Pratte. Il proclamait la fin de bien des petits pays : adieu Suisse, Danemark, Finlande, Israël (oui, oui), Norvège, Irlande, et j’en passe !Toute une liste. À le lire tous ces pays (dont un Québec devenu libre) ne seront bientôt que d’inconvenantes « plumes » dans le concert des nations. Ce néo-Nostradamus veut-il faire peur (cette vieille sauce) et condamner l’indépendance du Québec ? En montrer les dangers —vu les déclins de natalité— si l’on se fait une patrie ? Or, il y a la richesse et la population d’un pays. Deux choses. L’Inde —ou la Chine— région immensément populeuse, comme chacun le sait, n’a pas pesé bien lourd dans l’histoire. Les Étatsuniens, importateurs de cerveaux « nobélisables », se sont imposés longtemps sur de vastes contrées populeuses. La petite Italie en design, modes, etc. Le Québec actuel en matière de divertissements, c’est connu. La liste serait longue.
Depuis quand la masse populeuse joue-t-elle un rôle primordial pour évaluer la force d’un pays ? Jamais. Ça ne va pas changer dans 20, 30 ou 50 ans. Lisez bien : sur 253 pays, 164 pays sont moins populeux que le Québec; sur 253 pays, 209 pays sont indépendants; 126 pays souverains sont plus petits que celui auquel nous aspirons. M. Pratte veut-il affirmer qu’ils sont tous foutus ? Il n’y a que 16 pays plus grands et plus populeux que le Québec (MM. R.-G. Séguin, J. Proulx, M. de Repenigny). 50 pays seulement ont le double de notre population. Depuis la fin de la guerre, en 1945 —avec les décolonisations de toutes sortes—, 144 pays sont devenus indépendants; trois milliards (3,000,000, 000) de gens en ces pays nouveaux ont eu accès à la souveraineté. Ces chiffres sont éloquents. M. Pratte. Le Québec indépendant (avant 2050, c’est probable ) ne sera donc pas seul à peser une « plume » (votre mot). Répétons-le, depuis quand la force d’un pays tient au nombre de têtes sur son territoire, c’est l’ONU réaménagé, forcément revigoré par obligation de paix mondiale, qui va influencer « le cours de l’histoire » selon votre expression). On peut gager tout de suite, pas en 2050, que Suisse, Irlande, Norvège, Danemark —et même Israël— auront toujours un poids certain au concert des nations. La démocratie mondiale autorise « une voix par pays ». Ça ne va pas selon la population de tel ou tel pays. Votre sauvage « loi du plus grand nombre » relève du temps des boucheries quand une majorité faisait taire une minorité, écrasant volontiers le dissident. L’odieux joug dans les vies privées —tel, ici, l’unanimisme duplessiste— comme dans les vies collectives. D’accord au moins là-dessus ?
Claude Jasmin

Écrivain
Ste Adèle
15 novembre 2004

SUR LA CULTURE À LA SRC : RÉPLIQUE

  • CE MATIN, 10 NOV. RAIDE ATTAQUE (à propos de Radio-Canada) D’UN M. MAURICE NANTEL DANS LE DEVOIR »
    VOICI MA RÉPLIQUE ENVOYÉE AU DEVOIR. SERA-T-ELLE PUBLIÉE ? ÇA…
  • SUR LA CULTURE À LA SRC : RÉPLIQUE
    Vive le rire M. Nantel, moi aussi j’ai bien ri en lisant votre total désaccord avec ma « Funeste glissade… » (Le Devoir, 3/11/04). À vos yeux la SRC actuelle est un producteur « formidable » et « votre front s’en tatoue » (vos mots) glorieusement ! Cependant vos huit exemples « merveilleux » furent entièrement fabriqués en dehors de la SRC par des compagnies dites privées. Radio-Canada les a obtenus —encouragés au développement— en payant plus cher (enchérissant avec notre argent public) que TVA et TQS. Ou T.Q., ARTV, TV-5, Canal D.
    Vous avez 45 ans, vous ne pouvez pas comparer vraiment avec le Radio-Canada (radio et télé) des années ‘50 ou ‘60, ‘70. Vain avantage sur vous bien entendu. Henri Bergeron ou Madame Riddez (vos deux victimes) n’étaient ni dérisoires ni déconnectés comme vous l’écriviez (10/11/04). Leurs grands succès se fondaient sur quelques mérites, ne croyez-vous pas ? Perdez donc l’habitude de dénigrer ce qui se fit avant votre indispensable venue au monde.
    Votre dernier paragraphe dans cette bizarre tentative de me faire passer pour « un vilain nostalgique » montre une curieuse obsession contre Outremont ! Or je « n’écris pas de la rue Bernard », je ne suis pas « paroissien de Saint-Viateur » et ne vis pas dans « la bulle outremontaise » (vos mots). Je vis et j’écris à Sainte-Adèle. Cela avoué, deviens-je plus crédible ? Je signe et je persiste :la radio et la télé actuelles, à la SRC, glissent trop souvent vers « crottes d’écoute » et divertissements démagogiques crasses et je suis certain que d’autres observateurs, de tous les âges et ne résidant pas nécessairement à Outremont, partagent cette opinion. Seuls, certains aliénés culturels incultes, jeunes ou vieux, en rient.

    ALBERT, ÉVA ET LES AUTRES

    Je me souviens, il a surgi très subitement comme « sorti de la cuisse de Jupiter », les dents sorties, longues, cheveux luisants de blondeur, la diction pétaradante, l’articulation flamboyante. Il ne nous ressemblait pas. Migration inconnue ? À cette époque de « tranquille révolution », Albert gesticulait à fendre l’air (sa devise !) et on ne savait pas grand chose sur ce jeune troubadour aux allures de Cyrano…qu’il allait un jour incarner d’hallucinante façon.
    Dorénavant le Québec d’aujourd’hui peut tout apprendre sur le comédien Albert Millaire car mon ami, Jean Faucher, l’a confessé à fond. Son livre d’« ENTRETIENS » (Québec-Amérique éditeur) raconte d’abord le gamin impétueux d’une modeste veuve, au pauvre pays montréalais du « Bonheur d’occasion ». Fils d’un tavernier prospère (rue Ontario) mais mort jeune, Albert-orphelin sera mis en pension au collège à l’Assomption. Un tout jeune « rhétoricien » qui osera dire « non » à une belle profession libérale, à la prestigieuse prêtrise. Pour, folie ?, embrasser… le sacerdoce des planches ! Millaire —ils ne sont pas si nombreux en ce temps-là— osera donc plonger dans un métier à haut risque, foncer vers un avenir ultra fragile. Cela se nomme une vocation. C’est l’époque du tout nouveau Conservatoire bien conservateur, de la formation sérieuse.
    Jean Faucher, éminent confesseur (laïc), saupoudrant ses questionnaires d’un humour irrésistible, le fait parler à cœur ouvert. De tout. Des questions graves, car Albert vient d’échapper à la mort !, comme des sujets légers tel ce séjour de bohémien, avec un bazou, avec épouse et deux files bambines, dans Paris-les-Halles ! Captivante lecture. C’est un pétillant «petit manuel d’histoire », celle de notre jeune et puis moins jeune théâtre. Millaire nous initiait à Beckett ( cher « Godot » ) comme à Roch Carrier. Millaire ouvre des salles, en confirme d’autres, au TNM par exemple, s’installera longtemps chez Shakspeare à Stratford-on-Ontario, fera du cinéma, de la télé dramatique. En bout de piste, il passe de la mise en scène de théâtre à celle d’opéras. Enfin s’adonnera aussi au cinéma québécois.
    Ces « ENTRETIENS » n’évitent pas la chronologie, comment l’éviter ?, mais ils s’émaillent de révélations « révélatrices » : chicane avec Gascon, avec d’autres, chagrins légers, déceptions graves … trahisons parfois. Merci mon ami Faucher, vous auriez fait florès, cher Jean, en « abbé de cour », confesseur des grands à l’époque des Saint-Simon ou des Sainte-Beuve.
    L’histoire d’Éva Senécal se déroule, elle, un demi siècle avant Cyrano-Millaire ! Françoise Hamel-Beaudoin vous racontera un temps de grande misère intellectuelle en province. Émouvant son « récit de vie » de la fille d’Octavie-la-fertile et d’Isaïe-le-mutique, née en 1905 à La Patrie, village dans des confins de l’Estrie. Vous lirez l’atroce destruction d’une âme subtile car Éva ose aimer la poésie dans un pays dur et dans un temps implacable où la vocation littéraire est tenue pour une aliénation.
    On est bouleversé de suivre le tragique débat d’Éva essayant de survivre littérairement parmi des gens enfouis dans le merdier (soues à cochons partout ) des existences chétives. Éva détonnait, se sauvera à Sherbrooke, journaliste dans l’ombre du papa-poète de Clémence Desrochers. Émouvantes amours contrariées de « vieille fille » sensible, vous assisterez à le lente et fatale immolation d’une femme quand « être femme » en ce temps-là, signifiait : tais-toi, écrase –toi ! « La vie d’Éva Senécal » (Triptyque éditeur) est un conte très noir, très instructif, il fait frissonner d’horreur, il est meublé des silences imposés. Lisez cet effrayant gaspillage d’un esprit empêché.

    GUY-A LEPAGE SUR « POWER-TRIP » ?

    Rappelez-vous le fabuliste et sa grenouille qui s’enfle, s’enfle, se prenant pour un bœuf… « tant qu’à la fin elle creva ». (Lafontaine). Un dimanche soir de chic gala « corporatif », face à d’immenses foules de compatriotes, la grenouille Guy-A. Lepage, paf !, crevait ! Pas beau à voir son garrochage de trophée. Celui du lauréat absent, Desjardins qui avait osé ne pas quitter sa tournée en Gaspésie. Crise de nerfs d’un qui a « la grosse tête »?
    Comment ça arrive ces tristes histoires ? Un conte de fée triste. Il était une fois, un gars au physique ingrat, galoche, voix nasillarde, qui suivait des cours en « sciences-molles », les communications. Les diplômés sont nombreux. Tit-Guy sera-t-il d’abord reporter dans une radio provinciale, recherchiste sur canal régional ou attaché de presse pour un échevin obscur ? Non, non, Guy-A., avec une bande de copains uquamiens, va fonder un groupe d’humoristes-de-garage, nommé : « Rock et Belles Oreilles ». Avec de forts talents de caricaturistes, des poltronneries tous azimuts, un zest de grossièreté, ça « pogne » ! Succès populaire. Les communications mènent à tout, au burlesque, au grotesque, démagogique à l’occasion. Le chef de cuisine de ces iconoclastes ragoûts, Guy-A., finira par se lasser des moqueries adolescentes et le réseau TQS l’embauchera comme animateur de talk-show. Ça vire hélas en « toc-show ». Un bide ! Bof, pas grave ! Lepage va proposer, avec ses douze apôtres scriteurs, un feuilleton de télé sur le mode conjugal. « Un gars, une fille », notre Tit-Guy joue « le gars », un pédant « macho » égoïste. « La fille » ? b’en, elle est montrée comme assez sotte, d’un genre féminin assez con. C’est juste pour rire, hen ! Guy A. Lepage, de nouveau, peut se vanter d’un solide succès. Il ira vendre son concept un peu partout à l’étranger. Le voilà en commis-voyageur très enrichi. Qui ne s’enflerait pas un peu le coco ?
    Troisième « round » fructueux du match pour Tit-Guy : Radio-Canada, la télé publique tragiquement absente des crottes d’écoute, jette la culture des Beaux dimanches aux vidanges et se cherche un mec assez baveux pour casser des œufs en vue d’omelettes bien baveuses. S’agit d’une clonage de l’obsédé impétueux parisien Thiérry Ardisson. Notre Guy-A. hérite du fauteuil en imitation de peau de serpent coriace. Lepage y est incisif à souhait, il n’a aucune retenue face aux idoles du jour. Il va si bien faire l’affaire que c’est… pas UN… mais DEUX millions… de fidèles à l’arène du carnage vespéral.
    Qui ne s’enflerait pas le ciboulot ? L’humble ex-étudiant en communications arbore désormais une prunelle assassine ! On l’a donc vu ce dimanche-à-gala jouer le « boss » tout puissant, ordonnant à une salle pleine de dociles collègues : « Levez-vous, tout le
    monde, vite !» et nos deux ministresses en « kulture », un Denys Arcand, tout le monde de se lever ! Une maternelle à chanteurs, chanteuses, ? Une garderie d’enfants dominés ? On l’a aussi entendu dire : « Un animateur de gala ne fait pas ça. Jamais. Mais MOA, ce soir, je le fais ». Quin-toé ! Ainsi, à sa tribune dominicale il fait des préambules : « Quoi ? On souhaite des excuses mais je n’en ferai pas ». Quin toé ! Mon tit-Guy en dictateur, en tyran ? Lepage en despote jeta donc la statue gagnée aux ordures ! Ce fut trop ? Intelligent comme un singe et refroidi, il revint sur scène pour tempérer, jouer une bizarre carte : « Tu m’excuseras pas, Desjardins ? Bon, bien tu viendra t’expliquer à « mon » show. » Tribunal truquée ? Or, le lendemain de son dérapage, nous apprenions ceci :d’abord que Desjardins avait refusé un « Tout l’monde en parle ». Oh, oh ! Qu’il ne méprisait pas l’Adisq puisqu’il en était membre et qu’il avait offert volontiers de parler à Tit-Guy en duplex-télé.
    Question : une grenouille pétée peut-elle revenir à son état normal ?

    L’OURS ET LE CASTOR

      UNE FABLE INÉDITE DE CLAUDE JASMIN

    (En réplique à tous les jeunes Yvan Saint-Pierre —lettre ouverte au Devoir— qui abandonnent l’indépendantisme québécois pour militer au salut de la planète.)

    Là-haut, l’ours très énervé, s’agitait sur sa colline
    Voyant l’eau monter à ses quatre horizons, s’affolait
    Le castor, sur la berge du lac, restait calme
    Vaillant, s’efforçait de construire un modeste radeau
    L’ours gueulait : « Il faut corriger le destin
    Vite, vite, il faut sauver le monde entier
    Un péril mondial énorme nous menace
    C’est la fin des temps, monsieur du Castor ! »
    L’onde fatale montait, la colline s’inondait peu à peu
    Le castor au rivage acheva son installation
    Sa barquette flottait bien, il était sauvé
    Quand le ravage aquatique gagna partout
    L’ours appelait encore toute l’humanité à son secours
    Sa noyade inévitable lui cloua le bec à jamais

    À vouloir corriger la planète, on peut perdre son instinct de survie car l’ours périssait et le castor survivait.

    Claude Jasmin

    Sainte Adèle
    1er novembre 2004