JANINE LA PAS FINE ?

Mon ex-voisine, Janine (Huard), est pas fine aux yeux des ses odieux tortureurs : elle ose encore se révolter contre l’horreur venue d’Ottawa et de Washington, via la CIA. Avec l’acoquinement funeste de Mc-Gill-University, son chic hôpital « Royal Vic’s » et sa réputée succursale, le Allen Memorial.

Imaginez maintenant un peu le topo : un coquet lotissement à deux coins de rue de la prison de Bordeaux avec des arbres et des fleurs, des pelouses proprettes. Derrières les cottages et les bungalows, ce vaste champ vacant de l’Hydro-Québec en un immense sauvage terrain de jeux…Des familles tranquilles, des enfants qui jouent dans la rue puisqu’elle est une impasse. Zotique-Racicot, tragique « impasse » en effet pour Janine !

À trois maisons de la mienne, une jolie jeune maman blonde qui part souvent pour des séjours en clinique. Légère dépression, Lafontaine : « ce mal qui… Ils n’en mouraient pas tous … ». La confiance règne n’est-ce pas ? Les bons docteurs, les gentils, les savants médecins veillent sur notre santé, n’est-ce pas ? Or, il y a aussi des docteurs cinglés, des fous raides !Il y avait là, pour ma voisine, ce salaud de docteur Cameron, hélas ! Subventionné par Ottawa et Washington-CIA, le bon docteur Ewen Cameron, Écossais immigré, se livrait sur ses malades à des expériences extrêmement dangereuses. Voilà notre Janine, et tant d’autres, devenus sans qu’ils le sachent, de simples « chairs à expérimentations ».

Lavages de cerveaux, et, c’est connu maintenant, drogué. Avec ce puissant « LSD », cher aux Timothy Leary et Jacques Languirand, du temps de leur inconscient « trip » d’un psychédélisme douteux. Languirand s’est bien assagi depuis. Somnifères, électro-chocs parfois, écoute en continu de messages subliminaux pour Janine, une simple « patiente » (!) toute confiante et pourtant bafouée. Jours et nuits ces « voix » enregistrées ! Un tripotage parapsychologique dégueulasse ! Le « savant fou », Cameron, encouragé par la CIA payante, soutenu par le ministère de la Défense d’Ottawa, tentait de programmer et de déprogrammer ces simples dépressifs. Pourquoi ? Pour savoir s’il était possible un jour de « zombinifier » des soldats, des prisonniers, etc. On osera dire : « Quoi, les méchants soviets faisaient de semblables recherches en URSS ! »

Les petits amis de ma fille et de mon fils, les enfants de Janine, continuaient à jouer dans les champs pendant que cette mère de famille était livrée à ce bandit, docteur en médecine ! On ne s’incline pas devant ces faits atroces par respect mais par envie de vomir. Quand le chat noir sortit du sac, beaucoup plus tard, ce sera les normales poursuites avocassières, comme il se doit. La CIA honteuse cracha du fric en 1988 pour ces horreurs médicales des années 1960. Pas moins honteusement, Ottawa avec notre argent public, versa des centaines et des centaines de milliers de dollars aux victimes. Pas à toutes, pas également, Janine Huard réclame sa vraie part et aussi celle de ses infortunés compagnons via le recours collectif.

On sait bien qu’il est impossible de bien chiffrer une existence bousillée. Les dommages sont irréparables. Une vie bouleversée n’a pas de prix, ne connaît aucune consolation, hélas. « Je n’ai rien vu à Hiroshima », disait l’actrice Emmanuelle Riva dans le célèbre film de Duras, moi aussi, je n’ai rien vu rue Zotique-Racicot, rien d’autre qu’une malchanceuse jeune maman aux prises avec une dépression. Innocent ? Mais comment imaginer que des autorités médicales pouvaient se transformer en Docteur Frankenstein ? En serviles domestiques d’un plan de guerre inimaginable ? Un cinéma d’horreur, près de chez moi, se déroulait. Du « Top secret » !

Je n’en reviendrai jamais : ma voisine vivait un cauchemar sordide. Janine certes semblait mal s’en sortir et sa vieille maman s’amena dans notre rue joyeuse pour la garde de ses enfants. Robert, propriétaire de buanderettes, son mari accablé, veillait aussi du mieux qu’il pouvait; les enfants n’avaient plus de maman normale. C’est un conte noir ? Oui, d’u noir absolu. À l’ombre des vieux et beaux arbres, Avenue des Pins, au pied du mont Royal, des gens en sarraus blancs s’activaient en suivant le protocole aliénant du fou-Cameron et notre voisine se faisait tripoter la cervelle. Non, je n’en reviendrai jamais. En ce moment même, en ce bel été de 2007, quel autre cobaye est l’objet de recherches infâmes ? A-t-on le droit d’être méfiant encore ? Certainement.

Bon courage Janine-la-pas-fine, continue à te battre, à ne pas être « fine » aux yeux des lâches « canadians » qui acceptaient ce sale argent US de la Cia pour ruiner des jeunes vies. Oui, il faut du courage pour admettre publiquement cette fracture imposée, cette déchéance planifiée.

OUI, OUI : NOUS SOMMES LA LIBERTÉ !

Ça suffit de tergiverser. Pas besoin d’être pour ou contre M. Harper à Ottawa quand il s’agit de secourir un monde arriéré. Ne craignons pas les mots. Ni les faits têtus. L’Afghanistan est une contrée arriérée où règne une barbarie, une misogynie catastrophique, où des Seigneurs (de mes deux fesses) font la loi, la loi des mâles chauvins. Je suis en faveur d’expédier en ce « moyen-âge-de-2007 » nos soldats.

À Kaboul, libéré (!), ce fut le retour des guerriers anti-URSS, restés des chauvins et anti-féministes crasses,mais… Mais cette neuve démocratie (!) a chassé violemment une femme courageuse, élue, qui interpellait fameusement cette assemblée nationale : « Des brutes épaisses » pour un bon nombre, « Une étable » aux animaux funestes, a-t-elle déclaré. Et plus au sud, se cachent les Talibans maudits, davantage arriérés, enrôlant des gamins fanatisés pour des suicides « patriotiques », enfants-kamikazes, effrayants pour nos soldats exilés.

Je ne suis pas de ces pacifistes tordus. Se souvenir toujours des « pacifistes » candides et bien cons quand le fascisme et le nazisme s’installaient en Europe. Je ne suis pas non plus de ces « citoyens du monde » jouant le déracinement volontaire. Par mépris mondain et honte inavouable de leurs propres patries. Je suis « pour la guerre » en Afghanistan. Pour nos soldats qui partent combattre la Grande noirceur. Je suis pour le combat des exploiteurs. Pour la guerre là-bas où ces seigneurs-de-mon-cul s’emparent des pouvoirs pour maintenir l’ignorance et profiter des subventions venues de l’Occident. Pour encore mieux établir leur main-mise sur des exploités.

J’en vois de ces bons apôtres réclamant le « chacun chez soi ». Le « Mêlons-nous pas de ces situations géo-politiques». Là se situe les égoïsmes bien connus depuis le début des temps. Cette position de « gras durs » indifférents au reste du monde est une honte. D’où vient cette crainte niaise d’assumer la réalité, ce tabou imbécile ? Allons, nous sommes en net progrès -et pas seulement en démocratie- par rapport à tous ces pays du Moyen-orient, cela est une réalité claire.

Sur notre petite planète bleue, par solidarité humaine, nous avons le devoir de combattre ces diaboliques et délivrer les multitudes, otages des « fous de Dieu ». D’éliminer ces pirates « seigneuriaux » et surtout ces Talibans enrégimentés pour maintenir dans la merde des populations bafouées, ignares. Pourquoi ne pas admettre que nous représentons le progrès ? D’autres avant moi ont souvent conspué cette « humilité », ce masochisme imbécile et ils ont fustigés avec raison notre bizarre besoin de nous peindre en noir absolu.

Ce n’est pas un mensonge, ce n’est pas de la fatuité, ce n’est pas du tout de l’arrogance que d’affirmer notre supériorité, c’est une réalité. L’essentiel « principe de réalité » est une totale inconnue chez ces « pacifistes » à la noix. Nous pouvons secourir, les armes à la main, une misérable humanité, il s’agit de générosité, d’une compassion nécessaire.

Je suis « pour » cette guerre, misérables Rima Elkouri ( voir La Presse 18/7/07) ! Pour le soutien de nos soldats exilés. Pour la délivrance un jour de nos frères et soeurs lointains vivant sous la botte des fieffés souteneurs de la « Noirceur » en Afghanistan. Un fervent indépendantiste québécois ne doit pas se servir de dessein politique -l’anti-Ottawa, l’anti-Harper mécanique- pour attaquer notre secours armé là-bas. Ni pour miner la confiance des combattants, Ni pour humilier leur « geste » héroïque, honorable. Patriotes Québécois l’heure n’est pas à nous servir de nos oppositions, tactiques honteuses, pour condamner les militaires expédiés, en ces contrées dangereuses pour changer des destins pitoyables. Corriger l’injustice effroyable, gigantesque chape de plomb sur des hommes et des femmes primitifs -oui, oui, primitifs- et innocents.

Je suis pour ces combats en Afghanistan. Esprits libres, il ne faut pas craindre, jamais, de lutter contre un sentiment unanime qui, sondage après sondage, fait voir que les Québécois sont « contre ». Ayons le courage de fustiger cette unanimité fadasse, de la dénoncer. Ce pauvre instinct d’un grégarisme douteux joue « la vertu » au moment même où la civilisation « supérieure » -mais oui, supérieure- doit être offerte en partage aux « humiliés et offensés -cher Dostoïevski. La vraie horreur serait de nous confiner avec superbe et lâcheté dans nos splendides conforts, de déclarer : « Qu’ils se débrouillent entre eux ces pauvres cons de mahométans en robes et en sandales» ! Ce sera l’honneur de nos régions prospères, occidentales, de pouvoir dire un jour : « Nous avons contribués à délivrer nos frères orientaux de leur intolérable noirceur ». Au neveu Claude (Boucher) en devoir là-bas, nous te disons : Bon courage !

L’AUTRE MONDE ?

Depuis « ado » que je me consacrais à « arts et spectacles » seulement. Tout autour de moi comme pour tous mes camarades « zartistes », il y avait, il y a toujours, « un autre monde ». Depuis quelques temps, ne voulant pas mourir idiot, tel un navigateur sur un continent inconnu, je lis sur cet « autre monde », celui des affaires. En ce moment une nouvelle de la Presse Canadienne. J’y viens.       30 années donc à travailler -aux décors- à Radio-Canada en ignorant un immense mur nous séparant : celui d’un secteur fort actif, d’un monde « à part », celui dit « commercial ». Aucun contact, aucune rencontre entre les « vendeurs de temps publicitaire » et nous, les créateurs de divers ordres. Étais-ce normal ce séparatisme ? Ma compagne de vie y fut toute jeune secrétaire en ce grouillant secteur commercial, elle était donc alors « de l’autre côté du mur », calculait les espaces en studio pour les cigarettes « PLayer’s » durant « Les Plouffe », par exemple. Rien à voir avec ce qu’elle deviendra un jour en « calculant » désormais ses prises de vue pour des textes de V.-L. Beaulieu !

En ce moment, ici, à mon hebdo, des gens cherchent des annonceurs indispensables à la survie du journal. Mais je vais d’étonnement en surprise avec cet article de la P.C. Un prof aux USA déclare dans une étude pour le Conference Board, que le Canada (commercial) fait très mal sa promotion (commerciale) aux States depuis que le Congrès détient le pouvoir. Ah bin ! Le Canada (et le Québec donc), se ferait damer le pion, même par le Mexique et le Chili ! Pourquoi ? Ils ne savent pas faire pression et influencer le Congrès, majoritairement « Démocrate » désormais. Pourtant dit l’étude en question, c’est le Canada le plus fort partenaire en commerce avec nos puissants voisins du sud. Une anomalie regrettable paraît-il. « Il faut une petite poussée souvent », dit l’étude. Nos entreprises ne cibleraient pas bien les entrepreneurs américains d’un secteur commun qui ont une influence et les élus (Démocrates). Je m’instruis ! Je lis deux choses : 1- Que les Démocrates vont freiner la folle cadence en accords de Libre-échange dans le vaste monde et le Canada va donc pouvoir souffler. 2- Que La Chine nouvelle est en voie de devancer le Canada en importations aux USA ! Ils sont un milliard d’habitants, ils travaillent à très bon marché, alors, pas de surprise là ! Certes il y a litige USA-Chine mais Pékin (Bejing) est sommé de « libéraliser » son marché. Le Canada en profiterait dit l’étude, les prix s’ajustant davantage. Bref, j’apprenais qu’il y a « lutte perpétuelle des marchés » mais qui l’ignore ? Dire franchement que j’ai de l’admiration pour les intrépides audacieux entrepreneurs; ils donnent des jobs, ça n’est pas rien. J’ai moins d’admiration pour les financiers, les banques, prêteurs d’argent qui spéculent sans cesse. Argent dont les entrepreneurs ont besoin, ça va de soi. Le financier n’a rien d’un être social capable de solidarité, il vit pour le fric à contrôler « à la hausse » car si c’est pas « très » rentable les actionnaires iront ailleurs. Même le modeste « petit bourgeois », avec ses Reers chez Desjardins ne souhaite pas de minces profits. Sommes-nous tous complices du système ? Oui.

Cet article… bien compris les affairistes ? De toute urgence installer à Washington d’habiles démarcheurs (lobbyistes) auprès des collègues étatsuniens, aussi auprès des gens du Congrès à Washington. Moi, dans ma candeur « d’artissse », je croyais jadis que : « Tu présentes un bon produit et, bingo, il gagne le marché. » Pauvre nono ! Non, non, il faut donc faire anti-chambre, il faut faire jouer des cartes qui n’ont pas grand chose à voir avec la qualité d’une marchandise offerte ! Je vous le dis « une autre planète ». Ce n’est donc pas comme pour des tableaux ou des romans ? La concurrence n’est pas « ordinaire » en ce monde-là ? On vient me détromper : « Pauvre rêveur, même l’artiste, le fameux, le renommé, lui aussi, cherche les bons contacts, s’acoquine avec « des importants » de son milieu, se démène comme diable en eau bénite pour d’avantage de notoriété et fréquente volontiers « qui il faut ». Le talent seul ne suffit donc pas ? Il y a réseau, il y a une voie rapide pour la consécration, pavée de calculs très concrets. C’est noté.

Oui, j’aime désormais lire sur « le monde des affaires ». Ma découverte d’une grande part du monde réel. Et me reviennent en mémoire ces lignes du génie Arthur Rimbaud juste avant qu’il s’exile en Éthiopie pour « brasser des affaires : « Me voici au sol, avec un dur devoir, étreindre la réalité ». Le poète défroqué ira jusqu’à vendre des fusils (pour le roi Ménélik) importés pas chers de Belgique. Et des esclaves, recommandant à sa terrible mère, de « savoir bien placer mes argents » qu’il lui expédie du Harar. À 37 ans, Rimbaud reviendra en ses Ardennes, se fera couper la jambe et ira mourir désespéré dans un hôpital de Marseille !

Résumons : Les businessmen du Canada se font damer le pion et on ne leur demande pas d’améliorer leurs produits, on recommande d’engager des malins à Washington pour mousser leurs business ! Que cela vous plaise ou vous fasse grimacer, voilà la dure loi des marchands. Bonne chance aux organisateurs de fins repas, de parties de golf intéressées, de croisières luxueuses en yatch, moi je m’en vais tout bonnement rédiger un nouveau bouquin racontant dix ans d’excursions d’un papi étonné avec ses cinq petits-fils, 1985-1995 et cela sans aucun démarcheur.