LE CORBEAU ET LE RENARD ACTUEL

L’émission « La facture » raconte des fraudeurs au Togo. Mais raconte surtout des candides inouïs. Une histoire invraisemblable. Comme tant d’autres sans doute j’avais reçu via mon ordinateur cette imbuvable invitation au sujet d’un multimillionnaire mort là-bas dont on pouvait toucher une part d’héritage. « Envoyez vos sous, aubaine rare ! » Clair non ? Un canular ? Oui. Une fumisterie ? Évidence. J’avais aussitôt, l’invitation se répétant, prévenu ces imposteurs de mon recours à la police. Ce que je ne fis pas étant certain que ces « renards » cons n’allaient attraper absolument personne tant les ficelles de l’arnaque étaient épaisses. Eh ben non ? Dans une petite ville, Disraéli, une innocente dame Lapointe, tombait dans le panneau. Pire encore, une banquière de la sérieuse « Banque nationale » du lieu, approuvait la « victime », la guidait même dans ses envois de milliers de dollars au Togo ! Non mais… quelle cruche cette Carmen Lessard !
J’y vois un effet affligeant d’un monde jeune : les enfants-rois des Boomers. Car j’ai pu observer de près —mes cinq petits-fils— tout un style d’enseignement moral frelaté dans nos écoles laxistes avec « Le monde il est tout bon et tout gentil et il n’y a pas de méchants. » Marchez béatement belles jeunesses abusée. « Le bonheur, la justice, la paix règnent sur notre belle terre ! » J’ai tenté souvent, auprès de mon quintette —de jeunes gamins lessivés— de relativiser cet enseignement civique (et moral). Éducation gangrenée par cette belle et bonne « pensée unique positive ». Je répliquais : « Oui, le monde est bon en général, mais s’y trouve aussi, d’actifs voleurs, des lascars, des gredins, oui, des « méchants ». Je les priais d’être toujours vigilants, méfiants. De toujours questionner les offres comme les demandes, de bien creuser les motivations des individus capables de faire miroiter des avantages louches. Je constatai qu’ils ouvraient les yeux grands, qu’ils entendaient une musique encombrante, trop réaliste pour la première fois. Le papi allait « contre » l’enseignement « jovialiste » de l’école. Quoi, il y aurait des gens malhonnêtes sur terre ? Les niaises Lapointe comme les sottes Lessard (combien sont-elles ces « nonounes » candides ?) sortent de ce système d’éducation navrant. Ici, on ne parle plus des « ti-Coune » aliénés, des Bozos retardés, non, nous parlons des naïfs très instruits, sortis des moules pénible à « têtes mal faites », fabriquées par l’ enseignement moral de la « bonasserie » ambiante, cette confiance idiote qui se veut un rempart à quoi ? Au règne du pessimisme d’antan ? Le balancier a volé à l’autre extrémité avec « tout le monde il est beau et bon ». Résultat de ce gâchis éducatif pusillanime : une dame Lapointe, jeune naïve détroussée, honteusement volée, une dame Lessard, jeune banquière qui perdra sans doute son emploi. Que l’on se dépêche, et très vite, de corriger l’ambiante atmosphère nauséeuse dans nos écoles, collèges et universités. Ce délétère enseignement est irréaliste. Sinon, on peut facilement prévoir plein d’autres « bonnes poires » dans maints domaines qui laisseront échapper leur fromage face aux malins renards de ce monde. Le génial fabuliste Lafontaine dit vrai, toujours !

« QUE S’EST-IL PASSÉ ? »

Faux de croire que « le vieil homme » (que je suis devenu) ne s’intéresse pas aux jeunes. J’observe attentivement, médusé, les changements en musique populaire actuelle et je m’interroge sur les goûts musicaux de mes cadets, de ces jeunesses québécoises qui remplissent stade Bell, salles, discothèques. Que s’est-il passé ? Dans les années 1960, plein de très jeunes qui aimaient —hors la pop traduite des USA sauce Lalonde ou Michèle Richard — les Félix Leclerc, Gilles Vigneault, Claude Léveillée. Ou un Ferland et les satellites doués. Oui, que s’est-il passé ?

Vinrent les années 1970, un Robert Charlebois, une Dufresne-diva, une Marjo, j’en passe, étaient acclamés par la jeunesse, non ? Vers 1980, ce sera les merveilleuses proses de Beau Dommage et puis Michel Rivard, le surdoué, seul, tous eurent un fantastique succès, c’était en français bien vivant, non ? Ensuite, que se passa-t-il ? Ce sera hélas l’américanisation. Anglosaxonnemaniaeverywhere ! Sévissent partout, dociles « courroies de transmission », des Brunet, Cormier et cie, zélés publicistes volontaires, colonisés, dans maint médias de ces musiques, Bruitage, fracas sonore, moins mondialiste qu’étatsunien au fond. Ils bavardent à foison sur le rock étranger. Avec, de temps à autre, « un d’ici » qui surgit : un Leloup (retraité précocement !) par exemple. Ou des Loco Locass ou des Cowboys fringants. Exceptionnels parmi tous les copieurs, les suiveurs, les imitateurs sauce US-ONLY. Échos sonores des modes importées des pays de l’AXE ANGLO-AMÉRICAIN, dont l’Allemagne !

Oui, que s’est-il passé ? Un jeune trentenaire (un chroniqueur-Cassivi par exemple), nous déclinera ses rejetés ( avec ses préférés) et le « vieil homme » s’en trouvera perdu. Qui sont ces Joy Division, Gene Loves Jezebel, Siouxie and the Banshees et ce Bauhauss ? Certes le vieil homme sait un peu qui sont (furent?) les Zeppelin, Black Sabbath, Jimi Hendrix, les Doors ou les « vieux » Rolling Stone, leur fracas fut si tonitruant. Mais ces Depeche Mode, New Order, Ministry, The cure, les Pixies ? Planète absolument inconnue !

Qu’est-il arrivé depuis toutes ces années ! Si peu de successeur aux Vigneault, Léveillée, Ferland, voire Tex Lecor, aux fabuleuses Diane Dufresne, Marjo et autres en français ? Personne pour continuer (autrement) Beau Dommage ? Trop rares surgissements (telle une Jorane ) ou quelques isolés surdouées, un Daniel Bélanger, un Boucher et sa « gang de malades » ! Fragiles récifs ces derniers, inopérants face au tsunami-rock-USA Qui sont au juste ces The Go ! Team, Underwood, Chemical Brothers, Daft Punk, Sex Pistols, Green Day, Cat Power, Iron and Wine ? Je l’ignore. « Être dans le coup », je saisis, c’est être comme-aux-USA-au-Québec, de bons valets, Québec en une succursale de déracinés, de colonisés volontaires ? Quelle tristesse ! C’est tout entendu les « boîtes-à-chansons » sont disparues à jamais et foin de vaine nostalgie. Mais suis-je seul à souhaiter la venue de solides talents franco-québécois.

Est-il trop tard ? L’invasion états-unienne avec nos pauvres, minables, assimilés (et contents de l’être), cette colonisation via la chanson pôpulaire — est-ce fatale attraction ? Oh, le sinistre ouvrage de tous ces propagandistes serviles dans tous nos médias. Ouvrages serviles dont se moquent les amerloques. Ils ne voient Québec qu’en infime marché, pari négligeable, vaine minuscule colonie du nord-est. Certes cela ne se commande pas le talent. Quoi faire quand la culture musicale populaire d’ici nous tient à cœur ! Qui me répondra avec optimisme ? Qui ?

Fin de partie ? Aussi pour « l’agent » Mark Bourque !

La vie, une partie…un party ? Pas toujours « de plaisir » certes. Samuel Beckett « le-désespéré » — Nancy Huston a raison— en fit un texte ravageur. Hélas, chaque année, nous perdons des « invités » à cette longue partie qu’est l’existence humaine. Il s’agit —le pire— de parents, d’amis ou de bons voisins.
Il s’agit aussi de vifs regrets quand s’en vont —à jamais— de ces êtres chers à toute une collectivité. Mes morts chéris ne sont pas Rainier de Monaco ou le roi Fahd, ni même les écrivains Claude Simon ou John Saul. Ce sont certains « personnages publics » qui meublaient des souvenirs si précieux. Ma courte liste de disparus très chers ?
Mort de Guy Maufette, de sa voix de velours, de sa poésie quotidienne à la radio des soirs « qui penchent ». Maufette faisait du très jeune homme que j’étais un meilleur résistant aux réalités pénibles d’une vie-de-pauvre. Mort aussi de Gisèle Schmidt qui avait su incarner à la télé « ma mère Germaine » de façon absolument inoubliable. Mort d’un autre homme-de-radio ? Oui, celle de Michel Desrochers, qui savait enchanter tant de matins avec sa légèreté d’être, sa perpétuelle ironie, sa faconde intarissable. Que j’avais revu il y a peu, triste, oublié, appauvri, dans un petit studio d’un réseau sans grand public.
Autre parti ? Le médias disent comiquement : nos disparus ! Sol, alias Marc Favreau, dont je n’aimais guère les —laborieux— calembours mais qui a su durer, et tant mieux pour lui. Marc que je découvrais à vingt ans parmi nous tous qui rêvions de faire quelque chose —n’importe quoi— au domaine alors si chétif, si fragile de l’expression artistique. Sorti des beaux-arts d’abord —on l’ignore— Marc, pas encore clown, nous accompagnait aux séances de peinture libre l’été de 1950. À Knowlton au Lac Brome, là ou « maman-Velder de la télé », Lucie de Vienne, tentait de faire école.
Corinne Côté-Lévesque, égérie du petit-grand-René, s’en est allée elle aussi ce année terminée. Je me suis souvenu de notre fortuite rencontre à CKAC où l’on tentait de lui trouver un rôle à cette veuve inconsolable. Trop introvertie, elle n’y réussit pas.

Qui encore ? Ma crainte d’en oublier. Une mort toute récente, celle d’un gendarme hors du commun, Mark Bourque. Tué « en service » humanitaire en Haïti à 57 ans ! Comme plusieurs, j’avais découvert ce flic hors du commun à l’émission de Paul Arcand à TVA. Retraité, délié de certains secrets, croyait-il, il y fut d’une étrange franchise. Entrevue trop brève comme toujours. On vient de l’enterrer à Québec où il était né, enterré avec tous ses secrets tellement embarrassants pour le pouvoir.
Mon ex-éditeur Lanctôt, acceptant de le rencontrer à son bureau, souhaitait ardemment publier un livre de ses explosives confidences. Cela ne se concrétisera pas, il recula. Ce livre pouvait le tuer, oui, le faire tuer ! Question vitale ? Où sont allés ses documents, son effrayant rapport d’enquête ? Archives ou confettis ? La déchiqueteuse bénie ? Bourque fut l’épine dorsale —zélateur encombrant— de la vaste enquête sur l’argent sale blanchie. À un moment donné, Bourque exigeait un « micro caché » chez un puisant ministre. Oh, oh ! La RCMP, aux ordres, le chassa de son observatoire trop délicat et le nomma —tablette humiliante— garde-du-corps pour VIP ! C’est qu’il fallait enterrer vite une affaire compromettante en diable pour les politiciens au pouvoir.
Lors de son récent décès, la réalisatrice et journaliste Lakshmi Nguon de Sovimage —qui préparait un documentaire avec Bourque— publia dans La Presse : « Ses patrons de la RCMP cessèrent net un jour de l’épauler (…) Mark nous exprimait avec passion sa révolte face à l’immense pouvoir —politique— des criminels ». Retraité, laissant sa femme et ses deux fils à Stoneham, le Bourque-Eliot-Ness partit pour aider à « la paix » en Haïti. Il y retrouva sans doute, c’est connu maintenant, ce puissant pouvoir occulte mais réel des « trafiquants de drogues ». Bien installé là-bas disent lkes connaisseur en la matière. Il y sera assassiné. À ses funérailles récentes figuraient de ses ex-camarades gendarmes, savaient-ils très bien qu’ils accompagnaient la dépouille d’un agent lâché brutalement par leurs patrons —des poltrons, des couards— si facilement intimidables ?
Que toutes ces âmes des défunts reposent en paix.

UNE TOLÉRANCE D’AUGES À COCHONS ?

Trudeau légiférait : une chambre à coucher, c’est un lieu privé où la police n’a pas affaire. Correct. Mais voilà que nos « pères Noël » rouges —à collerette d’hermine— décrètent : le club pour psychopathes, pour sexoliques (sic) désaxés, c’est très tolérable. La porte du suprême législateur est maintenant grande ouverte. Une réalité : il y a eu toujours, depuis même avant l’Antiquité sans doute, des fornicateurs déboussolés.
Voici le poète Éluard bafoué avec son « Liberté j’écris ton nom partout ». Ces malades du sexe ne sont pas es hommes libres. Pas plus que ceux qui sont prisonniers d’autres vices, le jeu compulsif, l’alcoolisme sans frein ou le drogué désemparé. Pour toutes ces regrettables épaves, à plaindre évidemment, à soutenir par une solidarité indispensable, il existe des organisations de secours. Le temps est donc venu de fonder les « É.A », les échangistes anonymes. Est-ce que nos « sages » Pères Noël de la Cour suprême iraient jusqu’à encourager, promouvoir, protéger des « clubs privés » pour inviter à des rassemblements orgiaques toutes ces victimes d’un méchant sort, d’un destin atrophié ? Vous dites : « Non, mais non ! » Alors ? Inexplicable ce coup de pouce « suprême », d’une puante exécrable complaisance envers des organisateur intéressés, des calculateurs affairistes de ce vice qu’est l’échangisme sexuel.
Tout le monde connaît des êtres humains malchanceux en amour. Pas toujours des célibataires endurcis et vicieux mais des laiderons esseulés, des mâles dépourvus du moindre charisme, de toute séduction, des hommes sans charme aucun, bêtas inintelligents ou bénets incapables de faire la cour, attardés in-éduqués. De là, si souvent, le recours aux drogues, à l’alcoolisme. Tous les amoureux de la terre, plus nombreux que l’on pense, ne font évidemment pas de la bonne matière pour le cinéma, le roman, la télévision. Car c’est « le grand mal pris », le « hors norme », qui amène de la sensation, vieille règle admise au domaine dramaturgique. De là à installer ce héros déchus dans la légalité… Les amoureux —j’ai cette chance— plaignent ces « prisonniers d’un vice ». Une compassion bafouée évidemment par ces loques humaines, jaloux du bonheur des autres, masqués pitoyablement en hédonistes jouisseurs contentés.
Mais sortis —soulagés un moment— de ces bouges privés infects, de ces auges à cochons, à qui fera-t-on croire que ce « clubiste » est fier de lui ? Vraiment heureux ? À personne, allons. Comme pour le malheureux abonné compulsif à la pornographie, c’est une honte inavouable qui le ramène chez lui, une culpabilité atroce qui le raccompagne à son domicile, soyons-en certain. Le malsain voyeurisme et l’exhibitionnisme exacerbé sont les deux mamelles de ce bordélique commerce, petite industrie jusqu’ici clandestine. Ces cons de juges d’Ottawa autorisent désormais leur publicité et l’affichage ouvert. Plein de soi-disant modernistes en sont satisfaits : « Ce « plusse-beau-pays-au-monde » est d’une tolérance formidable » ! Ces libertinistes voudront déclarer demain : « Ouvrons de vrais bordels sans aucun masque, légalisons maintenant l’inceste aimable, la pédophilie contrôlée, la brutalité aux sadiques et aux femmes masochistes. Même la bestialité ? Oui, pourquoi pas ? » Ce sera, à ce train, la complète déréliction de nos sociétés dites progressistes. Les ravages prévisibles, les fatales conséquences ? Bof ! Discours de moralistes dépassés, sermons pour les bigots !
Trop de ceux qui ont « le bonheur de l’amour », égotistes, détournent le regard : « Si ces gens-là aiment ça, si des personnes humaines (?) aiment ça la conduite animale, le sinistre « je te renifle et je te monte, sacrée chienne» ! Le mot« liberté » est trafiquée ici, quand quelqu’un est tombé si bas, ce n’est plus une personne libre, c’est un cas qui relève de la pathologie. Pire qu’un cas de simple névrose, c’est une grave psychose. Tôt ou tard c’est connu, ça conduit à la clinique psychiatrique. Nous, payeurs d’impôts, de taxes, toute la collectivité solidaire, devront défrayer les —très chers— frais des longues réparations. Si on envoyait le factures aux Pères-Noël-juges ?
Oui, vite, le moins chrétien des hommes le souhaite, il faut fonder cette organisation des É. A., comme il y a les A. A., par charité laïque envers ces détraqués du sexe, là où la femme —folle soumise, inconsciente — n’est plus du tout un être humain mais un trou d’égout. Au lieu de jouer les « Pères Noël déliquescents » à Ottawa, ces sages, distraits par la mode-tolérance-tous-azimuts, devraient renforcer la police qui est, hélas, un bon vieux moyen éprouvé pour gêner un peu de tels businessmen. Retenir les cochons par la peur des cachots, contenir, ralentir ces inconscients qui s’imaginent trouver dans ces soues-à-porcs un fructueux fac-similé de l’amour. L’amour qui est l’essence incontournable de la merveilleuse sexualité humaine.

« MON OCTOBRE 1970 »

On riait, « v’là nos petits soldats », fusils brandis, dans tous les centres névralgiques du centre-ville ! Rien de cette mascarade à Ahuntsic à Saint-Henri ou à Bordeaux. Dans nos banlieues tranquilles. Voici un cinéaste, Wayne Grigsby, qui déforme, exagère, affabule. Cela n’annonce rien de sérieux avec sa série filmée pour octobre 1906 (en cours de production) pour le compte de la « Canadian Broadcasting Corporation ».
Trudeau installait donc ses « Mesures de guerre », content d’endosser l’ hystérie du Boubou-à-Québec, du maire Jean Drapeau, de l’ineffable Jérôme Choquette à la hanche armée de son revolver ! Un Trudeau hypocrite, calculateur à l’écoute du délirant Lucien Saulnier, tailleur-pour-hommes promu adjoint. Élections en ce octobre 1970 et le mégalo-Drapeau crie : « Le sang va couler dans les rues de Montréal ! » Haro sur ce jeune parti, le FRAP. Monté par des syndicalistes gauchistes. Dont j’étais aspirant-échevin, avec le papa du fédéraste Alain Dubuc, mon ami Carl. Une des trois « colombes » de la fédérastie, Jean Marchand, démentiel, « révélait » que le FRAP était une « couverture » des felquistes recherchés. Un certain Sire Côté publiait un lourd fascicule (fasciste) pour énerver : l’anarchie totale était à nos portes ! Dans les tavernes, ça rigolait ferme, devinant avec bon sens qu’il n’y avait pas même douze illuminés dans cette affaire clandestine. Peu importe, la soldatesque mercenaire cernait les immeubles à risque : une farce. Grotesque. Voilà donc cette série-télé ? Une crise exagérée par la panique de nos anglos névrosés de Montréal-West et ces niais racistes sont rassurés par cette opérette en kaki.
On vint soudainement chez moi rue Zotique-Racicot pour vérifier —minutieusement— les plaques des vélos de mes enfant ! Et puis l’on revient… pour inspecter longuement l’état ma fournaise à l’huile ! Je rigolais et ne cachait pas mes livres sur le cubisme… cubain ! Effarouchés, fragiles —allez-vous le croire ?— des camarades se rasèrent la barbe pour éviter l’image du gauchiste barbu, c’est que, rue Fullum, la prison-Parthenais débordait de suspects, je rigolais moins. Je ne savais pas encore —mais tout se sait un jour— que la « black list » policière était en deux colonnes et que j’y figurais. « Urgent-pas-urgent » quoi ! On m’expliqua plus tard que l’intellectuel catholiciste, le ministre Gérard Pelletier —écœuré par son arrestation inopinée à sa résidence de Westmount— avait obtenu un droit de regard. Il corrigea tard la sotte inflation des gardiens de l’ordre. Je ne serai donc pas menotté avec mes amis poètes, Gaston Miron, Gérald Godin ou Pauline Julien !
Le cinéaste Grigsby, via la Canadian Press, fait dire : « que cette Crise de 1970 reste pertinente illustrant la nécessité de disposer de mécanismes régulateurs ».Annonce-t-il que cette « farce armée » pourrait se reproduire, lors d’un « OUI » majoritaire ? Il ajoute même: « On gardait nos distances en voyant les soldats, quelqu’un pouvait faire exposer un immeuble ». Un idiot ? Et il ajoute : « Certaines situations donnaient le frisson ». Quelles situations ? « On passait en voiture devant un immeuble et vous vous retrouviez avec le canon d’un fusil sous le nez » ! Quelle imagination !, bêtises d’un jeune anglo typique tout excité par les politiciens calculateurs. L’acteur Patrick Labbé (rôle d’un inspecteur), abusé, mal renseigné, souhaite que « cette version télévisée soit montrée dans les écoles » ! Non mais…

À STE-ADÈLE, UN VIEIL ANGE BOSSU !

(Conte de Noël, lu à la radio à 8h. 10, le vendredi 16 décembre chez Paul Arcand) .
o Écouter le Conte de Noël – 2005 (mp3) 

1950. 24 décembre.

Venu du macadam de Villeray, me voici installé dans l’ex-écurie du « Chantecler Hotel », convertie en « Poterie d’art » avec si peu d’amateurs de céramique que, pour survivre, trois fois par jour, je lave la vaisselle salie du Chantecler. « Pas de sot métier, que de sottes gens ». C’est Noël demain, je demande un congé au chef de cuisine, monsieur Liorel : « Pas question, mon petit gars, trop de monde et gros réveilllon ce soir. »

Bon. La beauté de voir tous les « bogheis» attelés sortant de l’église, rue Lesage, messe de minuit dite, et s’en venant pour réveillonner. Clientèle de richards. Je dispose vite les plats pour les « waiters » énervés. Et, tard, quand la fête se termine, plus envie, personne, d’aller nous coucher.

Mon nouvel ami, un « saucier », Marcel- le-Marseillais, me dit : « Clau-de, si tu m’amenais voir les alentours sauvag-es ? La forêt canadien-ne ? » Je dis « oui ». Nous partons, bottes fourrées, vers un premier sentier en haut des côtes de ski.

Neige folle qui tourbillonne dans la nuit. Pas tous ces condos comme aujourd’hui, juste la forêt de sapins et de… beaux « bouleaux noères », comme dit Séraphin. « Dou-ce nuit, sain-te Nuit » : on fredonne l’air le Marseillais et moi. Comme bâtons de pèlerin, nous tenons ferme chacun un bâton de ski. Sous nos pas la neige craque. Du « Corn Flake ». Chaque fois que je change de sentier, les sapins secoués nous poudroient ! On a grimpé puis redescendu la montagne dite du Loup Garou. Loin, on voit l’église, les maisonnettes sur collines en lumignons vibrants. Véritable crèche à l’horizon. La beauté. Soudain, des traces. De quoi ? Raton laveur, vison, castor, martre, loutre ? On ne saura pas. Voici un rugissant ruisseau qui tournoie entre deux ravins : « Dans le Midi, nos, on appelle ça, des garrigues », dit Marcel ébloui. Qui donc ouvre tous ces étroits sentiers que nous escaladons ? C’’était avant « les motoneiges partout ».

Mon Marseillais s’accroche soudain : « Claud-de, Il y a une bêt-e, pas loin-g ? ». J’entends une sorte d’halètement, des mugissements. Marcel tremblote et de peur et de joie, excité. Qu’imagine-t-il ? Un renne, un caribou, un « élan d’Amérique », qu’on nomme « orignal », ou bien un ours polaire ? Les souffles de la bête invisible s’éloignent !

Le temps passe, j’ai perdu le nord : « Marcel ? Je ne sais plus du tout de quel côté aller ». Il rit nerveusement. Au firmament, la lune se fait abolir, nuées noires qui courent. Plus de ce réverbère au ciel. Une « Sainte nuit » inquiétante pour un gars de Villeray.

Marcel, crâneur, chantonne un cantique de Provence qui parle de « santons et de garrigues ». À mon tour je gueule: « Les anges dans nos campagnes/ont entonné l’hymne des cieux ». Cantique qu’il ne connaissait pas.
Soudain !, un large sentier, et, derrière un bouquet de sapins, une lueur ! Celle d’une cabane dans la nuit. « Regarde Clau-de, c’est habité, il y a une ombre mobile derrière les carreaux ! »

On y fonce. Un shack ! Un cabanon ! On cogne dans une fenêtre. Une sorte de géant aux cheveux gris ébouriffés, bossu, vêtu d’une camisole de laine, bretelles sur les hanches, vient nous ouvrir : « V’là du monde à c’t’heure de la nuitte ?

Où c’est que c’est que c’est… que vous vous en allez mes deux jeunes pardus bin raides ? » L’ermite a ouvert sa porte en la tenant à deux mains ! Pas de charnières ! Il la rajuste dans son cadre à grands coups de pied, rigolard. On entre, on dégèle un peu. Il ouvre une fiole de gros gin « De Keiper », nous en verse dans des gobelets rouillés.

Mon Marcel est rose de plaisir, devient « un ange dans nos campagnes » heureux : voir un vrai gars de chantier et dans une vraie « Cabane au Canada ». Le mythe français.

Antique radio grincheur sur tablette. Long poèle à bois, tortue. Étroit grabat dans un coin. Tuyau noire tournicotant au plafond. Chaises de babiche. Tête de chevreuil mal empaillé, les yeux grands ouverts à un mur. Une carabine. Deux raquettes à neige. Courte corde à linge garni de « chaussons » de laine, une chemise à carreaux, un sofa aux ressorts pendants.

Mon Marseillais aux anges dit son émerveillement. Avec son bel accent du Midi. Le gaillard crache alors heureux : « Ah bin, bout de viarge !, j’chus t’en face d’un gars de la Cannebière de Marseille, pas « creyable » !
Il dit se nommer Jack Barbeau, qu’on le baptise Bill Wabo mais qu’il a pas une goutte de sang-de-sauvage d’in veines ». Qu’il a été longtemps matelot sur des cargos, qu’il a connu Marseille en 1924, qu’il est né à Pointe-St-Charles, qu’il avait marié la boiteuse de Sainte-Adèle, qui est morte avec son premier bébé —« là, je me suis mis à « boère » comme un yable ! » Qu’il a fait mille métiers, mille misères. Les yeux dans l’eau, le gin vidé, il finit par se taire.

Marcel lui raconte la fin de l’ancienne Cannebière, lui dit « que Marius et Fanny » étaient bien morts et enterrés, que tout s’était modernisé, que le « FERRY BO-AT » de Pagnol était un « bac » ultra-rapide.

Silence !

Notre bonhomme décroche un vieux violon, nous joue en faussant « Les anges dans nos campagnes ». Marcel pleure de joie, parle de ses parents abandonnés, se mouche, finit par aller faire une accolade à bises farouche.
L’ermite recule de peur! En guise de réveillon, il offre des « bines au lard », des croûtons secs et déterre une grosse Black Horse chaude. Puis… me saisit les deux mains, yeux d’épagneul implorant :« J’suis un tout nu à c’t’heure, si vous pouviez me trouver une p’tite job à l’hôtel. Faut que je « gogne » un brin. Je sais toute faire, plomberie, électricité, n’importe quoi .» Je promet de parler au directeur, monsieur Marin.

Nous sommes redescendus tous les trois, Barbeau, nous guide, expert. La nuit se sauve et un soleil de Noël se montre timidement à la barre du jour.

Je regarde l’ermite dans la poudrerie matinale : un vieil ange-gardien bossu, si souple encore, avalant à grandes enjambées l’allée qui conduit au Chantecler. Mis au fait, le gérant Marin entraîna note vieil ange dans son cagibi du rez-de-chaussée, disant : « Barbeau, vous serez palefrenier, là-haut, derrière le curling .»

L’ermite bossu faisait le beau, tout content, il l’avait son cadeau de Noël. Il faisait jour, jour de Noël. Avant de rentrer au dortoir du quartier-général des employés, Marcel me serra dans ses bras : « Claud-de, c’est le plus beau réveillon de Noël de toute ma vie.

Je vais tout ra-conter ça à mes vieux là-bas. Je me suis senti comme en 1610, quand la colonie débutait. » J’ai marché vers mon ex-écurie plus bas.

Épuisé, je me suis jeté sur ma paillasse. Je me suis endormi au moment d’entendre des halètements, des mugissements : allais-je voir en rêve un ours ou l’orignal empaillé du bossu ?

Je m’endormis en balbutiant « Joyeux Noël, Joyeux Noël » pour mes amis perdus, dans Villeray.

Des récits édifiants !

Glen Barry, un indicateur, croise un certain Max qui rentre d’Asie avec de la dope. Le « balance » à la GRC. Quatre flics stoppent ce « dangereux » : « Tu vas nous « donner » tes contacts en Thaïlande. » Max rigole : « Pas besoin. Allez-y héler un taxi là-bas et hop !, v’là de la drogue !» Les flics : « Ce Max refuse de parler, on va lui monter un bateau. « En bateau » justement ! Avec de faux mafieux qu sont des polices-comédiens-RCMP. Ouash !On lui fait voir un cadavre ensanglanté ! Juste pour lui donner la frousse. Terrorisé par le show, Max accepte de les suivre en Thaïlande. Croisière payée par nos taxes. À Bangkok, Max organise une rencontre avec un petit dealer. Parking de cinéma thaï : on sort vite les « guns ». Bang !, bavure, un gendarme-en-voyage se tue tombé de sa camionnette. Faut un coupable. Ce sera Max. Procès. La prison, « à perpète » ! Max sortirait en 2029. Il se débat, poursuit la RCMP « au civil ». On fait une enquête-maison. Premier méchant rapport : « Vrai, il s’agissait d’un guet-apens sordide, un complot, « Fabrication » de crime » quoi. Ce rapport accablant est vite rejeté et viendra un deuxième rapport. La RCMP dévoyée en Thaïlande deviendra « héroïque ! » et le flic mort, un martyr. Max est cuit. Il se débat encore tant qu’il peut…
Encore ? M. Maher Arar, vendu d’abord aux polices étatsuniennes par notre RCMP et expédié par la CIA en Syrie, est torturé dix mois dans sa geôle ! Il n’a qu’à bien se tenir car une enquête-maison (hum…) est en cours à la GRC. Plus grave encore ? Le « cas » Sophonow. Un petit voleur sans envergure. Dans son Winnipeg natal, avant Noël 1998, il jouait au Père Noël distribuant des bas rouges à des enfants hospitalisés. Tournée faite, Tom roule vers Vancouver et songe à des vacances au Mexique. Il s’arrête à un comptoir à beignets chauds. Une jeune serveuse vient d’y être étranglée dans les toilettes, un vol de 33 $. Un portrait-robot circule et un flic de Vancouver trouve ce Tom-de-Winnipeg bien ressemblant au « dessin » affiché. Tom a un casier judiciaire. Oh ! À Vancouver, on le questionne : « Vous mangiez des beignets là ? » Menottes, fouille à nu, pas d’avocat —ce qui est illégal—, séances de questionnement. Autres mensonges ? « On a de vos empreintes et on a des témoins, sale égorgeur ! » Sonné, Tom se questionne : il aurait tué et oublié, un acte inconscient ? Il tremble. La police de Vancouver le transfère à Winnipeg où un certain Jonh, en cellule pour contravention non payée, témoigne volontiers demandant à mieux examiner la photo de Tom. Il jure que « c’est certain à 90% », c’est l’étrangleur de Barbara. « Parade » d’autres vagues témoins. C’’est l’indécision : « Il lui ressemble pas mal, un peu…mais… ». Octobre 1982, on ouvre vite le procès car il y a pression publique insoutenable. La Couronne cache des
Informations, action illégale encore. On se moque de son alibi, la distribution de bas de Noël à 99 cents. Confiant, Tom estime ses jurés très capables de l’innocenter, la preuve étant si molle. Mais on a questionné les employés d’hôpitaux et personne ne se souvient du Max en Père Noël. Le jury n’arrivant pas à l’unanimité, deuxième procès et retour du Tom en tôle. Février 1983 :Tom dans le box des accusés et verdict : prison à vie ! Il fait « appel ». Un certain McQuade, compagnon de bamboche, se fait « installer » dans sa cellule. Arnaque mais Tom ne lui parle jamais du meurtre. Menacé de procès pour divers larcins, ce McQuade affirme : « Il m’a confessé son crime ». Retour en tôle ! Février 1985 : troisième procès. Onze délateurs en cellules disent que Tom a parlé du meurtre ! Un cauchemar. Il fera appel de nouveau et, décembre 1985, quatrième comparution. Faute de preuves valables, Max est enfin acquitté. Il reste tout de même « le suspect » aux yeux de la société et n’arrive jamais à se trouver un boulot, le maudit dossier judiciaire. Il va écrire à des maires, députés, ministres, il ramasse tous les documents avec les failles du système, il passe à la radio, à la télé pour raconter les procès-bidon. Juin 2000 : L’ADWC —une association pour défendre les abusés du système— le soutient et dix-huit ans (18 !) après les faits, on le déclare « officiellement »
innocent. Avec des excuses publiques. Le gouvernement du Manitoba ordonne une enquête exhaustive sur « Que se passa-t-il entre policiers, procureurs zélés et délateurs intimidés ? » Tom Sophonow déclarera : « Est-ce que j’arriverai à oublier ce cauchemar ? J’en doute ».
Autre récit édifiant ? Combien de morts dans nos hôpitaux causés par des soins fautifs ? Environ 75,000 cas, chaque année aux USA. Un papa endeuillé, Jean Martel, se méfie de « Sacré-Cœur », exigeant un rapport détaillé sur la mort de son fils, Jean-Sébastien, 18 ans, « tué » (!) à Sacré-Cœur à la suite d’une banale fracture du fémur le jour de l’An de 1998. D’abord refus longtemps de remettre le rapport. les Martel attendaient encore en mars 2003. Il y a eu excuses de Sacré-Cœur mais Martel a consacré un temps énorme et des sommes faramineuses en frais d’avocat. Imaginez quand « l’erreur médicale » est commise envers des gens pauvres ? Verdict tardif : « Le jeune accidenté est mort « noyé » par 15 litres de solutés. Inutilement ». Des années avant d’admettre cette erreur fatale car les « assureurs-des-médecins » font appel sur appel, très puissante riche organisation. On découvre de tels faits et on a plus envie de rire quand un Claude Blanchard déclarait à « Arcand en direct » : « J’ai dit à mon docteur, je sors de cet hôpital et vite, j’ai pas la santé pour rester là-dedans plus longtemps ! » Aïe !

LA MUSIQUE ? V’LÀ LE BON VENT !

Moi, l’incompétent en musique, voil qu’on m’invite animer
un concert ! Impossible de refuser. Pourquoi ? D’abord, il s’agissait de cinq jeunes. Cinq étudiants en musique qui se donnent la peine, sans aucun moyen financier solide, sans subvention, pour le plaisir de jouer, d’organier de tels modestes évènements. Un groupe plein de vitalité. Et puis l’animateur principal est mon petit-fils, Gabriel. Ce sera donc pour moi l’occasion de me familiariser davantage avec…Beethoven, Debussy, Bach…et autres compositeurs. Gabriel me « courriélisa » des notes essentielles sur leur programme de cet après-midi ( une église de Laval) et, vite, j’allais ouvrir mon ancien et précieux gros Larousse intitulé : « L’histoire de la musique ». Quel plaisir !

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Il y a eu « Une fille, un gars » la télé populaire, il y avait dans le chœur « trois filles, deux gars ». Ils sont cinq donc faire du bon vent : flûte, hautbois, basson, clarinette et le cor —joué par mon cher Gabriel qui est aussi trompettiste. Ce quintette plein de jeune énergie s’est baptisé joyeusement —clin d’œil au musicien coté— « Les cinq sens ».
Un petit public venu les écouter Laval a semblé ravi de si beaux, si bons « vents », si harmonieux, et amusé de mes propos explicatifs —entre chacune des pièces présentées— d’autodidacte enthousiaste ! Ce fut dès le départ avec l’extrait de « L’hymne la joie »…oui, un joie féconde. Leurs musiques ravivaient mon grand chagrin de n’avoir pas pu, jeune, m’initier la grande musique, l’éternelle.

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J’ai déj assisté un tel mini-concert par de jeunes amateurs (dans le vrai sens du mot : aimer) très inspirés lors d’un lancement de livre Joliette. Le bonheur ! Grâce cet apport inusité cette fête (d’habitude routinière) avait pris une tournure éclatante, moins banale. Ainsi j’encouragerais mon lectorat, ici, communiquer avec Gariel Jasmin-Barrière si on l’on planifie un événement cultuel (ou non !), quel qu’il soit. « Les cinq sens » iront relever votre organisation d’un éclat peu commun, prestigieux, je peux vos le garantir.
Cela bon marché car ces jeunes de « Les cinq sens »jouent pour des « pinottes » en réalité, rien voir avec l’engagement de l’OSM ! Tout voir avec le fait, l’idée généreuse, d’aider des talents en friche qui ont grand besoin d’être stimulé. Vous ne regrettez jais de faire entendre, durant une heure (un peu moins, un peu plus, comme vous voudrez !), des morceaux divers du grand répertoire musical classique… ou plus populaire car, ce dimanche, nous avons eu droit des pièces légères reliées au temps des Fêtes. Facile de contacter Gabriel .

Je remercie d’avance eux qui poseront un geste pour mieux faire connaître ces « bons vents » du quintette de souffles forts et doux, du groupe « Les cinq sens ».

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Le même programme musical sera présenté (mais sans Jasmin) le 20 décembre prochain 19h30 l’église Unie de Rosemont (3050, boulevard Rosemont).

MORT À SAINT-SAUVEUR ! [PAUL DUPUIS]

Vive la Toile ! Un correspondant vent de m’annoncer qu’il prépare un texte sur « Le Parc Belmont. » Ma joie ! Il me demande un bref texte. Le livre, bien fait, est maintenant en librairie, plein de photos jaunies. Un autre correspondant me fait part qu’il songe à publier sur l’étonnant comédien qui, hélas, s’enleva la vie à l’Hôtel « Nymark » de Saint-Sauveur. Me demande ce que je sais de cet acteur surdoué. Plaisir encore de lui fournir des informations. Le beau Paul, il était d’une fracassante beauté, vivait, jeune, en face de chez moi, rue Saint-Denis. Mes sœurs, comme toutes les filles du quartier, en étaient amoureuses. « Le beau blond » de l’autre côté de la rue, hélas pour ces soupirantes énamourées, disparut soudainement, s’engageant dans la marine marchande.
Elles se consoleront un brin avec l’arrivée d’un nouveau voisin, autre beau jeune homme, « un brun » cette fois, Jean-Guy Cardinal, qui deviendra le Ministre de l’éducation de Daniel Johnson. Paul Dupuis donc disparut mais la guerre s’achevant, l’on appris de ses nouvelles. Dupuis, resté en Angleterre, était en train de devenir une star au cinéma de Londres, « Rank films » firme qui s’annonçaient par un batteur de cymbale! Ce ne fut pas une vraie surprise, le voisin Paul était si séduisant élégant. Du temps passa et, surprise, Dupuis rentrait au pays. La télé se répandait à grande vitesse dans tous nos foyers et un théâtre populaire —les téléromans— se développait. Paul en serait. les aînés se souviennent du fougueux secrétaire du pionnier nommé Curé Labelle dans « Les belles histoires des pays d’en haut. » Dupuis joua donc ce fameux Arthur Buies, écrivain venu du Bas-du-fleuve farouche anticlérical avant de s’assagir à l’ombre d’un curé « peu commun ».
Dupuis participa aussi à des téléthéâtres —« restants de « Beaux Dimanches » », dirait Gérard Laflaque qui m’amuse tant malgré ses dérives grossières, Chapleau étant un iconoclaste. Le bel acteur blond aux yeux de jade devenait donc, non pas une vedette de cinéma international comme on l’avait cru d’abord, mais un atout rare pour nos réalisateurs. Or le comédien avait tout un caractère :frasques, impolitesses, vanité mal placée avec caprices et désobéissances flagrantes aux indications du metteur en scène. Pire ? Improvisations mal venues. Bref, ce ne fut pas top long qu’il se mit à dos des producteurs. À la fin, ce sera « la liste noire ». Les engagements se raréfièrent ! Vraie peau de chagrin, lui qui avait d’abord émerveillé. Nous ne savions pas où il avait pu étudié l’art dramatique. Pas chez les marins ! Mystère de plus chez cet envoûtant gaillard sorti comme de « la cuisse de Jupiter ! »
Dans le milieu, on le disait de plus en plus furieux
misanthrope, rebelle aux us et coutumes d’un milieu reconnu pour sa convivialité, les artistes. Et « Il boit trop » : rumeur des couloirs de Radio-Canada. Inutile de dire qu’on ne le voyait pas titubant, buveur ou pas buveur, il avait une dignité naturelle. Un fils de juge ? Il l’était. Ce papa, « petit juge » de la rue Saint-Denis, fut renié par le superbe comédien. Un « Père adoptif », insinuait-il tout en insistant, qui cachait un ,membre du haut-clergé ! Oh !, on se croirait dans le « Montréal P.Q. » de V.-L. B. À « Propos et confidences » au petit écran, on vit donc un « Paul Dupuis aux aveux », troublé par cette découverte tardive d’archives personnelles. Il dénonça donc sa famille tutrice responsable de sa naissance « arrangée ». Il en fit toute « une affaire » face aux téléspectateurs médusés qui se questionnaient : « Est-il sain d’esprit » ? Sa cousine, l’écrivaine Andrée Maillet —une Dupuis par sa mère— cru bon d’y aller d’une dénonciation publique : « Un cousin fabulateur parano !» Qui croire ? « Insupportables ces mensonges », proclamait l’acteur.
Hélas, sa carrière dégringola d’avantage. Il avait pourtant un talent fou, une « présence » fantastique. Je l’avais vite vu dans son « Henri IV » de Pirandello, aux Compagnons où il fut extraordinaire, comme dans « Oncle Vania » d’Anton Tchékhov, à L’Égregore. Il lui restait des admirateurs tenaces malgré ses emportements d’asocial, son comportement de « caractériel », et ….l’alcool. Il trouva refuge ici et là, par exemple un réalisateur du « canal 10 » l’engagea comme co-animateur avec l’ineffable « Madame Gaudet-Smet » ! Cela tourna au grotesque, Dupuis, bougonnant, verres fumés sur le nez, tournait carrément le dos aux caméras, à la digne dame ! Bouderies loufoques. De nouveau, congédiement ! Aux derniers temps de cette carrière comme « volontairement » ratée, Dupuis, soliloquait, tard en soirée, en borborygmes confus à CKVL. Vainement, des femmes l’aimèrent avec passion, amours contrariées hélas !
Puis, un méchant matin, la radio funèbre m’attrista : « Hier, on a trouvé sans l’acteur Paul Dupuis, dans une chambre d’hôtel à Saint-Sauveur ». L’ex-beau jeune homme blond aux yeux de mer de ma rue Saint-Denis quittait l’affiche. Définitivement !

UN NOUVEAU COLONIALIME : IMPORTATION D’ÉMIGRANTS ?

Être apatride, un malheur ? Oh oui ! Bien vrai ce qu’écrivait le grand écrivain Dostoïevski : « Le pire malheur au monde est d’être apatride » ? Il y a des êtres éprouvant le besoin de se déraciner. Un plaisir même, jeunes, de renier avec superbe leurs racines. Parfois c’est la honte d’un pays sans grand prestige. Il y a l’ambition ? Réussir à Paris, à New-York. Ou à Hollywood. « The OLD AMERICAN DREAM, qui dure encore. Il y a ceux qui jouent les fiers « citoyens du monde ». Cette lubie des « gâtés-pourris » de la jet set. Nigauds, ils diront : « Mon pays c’est la terre entière ». Vieillis, revenus souvent massacrés un exil idéalisé, on les voit souvent rentrer chez eux et fouiller ardemment leurs racines.
Pour le commun des mortels, nous tous, c’est un grand malheur que de devoir abandonner sa patrie. Le doué Dany Laferrière, Haïtien d’origine et Floridien d’occasion, profitant ici de la discrimination —positive bien sûr— avec « voyages subventionnés » sans cesse et installation dans un grand quotidien, ne rédigera pourtant, culpabilisé ?, que sur « sa chère patrie abandonnée ». Pendant des mois ! Les racines sont fortes. Tant de gens, pour survivre parfois, le cœur serré, doivent quitter ce « Aucune terre n’est si douce que celle où l’on est née » , selon Louis de Ratisbonne, oui, la patrie de leurs commencements reste inoubliable. C’est sain, inévitable.
Devoir s’intégrer à une autre nation ne doit pas être chose facile. Pour personne. Je ne réussirais pas mieux que quiconque si je m’étais déraciné. Où que ce soit. Un travail complexe, lent, cahoteux. On le voit sans cesse aux actualités. Comme dans ces ghettos haïs autour de Paris ! L’émigration organisée, disons-le sans langue de bois, franchement, carrément, est devenu la curieuse solution —non plus seulement pour importer de la main d’œuvre à bon marché, pour des taches méprisées, sales besognes ennuyeuses, humiliantes— mais est devenue une sotte façon de corriger la dénatalité des pays occidentaux riches.
Ici, où se répand le règne du niais consumérisme, de l’égoïsme hédonisme, tout cela qui fait que l’on refuse la venue des enfants ! Une solution crasse : l’émigration. Devenant un nouveau —pas moins méprisable— colonialisme, ne craignons pas le mot ni le fait : un colonialisme masqué. Mais pas moins dégueulasse que « le colonialisme » de jadis. Un colonialisme « inverti » qui dit : « On ira plus dominer et exploiter les pauvres (la France, l’Angleterre si longtemps ), on va dorénavant les importer. Marchandisation des humains, amenant le piétinement des racines. Tout aussi dégoûtant colonialisme, avec victimes innombrables désormais et des résistances prévisibles à l’intégration, avec, si souvent, l’engendrement de la délinquance en ces ghettos nocifs.
Il aurait fallu —après la guerre de 39-45— ces ignobles colonies tombées, nous des nations développées, aillions aussitôt aider tous ces pays mal pris. Nous sacrifier. Partager vraiment les savoirs, nous appauvrir carrément et apporter très généreusement la technologie, les progrès, de l’aide vitale. Non pas les amener à s’expatrier tous ces démunis de la terre.
Voilà le grand malheur actuel: l’arrachement favorisé. Paresseuse recette des nantis, solution de fainéants repus que nous sommes.
L’exil, vanté, publicisé —« full colors »— dans les ambassades et consulats « pour les pauvres de la terre » n’est pas une solution humaine. Ces réfugiés, volontaires ou non, sont tristes, souvent vont mal. De là tant de situations fatales en « leurs nouveaux pays ». Nous en profitions lâchement via ce cheap labor. Quoi faire ? Stopper ces flux fous d’immigration ? Oui. Aller —ceux du G-8 et allii— vers eux, chez eux avec des moyens efficaces, solides, très sérieux. Partout, en Afrique, au Maghreb, en Amérique du Sud, en Asie ex-coloniale, collaborer vigoureusement à ce qu’ils s’en sortent. Ainsi : fin de ce sale néo-colonialisme actuel qui est l’IMPORTATION ENCOURAGÉE DES PERSONNES HUMAINES. Une honte !
N’est-ce pas le pire des colonialismes ? Comment stopper, et au plus vite, ces déracinements odieux qui assassinent des âmes ? Qui font que l’on entend toujours le même lamento:  » ON NE VEUT PAS DE NOUS ! », les : « Je suis incapable de m’intégrer. On me refuse. C’est trop difficile, ce racisme rampant chez vous », etc. »
Qui partagera mon opinion ? Déraciner des personnes en les amenant à immigrer c’est les tuer. Dans leur âme ! Oui ou non ? Petite lueur d’espoir : il se peut que —à Paris comme à Montréal-Nord ou Côte des Neiges— les enfants des enfants des émigrants un jour s’intègrent harmonieusement —pas s’assimilent. Il faut l’espérer puisque le mal est fait.
Et notre dénatalité à régler ?
Si une nation ne se reproduit pas normalement —les Canadians ou les Québécois— qu’elle crève ! Tant pis pour elle ! Elle et son hédonisme égocentrique. Qu’elle disparaisse, la décadente, c’est tout ce qu’elle mérite. Car c’est une solution extrêmement malsaine que d’inviter à s’expatrier « les misérables de la terre ». Détestable camouflage que cette « question dénatalité » avec une dégoûtante invitation : les inciter à abandonner leur culture, leur langue souvent, les us et coutumes chéris, les parentés. Ces déracinements les rendent malheureux, « normalement » nostalgiques. Expatrié, je serais malheureux moi aussi. Il avait bien raison Dostoïevski exilé se lamentant : « Le plus grand des malheurs est d’être apatride ! »