LES MAUDITS « TÉL-JOURNAUX ?

Pluie de dénonciations variées ces derniers temps, le découragement se répand comme lierre. Un besoin morbide : tout dénigrer sans cesse, folie de noircir la vie, d’ engraisser la morbidité. Téléjournal, tendance sordide. Ça suffit : tout ce qui est exagéré est insignifiant, dit l’adage. Il est temps de protester contre une sorte de « mode-du-noir », du pessimisme,c’est malsain. Le journal télévisé en fosse d’aisance puante !

La vie est forte et n’oublions jamais d’espérer. Il faut réagir, question de salubrité publique, de santé normal. Il y a la vie réelle, vraie, la vie normale qui est aussi espoir. Rien ne sert de baigner avec le ressentiment et je connais des gens animés des motifs d’espérer, en bonne santé mentale car rares sont les vrais dégueulasses, très rares. Ces sains d’esprit pullulent, oui, je sais des gens remplis de courage, nul besoin de nommer cette énorme part de citoyens possédant cette utile énergie. La confiance ordinaire, celle qui ne concocte pas ces excréments télévisés à « mauvaises nouvelles » perpétuelles.

Les médias adorent les « mauvaises nouvelles »; cet accablement est un rituel du petit écran à s’emplir de contenus désespérants avec, sans cesse, la litanie à manchettes morbides. Écoutez les Derome, Nadeau, Thibault, Mongrain, Dutrizac et Cie. Leurs rédacteurs tarés, « en devoir de tout noircir ». Pouah ! Beurk ! Attristants noirs albums à 17 h. ou à 20 h. avec leur « tout le monde est pourri ». Visant des publics à énerver avec inflation tonitruante de mensongers agrandissements. Nancy Huston :« Des professeurs de désespoir », oui, l’école malsaine du découragement.

L’ optimiste ordinaire, je souhaite une réaction, je veux, ô vertu bafouée, l’espérance. Comment combattre l’interminable marée glauque, ce poison vif des « mauvaises nouvelles seulement » ? Pour faire « sérieux », obligatoirement, stridence herzienne matins, midis et soirs, de ces grossiers affairistes. Pour illustrer le monde en une planète de fourbes et de corrompus. Tout ce qui fonctionne dans les familles, aux écoles, aux mondes du travail, dans les hôpitaux n’est rien que merde. Nous voilà quotidiennement enterrés, et atterrés, par leurs récitations à couplets exclusivement décourageants. Secouons-nous, refusons cette sauce immonde, sachons « raison garder », protestons. Que l’on répande aussi les succès ordinaires des existences optimistes parmi une humaine condition. Cette calamiteuse politique parlée du « tout va mal » convient aux opposants mécaniques, hélas, plein de « politichiens » (sic) sautent sur ces os ignorant qu’ils se nuisent en fin de compte car les peuples ont besoin d’espoir.

Pour réussir mieux, les élus (et les aspirants) devraient prêcher la pensée constructive, le goût de la confiance, les candidats (de toutes couleurs) obtiendraient un succès inouï, phénoménal, en donnant confiance, en faisant voir ce qui fonctionne. Ils sont des multitudes, dans maints de domaines, à agir avec une bonne foi laïque, confiants, favorables à un avenir.

Des jeunesses que l’on pollue de « noirceurs annoncées » se démobilisent, sombrent dans le fossé du lâchage, du désespoir, se sentent jugés d’avance. « La jeunesse pue et elle est sotte », condamnation irrévocable à « la mort de l’espérance », ils écoutent ce délire crasse, en arrivent à croire à cette « fin-de-la-vie-vive ».

Oh ces mensonges immondes, je crois en des jeunesses malmenées par ces « désespérés mondains » payés chèrement. Je les prie ces jeunesses de se détourner des braillards-à-micros creux, à-presses-déformantes. Il y a, oui, un commerce du défaitisme, stupide manie à colonnes-noires des nouvelles « à vendre » chez LCN ou RDI. Attirer la foule en criant sans cesse : « Danger, le monde est tout croche, nul. » Avec suicides de trop de nos jeunes. « La naïveté qui tue », un théâtre à l’affiche, celui des fragiles, assidus crédules qui écoutent les « missionnaires du vide », cette troupe zélée du « néantisme » et crises à répétition, sur-montrées et re-montrées (Dawson et Cie), pour démolir, énerver les candides : « Tout va très mal, jeunes amis, le monde est sauvage ! » Tuez-vous, quoi ? Il y a une paresse à crier au loup, au malheur inévitable, incessant et ne pas décrire, jamais, un certain réel, car ça n’est pas accrocheur en « crottes » d’écoute. La Bolduc entonnerait : « Ah oui, on en a des malheurs… » Ignorer sciemment le très faible pourcentage de drogués, de violeurs, de tueurs, faire accroire pour huiler ce « cirque du sensationnalisme » que les dangers emplissent nos rues, quartiers, villes, villages même, bêtise ! Fuyez vite saines jeunesses ces marchands cupides. J’ai confiance, moi, en nos jeunesses et je sais aussi des « aînés » capables d’espoirs, de trier du bon grain, davantage présent qu’on le pense chez ces horribles commerçants (en malheurs perpétuels). Assez de cette mascarade à désastres imaginaires, prédicateurs paresseux très « intéressés », payant en audiences. Voici les « nouvelles en continue », continuelles diarrhées du « tout va mal ». Soyons nombreux, gens de bon sens, de salubrité à tourner le dos à ce funeste « puits télévisée » maçonné d’une glaire baveuse. Traçante du « le monde n’est qu’écoeuranterie ». C’est archi faux, jeunes gens. Ne croyez plus ces charlatans vivant d’annonces catastrophiques, ces exploiteurs programmées, pour faire peur aux naïfs ! Ils s’avancent travestis, Cassandre, oiseaux de malheur mais estons debout de bonne santé mentale. En vérité, le monde en général est bon, oui, les gens sont bons et cela enrage ces chics liseurs de nouvelles (en habits bien coupés),ces liseuses (en costumes signées, griffés) de conneries forgées, tous ces « beurreurs » épais de sale confiture moisie à TVA, TQS, SRC.

À bon entendeur, salut !

NOTRE IMPUISSANCE À TOUS !

Désormais bien, mieux, tellement mieux informés… mais « quosseçadonne » ? Il y a à admirer, ici, maintenant, ces jolis canards voyageurs en pause saisonnière au bout de mon quai… Vouloir agir, aider à corriger des injustices. Mais comment ? Maudite impuissance, non ? Qui a tué cette courageuse journaliste à Moscou qui voulait défendre la cause perdue, oubliée, des Tchéchènes envahis ? Qui sont ses meurtriers ? Ah, ils sont bien beaux ces canards, la tentation de fuir. Qui est au juste ce sénateur Étatsunien, nommé Foley, pédéraste camouflé et prédicateur de vertu et aussi vieux maquereau à petits pages.

Chantons « les canards, les sarcelles, Monoloy disait le vent ». Chantez pour se dé-senrager ?

Anna la journaliste est tuée à Moscou ! Une tuerie écoeurante ? Qu’y faire ? Et ce prof de philo en France qui doit vivre caché désormais, protégé jour et nuit. La parole libre que l’on bafoue ! Ces fanatiques religieux —toujours cette religion dévoyée et trop d’Arabes, ici et partout en Occident, qui se taisent par calcul machiavélique. Ce nouveau venu, M. Ban à l’ONU il devra calculer aussi ? Ce dictateur Kim, en Corée du Nord, affreux despote nationaliste, qui a pourtant bien raison de proclamer : «Et vous, États-Unis, France, vous tous, sur-armés de nucléaire jusqu’aux dents, pourquoi vous ne désarmez pas !» Personne pour, là-dessus, donner raison au pénible tyran !

Chiens soumis aux puissances qui disent : ne faites pas ce que je fais. » J’enrage en effet d’une impuissance maudite. Mais ils sont si mignons mes canards en cours d’exil sur le lac Ronds, non ? Oui, au secours, reviens Yvon Deschamps, brillant philosophe naïf. « Quosseçadonne » de savoir ? Je suis là et si las, bras ballants, mains vides… Notre impuissance maudite ! Un Mario Roy, railleur, visionnant le docu-drama (à la CBC) à propos de M. Cross pris en otage en octobre 1970, parle de nos jeunes desperados du FLQ : « Des pauvres petits cons trop chargés de testotérone ! » Le salaud, ces jeunes gens, très jeunes, agissaient par patriotisme; Jacques Lanctôt comme d’autres, ils n’y ont trouvé aucun profit, ont hypothéqué gravement leur avenir. On peut être en désaccord (comme le fut le patient René Lévesque) avec leurs actions intrépides clandestines mais on n’a pas le droit de leur cracher dessus; pauvre con ce Mario Roy ! M ais comment lui répondre ? Dans quel médium puissant ? Hum ! quotidien ? Impuissance; nous devons assumer ces graves et « historiques » faits comme toute nation adulte sait le faire. En Irlande comme ailleurs. Ô colonialisme puant.

Mes canards nagent au rivage. Admirer placidement leur natation éblouissante ! Anna Politkovskaï s’est fait tuer par action journalistique. Et Pearl, le New-Yorkais exilé chez les Talibans qui se cachent si facilement au Pakistan, qui se fit trancher la tête. On fait un film sur ce célèbre décapité avec grosses vedettes dans un hôtel en Inde ! Un jour on fera un film à gros budget sur Anna l’assassinée ? Ou bien quoi ?, faut pas faire de « pepeine » à la Poutine moscovite, cher et utile allié de l’Occident ? Notre impuissance maudite les bien informés dans nos salons confortables ! Que dire de nos agenouillements en « dégoûtante rectitude » face à nos migrants nostalgiques qui refusent de s’intégrer à nous, le 82 % de la population ? Et notre tolérance de pleutres face à ces écoles archi-religieuses, archi-illégales, subventionnés par notre argent public, pour enfants juifs sur-orthodoxes, victimes innocentes d’endoctrinements passéistes. N’y a-t-il pas la loi qui dit : « refus de secourir personnes (des enfants !) en danger ? » Silence. Frousse de nos gouvernants mous !

Chez Dutrizac comme chez Guy-A Lepage ou chez Martineau, ou chez Dame Bazzo, causons « ma chère » graves problèmes …bien légers. Débats falllacieux d’une mode farcesque fade. Bandes de mondains ! Aux actualités, tiens, v’là autre chose : ces braves Agniers à Oka. Hénaurme gaspillage du fric du peuple pour un poignée de policiers improvisés. Hon ! Mais taisez-vous donc micros, fermez votre œil caméras vicieuses. Silence les médias ! Silence. On va enterrer vite l’affaire, vous verrez, comme on enterrait en 1990, toujours à Oka, la réalité sordide des « warriors » venus de Saint-Régis pour exciter les modestes habitants de cette Réserve, ces nobles guerrier de mes deux…voulaient juste davantage de laxisme pour leurs traffics d’armes, oh cela, oui, de drogues, d’alcool et de cigarettes !

Oka, morne plaine, souvenez-vous, avec ce Boubou timide, ses sbires accourus. Le silence sur tout cela car on veut la paix chez nos mauviettes gouvernantes !

Statue de bronze à Boubou aux pelouses des pleutres, Québec, honneur sur green parlementaire pour ce chef qui s’est tenu debout 24 heures en 24 ans de politique, un 24 juin, l’accord avorté, tombé ! N’est-ce pas. Silence. Taisons-nous ? Un jour, qui se rapproche, le peuple « si bien informé désormais » va se lever, car « tu penses qu’on s’en aperçoit pas »… de vos magouilles. Chante mon Vigneault avant ton ACV bien à toi ! Et puis il y a ces canards qui s’en vont pour continuer leur exil vers les chaudes contrées. Ne restez pas ici, pauvres bêtes, c’est laid à voir l’impuissance des nôtres. Partez, partez…

UN GROS TRAIN ÉLECTRIQUE !
[«Un chemin de croix dans le métro»]

Le métro de Montréal était tout neuf, tout jeune. Enfant, je me contentais de zieuter le si beau train électrique (Liorel ?) offert aux enfants-de-riches dans la vitrine chez Lord, au coin de Faillon et Saint-Denis (quincaillerie ou le papa du cinéaste Lord travaillait).

Et voilà que l’on m’offrait un gigantesque jouet, le métro.

Un directeur, M. Jeanotte, m’accordait le permis d’y jouer avec mes camarades. « Vous recevrez des autorisations avec « passeports. Il est à vous pour toute la semaine. Mais de nuit seulement pour l’ entrepôt-garage, rue Crémazie. La joie !

Un réalisateur de Radio-Canada, Jean Letarte, m’avait commandé un texte inédit. Avec un budget pas bien épais, un reste d ’argent à dépenser vite en fin d’année fiscale. Faut vider les coffres en bureaucraties d’État si on veut recevoir un neuf budget étoffé, m’avait-il expliqué. « Claude, si tu me pondais « un chemin de croix », bien moderne, ça te dit ? Pâques s’en vient.»

«Un chemin de croix dans le métro»

Je jonglai un brin, chemin de croix, donc 14 stations. Stations ? Tiens, pourquoi pas 14 stations du métro tout neuf, non ? Je rédige un schéma et lu, c’est « Oui », bonne idée. J’imagine un prêtre en l’église Sophie Barat boulevard Gouin, (qui sera joué par Patrick Peuvion) se préparant à l’office du « vendredi saint. Coup de fil de téléphone en sacristie : Jérôme, son ami d’enfance au bout du fil, est aussi « au bout de son rouleau », désespéré, (je ferai l’acteur pour cette brève scène ). Il lui annonce son suicide imminent, station Victoria du métro, d’ou il téléphone !

« Je t’en prie Jérôme, je t’en supplie, j’arrive, il faut nous parler, ne fais rien d’irrémédiable, j’arrive. » C’était parti. On allait jouer, toute l’équipe, dans les 14 stations, d’Henri-Bourassa à Victoiria. Scène un : Uve Koneman, intrépide caméraman (à l’épaule), court vers la rue Berri voisine, à reculons (!), devant Patrick Peuvion bouleversé.

Ce sera 30 minutes intenses d’une dramatique télédiffusée en noir et blanc le vendredi saint à la SRC. Ce sera, plus tard, à Toronto, la réception du prestigieux « Prix Wilderness-Anik » : « meilleure dramatique sur film « coast to coast ». Imaginez notre fierté. Imaginez notre bonheur. À chacune des 14 stations, figurants, accessoires utiles, éléments de décor symboliques avec une voix en haut-parleur à chaque station pour nommer les « Jésus chargé de sa croix », « Jésus tombe une deuxième fois », « Simon aide Jésus » « Jésus rencontre Véronique », etc.

Des images furtives, bousculées, du « stock shots » aussi, guerre au Vietnam, avec debout en wagon, ce jeune prêtre angoissé. Qui revoit sa jeunesse, son ami Jérôme, des épisodes divers de son existence de curé en chaud presbytère, trop confortable, sa culpabilité, etc. Et nous tous, scripte, maquilleur, éclairagiste, précipités au sein de la foule curieuse… Une nuit entière passée au métro Guy, une autre au grand garage rue Crémazie. On avait un jouet gigantesque, un train électrique à notre taille, bien mieux qu’un jouet. J’étais comme vengé de la privation du si joli train « Liorel » dans la vitrine chez Lord !

Si, en 2007, Radio-Canada repassait ce « Un certain chemin de croix », revivrions-nous ce grand bonheur toute l’équipe, tel un Alain Godon, monteur émérite ? Et le public avec nous ?, ce bonheur de tourner, en 1969, quand le métro n’avait que trois ans ? Comment savoir ? Et puis qui fait encore son « chemin en de croix » dans nos églises désertées, vendues en condos ?

Un jour, dans une église de Villeray, ou feu l’abbé Jean-Claude Leclerc confessait les artistes (sur la spiritualité), il y était fort efficace à TVA, ma surprise : un original « chemin de croix » fait de belle terre cuite émaillée, signé par nul autre que Jordi Bonet ! Patrimoine inconnu ! Finira-t-il dans le chic salon d’un riche collectionneur athée ?

Reste qu’il m’arrive parfois de me souvenir encore de cette semaine heureuse à circuler librement, troupe de baladins téléastes, bohémiens modernes, de jouir comme de nuit, dans les stations de notre beau métro montréalais. Métro dont c’est l’anniversaire ces temps-ci.

Oh, la fin de mon texte ? Quand le prêtre ravagé, inquiet, débouchait enfin à la station Victoria, sa « quatorzième station », il apercevait des badauds affolés, deux ambulanciers, une civière. Son ami d’enfance, ce Jérôme, ne l’avait pas attendu hélas et avait sauté sur les rails funestes ! En épilogue on voyait le prêtre attristé, revenu dans son église pour y revêtir ses habits de funèbres cérémoniaires, il n’avait plus rien à dire en « voix hors-champ ». Il se couchait au pied de l’autel sur le granit froid pour les prières adéquates d’un « vendredi saint ». Un gamin de 2006 nous questionnera : « Un vendredi…quoi ? »

« TOUT L’ MONDE EST MALHEUREUX TOUT L’TEMPS ! »

S’en revient, en novembre prochain, « Le Salon du livre ». À cette époque, l’an dernier, on a lu des déclarations sur la maigreur de « notre monde » du livre. Ce fut la grosse chicane. Guérin, gros marchand de livres, s’écria : « Assez de colonialisme, accordons les belles places aux nôtres, comme font les parisiens, et des « racoins » modestes pour ceux de France ». Résumons les opinions. On publia mon texte : « Un seul vrai problème : le monde ne lit par notre littérature québécoise ». Victor-Lévy Beaulieu me répondait: « Faux, mon Jasmin. Le problème ? Les médias sont absents pour nos livres et nous manquons de subventions ». Je notai.

Michel Brûlé, éditeur méprisé, s’amenait :  » Le problème c’est que, subventionnés à gogo, on édite n’importe quoi. Pas assez de livres à succès, le « milieu livres » est nombriliste et il y a une clique de « profs-docteurs-en-lettres » qui snobe les « populaires ». Je notais encore.

L’ex-éditeur, Alain Stanké, étonnant, y alla d’un :  » Comme en France, abolissons carrément les subventions. Trop d’offres…bien peu de demandes ». Aïe ! Le prestigieux Pacal Assatiany de Boréal : « L’éditeur Brûlé déconne, c’est un jaloux ! » Le chroniqueur Cassivi en rajoutait :  » Michel Brûlé est un vulgaire peddler de livres, un suiveur de modes . » La journaliste Stéphanie Bérubé publiait un bon papier pour dire aussi de « trop d’offre pour la demande ». Un marché faussé, taré.

Des livres qui fonctionnent, dit-il, certains albums de B.D. les auto-biographies-à-succès, Janette Bertand, des livres-jeunesse, telle la série « Amos D’Aragon » (chez Brûlé) et des livres-à-scandales, tel le livre de Vastel sur une jeune Simard abusée. Et l’anglaisé doué et traduit, Yann Martel ? B’en…une exception glorieuse. Le Brûlé fort malmené revint à la charge :  » C’est anormal, tous ces éditeurs qui font des livres-sans-succès aucun et qui pourtant reçoivent davantage de subventions ». Voudrait-il la manière Téléfilm, « Prime aux performants » ? Le chroniqueur Paul Cauchon comparait avec un monde semblable, la télé « hyper-subventionnée et écrivait:  » En saine théorie financière l’on prévoit que les hommes d’affaires-gestionnaires incompétents ne participant pas aux frais— ( tous nos éditeurs subventionnés ?) se fichent bien des résultats. Ils empochent les subventions, rien à perdre, c’est pas leur fric ». Eh ! Alors, on songe à ces producteurs de télé « morons » —disait jadis F. Larouche— qui ne mettent pas le « fric public » à l’écran, roulent en Mercédes, mènent un train-de-vie somptueux ».

Le retraité Stanké avait-il raison ? « Abolir les subventions et laisser flotter librement ce chétif marché ? » Hum ! Verrait-on disparaître la totalité des éditeurs littéraires ? Oui. Brûlé insistait : « Le succès en ce milieu est un étrange tabou, une honte « . Relisant toutes ces déclarations, on turlutera du Vigneault: « Tout l’monde est malheureux tout l’temps ! »

L’éditorialiste Mario Roy —qui publia un excellent livre sur Gerry Boulet, nous captivait : « Dans le monde, il se publie deux livres à chaque minute, un million chaque année ! Au Québec, 5,000 livres sortent chaque année, c’est davantage qu’un livre par jour. Il y aurait 200 éditeurs au Québec (!), pas tous « de littérature ». Ils n’étaient pas dix en 1960 ! Le contribuable crache donc 30 millions de belles piastres pour « entretenir »— c’est le bon mot— le livre ! Alors je maintiens mon : « Cause de malheur : le monde ne lit pas l’yable ».

Qui a lu « Le jeu de l’épave », étonnant roman du jeune Bruno Hébert, ou l’émouvant « Que vais-je devenir jusqu’à ce que je meurs » de Lalonde, ou « Toute vie est un roman« , mes entretiens avec un ménagère brillante de Sherbrooke ? Le Salon va-t-il encore se taper les bretelles avec le nombre de ses visiteurs, on comptera les tours des « mêmes » aux tourniquets et les enfants-non-acheteurs en amusant congé scolaire, les doigts pleins de signets. En fait c’est même pas un Québécois sur 300 et nous sommes 3 millions de Québécois—la moitié de la population— dans la grande région montréalaise (de St-Jérôme à St-Jean).

299 Québécois sur 300 n’en ont « rien à foutre » du livre, littéraire ou pas littéraire. Un correspondant me jette :  » C’est que, de la fiction, des « z’histoires », on en a en masse avec vidéo-clubs, cinéma, canaux de télé, etc..  » Que répondre ? Ne plus publier que de l’auto-fiction ? — les beaux cris de madame Noël, ou ceux de Sissi Labrèche ? Ou bien des biographies ? De là, l’an dernier, mon appel à la radio de Cloutier : « Vite, Raymond, trouve-moi un biographe ». Je rigolais.

Comment bien convaincre que Bruno Hébert ou la Francine Noël du très bouleversant « La femme de ma vie« , offre des heures et des heures de lecture sans commune mesure avec du téléroman à « crochets » pour captiver de façon ultra primaire les centaines de milliers de téléphages et télémanes ? Comment ?

Gardons donc le rythme —« B.S. cultuel »— actuel. Après tout c’est bien davantage que $ 35 millions d’argent public que l’État offre en subventions variées aux industriels de tout acabit, Bombardier et Cie. En fin de compte, l’auteur du volumineux « Joyce, le Québec …», Beaulieu, aurait donc raison ? « Davantage de subventions et aussi une meilleure visibilité en médias, svp ! ». Que revienne donc ce « Salon du livre » avec, au milieu, les crésus-du-livre de Paris et, tout autour, les subventionnés « indigènes indigents ».