ALLOPHONES : « THE AMERICAN DREAM »

Pouvons-nous vraiment nous mettre dans la peau d’un émigrant qui a réussi à passer enfin en « Amérique » ? Je ne parle pas de ceux venus d’Europe, encore moins de France, Belgique du sud, ou Suisse de l’ouest ( minorités hélas!), encore moins de ceux venus d’Haïti. Nous venons donc de lire un terrible verdict concernant les « allophones » guère francophonisables. Pour ces exilés des pays asiatiques, ou des ex-colonies britanniques, il n’y a pas grand choix : ils sont arrivés ici, en Amérique. Les USA, empire fantasmatique aux 300 millions d’habitants « riches » (n’est-ce pas ? ) aux mille attraits, aux fastes fabuleux, est le séduisant voisin mieux qu’admirable. Ces émigrés ignorent qu’il y a encore plein de misérables taudis dans les Appalaches actuellement !

Pour ces réfugiés économiques (oublions par exemple les exceptionnels bourgeois de Brossard chinois venus de Hong Kong), le Canada n’existe pas réellement. Et Toronto n’est qu’une autre métropole comme toutes celles plus au sud. C’est donc la langue américaine qui gagne (pas vraiment l’anglais), la langue des gens de ce « paradis du bonheur terrestre ». Que sont à leurs yeux les USA. L’american dream, il exerce son pouvoir d’extrême séduction, de fascination mondiale, même en France, on ne le sait que trop. Alors ne jouons pas les étonnés, les insultés, en lisant les fraîches et désespérantes statistiques : « les enfants de ces émigrants ont choisi l’anglais. » Ils ont choisi,
réalité têtue, cet ultra-puissant empire voisin comme modèle. C’est un aimant, irrésistible en Occident, tant des nôtres y succombent, non ? Émigrants fragiles, nous ferions exactement la même chose, il faut l’avouer. Inutile de gaspiller l’argent public avec du forcing (écoles du soir, etc.); il n’y a qu’à attendre le déclin de l’Empire-USA. Certains le prédisent. Mais ça peut être long !

Claude Jasmin (écrivain)

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