GUY-A LEPAGE SUR « POWER-TRIP » ?

Rappelez-vous le fabuliste et sa grenouille qui s’enfle, s’enfle, se prenant pour un bœuf… « tant qu’à la fin elle creva ». (Lafontaine). Un dimanche soir de chic gala « corporatif », face à d’immenses foules de compatriotes, la grenouille Guy-A. Lepage, paf !, crevait ! Pas beau à voir son garrochage de trophée. Celui du lauréat absent, Desjardins qui avait osé ne pas quitter sa tournée en Gaspésie. Crise de nerfs d’un qui a « la grosse tête »?
Comment ça arrive ces tristes histoires ? Un conte de fée triste. Il était une fois, un gars au physique ingrat, galoche, voix nasillarde, qui suivait des cours en « sciences-molles », les communications. Les diplômés sont nombreux. Tit-Guy sera-t-il d’abord reporter dans une radio provinciale, recherchiste sur canal régional ou attaché de presse pour un échevin obscur ? Non, non, Guy-A., avec une bande de copains uquamiens, va fonder un groupe d’humoristes-de-garage, nommé : « Rock et Belles Oreilles ». Avec de forts talents de caricaturistes, des poltronneries tous azimuts, un zest de grossièreté, ça « pogne » ! Succès populaire. Les communications mènent à tout, au burlesque, au grotesque, démagogique à l’occasion. Le chef de cuisine de ces iconoclastes ragoûts, Guy-A., finira par se lasser des moqueries adolescentes et le réseau TQS l’embauchera comme animateur de talk-show. Ça vire hélas en « toc-show ». Un bide ! Bof, pas grave ! Lepage va proposer, avec ses douze apôtres scriteurs, un feuilleton de télé sur le mode conjugal. « Un gars, une fille », notre Tit-Guy joue « le gars », un pédant « macho » égoïste. « La fille » ? b’en, elle est montrée comme assez sotte, d’un genre féminin assez con. C’est juste pour rire, hen ! Guy A. Lepage, de nouveau, peut se vanter d’un solide succès. Il ira vendre son concept un peu partout à l’étranger. Le voilà en commis-voyageur très enrichi. Qui ne s’enflerait pas un peu le coco ?
Troisième « round » fructueux du match pour Tit-Guy : Radio-Canada, la télé publique tragiquement absente des crottes d’écoute, jette la culture des Beaux dimanches aux vidanges et se cherche un mec assez baveux pour casser des œufs en vue d’omelettes bien baveuses. S’agit d’une clonage de l’obsédé impétueux parisien Thiérry Ardisson. Notre Guy-A. hérite du fauteuil en imitation de peau de serpent coriace. Lepage y est incisif à souhait, il n’a aucune retenue face aux idoles du jour. Il va si bien faire l’affaire que c’est… pas UN… mais DEUX millions… de fidèles à l’arène du carnage vespéral.
Qui ne s’enflerait pas le ciboulot ? L’humble ex-étudiant en communications arbore désormais une prunelle assassine ! On l’a donc vu ce dimanche-à-gala jouer le « boss » tout puissant, ordonnant à une salle pleine de dociles collègues : « Levez-vous, tout le
monde, vite !» et nos deux ministresses en « kulture », un Denys Arcand, tout le monde de se lever ! Une maternelle à chanteurs, chanteuses, ? Une garderie d’enfants dominés ? On l’a aussi entendu dire : « Un animateur de gala ne fait pas ça. Jamais. Mais MOA, ce soir, je le fais ». Quin-toé ! Ainsi, à sa tribune dominicale il fait des préambules : « Quoi ? On souhaite des excuses mais je n’en ferai pas ». Quin toé ! Mon tit-Guy en dictateur, en tyran ? Lepage en despote jeta donc la statue gagnée aux ordures ! Ce fut trop ? Intelligent comme un singe et refroidi, il revint sur scène pour tempérer, jouer une bizarre carte : « Tu m’excuseras pas, Desjardins ? Bon, bien tu viendra t’expliquer à « mon » show. » Tribunal truquée ? Or, le lendemain de son dérapage, nous apprenions ceci :d’abord que Desjardins avait refusé un « Tout l’monde en parle ». Oh, oh ! Qu’il ne méprisait pas l’Adisq puisqu’il en était membre et qu’il avait offert volontiers de parler à Tit-Guy en duplex-télé.
Question : une grenouille pétée peut-elle revenir à son état normal ?