DES TRAVESTIS AUX OISEAUX EXOTIQUES !

Comment font les autres ? Ceux qui se désintéressent de la lecture ? Je viens de lire le dernier Tremblay. Ce « CARNET ROUGE », Léméac, éditeur, illustre (une fois de plus) son obsession admirative et moqueuse de la sexualité… des travestis. On n’est pas chez les travestis de la télé de « Cover girl » avec son monde joyeux, ses mesquineries risibles. Ô l’efficace bon divertissement ! Où un René-Richard Cyr fait voir un immense « naturel », des dons de vraisemblance avec une sorte de vérité exceptionnelle, série-télé aux malfaisances bien « bon enfant », où le mâle Patrick Huard étonne, renverse même, où ce masculiniste acteur, Gilles Renaud, surprend très absolument ! Mais chez Michel Tremblay, mon camarade exilé chaque hiver en Floride, nous re-re-lisons sur ses anciennes « figures » emblématiques dont —proue de sa trâlée— la Duchesse de Langeais. Re-re-dites ? Ra-ra-radotages ou bien la pathétique quête d’une cohérence scripturaire jamais achevée ? « Carnet rouge », l’impression, hélas, d’un « tour de trop » sur un familier carrousel mécanique, usé et…. assez ennuyeux. Ses affionados apprécieront ?
Lire, une joie ? Oui mais aussi parfois de la lumière ! Par exemple lire Robin Philpot sur le Rwanda, sur Kigali, vigoureuse leçon d’histoire. Philpot n’y va pas de main morte et c’est une dénonciation utile. Nos « vaillante Madame Juge-Arbour » et « brave Général-Roméo Dallaire » en prennent pour leur rhume. Washington (et Londres), sous les Clinton, Bush, la Mado Albright et Cie, ne firent que les « utiliser » ces French-Canadians, devenus ici de faux héros bien pratiques. Philpot : « Ils furent des valets innocents ces « francophones » d’Amérique du nord. L’axe anglo, hypocrite, si funeste (qui fera tous ces morts) fit déclarer au Président de l’ONU du temps (massacres de 1994) : « Les USA sont responsables à 100 % des tueries ». Cause ? La haine des Français-de-France, la jalousie de l’empire-USA face aux restes d’un empire déglingué, la France ! Philpot, lucide, bien informé y est aussi dérangeant qu’avec son « Oka, dernier alibi », livre essentiel sur cette crise « récupérée ». On découvre de bonne raisons suicidaires… si le « héros-Roméo », nommé sénateur, repense, songe de trop à son misérable rôle de « manipulé » de Wahington et consorts. Un pitoyable « asservi » ?
Robin Philpot s’acharne aussi sur un romancier « niais, au racisme inconscient et très méprisant », Gil Courtemanche, celui
d’ « Un dimanche à la piscine… », dont on tire un film. Le chorniqueur (du Devoir) s’y fait crucifier : « Un roman-reportage d’un déplorable colonialisme tel, jadis, celui des Conrad ou Kipling avec le bon explorateur bien Blanc —de nos jours « travailleur-sans-frontières—, le séduisant et formidable civilisateur qui soupire aux flancs d’une belle « jeune » Noire… bien ignorante ».
Bang ! J’ai lu et c’est vrai. Il vous faut absolument dénicher ce « Ça ne s’est pas passé comme ça à Kigali », Les Intouchables, éditeur. Les révélations sur la machination de la « White house » (en vue du chlore, du cobalt, de l’étain) fait comprendre ces effrayants « massacres » de 1994. « Pas un «génocide », affirme Philpot, plutôt une vengeance face à la provocation du FPR, une exaspération inévitable face à une guerre d’occupation par l’armée de Kagame (FPR). Source claire donc : cette « occupation » du Rwanda de 1990 à 1994, les assassinats —louche crash d’avion— de deux présidents voisins et amis, élus (Meurtres commandés par ce Front-PR, opine Philot). Bizarre écrasement en effet, juste avant les tueries et jamais expliqué, jamais vraiment enquêté, enfin, ces maneuvres militaires de ce Paul Kagame, le chéri et vénéré des Maurice Baril, Roméo Dallaire et… Albright de Washington. Là où il fut « élève-soldat », comme ces dictateurs d’Amérique du Sud si longtemps.
Le grand plaisir de lire. Mais…ce récent Beauchemin, hum… « Charles-le-téméraire », Fides éditeur, est un conte moralisateur pour enfants pieux, candidement édifiant. Une saga, il y aura trois tomes. Aimables et touffues niaiseries que j’ai parcourues, a musé et ennuyé comme au temps des romans-scout « obligés » de mon collège de prêtres ! Du méli-mélo naïf. Odeur du Charles Dickens : salut Oliver Twist ! Son brave petit Charles, gamin pauvre, sniff !, orphelin d’une maman malade, sniff ! un Matou-2 (plus de chat mais un chien fidèle) battu par un sinistre père ivrogne, sniff ! Décor chaud et misérabiliste :le Hochelaga des années 60 et 70. Le lectorat patient espère de chapitre en chapitre que Charles s’en sortira. Mon Beauchemin s’y enfonce à sa manière habituelle, lente, candide, patiente, très, très, détaillante, avec le don de l’ancien conteux-de-village… en ville. Pieuse modeste littérature au vaste lectorat.
Lire et …voir aussi ? J’ai vanté ici, un premier très beau livre sur les oiseaux, signé Jean Léveillé. En voici un autre du même auteur. L’habile imprimeur (oh oui !) « Continental », pour le compte des Éditions de l’Homme, offre 160 pages aux luminosités renversantes ! Qui peut nier que la gente ailée n’est pas toujours extase à observer ? Cet hiver, sur notre rampe en meringue blanche, ce cardinal ! Boulette de vie écarlate qui nous fit crier de bonheur. Tournez les pages de ce « Les oiseaux gourmands », vous retiendrez mal, juré craché, des cris d’admiration. Ce Léveillé voyageur, ornithophile et photographe, montre nombre d’espèces volantes. Mais deux « vedettes » se détachent : jamais je n’avais pu voir cette « coquette huppe-col » et ce « canard mandarin ». Féériques ! Deux oiseaux d’un monde rêvé, on doute qu’ils soient de notre planète ! J’étais muet, interdit, stupéfait vraiment, extatique ma foi du bon yeu ! Avec ce deuxième album illustré, Jean Léveillé fait voir plus d’une trentaine d’oiseaux, dont nos geais bleus, nos merles à gorges « briquess », rouges, et même nos jolis moineaux. L’auteur raconte leurs façons —parfois si étonnantes— de se nourrir.
Si, comme moi, l’ornithologie vous laisse plus ou moins indifférent, je peux vous garantir que « LES OISEAUX GOURNANDS » vous fera un objet d’enchantement inouï. Ah, les oiseaux ! Je me souviens, un hiver récent, cinquante (50 !) gros-becs, atterrissent soudain. Oh folle et foisonnante lumière d’un jaune vif sur notre galerie ! Pamoison ! Chaque page du « Léveillé nouveau » : même pamoison ! Bravo madame (elle y a sa part) et monsieur Léveillé !

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