RÉSISTANCE ET ASSIMILATION ?

M. l’éditeur, puis-je répondre brièvement à votre correspondant de Toronto, M. Gordon McIvor, qui, il y a peu, se scandalisait de rencontrer trop de Québécois souitchant à l’anglais alors qu’il dit se bien débrouiller en français. Ignore-t-il donc deux faits têtus ? Un : longtemps —et encore, il le prouve— nos Québécois étaient dominés (au magasin Eaton, partout) par nos unilingues anglos d’ici.

Tous ces descendants de nos colonisateurs, installés au Québec depuis des siècles souvent (« Rhodésiens », disait René Lévesque), bafouaient carrément la langue de la majorité. Deux : le Québécois vit en Amérique du nord envahi (médias, films, chansons rock, etc.) par 300 millions de english speakers, dont nos étatsuniensphiles, cela conduit à notre fragilité, M. McIvor.

Si nos anglos d’ici vivaient ce que nous vivons, s’ils étaient 6 ou 7 millions installés (exilés) au milieu d’une France de 55 millions d’habitants, ils subiraient le même sort. « L’Empire USA » allié naturellement aux 25 millions de Canadians forme sur ce continent une force d’attraction culturelle terrifiante et c’est un miracle —cette épuisante bataille dure encore aujourd’hui— un Québec français, notre résistance fait l’admiration des Européens. Ils y voient un fait inouï !

Mais, hélas, plein de « demi-assimilés » en médias (les Cormier, Brunet et Cie) jouent sans cesse les publicitaires, dociles courroies de transmission, face à cette toute puissante culture populaire ( bien entendu, riche en talents divers). Jamais un mot sur les talents de culture espagnole, italienne, allemande, etc. Ces inconséquents se tirent dans le pied en ignorant qu’un jour leurs lecteurs « aliénés » iront carrément aux sources (USA) et que cela grugera rapidement leur tirage, fera fermer leurs journaux, revues, etc.

Claude Jasmin

Écrivain, Ste Adèle.

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