SUR L’AIR : « À SAINTE ADÈLE, P.Q. »

Le village natal du célèbre avare de Grignon semble « magique », il a donné de bien jolies chansons. De Félix Leclerc à Ferland. On ne compte plus les artistes qui l’adoptent, jadis comme de nos jours. C’est au coin du resto Le Petit Chaudron qu’un génie unique en paysages fauvistes, fit une chute gravissime, tomba de son vélo chargé de toiles vierges, garni de pinceaux et de boites de tubes. Marc-Aurèle Fortin, venu de Sainte Rose, hélas, refusa tout examen. Séquelle, dit-on : il se fera couper une jambe !

C’est à Sainte-Adèle que LaPalme, peintre et caricaturiste, composa une fresque inouïe sur le bitume, de haut en bas de la côte Morin. Étonné, le Times de New-York en publia la photo ! Dans les années 40 et 50, Sainte-Adèle contenait un Centre d’art actif avec (pour adultes et jeunes) cours de peinture, de céramique, de danse et de théâtre. Et concerts. Et un « salon du livre » dans le curling du Chantecler. C’était un village vraiment magique.

Les temps changent. Je lis les excellents billets de Pilote —« Génération fuckée ? »— et Dallard —« Les imbéciles » invincibles, mes jeunes collègues sont fort inquiets, à raison, des noires « fresques » télévisées illustrant une certaine jeunesse. Des trentenaires, filles et garçons, d’une irresponsabilité sociale navrante et puante, « Les Invincibles » et « La Galère ».

On en est rendu très loin de mes portraits candides de « La petite patrie ». Quel beau grand progrès ! L’autre matin, filant vers mon « Le Calumet » du bas de la Morin pour tabac et journaux, je vois à des coins de rue, de nos ados néo-punks aux déguisements de voyous. Ils attendent, sac au dos, leur autocar jaune pour l’école secondaire, tristes silhouettes qui font mal aux yeux du « vieil homme », on le comprendra. Un autre matin, cortège d’écoliers qui grimpent la Morin derrière une jolie prof souriante. Enfance heureuse, où vont-ils, visiter ma chère école hôtelière de la rue Lesage, ou aux locaux à loisirs sous l’église ?

Ces binettes d’enfants réjouis doivent-elles obligatoirement se muer en caricatures dès la fin du primaire ? Par besoin grégaire bête ? Mode funeste. ET, plus tard, deviendront-ils des jeunes hommes « cons invincibles », des jeunes femmes désaxées en « Galère » ? Une chroniqueuse (M.-C. Lortie), elle aussi, se pose de graves questions. Comme tout le monde elle observe ces fillettes à peine pubères qui s’affichent en précoces « guidounes ». De jeunes allumeuses invitant des pédophiles ? Lortie n’arrive pas à comprendre —et le vieil homme donc !— la lâcheté des jeunes parents actuels qui acceptent ces singeries si désolantes, lamentables; c’est le vol d’enfance ! « Quoi ? Les temps changent », me dit l’indifférent. Il n’aime pas l’enfance, c’est clair. Interdire :un mot nazi ! Tolérer : le mot de passe. À Sainte-Adèle P.Q. comme en métropole, règne donc l’entretien du fatal jardin engraissant des futurs « Invincibles » et des « Galériennes » déboussolés. Tristesse.

2 réponses sur “SUR L’AIR : « À SAINTE ADÈLE, P.Q. »”

  1. Bonjour Monsieur Jasmin,il me faut vous dire que je suis presque votre voisin d’en face car j’habite sur la rue morin à quelques maisons de la vôtre.Depuis l’époque de l’émission  »La petite patrie » je suis un admirateur et j’apprécie énormément vos commentaires et articles comme  »Sur l’air de….. »comme vous avez raison,mais ce qui m’a le plus fait plaisir c’est votre apparition à l’émission  »Tout le monde en parle » vous n’avez rien perdu de votre esprit vif et de votre franc parler.J,ai les mêmes convictions politiques que vous et cela depuis quarante ans mais je dois vous avouer que l’espoir que j,avais placé dans notre jeunesse me laisse plutôt perplexe dans notre rêve de se faire un pays,je ne sais pas si nous avons échappé le flambeau en leur passant ou peût être que nous (ma génération) ne leur avons pas donné le bon exemple en gouzillant deux chances que le PQ nous a donné?omme vous l’avez si bien dit nous sommes maintenant dilués et Pet aura réussi son Melting Pot excusez l’expressionet l’identitée québecoise c,est seulement dans les plus éloignées des régions qu’elle survie et encore. Je vous souhaite un doux printemps à Ste-adèle ( j’y serai en début de mai apres quelques mois au chaud) gardez la forme et au plaisir de vous saluer quand vous marcherez sur Morin en passant au coin de Montreux.

  2. Monsieur Jasmin, vous m,avez fait verser une larme en regardant l,emission TOUT LE MONDE EN PARLE. Je suis ne a Ste-Adele et je vis maintenant depuis 8 ans en Ontario. Mon conjoint, mes enfants et moi avons demenage pour un emploi a temps plein. Le Quebec me manque terriblement et chaque fois que j,entends parler de Ste-Adele quand je ne m,y attends pas, c,est pire. Votre simple histoire de ratons-laveur m,a touche simplement parce que vous avez mentionne demeure a Ste-Adele, P.Q.

Répondre à Richard Descôteaux Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *