« QUÉBEC-PLUS », PROJET DÉMAGOGIQUE ?

Qu’est-ce que c’est que cette affaire ?

Une patente-à-gosses bien louche ?

Un groupe, piloté par le péquiste Charbonneau, a une envie bizarre, celle de l’unanimité. La chimère des politiciens sans échine qui n’aiment que le pouvoir et non pas la lutte véritable et qui rampent devant les sondages.

Ce projet nommé « QUÉBEC-PLUS », c’est encore une sorte de fausse « constituante ». D’états-généraux-bidon pour savoir ce que veut le bon peuple. Le « On a s’y conformer », est un idéal de suiveurs. Une farcesque démarche à mon avis sous couleur de la démocratie dite citoyenne.

Un vrai politicien (voire un parti) a des idées, un programme. Un chef vrai doit être un leader charismatique, une personne de conviction, aux idées nettes, au projet politique clair, un vrai leader est apte à convaincre ou n’est pas. Souvenons-nous de Robert Bourassa. Ou de… John fils de Red Charest. Sans ce personnage indépendant des houles à humeurs diverses (selon la saison), ce sera le ridicule « buffet ouvert ».

A tout et à tous.

« Québec-Plus » ce serait quoi ? Ce serait les questionnaires des poltrons « poli-ti-chiens » moutonniers. Le mou : « dequecé-quecé-quevousaimeriez-quonfasse ? »

Cette poutine démagogique est indigeste car elle illustre et un fort mépris des partis organisés et aussi un grave désarroi : l’absence évidente de la moindre confiance à un programme discuté, articulé, adopté par une semblée normale.

« Regardez mes amis, disent ces nigauds essoufflés : on va jouer les dévoués et bien serviles valets attentifs. En colporteurs de campagne, catalogues ouverts, on va questionner tout l’monde, tout l’monde ! On va se traîner dans toutes les paroisses, les villages et les cités et on va écouter tout l’monde. On va prendre des notes dans notre grosse caravane subventionnée, après ? B’en on va confectionner un beau gros consensus ».

Cela est connu, cela donne de la dilution, cela fait de la réduction, ô bouillis fade ! Milliers et milliers d’opinions emmêlées : résultat ? On l’a vu jadis, Meech, Charlottetown, ou grandes tournées générales de comités « de salut public », ou petites tournées régionales : consultations à la noix. Le vide en fut la conclusion.

Trop de cuisiniers gâchent une sauce, non ?

Le bon peuple, nous tous, veut qu’on lui fiche la paix avec ces « tatonneux d’opinions », il en a assez de ces jeux hypocrites, il veut, il a toujours voulu, un vrai chef, homme ou femme. Un vrai Homme d’État, quelqu’un qui a une pensée structurée, une articulation adéquate de ses propositions.

Sinon ? Les « peddleurs » installeront des « tablettes » pour épais rapports, comme chaque fois. Ce « Québec-Plus » n’ose pas dire : « il n’ y a personne aux commandes ». Ou « On ne voit pas à notre horizon un vrai chef sachant mener ses troupes ». C’est ça au fond cette envie de démarche sondeuse ? Un vain méméring collectif dans tous les cantons avec gros cahier aux doléances tous azimuts ?

L’adversaire Lysiane Gagnon a raison cette fois, (La Presse, 15/6/06), l’entreprise tournera en « queue de poisson ». Contre nous ou avec nous, on a le droit d’avoir la nostalgie d’un Trudeau, d’un Lévesque. Un vrai chef élu doit tourner le dos aux éternels quémandeurs, tourner le dos aux calculateurs mesquins de votes, de popularité, à ces conseillers souvent si cons (on l’a vu clairement dans « À hauteur d’homme », sur Landry), congédier ces mouches-de-coche inutiles.

Un vrai chef s’affirme carrément, montre courageusement ses couleurs, fonce avec détermination. Je fais confiance au jeune André Boisclair, il pourrait surprendre. Débarrassé des calculateurs, faisant face à son destin unique, Boisclair deviendrait contagieux. Penser le destin d’une nation, en concevoir les directions et puis les proclamer sans sourdines. En refusant de craindre une réticence, de vouloir l’unanimité idiote, de s’épargner une critique, la moindre désapprobation. Surtout en faisant fi des clans, factions, cercles d’ambitieux égotistes, le jeune nouvel élu gagnera rapidement la confiance du peuple.

Un vrai chef, absolument libre, peut, oui, entraîner tout un peuple. Un chef véritable, se tenant éloigné des manœuvriers sauce-Québec-Plus (minable quête du consensus des timorés) verra, immanquablement, son action se métamorphoser en victoire. Méritée.

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2 réponses sur “« QUÉBEC-PLUS », PROJET DÉMAGOGIQUE ?”

  1. Vous avez bien raison en ce qui concerne ces pseudos-consultations. Le peuple s’en fout-il ? Pas mal. De toute façon, si les politiciens habitués à formuler des concepts et à présenter des idées, n’arrivent pas à le faire, comment le citoyens qui ne s’intéresse à la politique que de très loin arriverait-il à le faire? On prend en note ce que le bon monsieur ou la bonne dame vous dira et on essait de l’intégrer à des concepts populaires, vendables dans une campagne électorale. C’est comme essayer de faire un puzzle en intégrant les morceaux de quatre ou cinq exemplaires différents. Il faut en bout de ligne y mettre le ciseau pour que ça « fit » ensemble, et le coup d’oeil général ne nous permet de reconnaître aucun des paysages des casse-tête d’origine.
    Le bon peuple? Le bon peuple est souvent démagogue lui-même, vous le savez bien. Que demande-t-il en gros (en très gros): baissez les taxes, mais continuez à augmenter les services.
    Oui, vous avez bien raison de dire qu’il manque de vision au Québec. Les programmes électoraux deviennent facilement la mise en commun d’une longue liste d’épicerie où un engagement vient souvent à l’encontre d’un autre principe énoncé plus loin.
    André Boisclair n’est pas parti pour être le chef que vous espérez. Il n’a pas la vision bien longue. Alors que l’an dernier il menait campagne en disant qu’il serait le plus rapide à tirer sur la gachette d’un référendum, il dit aujourd’hui qu’il n’est pas suicidaire. Un vrai chef montre courageusement ses couleurs, dites-vous? Les couleurs sont fades et assez caméloniennes, non ?

  2. Vous avez bien raison en ce qui concerne ces pseudos-consultations. Le peuple s’en fout-il ? Pas mal. De toute façon, si les politiciens habitués à formuler des concepts et à présenter des idées, n’arrivent pas à le faire, comment le citoyens qui ne s’intéresse à la politique que de très loin arriverait-il à le faire? On prend en note ce que le bon monsieur ou la bonne dame vous dira et on essait de l’intégrer à des concepts populaires, vendables dans une campagne électorale. C’est comme essayer de faire un puzzle en intégrant les morceaux de quatre ou cinq exemplaires différents. Il faut en bout de ligne y mettre le ciseau pour que ça “fit” ensemble, et le coup d’oeil général ne nous permet de reconnaître aucun des paysages des casse-tête d’origine.
    Le bon peuple? Le bon peuple est souvent démagogue lui-même, vous le savez bien. Que demande-t-il en gros (en très gros): baissez les taxes, mais continuez à augmenter les services.
    Oui, vous avez bien raison de dire qu’il manque de vision au Québec. Les programmes électoraux deviennent facilement la mise en commun d’une longue liste d’épicerie où un engagement vient souvent à l’encontre d’un autre principe énoncé plus loin.
    André Boisclair n’est pas parti pour être le chef que vous espérez. Il n’a pas la vision bien longue. Alors que l’an dernier il menait campagne en disant qu’il serait le plus rapide à tirer sur la gachette d’un référendum, http://www.javoue.ca il dit aujourd’hui qu’il n’est pas suicidaire. Un vrai chef montre courageusement ses couleurs, dites-vous? Les couleurs sont fades et assez caméloniennes, non ?

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