VIVE STEPHANE DION ? OUI.

Jadis ça criait : « je crains les Grecs », plus tard : « je crains les Romains », depuis longtemps : « je crains les Étatsuniens ». Ici ? « Je crains Harper ». Je constate que plein de nos nationalistes consentiront —bientôt les élections— à voter Bleu. « Misère humaine », répétait un populaire personnage de Riddez, « Viande à chien », marmottait sans cesse à Sainte-Adèle, l’aimable avare.

Stephen H. est un homme patient et dangereux. Son projet est clair :orienter Ottawa vers « moins de pouvoir ». Bonne idée pense le loustic niais. Le grand public du « marais » politique, les « pas trop informés », ignore ce plan-Harper :moins de gouvernement a un sens clair, veut dire « moins de partage des richesses », à bas la compassion, à bas l’écologie et vive la liberté. La liberté de qui ?, celle des puissants.

Un seul exemple ? « Paul en Europe », un album pas encore mis en B.D. Ce « Paul et Paul en Europe », c’est les Desmarais, père et fils, qui propulsent en avant (lisons La Presse !) le Harper. Ils ont abandonné le Québec, les voilà importants actionnaires chez « Total » en France —cinquième puissance pétrolière au monde— et chez « Gaz de France » (privatisé). Power-Great West sont actionnaire aussi —tiens, tiens— de « EnCana ». EnCana, la toute puissante pétrolière en Alberta (la patrie de S.H.).

Ce dessein du « gang à Harper » est celui ordonné par les gras nababs, tous des ennemis des ÉTATS. Ce machin —l’État de nos élus — qui, seul, peut freiner le sauvage capitalisme. Oui, l’état est notre seul et dernier rempart actuellement contre la sauvage globalisation tous azimuts. Oubliez, braves nationalistes mous sur le point d’être abusés, les gestes de façade. Qui vont se multiplier. Pauvres « chaperons rouges » c’est pour vous posséder, vous amener aux urnes prochaines, y trouver une majorité tant espéré chez les aux Bleus d’Ottawa.

Trudeau fut un héros face à ce magouilleur de droite, il faut maintenant le reconnaître et même s’écrier : vive Stéphane Dion ! Nos candides « pro-Harper » au Québec ignorent le Harper « d’avant le dessein actuel » quand il fut —bien avant le Dion aux ordres de Chrétien—, le tout premier rédacteur « en clarté ». Harper, ex-anti-Meech et Charlottetown, ex-anti-Loi 101 forcené, ex farouche « pro-partition » du Québec, n’a pas changé. Pas du tout, Harper a saisi qu’il lui faut à n’importe quel prix des députés québécois. pour cela, il sort volontiers ses cadeaux —à la « nation »—, ses compromis et ses promesses.

Pour arriver au grand but de ses souteneurs —les Paul et Paul (Desmarais) et consorts. On lui a fait comprendre qu’il faut jouer « le grand ami » d’un Québec partiellement-souverain. Qu’un ou deux innocents gnochons de son parti claquent sa porte, rien de grave. Insistons : en finale, seule la victoire d’un Canada « affaibli » livré aux gros businessmen enfin libérés et pouvant s’enrichir en paix. Sans trop d’impots, sans règlements encombrants (adieu écologie !), cela seul compte.

Harper-le-pieux travaillait pour une pétrolière (« Imperial » à Edmonton), son père aussi (« Imperial » à Toronto), son gourou était Hayek le néo-libéraliste sans vergogne. Comprenez-vous enfin ses alliances avec les Buchiens au sud ? Deux milliards de nos impots y furent engloutis en 2006. Et bientôt 23,000 nouveaux soldats iront là-bas. On va engager davantage de RCMP —pour guetter des Arar ?—, à la Défense, crachons un milliard du trésor public par année. On cachera ( no TV-kodaks !) le retour des coffres-à-morts. Bande d’hypocrites, si mon neveu Claude y passe je m’engage à aller cracher au visage du ministre responsable.

Cette guerre c’est « de la politique par d’autres moyens », disait Clausewitz. Guerre au terrorisme ? Foutaise. « W » n’a pas envahi ses alliés, ni l’Arabie saoudite ni le Pakistan qui abritaient les membres du réseau Al-Qaïda. Alors ? La drogue ? En Afghanistan c’est 52 % du PIB. Les fanatiques Talibans avaient stoppé l’opium. Maintenant c’est 87 % de la production mondiale. Président-Karzaï —bombardé des USA— un narco-chef ? Le pavot finançait la guerre contre les communistes (1979), le pavot finance les « œuvres » de la Cia et les Chefs de guerre. Un secret de polichinelle !

Un seul hic : pour un Canada mieux associé aux USA, il y a ce maudit Québec —société viscéralement anti-impérialiste depuis toujours, 1914, 1939. Trop distincte, nuisance. Alors le bonhomme Harper a eu un ordre de mission : mettre ce satané Québec dans son grand sac bleu. Ordre de qui ? Par exemple d’un Tom D’Aquino, le patron-du-patronat, l’homme « le plus puissant du pays » et qui est associé à ses pairs des USA, Richard Perle, Paul Wolfowitz. Faut-il filer doux ? Les USA est un gros client, c’est 86 % des importations. Aussi on ne veut plus de Laurier ni surtout de Trudeau qui osait vouloir filtrer les investissements-USA. Mulroney-le-bleu —via le libre-échange—, a calmé le jeu en sécurisant à jamais le commerce nord-sud. Sables bitumineux welcome ! Voilà donc un autre Bleu, ce Harper et qui se couche. Beurk ! Alors vive Dion ? Oh oui !

Les farcesques images du gros con à Gérard Laflaque en font hélas un bon gros con naïf ! Quelle erreur, quelle tromperie mon Chapleau ! Harper est un valet mais brillant. Bien organisé. Le lobby juif du Canada le tient aussi pour fort utile, Harper fit vite voter —le premier au monde— le blocus anti-Palestinien lors de leurs élections récentes, gage de bonne conduite du laquais. La madame Rice va-t-en-guerre dirigeait chez « Chevron », Cheney, lui, fut président de pétrolière, ô Texas ! Suiveur-Harper fit nommer Gwyn Morgan, un multimillionnaire créateur de l’albertaine pétrolière EnCana, « Président de la « Commission des nominations publiques ». Rions… jaune ! Le malin et clairvoyant sinistre Kissinger, a parlé : « Qui contrôle l’énergie contrôle le monde ». Clair comme ça ?

La guerre du religieux « W » c’est, un: les réserves, deux : le passage des oléoducs à or noir. Deux seules choses. C’est 1$ le baril en Irak —aux réserves les plus importantes au monde—, moins cher que chez l’ami Arabie-Saoudite, bien, on ira en Irak, de plus, comme Poutine en 2002 qui recula, voilà ce dictateur Saddam H. qui songeait lui aussi à passer à l’Euro quittant le dollar US. Ah bin non ! On y va ! Votez Harper et ce sera la fin de l’État. (Pour en savoir encore lire « Le vrai visage de S.H. », par Pierre Dubuc.)

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