MORT DE GISÈLE SCHMIDT !

  • Vous pouvez écouter ici l’entrevue accordée par Jasmin à René Homier-Roy sur les ondes de Radio-Canada le matin du 31 janvier 2005.
  • J’en étais rendu que je l’aimais… comme si c’était ma vraie mère. J’avais pour elle mieux que de l’affection. Elle était devenue en ce temps de La petite patrie télévisée (1974-1976) comme une deuxième mère. Elle est morte. 82 ans. Déjà ? D’abord dire que je voyais plutôt une Juliette Huot pour personnifier ma mère à la télé, dans cette autobiographie de mon l’adolescence. « La petite patrie » était un feuilleton non-conventionnel, à portraits variés, de ma famille, du quartier Villeray dans les année 1940 et obtiendra un immense succès populaire. Personne dans l’équipe n’avait pu prévoir ça; ce fut à cause de cette mamma-Schmidt ! 80 fois, 80 épisodes, où elle fut la tête de proue. De son joli refuge-village en Charlevoix, elle vient de nous quitter. À jamais et j’en ai mal

    Florent Forget, mon réalisateur, m’annonçait au printemps de 1974 : « Pour jouer ton rôle, Claude, ce sera Vincent Bilodeau, pour ta mère, j’ai choisi Gisèle Schmidt ». J’étais méfiant, la victime de faux clichés : cette Gisèle, grande dame inabordable, vraie « diva », je l’avais observée, fin des année 1950, dans le hall de Radio-Canada, avec toute sa cour, dans des restaus à la mode, si belle, le verbe haut et clair, la belle Gisèle triomphait de ses amphitryons et l’hebdo « Radiomonde » la montrait, l’été, sur une plage de Bidderford pool, Maine, arrangée en « star » d’Hollywood avec son célèbre amant, le fascinant et surdoué François Rozet, ex-sociétaire de la Comédie française à Paris, émigré au Québec. Que de photos étincelantes, toute sa cour d’aficionados, on aurait cru —« parasol, mante, grand chapeau de paille, voile, verres fumés, long fume- cigarette —, à une séquence d’un film de Federico Fellini !

    Radio-Canada

    Ma dévouée et débordée mère … elle ? Pas possible ! Eh bien ce fut possible et Gisèle incarnera une « mère de famille de jadis » de façon inoubliable, un million et plus de gens la suivront tous les dimanches soirs, s’y attachant, la gardant dans leurs souvenirs encore aujourd’hui. Nous sommes en 2005, pas une semaine ne s’écoule sans qu’un correspondant du site claudejasmin.com ne m’interroge : « Pourquoi Radio-Canada n’offre pas au moins un boîtier de cassettes-DVD de La Petite patrie ? Je répond : je ne sais pas.

    À la longue, pour « Les Bougon », on voit bien se détacher, les talents forts d’un seul trio : le « si naturel » jeune obèse, le p’tit « mon-oncle » et l’improbable fougueuse jeune putain. Ainsi, ce fut Gisèle Schmidt qui fut l’axe, fixa l’inoubliable succès de cette série, avec, aussi, la bonté de Galipeau, la beauté de Laparée, la fureur de Pasquier. Et la candide Louise Rinfret qui, à 23 ans, joua avec génie une gamine de 13 ans. Marc Labrèche, en 1980, frais émoulu de son école de théâtre, à Ste-Thérèse (comme Bilodeau), incarna avec un fort talent mon autre alter-égo, celui des « Boogie-woogie », « autobio » encre pour illustrer les « camps d’été d’antan », ainsi, c’est le jeu inouï de Gisèle Schmidt qui a marqué l’imaginaire collectif d’ici. On dit « le succès est « un mystère », je dis que c’est le talent fort, celui d’une comédienne défunte insurpassable qui a frappé d’or mon feuilleton.
    Je l’ai vu, semaine après semaine, cette grande « star », se transformer en authentique « mère-poule », mère angoissée par ses petits, devant les caméras mais aussi dans les coulisses, dans les salles de répétition ! C’était étonnant sa métamorphose en « môman », à la fois sévère et remplie de tendresse, veillant sur les jeunes troupiers de Forget puisque Gisèle jouait un rôLe qu’un grand amour ravageur, et qui se termina mal, ne lui avait pas permis de tenir dans sa vraie vie. Sur le balcon, un soir de tournage, flattée d’être personnifiée par cette « vedette », maman, naïve, lui déclara : « Je tiens à vous féliciter, vous m’imitez très bien. madame ! » Ô, alors, les beaux éclats de rire habituels de Gisèle !

    Adieu belle actrice, adieu ma fausse mère ! Va jouer dans la « Lumière des Lumières » tous les rôles. Là où la scène y serait infinie et le temps comme aboli. Tu pourras incarner, tout Corneille et tout Racine, Lorca et Montherlant, Pirandello et Brecht. Et une des « Albertine » de Tremblay. Gisèle, je t’en prie, trouve des petits moments perdus pour reprendre ma mère morte dont je m’ennuie tant. Me voici, depuis ce fatal dimanche, comme orphelin une deuxième fois !

    2 réponses sur “MORT DE GISÈLE SCHMIDT !”

    1. Enfin, je peux t’envoyer ma reaction ecrite hier soir dans les larmes.
      Gatineau ce 30 janvier 2005, il est 23.45h. Chere Gisele, il y a environ 20 minutes que le RDI annoncait ton depart vers le jardin de Dieu ou fleurit la paix et la tendresse. Tout de suite j’ai allume un lampion devant mon crucifix et prier a travers les larmes pour que tu reposes aupres de Lui et de tous les gens que tu as aime.
      Belle ironie, j’ecoute la Radio universitaire KUSF de mes adversaires Jesuites a San Francisco et c’est du classique en Francais, la ou le soleil est encore radieux. En finissant ma priere, je t’ai envoye un baiser affectueux et j’ai pense a ton beau renard blanc nomme Claude. Je tenais malgre les larmes a te dire Merci du fond du coeur pour ta presence a la tele,specialement dans La Petite Patrie et Montreal PQ et tant d’autres.
      Merci pour ta voix sensuelle et energique, tes yeux percants, ton beau visage et ta presence vraie et prenante dans tes roles et dans la vie. Je te remercie d’avoir existe et d’avoir mis du beau, du vrai, de la culture et de la tendresse dans ma vie, dans nos vies. Devant le Dieu et Pere du Christ Jesus, je me souviens de toi avec joie et honneur. Sois heureuse!
      De la-haut, protege notre beau vieux hibou de Claude. Merci….
      Mario Lamoureux, Gatineau

    2. Bonjours je suis jonathan schmidt Gisèle schmidt étais de ma famille .
      Elle étais la nièsse a mon arière grand père et je nais pas u la chance de la conaitre et jaimerais savoir si il aixiste une biographie. si oui jaimerai que vous me lanvoiller sur mont couriel et mon grand père vous fais dire merci pour
      la bio davansse

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