GUY FOURNIER A RAISON

L’humoriste Fournier, ami de Dame Frulla, vient de crier que le roi est nu ? En effet, le nationalisme, le patriotisme québécois, s’est formé dans une entreprise fédérale : Radio-Canada. Inutile de pousser les hauts cris et ne jouons pas les vierges offensées. C’est une réalité : le « réseau français » de Radio-Canada fut le berceau, le nid fécond de la modernité québécoise. Aussi de la fierté nationale. Trudeau le savait et fit une niaise colère: « On va mettre la clé dans la porte de Radio-Canada ». Je l’ai dit un jour à Bernard Derome en ondes : « La révolution dite tranquille est née, pas avec Lesage et ses acolytes, mais à « Radio-Canada français. » Je n’ai reçu aucun démenti tant la chose est vérifiable.

De la même manière, une autre entreprise fédérale, l’Office national du film », fut aussi un ferment du nationalisme. Plein de Pierre Perrault ont travaillé à mousser ce courant salubre, inévitable. Scandalisez-vous les fédéralistes ou étouffez-vous de rire les patriotes d’aujourd’hui, mais, c’est dans deux entreprises organisées à Ottawa que travaillèrent les valeureux combattants d’un Québec nouveau, d’un Québec vu comme une patrie, comme un pays. Évidemment il fallait jouer d’astuces, être prudents comme des serpents, retors comme des renards mais ce fut une lutte relativement facile, savez-vous pourquoi ? On pouvait compter sur le fait têtu que l’autre nation ne verrait rien, car l’autre nation ne nous regarde pas (ni nos films, ni nos productions télévisées), ne nous lit pas, ne sait rien de ce que nous sommes. Et oui, vice versa !

Ainsi la sortie idiote du temporaire Président-Guy-Fournier n’est qu’un vent retardataire qui pue le désir de propagande. Or il est cuit, son mandat terminé, Fournier sera jeté dehors car il vient de se mettre à dos tous ses vrais patrons, qui, eux, sont des agents actifs du « ONE NATION, ONE COUNTRY ». Le comique Fournier a parlé d’une vingtaine d’années de sournoiserie. Erreur, cela dure depuis des émissions anti-Duplessis, anti-vieux-nationalisme, comme Radio-Collège. Depuis surtout 1953 et le formidable départ de la télé française ici. Et aussi depuis l’installation de l’ONF en français sur Côte-de-Liesse à Montréal. Il ne faut pas y voir une machine diabolique bien huilée. Tous ces premiers « ouvriers » de la québécitude ont voulu simplement nous illustrer, ils faisaient un job normal qui allait des « raquetteurs », à nos « zouaves » pontificaux » jusqu’aux joyeux membres de la très célèbre « Famille Plouffe ». Ajoutez à ces incarnations « nationales » ultra-populaires tout un paquet d’émissions dites sérieuses où l’on débattait d’une société québécoise à bâtir. Cet himalayen effort pour nous définir collectivement dure donc depuis un demi-siècle, mon pauvre niais de Tit-Guy !

Évidemment, maintenant, les dirigeants fédéralistes ouvrent les yeux mais il est trop tard. L’inévitable ouvrage est fait : nous formons une nation différente de l’autre, la Canadian ». Il n’y a pas de ponts, pas de liaisons, notre peuple ignore les artistes de l’autre pays et ils nous ignorent aussi. C’est pas « deux solitudes », cette scie idiote, pas du tout, c’est deux nations. D’une part il y a cette « pauvre-riche » CBC, sans guère de vrai public qui coûte cher, 660 millions en argent public) et d’autre part, il y a Radio-Canada,330 millions en fric de contribuables… qui est désormais battu régulièrement par les foules à TVA, à TQS, et dans certains canaux spécialisés.

Alors, rigolons donc du constat très en retard de M. Le Président en crise subite à la radio de Moncton. Sachons que, désormais, la télé dite publique, et je le regrette, n’en mène plus bien large. Stephen Harper et ses acolytes conservateurs —ignares ou lucides face aux vains effets propagandistes— vont bientôt sabrer dans le budget annuel des deux réseaux. C’est une très facile prédiction.

Répétons-le, grâce aux « réseaux français » et de la SRC et de l’ONF, le pays de Québec est venu au monde. Les pionniers, parfois involontaires, de cette « résistance », les uns très audacieux, les autres plus timorés, ont fait un fantastique travail. Le fédéralisme est une bonne idée, et pratique. Il se fera harmonieusement le jour où Ottawa, bleu ou rouge, finira par admettre loyalement qu’il y a cet autre pays nommé Québec. Moi, comme tant d’autres souverainistes, je ne serais pas du tout « anti-fédéraliste » quand cessera l’artificiel foutoir du « Canada-Building », et que cessera le racisme désolant du « Quebec-Basching ». Un jour deux pays « différents et amicaux » formeront-ils une vraie fédération ? Je le souhaite.

LE DÉRAILLEUR DE L’HUMORISTE !

Guy Fournier qui a été un humoriste intéressant, qui fut récemment nommé, par le défunt régime libéral de Martin, président du C.A. de la CBC-SRC. Il vient de se mettre les pieds dans le plat. Selon Fournier, le réseau français de Radio-Canada —en infos comme dans les variétés et les feuilletons— a nui depuis un demi-siècle au fédéralisme, pire, aurait favorisé les indépendantistes ! Humour ésotérique ? Blague ionescoïenne ?

Notre comique retraité, changé en chef administrateur, a sorti ce lapin incongru à une radio des Maritimes. Depuis, dénoncé par le directeur général, par les patrons du réseau français, par l’ombudsman et sommé de s’expliquer, il bafouille. Les anciens et nouveaux « congédiés » doivent n’en pas revenir, de Boudon, à Godin, de Lester à Parenteau. Au moment de toutes les méfiances des nationalistes, voilà l’ostin-de-beu, se masquant d’un front-de-beu, annonce une affreuse main-mise des séparatistes sur tout Radio-Canada.

On croit rêver, il avait trop bu ou quoi? Or « mossieu le président » du C.A. de la CBC-SRC devrait, dégrisé un moment, examiner son nouvel entourage composé de financiers du parti Libéral fédéral, certains furent ou sont encore associés à des entreprises d’armements pégrieux. Par exemple cette dame McQueen, de la « Fondation Historica » financée part la « Fondation Bronfman », un haut-lieu de propagandistes du ONE NATION, ONE COUNTRY. M. McKenna, de cette fondation, est aussi associé chez « Carlyle », gros armurier comme SNC-Lavalin, puissant lobby militaro-industriel aux accointances parfois louches. Dame McQueen est aussi du Pen Club mais ne se soucia point de l’idéologique congédiement d’un Lester ou d’un Parenteau.

« Mossieu le président » Fournier devrait aussi questionner son autre collègue, M. P. Herendorf, de la « Fondation Hnatyshyn », autre instrument du « Canada Building » se vouant à l’odieux « Quebec Basching ». Firme qui se fait financer par les McCain, Bank Scotia, Imperial Tobaco, et, avec des Pierre Juneau, produisait un rapport afin de promouvoir l’Unité National, qu’il faut nommer « Unité fédéral ». Tout ce beau monde entourant Fournier ignore qu’il y a deux nations (au moins) en cette fédération canadienne. L’ex-humoriste Fournier crache en l’air —et dans sa nouvelle soupe— en voulant dénoncer « le terrifiant nationalisme québécois » en contrôle des programmes.

Claude Jasmin
Écrivain
(Sainte-Adèle)

QUI DONC CONSEILLE, ORIENTE CBC-RADIO-CANADA» ?

À la CBC-SRC, au dessus des directeurs —et autres chefs de service— se trouvent les vrais patrons que sont les administrateurs de la radio-télédiffusion publique. Comme moi, vous imaginiez-vous y voir des créateurs de grande puissance ? Des artistes féconds, des « capables » de penser le présent et l’avenir du monde des « infos et divertissements ». Nenni !

Ce Conseil (C.A.) est fait de très curieux personnages. Via l’ex-ministre Liza Frulla, on y a mis un « président » pour faire écran, fallait au moins « un » bonhomme connaisseur du métier. Guy Fournier est donc le seul a connaître « pas mal » le métier.

Les autres ? À Québec, un jeune journaliste, Patrik Bourgeois, a eu la patience —pour son hebdo— de fouiller le passé (les C.V.) des vrais chefs de CBC-SRC. D’abord parlons de M. Rai Sahi ! C’est un brasseur d’affaires valant 2 milliards de piastres, chargé de compagnies diverses et qui loue à la CBC-SRC de ses locaux, rue Queen ! Conflit d’intérêts ? M. Sahi sort dans le corridor au moment où se traitent ces locations ! Fournisseur à la caisse des Libéraux, on peut gager qu’il a su prendre le vent-Harper et vite !

Il y a aussi Mme. J. Brunet, ex-prof de marketting aux HÉC qui est vice-PDG de « Distraction Formarts », compagnie qui « exportait » « Un gars, une fille », qui « importait » le concept de Ardisson, « Tout le monde… », au Québec. Mme Brunet fut PDG de « Vivavision Inc » où l’ex Chef de cabinet de Boubou, Mario Bertrand siège, elle fut producteure d’émissions-jeunesse dont « Wattatow » à la SRC. Conflit d’intérêts encore ?
François Macerola, époux de Suzanne Lévesque, y siège aussi, militant Libéral battu dans Vimont, ex-patron de l’ONF, de Téléfilm, c’est lui qui bloquait le projet du film, louangé à l’unanimité, du patriote Pierre Falardeau : « 15 février 1839 ». Comprenez les racines-sources de ce monde d’administrateurs absolument « neutres » politiquement !
Que je vous présente maintenant Mme. Y. Jivraj , la PDG de « Acrodex », firme d’informatique alliée à « Crimsonlogic » qui, elle, est partenaire de « CITIC ». Ce « Citic » est une très puissante banque (de Hong Kong) qui fait dans le trafic d’armes. Les Desmarais de Power- La Presse-Gesca, récemment, s’y sont associés ! Le président Fournier, « ostindebeu », n’y voit rien de grave. Se disant l’ami de Pet autant que de Tit-Poil, durant la « Crise d’octobre 1970 », avec menottes aux Miron, Godin et al, Guy Fournier, peinard, « conseillait » sur les Fêtes du 100 ième anniversaire de la RCMP, police accusée de… « vous savez quoi ». Pas d’état d’âme pour l’arrivisme « mangeur à tous les rateliers », selon Bourgeois.

On continue ? Il y a une Irano-Canadienne du nom de Mme. N. Khosrowshani née Irvani. Proprio, avec son mari, de maintes compagnies, dont « Future Shop » avant la vente à « Best Buy ». Via « Inwest Investments », financiers du Parti Libéral en British Columbia, papa-Irvani fut mêlé à pas moins que l’Irangate . À sa Bank « BCCI » —« une entreprise criminelle », selon le Figaro d’août 1991, papa-Irvani trempait dans : « trafic d’armes, drogue, blanchiment d’argent, prostitution, extorsion de fonds, fraudes et financement de terroristes islamiques ». OK ? Cette dame Irvani-Khosroshavi, assise aux côtés de tit-Guy Fournier, paravent « frullien », collaborait donc avec ce père étonnant tout emmêlé aux tractations sordides des Reagan et North ! On sait depuis que cette criminelle « BCCI »-Bank avait corrompu jusqu’à la CIA avant le ménage de l’agence.

Un autre « administrateur-radio-canadien » ? Il a nom de B. Christmas et il est Chef de bande. « MEMBERTOU » en Nouvelle-Écosse. Lui aussi, visionnaire culturel n’est-ce pas ?, conseille, oriente les programmations de CBC-SRC. Le budget de « Membertou » est de 70 millions de $. C’est un lobby en relations avec des armuriers puissants, avec « Lookhed Martin », tout-puissant armurier, aussi avec le florissant québécois-canadian « SNC-Lavalin ». Et « Boeing », oh boy !, et « Sodexho » et « Clearwater Fine Foods ». Tous ces industriels-armuriers font un fric fou (depuis le Bush-post-septembre-2001) avec « armes ultra sophistiqués, avions de chasse, hélicoptères de combat, etc. ».

M. Cristmas joue aussi sa carte de lobbyiste autochtone avec Boeing en vue du fameux « bouclier », que, tiens !, favorise le conservateur Harper. Chrétien envolé, Martin disparu, c’est business as usual. À lire le magazine « Affaires » d’avril 2003, M. Christmas a eu l’assurance que Membertou serait bon premier sur la liste des « reconstructeurs » de l’Irak démoli.

Ainsi, bien loin du monde des créateurs, tout cet aréopage d’affairistes incultes veille à ce que Radio-Canada (et la CBC) radio-télédiffuse —avec notre argent de contribuables— des émissions publiques instructives, politiquement neutres et, n’est-ce pas ?, enrichissantes culturellement. Merci Patrick Bourgeois pour votre recherche, c’est édifiant. Notre Guy Fournier, honnête homme, va démissionner dans les heures, ou les jours, qui viennent. Quoi « non » ? Le prenez-vous pour un vil matérialiste ?

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À PROPOS DU « GRAND » ROBERT » ! et POURQUOI LIRE ?

(LETTRE OUVERTE)
À PROPOS DU « GRAND » ROBERT » !
Envie de chicaner ce surdoué ? Oui. Face au très grand succès, d’habitude il convient de se taire. Plus prudent ? Les critiques semblent intimidés par l’unanimité des loges (méritées). Sortant du TNM, de son « Projet Andersen », j’étais admiratif, nullement ému. Le « grand Robert » y démontrait une fois de plus son formidable sens du gadget scénographique, l’amusant chien invisible au bout de sa longue laisse visible, par exemple. Admiratif aussi de son sens du « timing » avec écrans, porteuses à rideaux, plancher roulant, éclairages songés. La forme, oh oui ! Mais le fond ?

Avons-nous le droit de questionner ce prodigieux inventeur ? Son récit sur le célèbre danois, Andersen, est faible, inexistant. Sa réputation internationale (méritée) a fait que ses commanditaire se taisent et disent « oui » à n’importe quel charabia. Tant pis pour la biographie ! Tout en admettant l’utilité des écrans (cinéma, télé, projections fixes ) au théâtre, proclamons que toutes ces images cinétiques pourraient servir un vrai texte. Ne refusons pas les créations collectives (à trois pour son Andersen), admettons le work in progress même. Reste que ce portrait mosaïste sur « la vie Andersen » est faux, partiel, inopérant, inadéquat. Du toc. Oui, comme tout le monde, je suis sorti du TNM très admiratif de la machine (ex-machina !) et très déçu du propos.

Ce n’est pas la première fois. J’ai vu avec plaisir la plupart de ses ouvrages visuels mais peut-on imagier le sort flamboyant que ferait « le grand Robert » —imagier inouï— avec un texte classique ? Par exemple, un Tchékhov ? Ou un grand texte contemporain, un Arthur Miller, Pinter, Albee. Ou un Marcel Dubé, un Tremblay ? Ou encore avec un jeune aux premières « preuves » déjà solides ? Bien mieux qu’au cinéma (et à la télé donc !), le théâtre est le lieu éminent pour la pensée, la parole. Lepage file, sans aucun état d’âme, vers la performance, partant, vers l’applaudissement facile des foules friandes de gadgets. C’est son choix actuel. Bien évidemment. Est-ce permis de regretter vivement qu’un si fort talent reste soumis à des textes embryonnaires, minces souvent, toujours anecdotiques, c’est s’auto-mépriser, se mal évaluer !

Lepage n’a pas à craindre l’intellectualisme, il est d’une tempe bien incarnée, il saurait donner une allure neuve, audacieuse, à de vrais textes. Dans son ex-caserne à Québec, le « grand Robert » devrait réfléchir à ce qu’il produit, se contentera-t-il d’aller toujours plus loin, « plus haut », avec ses projecteurs, ses tapis qui roulent, des trappes, des filins d’acier ? Son brillant —maigre de fond— collage-commérage sur Andersen, à peep-show, à parodie de Parisien, à téléphones variées, à diapositives diverses, papillonne, ne bouleverse personne. Il stagnera en exploitant des « gamiques ». Sa vive « intelligence des planches » mérite mieux que cette crainte des œuvres littéraires. Qui, comme moi, admettra que face aux artifices on est jamais touché, pas ému vraiment, si on est admiratif. Béat comme devant un grand cirque ou un excellent show équestre. Viendra-t-il un temps neuf chez lui hors des acrobaties ? Je l’espère et même j’y crois.

Claude Jasmin
Sainte-Adèle


(LETTRE OUVERTE)

POURQUOI LIRE ?

Entendu tout récemment à la radio publique : « Je lisais ça et me suis dit « quelle bonne histoire ! », il faut que j’en fasse mon prochain film ! » Mots du jeune et doué cinéaste, Jean-Marc Valée. Bizarre affirmation aussi, non ? Une réalité ?

Dit-il : « pourquoi lire ?, ou « qui lira donc cette fameuse histoire ? » À peu près personne ? Alors, oui, le cinéma, seul, peut rendre « public », un fameux roman. Voilà « la nouvelle réalité » de la littérature ! Un roman c’est combien, maximum, mille lecteurs ?

Et, ainsi, le livre-roman n’est donc plus qu’un scénario offert ? C’est cette situation étrange qui fait que les romanciers (jeunes ou vieux) publient comme en vain et croisent les doigts, espèrent qu’un cinéaste aimera fort son dernier roman. Le film tiré de son roman lui donnera accès au « grand public », mais pas son livre !

Voilà pourquoi il y a mince file à son kiosque d’un Salon du livre quand il y aura queue abondante aux marquises lumineuses des cinémas. Eh ! Est-ce triste ? Reste aux écrivains du livre d’abandonner « les histoires », en saga ou non ? Milan Kundera disait : « le bon, le vrai roman, est celui qu est inadaptable au cinéma ». Apprentis-auteurs de romans, Pensez-y bien !

Claude Jasmin
écrivain, Sainte-Adèle.

« DOS BLANC » PARLE À « JARRET NOIR ! »

Vue de la Côte des Neiges, ma descendance du village Saint-Laurent se fit nommer « les dos blancs » avec leurs pâles tabliers de travailleurs maraîchers sur le dos. En Beauce, toutes ces hordes de travailleurs dans « la boue à patate » furent baptisées « les jarrets noirs ». Si vous voulez savoir les cris de révolte d’un jeune « jarret noir », beauceron scandalisé , procurez-vous vite (librairie ou biblio) le 500 pages, titrées : « Babelle ». Étrange « récit de jeunesse » par Renaud Longchamps, cahiers d’une folie juvénile, imprimés sous une belle couverture criarde d’un rouge sang (éditions Trois Pistoles) !

Vous y lirez de fantasmatiques hallucinations, langage poétique d’une prose d’écorché vif. Âmes pieuses, vous abstenir, c’est un flot rageur aux mots orduriers, hoquets compulsifs farci de blasphèmes, volontairement enlaidis de gras filets de pisse, de sang et de sperme. Fornications à cet « Hôtel Blème », lieu de son désespoir adolescent. Renaud Longchamps y jette des éclairs géniaux en vomissant son pays, sa petite ville de province, tous les bourgeois beaucerons. C’est la fatidique révulsion d’un incapable de digérer la vie réelle. « Babelle », qui est sa fille mythique, illustre l’inévitable cauchemar chez tant d’ados névrosés quand, sortis des études, ils font face aux installés, « qui ne vous voient même pas quand vous les rencontrez », Rimbaud.

Renaud a déversé ces effrayants textes il y a quelques années, où est-il rendu en 2006 ? Il sait que son modèle, Arthur Rimbaud, à la fin de cette « immortelle rage », a écrit : « Me voici maintenant à terre avec un dur devoir à étreindre, la réalité. ,» Le « marcheur aux semelles de vent », le démon infernal d’une « saison », cassa ses plumes et s’en alla commercer comme n’importe quel agent commis voyageur ! Tristesse ?

Ce Longchamps ? Ayant lu ces trouvailles parfois illuminantes, d’une décharge géniale, j’ai pensé à tous ces jeunes, filles ou garçons désormais, révoltés. Pas révolutionnaires, car bien peu politisés. Je les imagine, la bouche tordue, les yeux perçants, des rivages de l’Hurricane en Abitibi jusqu’à la Baie Mississiquois, des hauts du Lac Saint-Jean jusqu’à ces petites villes de Beauce aux frontières du Maine, là où a vécu ce Renaud Longchamps. Tous, rivé au cœur, ce besoin viscéral de créer, poésie, peinture, musique. Il nous regardent, les l« grands », « les vieux », les « placides » aux prises avec « la dure réalité », nous crachent dans le dos (dos blanc ?). Parfois à la gueule tel, rue Papineau, ce poète laveur de pare-brise qui me bava dessus n’ayant pas de monnaie à lui donner !

Je les aime, les comprend. Je voudrais pouvoir les rassurer ? Car ils ont peur. La crainte de se voir devenir des gens « ordinaires », le vieux sage, à leurs yeux, n’est rien d’autre qu’un sale con, un cul-rond-de-bourgeois. Soudain l’un d’eux, par exemple un François Avard écrivant un effronté feuilleton télévisé (« Les Bougon »), devient très riche et célèbre. Horreur ? Ce qui attend la majorité de ces jeunes créateurs brillants c’est un petit job dans un carcan banal pour « Gagner sa vie », l’étrange expression. Comme l’ex-génie Rimbaud, l’icône de tous, se ramassant avec son « honteux trafic d’armes belges » ! Lisez « Babelle », cinq fois cent pages de cris stridents, d’étonnants arrangements de mots triviaux, je me retiens (ô espace !) de citer des perles rares. Cette révolte fait peindre Renaud Longchamps dans un coloris sinistre mais, ici et là, de beaux aveux troublants, appels pathétiques, faisant face au vieux rêve humain d’un amour espéré.

Près de moi, j’ai un petit-fils faisant ce même rêve de « les enfoncer tous », mots de Rimbaud encore. Il enrage avec raison, il espère avec raison. Il devra « gagner sa vie ». Ce qu’il faut sauver ? Malgré le labeur obligé, l’apprenti-artiste, doit absolument garder sa flamme puisque la littérature, la grande, est remplie de Kafka, de Pessoa, de Melville, de Miron, qui ont su rester des créateurs en conservant leur plate « métier pour vivre ». Courage, patience, jeunes ailes qui s’ouvrent !

« ON DANSE ? »

Je sors du petit théâtre de « La Licorne » où se joue de fascinants tableaux, « Août… », de Dalpé le surdoué). Il y a une salle de bingo voisine, ça fonctionne encore cela ? De l’autre côté de la rue, j’apprends que dans l’ex-cinéma, « La Tulipe », la salle devient souvent une vaste salle de danse ! On y danse pour un petit cinq piastres, pichets de bière sur table ! Me voici aussitôt plongé dans mes souvenirs. Ah, ce qu’on a dansé dans mon jeune temps ! Des soirées entières. Nous approchions une belle fille attablée dans une loge de bois des salles d’antan et c’était l’invite rituelle : « On danse ? » En 1945, à 15 ans, découverte du jitterbug, le booguie woogie, et « pratiques » dans la véranda du chalet d’abord. Prêts, nous irons de salle en salle, il y en avait une dizaine dans Pointe-Calumet comme dans toutes ce stations estivales de toutes les régions.

Cinq ans plus tard, à 20 ans, initié aux milieux de la jeune bohème intellectuelle, ce sera la fi de la danse ! Je remarquais que du côté des poètes de la revue « Liberté », on ne danse pas.

Norman Mailer a publié « Les durs ne dansent pas », un étrange polar se déroulant à Provincetown, Cap Cod. Les durs ? Et les mous aussi ? Mous au niveau des jambes, pas au niveau de la cervelle puisque nous allions refaire le monde, n’est-ce pas ?

Hors des salles, hors de l’été, nous allions danser sans cesse : à la salle du CEOTC, rue Berri, des Latins d’Amérique, à la Peace Centennial School rue Jean-Talon, au Westmount’s City Hall, à Ville Mont-Royal. Et aussi sur les parquets étroits des « clubs-de-nuitte ».

Partout le : « On danse ? », aussi la crainte d’une flirtée qui habite à Lachine ou à la Longue Pointe… Ouash ! Trois trams à prendre pour aller la reconduire ! Partout la chasse aux jolie filles; finir par se faire « une blonde steady », le projet enviable ! Même projet chez « La Tulipe », ce soir, demain, samedi prochain ? Sans doute. Loin de la discothèque « rock and roll » aux vacarmes assourdissants conduisant à la non-communicabilité, sorte d’onanisme stupide, ou aux niaises trépidations en face à face sans se toucher (!). Quoi, on ne se colle plus ? Ah ! les collés de jadis, sur Blue moon, sur Star dust, The nature boy, Theresa…

Donc, apprenti artiste, apprenti intellectuel, ce fut l’étonnante constatation que mes nouveaux amis ne dansaient pas, n’avaient pas dansé jeunes, pour la plupart ! J’entrais dans un monde bizarre, me disais-je, ces jeunes « bollés » ne savaient rien du jitterbug ! Alors je cachai, honteux, toute ma jeunesse dansante en loafers, en chandail de coton blanc, en shorts coupés court. Adieu blue moon, adieu Star dust ! Ouvrons l’oreille à ce Léo Ferré à cette Juliette Greco, discutaillons —fini la bière, avalons des carafons de rouge et fumons des Gauloises— oui, jacassons des veillées entières sur existentialisme, socialisme communisant, évaluons les mérites de Camus, Malraux et Sartre.

Mais… Je gardais une sorte de nostalgie du « On danse ? ».

De cette vie vive, juvénile, d’un temps où nous courrions d’un lieu l’autre, romantiques comme de jeunes veaux, cherchant des Rita Hayworth d’ici. Ce sera aussi l’adieu aux cinés populaires, l’entrée en ciné-clubs avant-gardistes. La belle poète Michèle Lalonde à vingt ans valait bien Ava Gardner, non ? Léveillée chanta : « Faut s’en tailler une… Frédéric ». Les intellos ne dansent pas , Monsieur Mailer ? Bon, bon. On a plongé dans le mariage au plus vite, dans les enfant à élever, aussi dans la jeune carrière à mousser.. Et maintenant, je regarde les nouveaux jeunes qui iront au « La Tulipe » peut-être pour « On danse ? »

« Vous chantiez tout l’été ?… Eh bien, danser maintenant ! », dit le fabuliste toujours actuel Lafontaine. Ce soir-là, à 75 berges, dans la rue Papineau, j’ai gardé en mémoire notre jeune « temps des cigales ». C’était un bon temps, nous prenions les jolies cigales pour des promesses d’un bonheur indicible… même quand l’une d’elles vous disait : « Vous venez me reconduire ? J’habite à Rivière-des-Prairies ! » Ouash ! Dans l’un des trolleys, vides à cette heure, l’on pratiquait les derniers baisers volés d’après « on danse ? ». Le conducteur, un vieux, souriait, sa manivelle à la main. Sous le porche, à la lueur d’un réverbère, dernières caresses, quelques pas de danse « collée », bien enlacés, nous fredonnions Blue moon ! La lampe du portique s’allumait soudain et notre Cendrillon d’un soir, vite, essuyait les traces du rouge à lèvres, disait : « Lâche moi, faut que je rentre, il est une heure du matin ! »

RESPECTER UN ADVERSAIRE ?

Jadis, j’entendais mon père, qui était bleu, duplessiste donc comme la majorité d’alors, « les rouges papa » ? « Tous des fous dangereux ». Désormais, mieux renseignés, nous savons nuancer davantage. Chez les mieux informés, les citoyens normalement politisés, nous avons appris collectivement à trier, à choisir, à reconnaître les bonnes idées, même celles des adversaires.

Alors, l’esprit ouvert, lisons le récent bouquin d’André Pratte qui nous dit : « Un québécois sur trois hésite, vacille et je suis de ceux-là… J’ai aimé René Lévesque, aussi Lucien Bouchard (p.8). À Brébeuf, 9 sur 10 militaient pour l’indépendance du Québec mais moi je favorisais Robert Bourassa. » Pratte a aimé aussi le Claude Ryan « un observateur neutre et un défenseur des droits des individus. » Il est donc pour les « Chartres » qui font fi des collectivités, émiettent leur normal nationalisme. Son droit.

Il vante les L.-P. Lafontaine et G.-É. Cartier (ce docile « anglaisé », si colonisé qu’il causait en anglais à son chauffeur unilingue français (voir M. Lachance). Il conspue les Vallière et les Falardeau, son droit. Référendum de 1995 ? Il a honte des émigrants « citoyennisés » en vitesse » et de l’argent fédéral dépensé ici. Mais bon, il recommande de rester « calme et modéré ».Sa question centrale : « Le Québec étant devenu enfin une société prospère, ça donnerait quoi l’indépendance ? »

Et si le brillant Louis Bernard dit que « C’est l’étape naturelle et finale », Pratte ose affirmer : « Que ce ne serait que poser une vaine cerise inutile sur un beau sundae », ses mots (p 50) ! Ensuite, hélas, le voilà adoptant des arguments de peur : Le Canada, étant à l’enviable 10 ième rang de l’OCDE, un Québec devenant pays souverain, passerait au 25 ième rang. Alors, écrit-il, qui nous représentera dans le monde, au Quatar par exemple (p. 52) ? Il va plus loin dans la niaiserie : « Quelle pouvoir de chasse ridicule si le Québec n’a plus —dans le partage des avoirs— qu’un seul F-18 (p.75) ». Chasse à qui, à quoi ! Sans rire, cela l’inquiète !

À la page 57, il admet que nos émigrants viennent d’abord en « Amérique » (entendez aux USA) et qu’ils détestent donc de devoir s’intégrer à nous, une minorité. Puis, advenant notre souveraineté, il déplore notre coupure avec le pétrole de l’ouest alors que Chine et Inde vont devenir des clients si importants.

Il récuse cet abandon « albertain », favorise les larges unions des provinces (des états) sinonmenace-t-il, « perte de puissance ». Pourquoi pas alors ne pas nous fondre (nous unir) totalement avec les USA ?

Enfin, il jette sa carte fatale : « Le Canada sera furieux et farouche car coupé en deux ». La peur ! Toujours, les menaces. Soudain, il nous reproche d’ignorer le brillant Gordon Lightfoot ! Mais quoi, un Gilles Vigneault est-il reconnu chez les anglos ? Fait têtu : Il y a deux nations, deux cultures. Un bon point il reconnaît que c’est la peur —à nos frontières— des Amerloques voisins qui a fondé « la tolérance » envers nous ! Aïe, le noble motif ! Autre accès de lucidité ? Feu Trudeau s’opposant furieusement aux accords du Lac Meech a été une grave nuisance. Il va même jusqu’à railler une Michaele Jean et sa « fin des deux solitudes (p.89) ».

Surprenant : le procès-Gomery ? Bof, !, rien de scandaleux, « la pub politique, dit-il, cela se fait depuis Duplessis ». Pire ? Tous les médias seraient pro-souveraineté. Alors là, franchement… À la toute fin, Pratte souhaite « de l’émotion » en nouvelle histoire du Canada et il vante ces Jocelyn Létourneau (de Laval university), experts en révisionnisme. Ainsi Pratte nous raconte ces patriotes rebelles de l’Ontario en 1837, qui furent de fiers républicanistes anti-monarchistes », comme « de vils truands (son mot) montés des USA pour venir semer la discorde ».

Voyez–vous venir cette sauce « nouvelle histoire » ? Nos « Canadiens errants bannis de leur pays » (la chanson), exilés quand ils ne furent pas pendus, se battaient pour rien quoi. Ces vilains « sauciers » sont de même farine que ceux qui, en Europe ces temps-ci, tentent de vanter les merveilleux bienfaits des colonisations en Afrique. Ou en Indochine. Ou encore ceux qui osent répandre l’idée que « l’esclavagisme a permis la formidable musique de jazz ! »

Paradoxal, contradictoire auteur ? Malgré ses aveux sur l’illégitime argent fédéral et les émigrants changés vite en voteurs, c’est le soir du quasi « 50-50 » en 1995, entendant Parizeau dire la vérité, qu’il se convertira à Ottawa for ever.

Face au jeune chef André Boisclair à qui il répétait ( lors d’une rencontre de presse) « le Québec est devenu prospère grâce à la fédération » et qui osa lui rétorquer : « Eh bien, on fera mieux encore », Pratte est tout horrifié. Celui qui admet avoir voté « oui » à un Québec libre en 1980, a donc jeté son rêve au feu en 1995 et craint ce Québec sans ambassadeur au Quatar et avec un seul chasseur F-18 pour nous défendre ( de qui ?).

Oui, il faut respecter l’adversaire mais on a le droit d’exiger qu’il défende mieux la cause fédéraliste, non ?

L’homme sans mémoire d’enfance !

Merde, j’ai complètement oublié de lui demander son nom tant j’étais bouleversé, à l’entrée du vieux cinéma Château, ce samedi après-midi ensoleillé. Si ému par ce qu’il me racontait. C’est un exilé de sa Pologne, à Lodz, communiste d’avant le grand effondrement de 1990. « Monsieur, je vous écoutais, perdu, renversé, qui racontiez tous ces souvenirs de votre enfance dans ces alentours. Moi, ma première jeunesse, un trou noir et je n’ai rien à raconter ! L’on nous a empêché d’être des enfants normaux. »

Le cinéma le Château

Fêtant son 15 e anniversaire, une église chrétienne, proprio du cinéma Château, m’avait invité à jaser sur ce « théâtre » Château, sur le quartier. Durant plus d’une heure, j’ai évoqué les fantômes, les gentils et les terrifiants, de mon enfance. J’ai raconté les amis et nos jeux, les voisines et les voisins, solidaires, conviviaux, qui collaboraient volontiers « à nous élever », gamins piailleurs effrontés. « En Pologne communiste les autorités s’acharnaient sans cesse et partout à déraciner les enfants, à bien les séparer des parents, des voisins, ces « maudits catholiques aux esprits pollués ». Un jour mon grand-père m’enseigna le Pater noster. À l’école, un prof nous questionne : « Qui sait une prière catholique ? » Fier, je lève la main, la récite. Crac ! Déménagement obligatoire dans un quartier lointain de mes grands-parents ! Dénonciation de ce prof ! État policier partout, jusqu’aux écoles ! Une nation de délateurs serviles et méfiance jusque dans nos familles ! Ma déception, je les aimais tant ! Fin de ma « petite histoire », des légendes familiales vivantes, de tout ce qui constitue une sorte de patrimoine intime. Je ne peux pas, comme vous venez de le faire, raconter mon enfance. Un trou noir. »

Mon jeune polonais de m’expliquer cette entreprise infâme de couper les liens, de séparer les générations pour mieux fortifier le communisme militant, le totalitarisme dégueulasse. « Pour bien s’assurer des coupures, sans cesse, il y avait, partout, des « organisations de jeunesse », des camps de ceci et de cela. Tout pour dresser des murs entre « ceux du passé » et « ceux qui grandissent », pour empêcher cette solidarité communale naturelle qui fait de vous un homme plein de souvenirs chaleureux. Je vous ai envié pendant que je vous écoutais, la bouche remplie d’évocations si amusantes. Je rageais, monsieur ».

J’ai bien vu dans ses yeux sa tristesse, de la détresse aussi. J’avais mal de cette « amputation » exécutée par L’État. Je sentais l’indécence involontaire, pas d’autre mot, de mes joyeux racontars face à ce jeune quinquagénaire tout dépourvu, lui, d’agréables souvenirs de jeunesse.

J’avais devant moi une sorte d’infirme. Il parlait à toute vitesse se vidant le cœur et je distinguais sur sa bouche un peu tordue une jalousie malgré lui. Je ne savais trop comment le consoler. Ma surprise, en mequittant il m’a demandé de lui refaire, juste pour lui, les cris des marchands ambulants de la ruelle derrière le Château, ceux de l’aiguiseur, du glacier, du fripier, du maraîcher. « Enfant, à Lodz, rien de cette vie active populaire, chaque marchand avait son échoppe, propriété de l’État, avec un permis surveillé. »

Je m’en suis allé le cœur lourd me répétant que cet « enfer étatisé » nous était inconnue ici, que nous ne le savions pas assez. Je fredonnais dans ma voiture : « On a des choux, de la salade, des radis, du beau blé dingue ! » Et je réentendais le clap-clap du cheval du guenillou : « Aïe, aïe ! des guenilles à viiiiindre, ? Guenilles à viiiiiindre ! »

SUR LA LIBERTÉ DES NATIONS

Aux fédéralistes, aux anti-nationalismes, dire clairement, et une bonne fois pour toutes, que si c’est « le plus grand nombre » qui importe pour du progrès, pourquoi ne militent-ils pas, en bonne intelligence avec leur propos, en faveur de l’annexion aux USA ?
Dire aussi des réalités, des faits têtus qu’ils feignent d’ignorer quand ils « propagandisent », répétant que le « Québec est trop petit » pour s’illustrer, pour survivre en tant que nation souveraine. Des pays moins populeux que tant d’autres ont dominé —et dominent encore— des pays aux populations immenses.
L’actuelle course aux consommateurs donne l’illusion que Chine (ou Inde) montent vite en grade alors qu’il s’agit, avant tout, de pénétrer commercialement de vastes marchés d’humains afin d’y écouler les produits et surtout les technologies —à brevets payants— des pays riches si moins populeux.
Des chiffres concrets ? En voici. Sur 250 pays, 165 sont moins populeux que le Québec. Ur 250 pays, 210 sont des pays souverains. Et il n’y a que 16 pays dans le monde plus populeux que le Québec. Depuis les décolonisations, 145 pays sont devenus des pays indépendants; c’est trois (3) milliard d’humains qui revendiquent désormais leur liberté à l’ONU !
Des myopes —les Pratte, Gagnon, Dubuc, et cie— osent prédire le déclin prochain des « petits pays » ! Du « whisfull thinking ? Vaut mieux prédire que Suède ou Finlande, Danemark ou Israël, Norvège ou Suisse, garderont encore longtemps un bon poids dans les balances de l’histoire. Cette loi sauvage des « majorités » écrasantes est une totale foutaise pour intimider les nationalistes.
À l’ONU, c’est « un » pays, « une » voix. C’est la loi, même pour une Chine se modernisant ! Insistons :50 pays « seulement » sont plus populeux que le Québec et 16 pays « seulement » sont plus grands, plus forts. Il faut le répéter : 165 pays sont moins populeux que le Québec. Les oiseaux de malheur —jacasseurs, du «Québec trop petit »— sont de fieffés menteurs.
Le pays de Québec a de fortes cartes dans son jeu, aux domaines de l’aéronautique, de l’électricité hydraulique, de la pharmacopée comme du divertissement. Sans compter tant d’exceptionnels talents se distinguant désormais dans le monde entier. Depuis quand cette force unique qui résiderait dans le nombre d’habitants ? Il n’y a qu’à parcourir un bon manuel d’Histoire —certes pas l’actuelle lamentable concoction du MEQ— pour comprendre que la puissance d’un pays tient à ses citoyens instruits davantage qu’à ses « têtes de pipe ».
Espérons maintenant que les adversaires de notre souveraineté vont se taire au moins sur ce chapitre du « Québec trop petit. » Redire que si, à leurs yeux, il n’y a que de bon pour notre survie, que les ensembles immenses, qu’ils restent logiques et qu’ils militent pour l’annexion aux USA.
Tout le reste de ce débat est entendu, Ou nous restons dépendant comme nation ou nous aurons un jour une place réelle à l’ONU. Pas ce strapontin-sauce-Harper. Ce mot, « nation », est sain, normal, salutaire et pas du tout « l’infamie » décrite dans le stupide projet d’un manuel d’histoire du MEQ. Vision dénoncée heureusement par tous nos historiens. Non, non !, le Québec n’est pas trop petit et il aurait une place enviable parmi le 250 pays de cette planète.