L’AUTRE MONDE ?

Depuis « ado » que je me consacrais à « arts et spectacles » seulement. Tout autour de moi comme pour tous mes camarades « zartistes », il y avait, il y a toujours, « un autre monde ». Depuis quelques temps, ne voulant pas mourir idiot, tel un navigateur sur un continent inconnu, je lis sur cet « autre monde », celui des affaires. En ce moment une nouvelle de la Presse Canadienne. J’y viens.       30 années donc à travailler -aux décors- à Radio-Canada en ignorant un immense mur nous séparant : celui d’un secteur fort actif, d’un monde « à part », celui dit « commercial ». Aucun contact, aucune rencontre entre les « vendeurs de temps publicitaire » et nous, les créateurs de divers ordres. Étais-ce normal ce séparatisme ? Ma compagne de vie y fut toute jeune secrétaire en ce grouillant secteur commercial, elle était donc alors « de l’autre côté du mur », calculait les espaces en studio pour les cigarettes « PLayer’s » durant « Les Plouffe », par exemple. Rien à voir avec ce qu’elle deviendra un jour en « calculant » désormais ses prises de vue pour des textes de V.-L. Beaulieu !

En ce moment, ici, à mon hebdo, des gens cherchent des annonceurs indispensables à la survie du journal. Mais je vais d’étonnement en surprise avec cet article de la P.C. Un prof aux USA déclare dans une étude pour le Conference Board, que le Canada (commercial) fait très mal sa promotion (commerciale) aux States depuis que le Congrès détient le pouvoir. Ah bin ! Le Canada (et le Québec donc), se ferait damer le pion, même par le Mexique et le Chili ! Pourquoi ? Ils ne savent pas faire pression et influencer le Congrès, majoritairement « Démocrate » désormais. Pourtant dit l’étude en question, c’est le Canada le plus fort partenaire en commerce avec nos puissants voisins du sud. Une anomalie regrettable paraît-il. « Il faut une petite poussée souvent », dit l’étude. Nos entreprises ne cibleraient pas bien les entrepreneurs américains d’un secteur commun qui ont une influence et les élus (Démocrates). Je m’instruis ! Je lis deux choses : 1- Que les Démocrates vont freiner la folle cadence en accords de Libre-échange dans le vaste monde et le Canada va donc pouvoir souffler. 2- Que La Chine nouvelle est en voie de devancer le Canada en importations aux USA ! Ils sont un milliard d’habitants, ils travaillent à très bon marché, alors, pas de surprise là ! Certes il y a litige USA-Chine mais Pékin (Bejing) est sommé de « libéraliser » son marché. Le Canada en profiterait dit l’étude, les prix s’ajustant davantage. Bref, j’apprenais qu’il y a « lutte perpétuelle des marchés » mais qui l’ignore ? Dire franchement que j’ai de l’admiration pour les intrépides audacieux entrepreneurs; ils donnent des jobs, ça n’est pas rien. J’ai moins d’admiration pour les financiers, les banques, prêteurs d’argent qui spéculent sans cesse. Argent dont les entrepreneurs ont besoin, ça va de soi. Le financier n’a rien d’un être social capable de solidarité, il vit pour le fric à contrôler « à la hausse » car si c’est pas « très » rentable les actionnaires iront ailleurs. Même le modeste « petit bourgeois », avec ses Reers chez Desjardins ne souhaite pas de minces profits. Sommes-nous tous complices du système ? Oui.

Cet article… bien compris les affairistes ? De toute urgence installer à Washington d’habiles démarcheurs (lobbyistes) auprès des collègues étatsuniens, aussi auprès des gens du Congrès à Washington. Moi, dans ma candeur « d’artissse », je croyais jadis que : « Tu présentes un bon produit et, bingo, il gagne le marché. » Pauvre nono ! Non, non, il faut donc faire anti-chambre, il faut faire jouer des cartes qui n’ont pas grand chose à voir avec la qualité d’une marchandise offerte ! Je vous le dis « une autre planète ». Ce n’est donc pas comme pour des tableaux ou des romans ? La concurrence n’est pas « ordinaire » en ce monde-là ? On vient me détromper : « Pauvre rêveur, même l’artiste, le fameux, le renommé, lui aussi, cherche les bons contacts, s’acoquine avec « des importants » de son milieu, se démène comme diable en eau bénite pour d’avantage de notoriété et fréquente volontiers « qui il faut ». Le talent seul ne suffit donc pas ? Il y a réseau, il y a une voie rapide pour la consécration, pavée de calculs très concrets. C’est noté.

Oui, j’aime désormais lire sur « le monde des affaires ». Ma découverte d’une grande part du monde réel. Et me reviennent en mémoire ces lignes du génie Arthur Rimbaud juste avant qu’il s’exile en Éthiopie pour « brasser des affaires : « Me voici au sol, avec un dur devoir, étreindre la réalité ». Le poète défroqué ira jusqu’à vendre des fusils (pour le roi Ménélik) importés pas chers de Belgique. Et des esclaves, recommandant à sa terrible mère, de « savoir bien placer mes argents » qu’il lui expédie du Harar. À 37 ans, Rimbaud reviendra en ses Ardennes, se fera couper la jambe et ira mourir désespéré dans un hôpital de Marseille !

Résumons : Les businessmen du Canada se font damer le pion et on ne leur demande pas d’améliorer leurs produits, on recommande d’engager des malins à Washington pour mousser leurs business ! Que cela vous plaise ou vous fasse grimacer, voilà la dure loi des marchands. Bonne chance aux organisateurs de fins repas, de parties de golf intéressées, de croisières luxueuses en yatch, moi je m’en vais tout bonnement rédiger un nouveau bouquin racontant dix ans d’excursions d’un papi étonné avec ses cinq petits-fils, 1985-1995 et cela sans aucun démarcheur.

Une réponse sur “L’AUTRE MONDE ?”

  1. Il en est ainsi dans tous les sphères de la société, pas de contact pas de contrat. Si vous ne voulez pas vous battre pour tasser ceux qui cherche la même chose que vous, alors vous perdrez. Merci pour vos textes.

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