PETITS ENFANTS « GARDÉS » ?

Ah oui, les filles eurent un jour le droit de s’instruire autant que les garçons. Qui serait contre ? Or, il est arrivé qu’après tant d’année d’études, la fille diplômée aussi bien qu’un gars de bonne et riche famille, au moins de « petite bourgeoisie », se méritait un job valorisant, un bon et beau boulot quoi ! Justice non ? Or, la fille instruite, « tombait » amoureuse encore et faisait un, deux, parfois trois enfants. Début des complications. Le philosophe populaire Deschamps ne pouvait plus affirmer : « Môman travaille pas, a trop d’ouvrage à maison » ! Maman travaillait. À l’extérieur. L’État était content. Davantage d’impôts et de taxes. Si content que Papa-Boss organisera, vite, vite, de nouvelles conditions à maman- instruite- prise- avec- des- enfants : installation partout de garderies. De gardiennages divers avec allocations. Une industrie nouvelle pleine de dévouées polices-d’enfants et de …bavures aussi, on le sait.

Or, surgit une étude gênante : « Les petits enfants gardés sont agressifs et/ou anxieux ! Ah b’in, merdre (Jarry) ! L’étude avance aussi : parents de ces « gardés » perturbés du fait ! Psychologiquement. Ah b’in merdre !

Ma fille, diplômé enseignante, lâchait le métier pour garder avec elle ses trois garçons. Plus de 15 ans d’études pour devenir « mère à la maison », « maman à plein temps ». Eh oui, il y en a eu et il y en a encore. Pas nombreuses. Faut que le papa gagne un assez bon salaire n’est-ce pas ? Plein de jeunes femmes qui ne peuvent économiquement accepter ce… sacrifice, qu l’on dit bénéfique aux petits. Alors quoi ? En avant pour les petits enfants « gardés » en « anxieux et agressifs ». L’étude toute récente laisse entendre : « Ce qui survenait à 6 ou 7 ans avec l’entrée à l’école survient désormais à deux ans ! Souvent même avant ». Oui, merdre !

« Que faire ? », jonglait un Lénine anxieux. Oui, que faire ? J’ai vu souvent la détresse de ces enfants « livrés » aux gardiens à 8 h. chaque matin et que l’on « ramassera » à 6, parfois à 7 même ! Avec ensuite ce « 6 et demi à 8 et demi » misérable —vite, le souper, les leçons, une tisane et, oups, et dodo ! À demain pour le gardiennage de nouveau. Le « 10 heures au gentil « bagne » coloré des gamins et gamines que l’on enchaîne. Vous les voyez dans nos rues parfois ? Bambins encordés avec ces mines de conscrits; défilé sinistre pour la promenade minutée. Comment compenser « la perte » se questionne le parent un peu lucide, normalement inquiet ? Perte de quoi ? Affection, soins, attention, chaleur humaine, protection normale, confidences, etc.

Avoir vu aussi la silencieuse détresse du parent culpabilisé, mamans ravagées du sentiment d’abandon de ses petits. Qu’on ne vienne pas nous jacasser de « la qualité » versus « la quantité comme jadis ». Foutaise. Un jeune enfant n’a pas d’heure fixe pour le soudain besoin d’attention, cela est bien appris dorénavant. Ou vous êtes à ses côtés ou vous n’y êtes pas. Dix heures d’absence c’est dix heures loin de celui qui pourrait chantonner « On a mis quelqu’un au monde, on pourrait… »

Rien à faire. Inutile de sortir d’abracadabrantes loufoqueries pour masquer cette réalité. J’avais lu un ouvrage de deux savants pédago-psychologues britanniques partis étudier sur place les effets de gardiennage en colonies juives d’Israël, là où l’on séparait très radicalement petits enfants et parents. Verdict catastrophique :« Agressivité juvénile évidente ».Et autres disfonctionnements. Un peu moins pire avec nos garderies à 7 piastres quoi ! J’y reviens : les filles instruites veulent un travail mérité par leurs longues études. Les moins instruites, elles aussi, refusent de « jouer à la mère ». L’état jongle : « Voyons, ça rapporte combien au fisc toutes ces mères au travail ? Tant que ça, bon, on peut donc faire augmenter le nombre de garderies, en versant une meilleure allocation ». Le système établi a sans cesse faim. De revenus. Voyez le « vice du jeu », la « maudite boésson » en monopoles bien contrôlés, mamelles étatisées. Aujourd’hui, face à l’étude récente, Papa-Boss râle : « Taisez-vous donc avec détresse, anxiété, agressivité de ces petits enfants gardés. Silence car l’État a d’autres chats à fouetter dont cette population d’hypocondriaques. Ça coûte cher l’obsession collective. Et tout le reste. Silence maudites études embarrassantes. Écoute pas ça, va vite au boulot tranquille la petite mère, l’État a soif. Désormais « on se fait un enfant », comme on s’achètera un joli chien. On ira le porter chaque matin, la couche encore aux fesses, à 8 pile ! Avant tout, on veut « le bonheur », cher Yvon Deschamps. Et si le papa jeuniste et irresponsable, —tout aussi égocentrique que la jeune maman épivardée— déçoit ? On le plaque vite fait. Il y a la garderie et j’ai mon bon job, mon bon boss, non ? Quelle belle époque ! Et que faire ?

Une réponse sur “PETITS ENFANTS « GARDÉS » ?”

  1. Bonjour

    Mariée à 20 ans en 1956 je ne pouvais retourner travailler chez Viau biscuiterie, ne reprenais pas les femmes mariées ,sauf pour quelques semaines pour les « rouchs « pour la période de Noël,et sur l’horaire du soir , nous récitions le chapelet à sept heures .
    Ça me parait si loin mais surtout si drôle.

    Bonne journée
    réjanne beaudin

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *