LE CORBEAU ET LE RENARD ACTUEL

L’émission « La facture » raconte des fraudeurs au Togo. Mais raconte surtout des candides inouïs. Une histoire invraisemblable. Comme tant d’autres sans doute j’avais reçu via mon ordinateur cette imbuvable invitation au sujet d’un multimillionnaire mort là-bas dont on pouvait toucher une part d’héritage. « Envoyez vos sous, aubaine rare ! » Clair non ? Un canular ? Oui. Une fumisterie ? Évidence. J’avais aussitôt, l’invitation se répétant, prévenu ces imposteurs de mon recours à la police. Ce que je ne fis pas étant certain que ces « renards » cons n’allaient attraper absolument personne tant les ficelles de l’arnaque étaient épaisses. Eh ben non ? Dans une petite ville, Disraéli, une innocente dame Lapointe, tombait dans le panneau. Pire encore, une banquière de la sérieuse « Banque nationale » du lieu, approuvait la « victime », la guidait même dans ses envois de milliers de dollars au Togo ! Non mais… quelle cruche cette Carmen Lessard !
J’y vois un effet affligeant d’un monde jeune : les enfants-rois des Boomers. Car j’ai pu observer de près —mes cinq petits-fils— tout un style d’enseignement moral frelaté dans nos écoles laxistes avec « Le monde il est tout bon et tout gentil et il n’y a pas de méchants. » Marchez béatement belles jeunesses abusée. « Le bonheur, la justice, la paix règnent sur notre belle terre ! » J’ai tenté souvent, auprès de mon quintette —de jeunes gamins lessivés— de relativiser cet enseignement civique (et moral). Éducation gangrenée par cette belle et bonne « pensée unique positive ». Je répliquais : « Oui, le monde est bon en général, mais s’y trouve aussi, d’actifs voleurs, des lascars, des gredins, oui, des « méchants ». Je les priais d’être toujours vigilants, méfiants. De toujours questionner les offres comme les demandes, de bien creuser les motivations des individus capables de faire miroiter des avantages louches. Je constatai qu’ils ouvraient les yeux grands, qu’ils entendaient une musique encombrante, trop réaliste pour la première fois. Le papi allait « contre » l’enseignement « jovialiste » de l’école. Quoi, il y aurait des gens malhonnêtes sur terre ? Les niaises Lapointe comme les sottes Lessard (combien sont-elles ces « nonounes » candides ?) sortent de ce système d’éducation navrant. Ici, on ne parle plus des « ti-Coune » aliénés, des Bozos retardés, non, nous parlons des naïfs très instruits, sortis des moules pénible à « têtes mal faites », fabriquées par l’ enseignement moral de la « bonasserie » ambiante, cette confiance idiote qui se veut un rempart à quoi ? Au règne du pessimisme d’antan ? Le balancier a volé à l’autre extrémité avec « tout le monde il est beau et bon ». Résultat de ce gâchis éducatif pusillanime : une dame Lapointe, jeune naïve détroussée, honteusement volée, une dame Lessard, jeune banquière qui perdra sans doute son emploi. Que l’on se dépêche, et très vite, de corriger l’ambiante atmosphère nauséeuse dans nos écoles, collèges et universités. Ce délétère enseignement est irréaliste. Sinon, on peut facilement prévoir plein d’autres « bonnes poires » dans maints domaines qui laisseront échapper leur fromage face aux malins renards de ce monde. Le génial fabuliste Lafontaine dit vrai, toujours !

3 réponses sur “LE CORBEAU ET LE RENARD ACTUEL”

  1. Bien d’accord! et c’est avec cette mentalité de « sirupeux jovialisme » que les Américains ont réélu le « fondamentaliste » Bush jr. et que les Canadians rééliront dans trois semaines le « visqueux » Paul Martin alors que l’automne dernier les membres du P.Q. se laissaient enfirouaper par l’image sans contenu d’André Boisclair!

  2. De tout temps il y aura des « bons » et des « méchants », la simple lecture des manchettes de nos quotidiens sensationnalistes nous le confirme encore à l’aube de ce nouveau siècle. La suggestion  » Initiation 101 au monde des méchants  » dans nos écoles, devraient être conditionnelle à ce que tous les parents de la nouvelle génération sortent de leur léthargie « chloroformiste » et affichent leur vraie valeur plutôt que celles proclamées par des médias à l’image superficielle. En fait j’ai moins peur des « méchants » qu’il est de plus en plus facile de reconnaître que de cette dangeureuse vague invisible qui déferle sur une génération aveuglée par l’apparence et le succès rapide. C’est vrai partout en occident mais aussi au Québec; encore et pour longtemps un peuple de porteur d’eau mais le seau qu’il porte est vide ….

    « Un méchant n’est qu’une bonne personne qui applique mal les règles de vie. »

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