Des récits édifiants !

Glen Barry, un indicateur, croise un certain Max qui rentre d’Asie avec de la dope. Le « balance » à la GRC. Quatre flics stoppent ce « dangereux » : « Tu vas nous « donner » tes contacts en Thaïlande. » Max rigole : « Pas besoin. Allez-y héler un taxi là-bas et hop !, v’là de la drogue !» Les flics : « Ce Max refuse de parler, on va lui monter un bateau. « En bateau » justement ! Avec de faux mafieux qu sont des polices-comédiens-RCMP. Ouash !On lui fait voir un cadavre ensanglanté ! Juste pour lui donner la frousse. Terrorisé par le show, Max accepte de les suivre en Thaïlande. Croisière payée par nos taxes. À Bangkok, Max organise une rencontre avec un petit dealer. Parking de cinéma thaï : on sort vite les « guns ». Bang !, bavure, un gendarme-en-voyage se tue tombé de sa camionnette. Faut un coupable. Ce sera Max. Procès. La prison, « à perpète » ! Max sortirait en 2029. Il se débat, poursuit la RCMP « au civil ». On fait une enquête-maison. Premier méchant rapport : « Vrai, il s’agissait d’un guet-apens sordide, un complot, « Fabrication » de crime » quoi. Ce rapport accablant est vite rejeté et viendra un deuxième rapport. La RCMP dévoyée en Thaïlande deviendra « héroïque ! » et le flic mort, un martyr. Max est cuit. Il se débat encore tant qu’il peut…
Encore ? M. Maher Arar, vendu d’abord aux polices étatsuniennes par notre RCMP et expédié par la CIA en Syrie, est torturé dix mois dans sa geôle ! Il n’a qu’à bien se tenir car une enquête-maison (hum…) est en cours à la GRC. Plus grave encore ? Le « cas » Sophonow. Un petit voleur sans envergure. Dans son Winnipeg natal, avant Noël 1998, il jouait au Père Noël distribuant des bas rouges à des enfants hospitalisés. Tournée faite, Tom roule vers Vancouver et songe à des vacances au Mexique. Il s’arrête à un comptoir à beignets chauds. Une jeune serveuse vient d’y être étranglée dans les toilettes, un vol de 33 $. Un portrait-robot circule et un flic de Vancouver trouve ce Tom-de-Winnipeg bien ressemblant au « dessin » affiché. Tom a un casier judiciaire. Oh ! À Vancouver, on le questionne : « Vous mangiez des beignets là ? » Menottes, fouille à nu, pas d’avocat —ce qui est illégal—, séances de questionnement. Autres mensonges ? « On a de vos empreintes et on a des témoins, sale égorgeur ! » Sonné, Tom se questionne : il aurait tué et oublié, un acte inconscient ? Il tremble. La police de Vancouver le transfère à Winnipeg où un certain Jonh, en cellule pour contravention non payée, témoigne volontiers demandant à mieux examiner la photo de Tom. Il jure que « c’est certain à 90% », c’est l’étrangleur de Barbara. « Parade » d’autres vagues témoins. C’’est l’indécision : « Il lui ressemble pas mal, un peu…mais… ». Octobre 1982, on ouvre vite le procès car il y a pression publique insoutenable. La Couronne cache des
Informations, action illégale encore. On se moque de son alibi, la distribution de bas de Noël à 99 cents. Confiant, Tom estime ses jurés très capables de l’innocenter, la preuve étant si molle. Mais on a questionné les employés d’hôpitaux et personne ne se souvient du Max en Père Noël. Le jury n’arrivant pas à l’unanimité, deuxième procès et retour du Tom en tôle. Février 1983 :Tom dans le box des accusés et verdict : prison à vie ! Il fait « appel ». Un certain McQuade, compagnon de bamboche, se fait « installer » dans sa cellule. Arnaque mais Tom ne lui parle jamais du meurtre. Menacé de procès pour divers larcins, ce McQuade affirme : « Il m’a confessé son crime ». Retour en tôle ! Février 1985 : troisième procès. Onze délateurs en cellules disent que Tom a parlé du meurtre ! Un cauchemar. Il fera appel de nouveau et, décembre 1985, quatrième comparution. Faute de preuves valables, Max est enfin acquitté. Il reste tout de même « le suspect » aux yeux de la société et n’arrive jamais à se trouver un boulot, le maudit dossier judiciaire. Il va écrire à des maires, députés, ministres, il ramasse tous les documents avec les failles du système, il passe à la radio, à la télé pour raconter les procès-bidon. Juin 2000 : L’ADWC —une association pour défendre les abusés du système— le soutient et dix-huit ans (18 !) après les faits, on le déclare « officiellement »
innocent. Avec des excuses publiques. Le gouvernement du Manitoba ordonne une enquête exhaustive sur « Que se passa-t-il entre policiers, procureurs zélés et délateurs intimidés ? » Tom Sophonow déclarera : « Est-ce que j’arriverai à oublier ce cauchemar ? J’en doute ».
Autre récit édifiant ? Combien de morts dans nos hôpitaux causés par des soins fautifs ? Environ 75,000 cas, chaque année aux USA. Un papa endeuillé, Jean Martel, se méfie de « Sacré-Cœur », exigeant un rapport détaillé sur la mort de son fils, Jean-Sébastien, 18 ans, « tué » (!) à Sacré-Cœur à la suite d’une banale fracture du fémur le jour de l’An de 1998. D’abord refus longtemps de remettre le rapport. les Martel attendaient encore en mars 2003. Il y a eu excuses de Sacré-Cœur mais Martel a consacré un temps énorme et des sommes faramineuses en frais d’avocat. Imaginez quand « l’erreur médicale » est commise envers des gens pauvres ? Verdict tardif : « Le jeune accidenté est mort « noyé » par 15 litres de solutés. Inutilement ». Des années avant d’admettre cette erreur fatale car les « assureurs-des-médecins » font appel sur appel, très puissante riche organisation. On découvre de tels faits et on a plus envie de rire quand un Claude Blanchard déclarait à « Arcand en direct » : « J’ai dit à mon docteur, je sors de cet hôpital et vite, j’ai pas la santé pour rester là-dedans plus longtemps ! » Aïe !

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