FANTÔMES DANS NOS MURS !

Imaginez un peu notre frousse, notre émoi : nous entendons dans les murs de notre cottage des bruits étranges ! Sortes de feulements, insolites soupirs, lamentations de désespérance ! Qu’est-ce ? Des souffles tamisés venant d’âmes en déroute ? C’est loin, c’est flou. Nous voyez-vous tâtonner, les mains aux murs, cherchant la source précise de ces bruit sourds par un tardif soir de printemps si doux ?

Si cela vous arrive un jour, vous reverrez —malgré vous— les lectures et les films, les émissions de télé sur les esprits rôdeurs, frappeurs; toute cette poutine d’horreurs vous remontera à la cervelle. Notre énervement est total à la fin, dans « la maison de la peur ». Accalmie, ouf ! , nous avons rêvé ? Puis cela recommence ! Voyez-nous maintenant dans l’escalier, les oreilles dressées, collées partout, marche après marche, cherchant d’où peuvent bien venir viennent de nouveau ces étranges appels au secours.

Il sera minuit bientôt…et on ne trouve pas ! Pas question d’aller dormir tranquillement, en paix, tant que nos ne saurons pas, ma compagne et moi, la raison de ces voix mystérieuses, vois êtes bien d’accord avec nous ? On dirait maintenant que cela, il est minuit, s’intensifie, se fait entendre un peu plus clairement. Nos devenons pire que nerveux. C’est fou comme un tel incident peut nous ravir notre sens commun. Rationnels —comme tout le monde— en début de soirée, d’habitude méfiants face aux phénomènes spirites…voilà deux humains en proie à toutes les mystifications, ouverts aux hallucinations, à l’univers du déraisonnable.

Je songeais déjà à contacter ce parapsychologue célèbre, ce Louis Bélanger, qui a bureau officiel à l’université de Montréal et qui se spécialise en poltergeists et autres « âmes errantes », appelé souvent en des maisons que l’on prétend hantées ! Oui, me disais-je en palpant nos murs, demain matin, je lui téléphone. Place maintenant à tous les divers bobards d’une certaine parapsychologie.

Courage, l’escalier de la cave sera descendu marche par marche car ces soupirs intensifs ont une direction : la cave. Quittons l’étage donc, prudemment, lentement, on va vers le sous-sol. La peur s’est installée, une crainte irrationnelle. Qui agonise ainsi ? Où exactement ? Dans notre nuit cauchemardesque, devoir peut-être découvrir un ectoplasme encore un peu vivant. Devoir affronter ce monde fantasmatique auquel, malgré des témoignages, crédibles à l’occasion, nous avons toujours refusé de croire elle et moi.

Faisons d’abord beaucoup de lumière dans cette cave, au cas où ? Suivons bien nos oreilles. C’est là, c’est bien là, non ? Là, à nos pieds, où une marche surélevée forme comme un petit caisson. Ces bruits insolites sont clairs désormais : des miaulements ! Vient le souvenir qui bondit d’une chatte qui rôde depuis 24 heures dans notre parterre. Le souvenir aussi d’un large soupirail que j’ai laissé grand ouvert sans moustiquaire, il y a peu de temps. Cette chatte rôdeuse est entrée puis a accouché de sa portée et est aller s’aérer. Je me souviens bien d’avoir, hélas, refermé le soupirail.

Tout s’éclaire. On soulève le dessus de cette large marche : becs ouverts, six chats nouveaux nés font un faible concert ! La soif de lait ! Mon Dieu, depuis quand cette mère chatte est empêchée de faire son devoir ? Vains regrets, affolement, culpabilité niaise et, vite, la compagne court dans la nuit pour ramener cette chatte du parterre. Ouf ! Réunion de famille et la maman chatte s’allonge, ses bébés chats enfin rassasiés !

Malgré l’heure, coup de fil à la SPA. Agréable surprise, une jeune femme s’amènera en vitesse. Elle ramènera à sa clinique mère et bébés. Remontant à notre chambre nous voilà maintenant rieurs, si soulagés tous les deux, avoir tant craint des « fantômes » mal cachés dans nos murs. Leçon : ne refermez pas trop vite un soupirail ouvert !

3 réponses sur “FANTÔMES DANS NOS MURS !”

  1. Bravo à vous M. Jasmin. Vous avez le sens du palpitant!Mais
    Quand j’ai lu que vous étiez pour descendre dans votre cave à minuit je me suis dit : oh non pas lui aussi ! S’il y a quelque chose que je trouve horrifiant dans ce genre d’histoire là c’est bien ça. Et là ça vous arrive à vous et pour vrai. Ne nous refaites plus le coup à nous vos lecteurs (je ris ) Sauvez vous à l’hotel le plus proche même s’il est à 5 heures de route et revenez au soleil levé .Je n’ose pas rire en imaginant M. Bélanger arrivant avec le cliquetis habituel t’à coup on aurait vraiement besoin de lui un jour!

  2. fin de mon 1er commentaire. Plus sérieusement je vous trouve bien courageux d’avoir descendu dans votre cave pour chercher les causes des manifestations étranges survenues chez vous . Ca a été une chance pour ces petites bêtes

  3. Bien le bonjour M. Jasmin,

    MERVEILLEUX !!!

    Quelle fraicheur dans cette petite anecdote de vos aventures quotidiennes… Dès les premières lignes je me suis retrouvé aussitôt transporté dans le monde fantastique des petits contes de peur et d’horreur que j’écoutais avec mon fils sur les canaux pour enfant lorsqu’il était jeune… (Chair de poule)

    Juste un petit peu de remplissage autour et ce serait une très belle publication dans son genre…

    Mille MERCIS pour ce texte, il ensoleillera toute ma journée …

    Toujours fidèle à vos propos… On vous apprécie !

    Gaëtan

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