UN SOSIE DES USA, LE CANADA ?

Imaginez le choc : au beau milieu des Laurentides, une « chic-and-souelle » assemblée de bourgeois, anglos pour la plupart, se font dire en pleine face par un écrivain venu de France —« maudit » pays qu a refusé l’invasion buschienne de l’Irak, n’est-ce pas ? — que le Canada n’est pas un vrai pays. Que, sans ce Québec, il n’est qu’un sosie des USA.

Dans l’assemblée il y eut des huées ! Hénaurme scandale et pourquoi donc ? N’importe quelle observateur étranger en visite à Toronto —ou à Vancouver— constatera rapidement que les gens sont américanisés. Et jusqu’à l’os. Les hypocrites se couvrirent le visage de stupeur ! Ici même, au Québec, le fabuleux « Empire–du-sud » fait ses ravages, qui ne le voit pas ? Déjà qu’en Europe, en France aussi, oh oui !, le puissant « impérialisme culturel » des Amerloques se répand comme lierre, pire, est souvent encouragé publicisé. Tout l’Occident vit un colonialisme des USA qui est dévastateur si —en Espagne comme en Italie, en Allemagne comme en Russie— on estime les différences des cultures.

Imaginez le désastre pour les canadians! Car ils parlent la même langue, ont la même mentalité, mêmes us et coutumes. Ce 260 millions d’amerloqes ce sont leurs « cousins » et pas de la fesse gauche ! C’est pourquoi « Radio-Canada en anglais », la CBC, a si peu de public, qu’il n’y a guère de solide cinéma canadian, ni littérature, ni télévision populaire, rien. Je l’ai déjà publié, ne nous pétons pas les bretelles : si Paris était à New York, si la France (et ses 55 millions d’habitants) était juste au sud du Québec, nous serions dans le même pétrin. Jacques Attali a parlé vrai mais il ne fallait pas le dire. Pour avoir proféré une vérité vérifiable, giclèrent les cris d’horreur. Hypocrisie !

Il y a que l’on subventionne grassement un « Canada-Building », vaine construction, fictive, on le verra tôt ou tard. L’on doit faire face, dans toutes les provinces anglos : rien, mais rien, ne distingue fondamentalement les gens des deux côtés de la frontière. Il n’y a que le Québec, d’une langue autre, qui semble un vrai pays face au tout puissant voisin. Évidemment, cette vérité criante est embarrassante et a mis en « beau maudit » les aveuglés d’un beau-grand-libre-différent-singulier Canada ! Or, c’est un songe creux : les Canadians aiment, lisent, regardent, écoutent, copient, diffusent tout ce qui remue aux USA », sont totalement accros au moindre événement culturel s’y déroulant. Attali, en visite, voit clair, c’est un personnage public —ex-conseiller à l’Élysé, fondateur d’une banque européenne— qui ne vit pas au fond d’une province française, il a osé dire haut et fort, —sans tremblement à Tremblant— ce que plusieurs savent depuis très longtemps.

La situation ne va pas s’améliorer, Steven Harper ne fera rien pour corriger le tir. Le grand chef Conservateur, minoritaire qui se débat pour durer à Ottawa, est un sosie lui-même. Venu du courant évangéliste, il veut emmêler politique et religion comme son ami l’actuel Président W. Busch. Harper vient aussi du monde du pétrole, pas seulement du monde des chrétiens puritains. Tendance lourde partout tant que les Démocrates-USA s’y mettent malgré eux. Ainsi, nos Bleus se faisant ré-élire, vous verrez la boucle se bouclant définitivement. Les rêveurs du Country-Building, (avec ou sans argent sale, M. Gomery !) vont rugir davantage. Stérilement. L’on va constater avec M. Attali, que le Québec, seul, ressemble à un vrai pays ! « Quoi faire », dirait un certain Lénine ? Il n’y a rien à faire. Il n’était pas facile —un seul exemple— pour la Finlande de résister au puissant empire-URSS, mais il y avait la langue, noyau culturel fort. Insistons, les descendants de ces « loyalistes » ont la même langue que les « sécessionnistes » de 1775. Incontournable problème !

Maintenant que dire de tous ces émigrants venus de partout ? C’est pire encore car, de partout, ils sont tous venus vers l’AMERICAN-DREAM. Observez bien leurs antennes, toutes soucoupes tendues, tournées vers USA, guettant la moindre mode venu des « USA » mythiques ! Vers la fin de sa vie, même Papineau, constatant le farouche refus démocrate de Londres, osa souhaiter notre annexion à ce jeune géant, les USA. Des sondages parfois font voir ce désir latent, cette espérance mal dissimulée, cela qui mettrait fin à ce statut de « jumeaux séparés » que sont Canada et USA. Attali a parlé vrai.

2 réponses sur “UN SOSIE DES USA, LE CANADA ?”

  1. Bonjour Monsieur Jasmin,

    Je vous invite a voyager a traver le Canada et de m’explique comment le Terre Neuve, La Colombie Britannique ou Le Nouveau Brunswick est semblable a la Floride, Arizona our Hawaii? Le Canada est un grand pays avec une identite forte et bien different que nos voisin au sud…meme si tu ne le vois pas ou ne le veut pas voir. Si vous voyager au banlieu Quebecois est ce que ils semblent si different que les banlieus du sud. Come on….stop bashing Canada in the same way you perpetually accuse all of the 26 millions Canadians doing to the Quebecois.

    A little bit of love, respect and passion for your true country goes a long way.

    Mille mercis et bon Saint-Jean.

  2. Allo!!! M. Jasmin,

    J’aimerais mettre mon petit grain de sel moi aussi…

    Je n’ai pas beaucoup voyager dans le reste du Canada ni aux USA… mais je peux surement vous comprendre dans vos propos… La façon??? c’est de lire votre commentaire pour ce qu’il dit vraiment, de voir plus loin que je seul vocabulaire…

    J’ai comme vous la perception de plus en plus évidente que autant nous, peuple du Québec, que celui du reste du Canada, que l’américanisation se veut mondial et de plus en plus de façon accéléré… Malheureusement nous n’avons pas assez de couilles pour nous respecter en tant que culture distincte soit Canadienne, soit québequoise selon notre point de vue en repoussant les assauts du géant qui écrase tout pour mieux « capitaliser » cette société impie et désoeuvrée qu’est le reste du monde (mon Dieu que je me trouve bon de trouver des propos qui siérait si bien dans la bouche de M. Bush).

    Il aurait été surement possible de limité la pénétration du « phénomène (voir le sens péjoratif du mot) américain ».
    Les jeunes sont rendus, probablement en partie par notre propre faute, a en manger de cette culture si commerciale et superficielle…

    Essayons au moins de sauver les meubles car il y a péril en la demeure. Messieurs du Canada Anglais ou même Français cessez de dire que nous ne connaissont pas nos ne vous connaissont pas; et reconnaissez que nous sommes de plus en plus envahi par cette marée américaine et tentont dans nos demeures tout du moins de perpétuer la culture qui est nôtre et qui fait de nous des gens si spéciaux et si appréciés par le monde entier.

    Soyons donc fière de notre propre culture…

    Avec l’espoir que les aveugles verront…

    Salutations chaleureuses M. Jasmin

    Gaëtan

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