À « LA PRESSE », PAS UN SEUL ?

(lettre ouverte à Paul et Paul jr Desmarais)
Au moins un Québécois « sur deux » favorise l’indépendance du Québec. Évidemment ils lisent La Presse. Or tous les éditorialistes de La Presse sont « contre », écrivent « contre » l’indépendance national. Est-ce normal ? Soyons réalistes : est-ce de bonne guerre sur le strict plan des affaires, messieurs Desmarais, Paul et Päul ? La Presse n’est pas un journal à idéologies, c’est un journal d’affaires, rempli d’encarts publicitaires, bourré d’annonces commerciales de divers marchands. Comme Le journal de Montréal, La Presse espère une « toujours plus grosse » part de business, non ? Pourquoi alors ne pas faire une place à —au moins— un éditorialiste souverainiste ? Un seul. Juste un.
« One is too many », disait scandaleusement le raciste Premier ministre à Ottawa, Mackenzie-King, quand l’on frappait aux portes du Canada juste avant l’installation des nazis en Europe, Juifs en détresse qui cherchaient un abri. Pour les Desmarais, père et fils, « one independantist is too many » ? C’est bafouer au moins cinq de leurs lecteurs sur dix. Insultante position donc pour son nombreux lectorat indépendantiste. Injuste, pas démocratique. Soyons terre-à-terre, ce n’est pas le fait d’hommes d’affaires intelligents. L’idéologie fédéraliste, vantée, promue, mise de l’avant par les Pratte, Dubuc, Roy, Gagnon (les deux, Katia et Lysiane), Boisvert (Michèle), Cardinal, ne trouve dans ce grand journal aucune opposition, pas un seul rédacteur en faveur de « la » cause, celle d’un lecteur sur deux (au moins). L’anti indépendantisme, l’anti nationalisme souverainiste, est-il une condition sine qua non pour siéger aux prestigieux pupitres des éditorialistes de La Presse ? Très insultant pour la nombreuse clientèle qui encouragent pourtant ses annonceurs. Est-ce que, bientôt, quelqu’un à la direction de La Presse va se rendre à l’évidence : « cela est anormal », malsain, pas productif, à terme, pour les affaires. Réveillez-vous, messieurs les propriétaires. S’agirait-il d’un excès de « zèle politique » de la part des petits patrons, rue Saint-Jacques ? Des veules pensant faire plaisir à ces messieurs Desmarais ? Ils se tirent dans le pied. Si le Québec libre se fait, fait prévisible, fort plausible désormais, Paul et Paul vont-ils mette à la rue ipso facto ces scripteurs stipendiés ? Soyons clairs et réalistes : les proprios ont certainement le droit d’être contre notre indépendance : ils paient les imprimeurs, ils règnent. Cela va de soi in business. Mais ces financiers du journal La Presse (et du Soleil, du Nouvelliste, de La tribune, etc.) ont le devoir, « le droit ? » d’être décents, conséquents, prudents.
Comment ? En engageant un éditorialiste, —un, un seul— pour rétorquer aux arguments des éditos fédéralistes, balancer ces agents (à bandits-commanditaires !)du honteux « country building ». Ce « solitaire » éditorialiste pourrait illustrer —un petit peu— l’opinion indépendantiste, celle d’une immense part du lectorat de La Presse.« Un, un seul » pour soutenir « un p’tit brin », encourager « une petite fois par sept jours » notre patriotisme. Patriotisme indépendantiste qui (on le répétera jamais assez !) est celui d’au moins 50 % du lectorat de La Presse. Assez de ce « sept jours sur sept » à La Presse, avec analyses, débats, opinions, n’utilisant que la lorgnette pro-fédéraliste. Même le triage pour publication des « lettres ouvertes » saute aux yeux. Observez bien, on laissera passer, rarement, une « lettre » d’indépendantiste pour tenter de masquer… cette mascarade de liberté. Vigneault : « Tu penses qu’on s’en aperçoit pas ? ».
Évidemment que nous les indépendantistes —lecteurs fidèles depuis des décennies— continuerons à lire La Presse malgré cette orientation one way. Puisqu’on y trouve d’excellents journalistes syndiqués, de très bons reporters, des columnists brillants (Pétrowsky souvent, Boisvert très souvent, Marissal parfois, le jeune iconoclaste Cassivi, le brillant Foglia, commentateur emeritus des « riens quotidiens ». Je n’espère pas du tout un poste. Un Pierre Falardeau non plus, c’est évident. Mais quel plaisir ce serait —et quelle justice pour 60 lecteurs de La Presse sur cent— de voir arriver parmi l’actuel « groupe-des-sept » au fédéralisme automatique, un (ou une), un seul éditorialiste qui affirmerait que les militants de l’indépendance n’ont pas toujours tort. Ce serait —va-t-on enfin le voir ?— un normal, sain, intelligent geste d’affaires, n’est-ce pas chers Paul ? Il y a des limites à mépriser chaque jouir, l’orientation patriotique d’une majorité de ses propres lecteurs à La Presse, vous pensez pas ? Au cours de ma longue existence, j’ai vu souvent des petits cadres, des « sous-fifres », en donner « plusse » que le grand boss en demandait, par zèle. J’y tiens : qui sait si, à la direction montréalaise de La Presse, on y trouve pas de ces zélotes froussards, niaiseusement complaisants,lècheculistes quoi. Ils jouent uniformément la carte fédéraliste alors que le vrai patron n’en demande pas tant, ne souhaitant avant tout que la bonne santé économique de son journal. Ce grand patron ( le Paul junior ?) doit savoir maintenant —automne de 2005— que le temps est venu d’accorder au moins une petite part : un éditorialiste sur sept, à ses « six lecteurs sur dix » et les quatre lecteurs fédéralistes sur dix de la Presse auront, en fidèles porte-parole —d’Ottawa-et-suiveurs— les six autres !

Une pensée sur “À « LA PRESSE », PAS UN SEUL ?”

  1. Cher M. Jasmin,

    Qu’espérer de ce « petit Paul », gendre du « vieux crétin »? Pourquoi le Mouvement Desjardins, la FTQ, la CSN, etc. ne se mobilisent-ils pas pour ressusciter une presse indépendantiste plutôt que de toujours regarder passer le train?

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