LA COMPLAINTE DU FOU ?

On croit rêver quand on lit ceci : « Au Québec actuel il est complètement interdit de parler « contre » l’idée d’un Québec libre. D’une province devenant un pays. Hen ? Quoi ? Tous les grands médias québécois, éditorialistes, chroniqueurs, ne cessent d’attaquer, de ridiculiser, de bafouer, de diffamer l’idée d’un Québec libre. Qui ne s’en aperçoit pas est un aveugle. Certes les ordinaires et compétents journalistes de ces grands médias —professionnels syndiqués— font bien leur travail de nouvellistes.

Mais les propriétaires, leurs dirigeants et leurs penseurs stipendiés, eux, contrôlent sans relâche l’opinion officielle.

L’indépendance du Québec, répètent-ils jour après jour, est une folie, un leurre débile, une bêtise, un risque futile, etc, etc.

Ce serait de bonne guerre si le Québec des souverainistes —60 % de francophones en 1995—, fidèles obligés de ces puissants médias, possédaient de tels médias. Comme il en va pour la gauche versus la droite, le combat des idées est complètement faussé au Québec. Les patriotes québécois doivent donc se contenter de pauvres publications qui survivent tant bien que mal.

D’où sort donc un Daniel Lapres, membre du Réseau Démocratique Canadien qui publiait dans La Presse, sérieux : « On ne peut plus critiquer l’indépendantisme sans payer le gros prix. » Quel prix ? Il se moque des gens ce monsieur, cet étonnant hurluberlu. Qui défend volontiers une Esther Delisle traitant de fascistes tous les nationalistes de jadis. Ma foi, il défendrait ce francophobe raciste, feu-Mordecaï Richler ?

Voici donc un néo-Daniel dans la fosse aux lions. Selon lui, ces « lions » sont des monstres « qui ont tout le pouvoir ». Oui, on croit rêver. Le fourbe Lapres se lamente : « On allume des bûchers contre nous, les fédéralistes. » Paranoïaque rare ! Mais, soudain, le chat sort du sac: le Daniel dit qu’il découvre trop de commentaires nationalistes, où ça ? Sur Internet, dit-il. B’en, il devait saisir que tous ces patriotes sont bien obligés de se réfugier là, tous les gros médias refusent de les publier. J’en sais long là-dessus. Non mais sur quelle planète vivent ces menteurs du type Lapres et leurs gens de ce bizarre « Réseau Démocratique Canadien ? » Même le plus sournois des patrons-contrôleurs des « opinions indépendantistes » doit rigoler car ces hommes d’argent et de pouvoir savent pertinemment qu’ils sont les farouches gardiens de l’orthodoxie anti-Québec-libre !

N’en doutez pas un instant, ami lecteur, un bon matin, si l’un des sbires du statu-quo fédéraliste, les Pratte, Dubuc, Gagnon, Lessard et Cie, osait appuyer la cause sacrée, croyez-moi, dès l’heure du lunch, il se retrouvera sur le trottoir de la rue Saint-Jacques avec son avis de congédiement. Sont-ils des esprits libres, ces haut-parleurs du boss ? Nenni ! Les combattants pour notre liberté doivent donc se contenter de très modestes médias comme Le Québécois, où j’écris, L’Action nationale ou Le Couac.. Nos très pauvres courroies de transmission n’ont aucunement la puissance des grands journaux et il faut une sacrée dose d’hypocrisie pour parler du « contrôle de la place publique par les souverainistes ». Je le redis, c’est un aliéné, un fou furieux qui sombre dans le complexe de persécution, dans une sorte de paranoïa qui confine à la folie.

La réalité est claire, nos adversaires la connaissent fort bien : même si 60% de leur lectorat —voir le vote au référendum de 1995— est « pro-Québec libre », ces derniers ne trouvent aucun grand média pour faire écho à leur orientation politique. Une grave anomalie ? Oui. « C’est une situation incroyable », me dit l’écrivain-journaliste de Suède, en visite chez moi. Mais oui !

Quoi faire ? Il y eut à l’automne de 1969 l’hebdo indépendantiste et socialiste « Québec-Presse ». J’en fus. Mal soutenu, peu financé par les centrales syndicales, leur fondateur collectif, le journal connut mévente sur mévente hélas ! Il ferma. À cette époque « Le Devoir » de 1974-75 sombrait dans le fédéralisme le plus crasse, ô ce cher Ryan !, et l’on fonda un grand quotidien, « Le Jour », c’était du temps de René Lévesque, Jacques Parizeau, Yves Michaud et Cie. L’on y embaucha imprudemment des gogauchistes enragés et quelques marxistes-léninistes bien énervés. Alors « la salle des rédacteurs » entra rapidement en féroce conflit avec ses directeurs.Ce fut une stupide bagarre idéologique. Les meneurs extrémistes voulurent mettre sous le boisseau « la » cause nationale, raison de la fondation de ce quotidien d’une tenue graphique impeccable. Stratégies et tactiques d’un réalisme intelligent furent condamnés par ces « purs » impuissants. Oser mettre à l’avant-scène un sorte de coopérative, au communaliste non fonctionnel, fut sa perte et le navrant naufrage du « Jour ».

Si les big boss actuels cessaient leur idiote forfanterie, par simple respect démocratique de leurs lectorats, s’ils accordaient une part « à l’autre option », je n’aurais plus à écrire tout ce qui précède. Cette malsaine situation fait que si un René-Daniel Dubois, un Michel Tremblay ou un Robert Lepage critique un peu, bang !, il y a aussitôt des grimpeurs aux créneaux pour les rabrouer durement. Ceci, lire plus haut, est le malheureux effet de cela !

2 réponses sur “LA COMPLAINTE DU FOU ?”

  1. M. Jasmin,

    Qui sont en fait ces « grimpeurs aux créneaux » qui « rabrouent » les Tremblay, Lepage, Godbout…??? En ce qui a trait aux « 60% de francophones « pro-Québec libre », nuance…puisque nous n’avons jamais eu l’occasion de voter à ce sujet. En ’95, 60% de francophones se sont plutôt prononcés en faveur de la « souveraineté-association »! Pour ce qui est du « boycott » des médias,
    la SRC, entre autres, et vous êtes bien placé pour le savoir…leur a toujours fait une large place, même à l’époque de Trudeau, qui en rageait et rêvait même d’y présenter sa collection de vases chinois! Encore aujourd’hui, Guy A. Lepage (« élève » de feu Pierre Bourgault) et son accolyte y trônent allègrement les dimanches soirs! Et que dire de l’ONF qui fut le « refuge » de tous nos grands cinéastes: Perrault, Arcand, Groulx, Carle, Lamothe…
    En ce qui concerne la « méchante Presse », il faut avouer que c’est de bonne guerre! Il ne faut tout de même pas s’attendre à ce que Power Corp. de Desmarais prône l’indépendance « pure et dure » du Québec! Et même là les Parizeau, Landry, Bouchard y écrivent régulièrement alors que Louise Beaudoin et Martine Tremblay y « chroniquent » également! Et je ne crois pas que le Journal de Montréal et le Devoir puissent être « taxés » de « suppôts du fédéralisme »! Ce n’est tout de même pas de la faute de personne d’autres qu’eux-mêmes si les « extrémistes » de tout acabit trouvent toujours le moyen de se marginaliser!
    Pour ce qui est des « nationalistes de jadis », force est de constater qu’ils n’étaient certes pas à « l’avant-garde » du « progressisme »! Les Lionel Groulx, Camillien Houde,
    Camille Laurin (première mouture), Jean-Marc Léger, etc. qui appuyaient les « collabos » français!!! Voir à ce sujet l’excellente biographie « Jean-Charles Harvey, le combattant » par Yves Lavertu chez Boréal.
    Sur ce, à bon entendeur salut et bonne santé à vous qui demeurez toujours à mes yeux cet « éveilleur de consciences » au même titre que les signataires du Refus global!

  2. Vous avez bien raison, monsieur Jasmin, de vous étonner (euphémisme poli, très certainement) de cet hurluberlu qui dégobille partout aussitôt que l’on ne partage pas son opinion.

    J’ai longtemps pensé (car il s’étale ainsi depuis longtemps sur toutes les tribunes qu’il déniche, dont celles de Gesca qui lui sont toujours offertes avec empressement) que ce Daniel Laprès était d’une mauvaise foi proverbiale. Mais plus ça va, il faut dire, plus j’incline à penser que ça relève carrément de la pathologie psychique.

    Aussi pour mieux connaître l’individu, et outre son carnet personnel, auquel très manifestement il consacre ses journées entières (on occupe son désoeuvrement intellectuel comme on peut, j’imagine), et où on peut lire tout le mépris qu’il éprouve pour les tenants de la libération du peuple québécois (toujours sous couvert de «respect», de «vertu» et de «sens démocratique», bien entendu ! Bref, un Tartuffe comme on n’en voyait plus depuis longtemps), je vous suggère les pages suivantes : http://www.vigile.net/05-10/TL-8.html#4, http://lequebecois.actifforum.com/viewtopic.forum?t=904 ainsi que (spécifiquement sur l’idée de « malhonnêteté intellectuelle », où incidemment André Pratte, entre autres – cet authentique mercenaire du Canada qui ces derniers jours ne manque assurément pas à sa réputation : présumée « affaire Philpot », la défense « courageuse » (!) de Jean Charest, etc. -, se voit aussi, et avec raison, pris à partie) http://72.14.207.104/search?q=cache:yD7P9gqBZsQJ:www.vigile.net/05-5/13-jlg.doc&hl=fr&ct=clnk&cd=1&client=safari (ou : http://www.vigile.net/05-5/13-jlg.doc).

    Dans un autre ordre d’idées, ou presque (la langue française), voici d’autre part un texte que j’ai découvert tout récemment (même auteur que l’un de ceux des textes précédents), et qui vous plaira très certainement : http://www.vigile.net/spip/vigile3679.html

    Cela étant maintenant dit, j’apprécie beaucoup, et ce depuis des années, monsieur l’auteur de La Petite Patrie, votre participation toujours active au débat national québécois.

    Avec mes respects et mes salutations, M. Jasmin.

    Mathilde François,
    citoyenne du Québec (qui a longtemps voulu croire au Canada, mais qui désormais le rejette avec la dernière énergie : il y a des limites, pour un peuple, à jouer les dindons de la farce génération après génération).

    cc : La Presse, Cyberpresse et autres André Pratte (je pense sincèrement que ce dernier symbolise à lui-seul – si on excepte ses collègues Alain Dubuc et Lysiane Gagnon, à la rigueur, et ce aux dépens de toute dignité intellectuelle – la honte du journalisme d’opinion transformé en propagande de tous les instants).

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