LETTRE OUVERTE AUX JEUNES GENS « ROUGES »

M. Pettigrew beurre épais. Face à une jeunesse libérale candide, il vient de faire des éloges globaux sur son parti, sur une idéologie supposée, bref, sur les Rouges par rapport aux Bleus. À entendre son discours (rapports de reporters) et à lire sa prose (15 septembre dans La Presse) les siens, les Rouges comme il dit, sont monopolisateurs du courage, de braves et francs chevaliers du progrès tous azimuts. S’il est vrai que certains Rouges furent audacieux qui va nier qu’il y a eu aussi des Rouges conservateurs, à outrance, réactionnaires même parfois, scélérats face à certains Bleus audacieux —qu’ils combattirent— bafouant tout progrès. Bref, chers jeunes libéraux, il y a eu dans l’histoire politique du Canada comme du Québec des Bleus ouverts aux changements comme il y a eu des Rouges archi-prudents et très conservateurs.
M. Pettigrew a lu « sa » liste. Il a volontiers caché une autre liste. Celle qui illustre les frilosités, pour ne pas dire pire, de ses chers Rouges. Il parle de confiance (toujours Rouge selon lui ) versus méfiance (toujours Bleue selon lui) …mais il oublie la méfiance rouge, celle face au traité de Libre-échange par exemple. Bizarrement, avec une très curieuse solidarité pour son jeune adversaire (car il est un Bleu) André Boisclair, le ministe d’Ottawa lui prédit une brûlante défaite ! Pourquoi ? Parce que, rédige-t-il, le candidat du P.Q. serait un Rouge, lui ! Vraiment étonnante affirmation, ou bizarre prédiction. Selon P.P. ça va revoler aux téléphones de votation car les « durs et purs » vont débarquer ce Rouge Boisclair de tout podium péquiste ! Eh b’en ! Devin, sombre pythonisse autoproclamée ? Boisclair doit être étonné de cette Cassandre inattendue, non ?
Dans ce même numéro de La Presse, l’analyste financier Claude Picher, qui, lui, a la mémoire longue, dresse la liste (honteuse) des Rouges (sous Chrétien) qui s’opposaient farouchement et à la TPS et au Libre échange (« À la poubelle, dès notre retour aux affaires », criaient les Rouges) … revenus au pouvoir, ils n’ont rien fait pour rendre leurs promesses de frileux, de méfiants, effectives. L’article de Picher sur « l’héritage de Mulroney » raconte bien des « méfiances » des Rouges, et bien peu de « confiance ». Des Rouges donc guère progressistes cher M. Pettigrew, et, plus grave encore, des Rouges gaspilleurs. Les dettes effrayantes ($ 208 milliards !) laissées sur les bras des Bleus de Mulroney furent un frein, un poids terrifiant. Jeunes Rouges, une certaine « méfiance » peut être une vertu. Une certaine « confiance » peut s’avérer une grande bêtise. Pour finir, vous devez savoir (ou l’apprendre ?) que les gens du péquisme viennent de tous les horizons, ils sont ni Bleus ni Rouges majoritairement, le parti de René Lévesque fut, et reste, un rassemblement nationaliste québécois. On y trouve tout le spectre, des Bleus et des Rouges. Qui ont un but commun connu, n’est-ce pas ? Quand la nation aura son pays, on verra certainement le bon vieux clivage « Bleu-Rouge », gauche, droite, centre aussi !, se reformer et ce sera sain, normal, naturel. .

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