DES NOUVELLES DE MAURICE ?

Vous en aurez bientôt des nouvelles de Maurice car, après avoir drainé en ville presque deux cent millions de notre argent public pour sa « grande » bibliothèque, « grande » Lise Bissonnette va se plonger dans les lettres de Maurice. Sand son nom de famile. Avez-vous hâte de lire ça vous ? Rien à propos de littérature québécoise ! D’une…disons, Germaine Guèvremont ! « Si-tellement-moins » attirante ? Cher Montréal « mégalopolis » et ses dévoués servites, venus parfois d’Abitibi ! Imaginez le bonheur : l’État aurait mis quelques millions de piastres en bonne part pour les livres des écrivains vivants, jeunes et moins jeunes, et cela dans toutes les biblios publiques dans chacune de nos 9 provinces québécoises ! Il serait resté une centaine de millions de « belles piastres » pour la-jolie-patente-à-persiennes (de bouleau), rue Berri.
Bon, trêve de regrets, ce qui est fait est fait. Aussi je vous donne des nouvelles, non pas du fiston de madame Sand, mais d’histoires inventées ici. Par des gens d’ici. Chauvinisme ? Allons ! Regardez aux USA, ou en France, vous verrez la normalité (ils ne sont ni aliénés ni colonisés) qu’il y a à s’intéresser aux livres qui nous illustrent. J’y vais : achetez, louez ou empruntez l’étonnant et excitant récit (Alto éditeur) d’un certain Nicolas Dickner venu du Bas-du-fleuve. Titre bref :« Nikolski ». Le nom d’une ancienne boussole ! Un titre de roman adéquat, emblématique, car les personnages de Nicolas Dickner sont perdus. Cette belle Joyce-Suzie, orpheline désaxée, exilée au marché Jean-Talon de son cégep de Sept-îles et cet autre orphelin, fougueux Noah, au papa faufilé en îles du Pacifique-nord, à la maman en roulotte qui dérive dans les plaines du far west sont des itinérants. Récit à vif, rieur, léger. C’est un conte de dix ans. Bourlinguage à deux destins absolument fous, récit abracadabrant qui nous donne à voir une littérature d’ici neuve. À lire.
Des nouvelles de Martyne maintenant ? Rondeau son nom de famille. Voici avec son « Ultimes battements d’eau » ( XYZ éditeur), une prose comme obligée chez les débutantes depuis quelques années. Rien à voir avec « LE SURVENANT » (fort bon film d’Éric Canuel, soit dit en passant) ou « SÉRAPHIN ». Oh non ! Ces « Ultimes battements d’eau » sont le récit inchoatif, quasi psalmodié, où le jus cru des expressions coule à flot, dévaste. Un discours intime ravageur, corps qui brûle. Amour comme voile en lambeaux au mat creux d’une existence funeste. Ces actuelles « zistoires » de sexe, de sueurs, de sang, de sperme, se ressemblent. Voir dame Bismuth, ou Audrey Benoit, ou Nelly Arcan. Martyne Rondeau, venue de Lanaudière, sortie savante de l’Uqàm, enseignante savante en cégep est devenue experte en « lettres ». Elle finira de nous épater bientôt, cessera de nous éblouir, décidera (ou non ) d’écrire sur… les autres, sur nous, pauvres de nous ? Ses talents y feraient florès avec un « survenant » du 21e siècle ! Superbe car elle écrit bien mais l’égocentrisme lasse en fin de compte. Chère Martyne (avec un y grec !), plusieurs passage de vos « Ultimes battements… » prouvent hors de tout doute vos dons. Ils émeuvent. Composez désormais en vous éloignant de votre nombril (malmené par un jeune tyran), abandonnez une sorte de…quoi donc ?, de malodorant égotiste comme dans ego-trip. J’en ai parlé ici, un Jean Barbe (auteur de « Comment devenir un monstre »), lui, a su raconter avec un art étonnant un « monstre naïf ». Comme on dit « un peintre naïf ») Un bon gaillard garçon initié jeune à la cuisine, installé de force dans ces Balkans en guerres ethniques et qui va jouer de ses couteaux sur… des humains. Réussite horrible totale. Barbe prouve nos jeunes écrivains capables de narrer efficacement sur « loin, hors du territoire national ». C’est excellent et il vient de se mériter un prix. Cela ne sert à rien, il le constatera, mais fait plaisir.
Maintenant je me prépare à lire « L’homme-café » de François Désalliers (Québec-Amérique éditeur) et puis, de Louise Desjardins, « So long » (stupide manie parisienne des titres à l’américaine !). Pendant que Dame-grande-Lise commentera le Maurice-à-maman-George et qu’un Lucien Bouchard, autorisateur du grand local, re-redécouvrira ses classiques-Galimard, notre littérature vivante, elle, celle qui se fait, qui se débat, qui nous appelle « au secours », reste sur les tablettes de nos libraires et de nos bibliothécaires ! Viendra-t-il (comme pour nos bons films) le normal intérêt —sinon l’engouement— pour ces jeunes filles et gars qui nous composent des livres sur hic et nunc ? La vie vraie de notre littérature l’exige. Sinon, avec ou sans 176 millions de dollars, « l’art qui se fait » crève et Lord Durham aurait dit vrai : « une nation sans culture ». Tenez, je suis plongé dans « La mort au corps » (Tryptique éditeur), eh bon yeu de symonac de tabarnac de « famille-je-vous-hais » ! C’est effrayant ! Trop vrai ? Mal au cœur du début de ce « La mort au corps ». Désespérantes visions d’un gamin trop lucide, pas chez George Sand, ici, boulevard Léger, boulevard Lacordaire en un Montéal-Nord à bungalows. À sous-sol « fini ». L’enfance enterrée dans la cave. Le garage de poupa, sa tondeuse, ses « Passe-moi donc le tournevis ! » Un paternel défroqué, une maman ex-infirmière, thérapeute commercial inquiétante ! Ce jeune Éric McComer fait peur avec de nouveaux cris, un nouveau joual et ce nord-est d’hier, pas le « monrial-mort » de V.-L. B. Je lis, subjugué, je vous en reparle. Merde, lisez Québécois, je vous en prie.

Une réponse sur “DES NOUVELLES DE MAURICE ?”

  1. Merci pour le mot gentil. Et pour l’avertissement quant aux prix. Je sais bien que ça ne sert à rien, mais c’est vrai que ça fait plaisir. Ce qui fait encore plus plaisir, c’est tomber par hasard sur un commentaire de vous, positif de surcroit.

    Merci encore,

    à la prochaine.

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