NATIONALISME : BIENFAITS ET MÉFAITS

 Un correspondant à claudejasmin.com me relance car il a en horreur le nationalisme, à cause des dictateurs (Mussolini, Hitler etc.) en Europe (comme en Amérique du sud et ailleurs) qui utilisaient le nationalisme pour asseoir leur despotisme parfois écœurant. Une vérité irréfutable. Je me souviens de Gérard Pelletier, vieux camarade et mon patron à La Presse, brillant gauchiste catholique (il y en a), changé en « colombe de Pet » et qui était d’une méfiance extrême face à notre nationalisme, à cause du tyranneau conservateur Duplessis. Pourtant, on vit Pelletier défendre à fond la noble cause de l’Algérie algérienne. Selon lui, leur nationalisme était vital ! Il y a eu tous les nationalismes louangés dans les pays se décolonisant. Ces luttes amenèrent a aussi au pouvoir des despotes fous, je songe à « l’Afrique libérée ».

Une chose est sûre : en soi, le nationalisme peut être l’outil indispensable pour conduire une nation à la liberté. Des adversaires crient au devoir d’imiter les grandes nations : « il serait petit et chétif de parler encore « nation » au moment de la mondialisation. » Ils oublient le puissant nationalisme des États-Unis. Ou de la France. Les drapeaux sortis, la main sur les cœurs, les trémolos aux hymnes, dès qu’il y a menace en la patrie, octobre 2001 par exemple ou bien ce LePen soudain se rapprochant du pouvoir.

Il y a ici six Québécois sur dix, d’avantage probablement, qui sont nationalistes. C’est essentiel, nécessaire, à mon avis, c’est normal aussi. De farouches anti-liberté nationale osent dirent : « Restons liés aux Canadians car il faut être gros (be big estie !) pour mieux réussir. Je dis toujours à ces aveuglés : « Alors pourquoi ne pas nous joindre aux USA, nos puissants voisins d’en dessous ? » Silence, chaque fois !

La menace d’un despote, d’un tyran est toujours un risque. Pour le Québec, le Canada ou les USA. J’ai confiance en la démocratie, en la saine résistance des nôtres, si un tel manipulateur s’amenait. Voyez, au sud, la montée des Démocrates face au régime Républicain abusif sous la gouverne erratique du va-t-en-guerre, W. Bush. Qui achève.

Nous formons une toute petite nation —2 % sur le continent— qui a le droit selon la chartre de l’ONU de se gouverner elle-même. Librement. Sinon, bientôt nous serons une sorte d’ethnie parmi toutes les autres dans ce Canada qui grossit en population sans cesse. Quelle force, quel atout politique aurons-nous alors un jour si nous devenons un 15 % de la population canadienne ? Or, nous sommes plus de 80% au Québec, nous sommes une majorité.

Comment comprendre les batailleurs du fédéralisme? Il y a « la peur de la liberté », selon le sociologue brillant Cyrulnic. Oui, « une peur », car la liberté, disait-il, est la fin des protections « de l’autre », de la tutelle infantilisante, la fin d’une autorité aliénante mais bien confortable. J’ai des amis fédéralistes, nous discutons souvent, je veux toujours le faire avec calme, en toute chaleur humaine. En 1970, mon propre père craignait, détestait les propos nationalistes d’un René Lévesque et ses alliés. Dont j’étais.

Voilà donc presqu’un siècle (depuis 1961 et le RIN) que je lutte pour notre liberté. Voici maintenant que le parti politique qui porte « ma » cause est réduit à bien peu. On me questionne depuis le 26 mars : « Pas découragé ? » Mais non. La Grèce, pour prendre un exemple, a combattu presque 10 fois cent ans pour enfin obtenir sa souveraineté entière, pas vrai ?

Je ne crois pas du tout à une aussi longue attente pour le Québec. Je suis sûr et très certain que cela va advenir. Quand ? Ça ! Je respecte ce (trop long) délai, je sais la fragilité d’un peuple abusé, d’une nation —reconnue par un Harper— à qui l’on prêche les vertus d’une domination soft. C’est un autre fait très têtu : l’assujettissement des nôtres est tissé de compromis selon les saisons politiques. Il n’y a pas « en face » de pouvoir dur, raciste avoué, de lois cruelles. Chaque fois qu’il y a une poussée grave de nationalisme, on voit les adversaires lâcher un peu pus de corde. C’est tout cela qui rend la batille indépendantiste si difficile à livrer.

Lors du référendum (volé) en 1995, ce sera pourtant la panique, ce sera l’incommensurable gaspillage d’argent —Option-Canada et « les commandites »— par Ottawa. Quand je me dis pourquoi donc, comment cela se fait-il qu’il n’y a pas de supporteurs de la liberté québécoise chez les intellectuels anglos ? Je n’ai pas une autre réponse que celle-ci : « Ce Canada sans le Québec deviedrait rapidement une simple annexe étatsunienne. Un fait têtu cela aussi. Car hors des minces chapelles « nationalists » (à Toronto) le peuple canadian tout entier est « américanisé » et jusqu’à l’os. La culture —populaire, magazines, cinéma, télé, etc.— est absolument « All-american » Questionnez les lucides hors-Québec, ils vont vous l’avouer, admetre cete « colonisation galopante » Alors c’est : « Faut garder Québec pour nous différencier ». Vérité embarrassante je le sais mais réalité.

Une réponse sur “NATIONALISME : BIENFAITS ET MÉFAITS”

  1. Bien dit !
    Moi aussi je suis un souverainiste endurci et je crois encore à la souveraineté du Québec malgré ces dernières élections désastreuses.

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