UN MOT MAUDIT : NATION ?

Le fils de Pet et de Margaret, candide candidat dionesque dans Papinau, est comme tout mêlé ? Dans un hebdo du ghetto Extension-Park, il enveloppe de mépris un mot qui lui donne des boutons, le mot « nation ». Justin Trudeau dit que c’est un mot, un fait, une réalité dépassée. Celle « des années  1990 ». Très faible en géopolitique le gars ou bien un gommeur par intérêt, car c’est depuis 1991 que de nations nouvelles qui s’affirmèrent librement. Une longue liste, toutes celles qui se débarrassaient de la fédération nommée URSS. Sans parler des nations nouvelles qui fuyaient les colonialismes s’écroulant. Dès la fin de la guerre 1939-1945. une longue liste encore.      Entre Dion et Harper, si c’était le seul choix, je voterais Harper. Nommons ce cancre « Just-Inn ». Inn comme dans « l’auberge des orangistes francophobes ». Voyant le brillant Ignatieff qui, lui,  acceptait le mot « nation », l‘establisment libéral se tourna vers Steph Dion, on sait avec quel succès. On devine facilement qu’après la prochaine élection (qui s’en vient), Dion battu devra retourner à sa chaire universitaire et qu’il faudra aux libéraux fédéraux se dénicher un autre « chef ». Du gros ouvrage. Le fidèle (idéologiquement) « fils à poupa », éliminé dans Papineau -autre prédiction facile- s’en ira cheminer où ? En Ontario ou bien en British Columbia ? Il n’aura plus à se questionner sur « qui sont les Québécois ? ».

Just-Inn St-Clair -Trudeau livrait ses pensées profondes : « Sont-ce seulement les « de souche » ? Là-dessus, laissons tous nos Maka Kotto lui répondre.  « Est-ce que les différences n’en seront-ils pas exarcerbées », s’inquiète-il ? Les quoi ? Les différences ? Qui veut de cette étiquette ? « Êtes-vous, cher électeur québécois, un Québécois ? Non, moi, je suis une difféence ! » Non mais…quel coco, zozo, nono, le fils-de !  Allons : à part les assimilés volontaires et les amateurs de ghettos étanches, il y a bon nombre de nouveaux venus qui voient -bien clairement eux- cette nation québécoise francophone formée par 85 % de gens.

L’aile « orthodoxe » (mot du reporter Bellavance) des Libéraux fédéraux, en beau maudit contre Ignatieff et bien rangée derrière Gerard Kennedy, a commis une erreur. Par un aveuglement stupide. Il se pourrait bien qu’au prochain concile Rouge -le prof Dion débarqué- ce sera l’admission du mot maudit. Par goût de la victoire électorale, tout simplement. En ce jour de mi-2008, le Justin -candidat où ?- sera bien obligé de calmer sa niaise frousse du mot en question.

L’Ignatieff -ou il en viendra un autre ?- se trémousse déjà de hâte en vue de cette nouvelle recherche d’un vrai chef, un Rouge qui ne craindra ni le mot ni la chose. Au Québec, le Bleu « autonomiste » Mario Dumont -bichonné par le Bleu Harper et intéressé à ce combat- a du temps devant lui ? Pas trop. On peut prévoir une belle bataille en entendant le porte-parole de Harper, Dimitri Soudas, déclarer à propos du Justin- anti-nation :  « Ainsi se poursuit l’attitude méprisante trudeauiste sous l’ère Dion ». Bang ! Et Harper d’annoncer, depuis son acceptation du réel -jusqu’en Australie- de la nation québécoise dit: « J’ai contribué à « l’Unité nationale ».

Vrai ? Sauf qu’il doit employer l’expression « Unité fédérale » C’est un nuance désormais appropriée. Si M. Harper admet qu’il y a « deux nations » en cette fédération, il faut changer les étiquettes. C’est le mot fédéral et non plus national qui doit chapeauter tant d’institutions au gouvernement de « cette fédération composée de deux nations. » Non ? Le Québec a ses propres institutions. Tout comme l’Ontario a les siennes, et le Manitoba, et le Nouveau-Brunswick, etc. Ottawa n’a donc plus rien de national. Les mots ont un sens, pas vrai, en français ou en anglais ?

En attendant ce changement sur les placards et plaques de bronze, regardons bien aller ce drôle Justin St-Clair-Trudeau. Ou bien il va faire face à une réalité désormais incontournable , la nation québécoise, ou bien il va s’enfuir  bien loin de cette nation, mot qu’il maudit. Pour s’installer où ? En quelle fédération davantage niveleuse ? Le verriez-vous se réfugiant à l’ombre poutineuse  d’un Kremlin aplanisseur des Tchétchènes et autres nations ? Ou bien auprès des Serbes, négateurs de tous les Kosovo trop  libres ?

Où ? Où ? Au nord de Londres, avec ceux qui résistent aux actifs patriotes Écossais ? Où donc ? Peut-être avec tant de Wallons effarouchés du normal nationalisme flamand  ? Zut !,  pas facile de trouver un chaud nid fédéraliste bien tranquille, n’est-ce pas ? Voilà ce qui arrive aux déracinés volontaires, aux incolores mondains « citoyens-du-monde », aux tristes apatrides par consentement. Crions : Vive les nations !

« UNE POUPÉE INTOUCHABLE »

 Note aux fidèles : pas de conte lu au 98,5 de Paul Arcand  cette année. INÉDIT : Conte dédié à « Grand Corps Malade », tel un slam  par CLAUDE JASMIN 

C’est la poupée dans vitrine Parent que ma sœur voulait !

Ma sœur fondait en pleurs rechignait… boudait

Un Noël pourri, ma sœur Marielle en avait sur le coeur 

Ma mère y avait  dit « Non, trop cher, fais-moi pas peur !

………………..

Marielle a fini par gagner, maman est allée rue St-Hubert

Pauvre môman : des mois avec son compte ouvert

La réserver, en payant en quatorze versements !

Ma sœur traînait devant la vitrine «Jouets-Parent »

…………………

Une beauté : une déesse de rêve, la robe brodée

Bras ouverts dans sa grande boite de fée

Beauté rare derrière son couvert de cellophane

Marielle, ma soeur, l’attendait comme la manne

…………….

À Noël, l’an passé, ce fut donc le cadeau des cadeaux

Moi, mon gun neuf, elle, sa poupée:un cadeau si beau

À Noël, ma mère dit : « Regarde-la, mais « pas touche »

La poupée resta dans sa boite, remisée. Sur la touche

……………..

Dans le haut du garde-robe, juste le droit de la voir

La regarder à travers le cellophane chaque soir

Pire qu’un Saint-Sacrement, l’Hostie consacrée

Marielle la descendait juste pour la contempler

………………..

Yeux bleus, cheveux dorés, broderie fine

Une sainte-nitouche « Made in Italy », ce qui rime

Avec  folie, avec frénésie; sa durée ? toute l‘Éternité.

Un trésor intouchable, qu’il faut pas abîmer

………………

Au Noël suivant, Marielle a voulu un p’tit set de vaisselle

Alors maman a dit : «  tu pourras caresser ta belle 

Oui, tu pourras ouvrir la boîte, la développer

Après le Réveillon, tu la prendras, sans l’abîmer !

………………….

La veille, le frère Ernest nous a dit : « J’ai eu une idée » 

Pour gagner cinq piasses ? Juste m’apporter une poupée

« Le curé veut, dehors, une vraie crèche de Noël

Des paroissiens vont figurer dessous « l’étoèle » 

……

Les trois rois mages y seront, me faut un beau bébé

Pas de vieille catin, une poupée avec robe brodée »

Cinq dollars !, ça valait le risque : j’ai volé la poupée

Le frère Ernest l’a apprécié, a sorti un 5, m’a payé

 …………………..

J’me disais : après la Messe, j’la ramène

Marielle saura rien : « je me vois qui se démène »

Mais y a eu une pratique, des flambeaux allumés

Et le feu a pogné ! Incendiée, ma poupée volée

……………….

Pis pas de crèche vivante pour la Messe de Minuit

Revenus, le Réveillon avalé, ma mère a dit

Marielle tu vas au lit mais, oui, « AVEC » ta belle poupée

La garde-robe ouverte, l’escabeau, j’aurais voulu crever

………………..

La poupée derrière son cellophane : n’a plus, disparue !

Les cris : « Des saudits voleurs sont venus ! »

Marielle pleurait fort et moi j’étais morfondu !

J’y ai donné mon 5 piasses, prenant un air confondu

……………..

Maman a dit : «  Quatorze versements! » Sa détresse !

Papa crie : «  Aussi, personne, ici d’ans, durant la Messe !

La radio jouait : « Il est né le d’vine n’enfant », ça fesse !

Dans mon lit, j’ai pleuré de honte, maudit frère Ernest !

…………..

J’ai rêvé à une fille, cheveux dorés, belle robe brodée

Derrière un rideau de cellophane était pas gênée !

Me souriait : « Pas ta faute, tit-Claude, si j’ai brûlé !

A me consolait. Pis j’ai entendu papa dans cave, enfermé

…………….

Il a crié : « Sa mère ? Je vas lui en fabriquer une poupée

En me servant d’une catin « Made In China; une vraie fée

Papa, bon bricoleur, m’a vite  calmé, m’a tout rassuré

Ouf ! Je reprendrai mon cinq, Marielle aura oublié

………………….

J’ai voulu me rendormir, fuyant la réalité revêche

Cette idée du frère Ernest, ce maudi feu de la crèche !

Marché Jean Talon demain, j’aurai mes pétards à mèche

Trouvés dans mon  bas de Noël, une orange, une pêche !

(un Joyeux Noël 2007 !)

Fin   

   

MAUDITS GHETTOS AMÉRINDIENS ?

         Face au Desjardins de « Le peuple invisible » (film que je viens de voir), à une émission de télé, l’anthropologue Serge Bouchard a dit : « Mais Richard, il y a des changements, des corrections… » Silence du noir poète en studio. Son captivant film se disperse, hélas, dans toutes les directions. On y voit d’étonnants vieux films, des tentes et des canots, puis des canbanes, à la fin, de bien chics bungalows avec de jolies  pelouses ! Le chanteur, en voix hors-champ, dira pourtant : « Tous sont sur l’aide sociale… »

On a le droit alors de songer à nos colons du temps de la Crise, invités à ouvrir des villages là-bas. Un documentaire sur nos chômeurs « expédiés », avec images de nos démunis, ne serait pas moins affligeant. Dans ma parenté, des « revenus d’Abitibi », aigris, me parlaient de leur mésaventure à « misère noire », pas beaucoup moins accablante que celle montrée par Desjardins.

Ces « indiens » ? Des décideurs d’Ottawa décidait un jour de mettre en réserves les « sauvages »; on peut dire en ghettos. Pour les protéger disaient-ils. De quoi, de qui ? De nous, tous « méchants Blancs » ? De l’alcool, qu’ils ne supportent pas ? Pour la conservation de leur culture ? Non, car l’on décidait bientôt d’installer en pensionnats -Cathos et Protestants- leurs enfants. Cela se fit avec les mêmes abus et méfaits moraux, commis envers tous les petits pensionnaires. Blancs ou Rouges. Un racisme hypocrite.

Depuis longtemps, certains, tout comme moi, tentent d’imaginer ce qui serait arrivé de ces « Première nations » si les autorités politiques les avaient laisser vivre librement parmi nous. Une « intégration » heureuse ? Une « assimilation »  totale ? La métamorphose advenue à tant d’émigrants abitibiens, Russes, Polonais, etc. ? L’Ukrainien, de Rouyn ou de Val d’or, voit ses petits-enfants devenus des Québécois comme les autres et mon ami Boutchavski m’en est une preuve.

L’Amérindien n’est pas, lui, un émigrant, c’est entendu. Il subissait le méchant sort d’appartenir à une nation minoritaire. Rien à faire, cela aurait été, tôt ou tard, l’assimilation. Dure constat que ce « Principe de réalité ». Les Canadiens-français partis jadis en vaste Canada, ou en Nouvelle Angleterre, sont devenus « tout semblables » aux majoritaires les environnant. Leurs enfants et petits-enfants furent assimilés, ne parlent plus notre langue, appartiennent à une autre culture. On n’en meurt pas.

Ainsi Algonkins ou Abénakis, plein de « sauvages » modernes, ayant refusé le ghetto-réserve, se sont fondus à nous, le 83% de la population québécoise francophone. On ne va pas s’excuser d’exister tout de même, nous, le 2% sur ce contient ! La mode actuelle des résistances (désespérées), d’un retour (romantique) aux sources, attire de la sympathie certes mais fera long feu. Nulle part au monde, on a pu voir des petites minorités résister longtemps au besoin de grégarisme, qui est ce besoin normal d’appartenir au monde qui les entoure. Nous sommes aussi en danger, on le sait. Ce besoin viscéral est de toute éternité, déjà il y a tant d’américanisés parmi nous, pas vrai ?

Bon : pour le bien des jeunes Rouges, devrait-on dissoudre ces ghettos où, selon Desjardins, « C’est la misère, les suicides et la drogue pour la jeunesse, et tous sur le B.S. »  Comment réparer l’erreur tragique des autorités d’antan : avoir installé tous ces ghettos « d’entretenus mal entretenus » ? Desjardins ne sait pas quoi répondre, comme nous tous. De là le sentiment d’un documentaire -un de plus- stérile. D’une impasse, D’une invitation à culpabiliser, même si « nous, le peuple », n’a eu rien à dire sur « la question-amérindienne ».

Enfant, en villégiature tout à côté d’Oka, nous étions silencieux, gênés, en voyant leurs maisons sans peinture aucune, la zones de miséreux apparents, anglifiés, ces enfants agniers (Mohawks) dépenaillés, enfermés en leur ghetto, privées de nos joyeuses plages. Je n’aimais pas ce séparatisme déjà. Nous savions que nul ne pouvait plus vivre de cueillettes, de pèche et de chasse. Le vieux monsieur Gabriel, sans parler, nous louait des vieilles picouilles, une piastre de l’heure. Pourquoi ce mur, pensions-nous ? Comme Desjardins l’avoue volontiers, nous n’avions aucun contact humain. Ces maudits ghettos font ça !  Gilles Vigneault, son ghetto de Pointe-Parent pas loin, en fera de tristes chansons. « La Marie-Lou est pour un Blanc ». Plein de jeunes Marie-Lou du film de Desjardins nous jettent des regards d’une tristesse infinie, on a mal.

BARBE-BLEUE, JÉSUS ET CENDRILLON !

(sur les enfants et la religion)

Ça y est : une grande querelle va péter ! Des sociologues patentés publient : « Cette chicane, à partir d’un village jusqu’à cette commission Bouchard-Taylor, nous vient, Québécois majoritaires, d’un regret collectif flou. De remords vagues d’avoir vite jeté la religion. » Plausible ? Les archi-prêtres Ouellette et Turcotte et même le jeune Lisée penchent de ce côté des choses.

Il y a la prise de conscience : nos migrants à Montréal conservent une continuité religieuse, résistent au laïcisme, sont fidèles à leurs racines religieuses. Cela a comme innervé une nostalgie religieuse, nous a plongés dans embarras : « Est-ce qu’on a bien fait de jeter notre héritage chrétien ? » Plusieurs en éprouvent une jalousie : « Des nouveaux venus s’offrent un meilleur statut identitaire. Et moi ? Mon identité française et catholique ? » Une gêne qui tournant à l’agressivité : « Qu’ils fassent donc comme on a fait. Qu’ils se débarrassent de leur religion ! »

Non ! Dans Montréal, ces minorités ethniques tiennent à garder une foi. Avec variété de temples indous, diverses mosquées, synagogues en tous genres, etc. Enrageant pour les anciens canadiens-français-catholiques ? Le chef de l’ADQ grimpe sur son tambour et bonjour les querelles, bienvenus les excités. On les a vu se défouler devant les deux intellos-confesseurs, où on a pu entendre de nos immigrants accrochés fièrement à leurs religions. Mais une réalité jamais abordée nulle part : les enfants !

Quoi, l’enfant ? Il n’est jamais « partie prenante » en ces affaires de religions qui le concernent. Il n’a qu’à se taire, à suivre papa et maman ? Brave jeune-papa-Mario s’installe ces temps-ci à une barricade, sa pancarte beurrée : « L’école et NOTRE religion chrétienne. » Quel flair politique ! Vous allez en avoir pour votre argent. Chef-Charest et sa ministre Courchesnes, sachant le motif gagnant-gagnant crient : « Sale démagogue ! » L’ADQ s’en fout royalement car l’ADQ sait bien que c’est le bon bout d’un bon bâton. Ce sera la victoire, vous voulez gager ? La cheffe Marois le sait, le sent, accorde ses violons : « Oui, une bêtise que ces cours sur TOUTES les croyances de l’Univers ! »

Ça va flamber, 2008 s’annonce chaud ! Mario Dumont a même osé se moquer du sorcier « maringouin » et voilà l’indigènes-de-service très choqué par ses railleries, c’est parti, Grand Bal « spirituel » à l’Affiche de l’Assemblée nationale. « On va mêler nos chers petits, néfaste aplatissement, égalitarisme sot, équarrissage honteux. On va les instruire de légendes niaises emmêlées avec des mythes profonds, chantons : « il n’y a qu’ un seul Dieu qui rège dans les cieux ». On va jeter dans cette marmite le Bouddha et Jésus ? Manitou et Allah ? » Alors Mario siffle la fin de cette folichonnerie pédagogique, cette macédoine indigeste.

Les enfants, eux, attendent la fin de la chamaille et devront avaler la concoction ? L’enfants est prisonnier de ses parents, devient Protestant ou Catholique, Musulman ou… Hassidim ! Le jeune enfant est candide et crédule. Comme on dit, il « ajoutera foi », même au « Maringouin ». Mon Brel qui chantait : « Si c’était vrai…la crèche, le bœuf et l’âne, les rois mages !» Enfant, on croyait que l’horrible Barbe-Bleue existait. Je croyais à Cendrillon, au canot volant de la Chasse-Galerie, aux récits merveilleux comme aux terrifiants. À une vierge enceinte et aussi à Superman et à Tarzan. J’ai cru à ce Jésus marchant sur l’eau.

L’enfant écoute cette « grande personne » sur sa tribune. Fait aussi confiance aux imprimés; de nos jours, aux héros-dieux à la télé, au cinéma sauce « Seigneur des annaux » ! La religion, est-ce de l’enrégimentement, l’ endoctrinement des petits ? Oui. L’enfant s’en sortira. L’enfant est à sa manette et ses boutons, n’écoute même pas ces GRANDS qui s’invectivent sur ce que l’on va lui faire avaler en septembre de 2008. Une gélatine, de la plasticine, une pâte molle que l’on exploite ? Est-ce qu’on insulte son intelligence ? Bof ! L’enfant a besoin de s’émerveiller via les contes de fée ou ces gnoses religieuses souvent fabuleuses. « Un besoin » disaient les Spock, Neil, Dolto, Bettelheim. À l’adolescence, il arrive que cet enfant prêché, entraîné –enchaîné chez les fondamentalistes intégristes – tourne le dos. Avec mon papa ultramontain, chez moi cela s’est mal passé. Il y a eu réconciliation bien tard. Avec le vaillant petit Mario Dumont à la barre, pas certain que à l’école de septembre l’enfant avalera les poutines d’un menu scolaire marqué croyances.

UN CINÉASTE VIEUX-JEU : ARCAND ?

Sur le cul, je suis ! Sortant contenté du visionnement de « L’Âge des ténèbres », tout de même je n’en revenais pas. En 2007 recommander « le retour à la terre » ? C’est l’abbé Groulx et « vieux lions du Nord » prédicateurs,  de jadis qui vont se trémousser de joie en leurs tombeaux : « Ce cinéaste affirme qu’on avait bien raison, canadiens français retournez à l’agriculture. Nostalgie de nos racines « d’habitant » revenant à la mode ? L’Arcand, venu d’un village (Sainte-Catherine de Fossembault, je crois ), regretterait son exil, son enfance ?       L’excellent acteur, Marc Labrèche, à la fin du film, est montré, calmé enfin, en train de peler des pommes de che-nous, collaborant aux confitures « bios ». On songe aux hippies des années 1960, aux trips souvent foireux à « tomates de Marceau ». Ce bureaucrate cocufié quittera son épouse surmenée -excellente Sylvie Léonard- et ses enfants ingrats pour vivre au grand air sain de la campagne.  Ce Jean-Marc dépressif, y a vu sa guérison : quitter la bruyante cité, sa grosse maison hypothéquée, l’autoroute bondée et le train de banlieue, le métro saturé. Il va vivre proche du fleuve,  à la  campagne dans le « camp » de son « popa » et jouir enfin de la vraie vie !

La comique fable filmique (on rit très souvent) de Denys Arcand est claire, elle étonne. Cette solution est une échappatoire très romantique en 2007. En son refuge idéalisé, -est-ce le peintre Cézanne retourné en Provence, refusant Paris et les appuis de Zola ?- oui, en sa retraite pastorale, il respire enfin. L’on voit, scène familiale finale, la riche épouse abandonnée, ses filles, qui lui apportent du linge propre. Et ses livres. Imperturbable le héros apaisé ira admirer calmement le bucolique paysage, l’horizon fluvial. Fin.

En résumé, un film étonnant. Comme tout le monde, le cinéaste, historien de formation, est encombré, embarrassé par les temps actuels. Ces inévitables téléphones portables -« ô cellulaires ! »- aux oreilles de tant de monde, ses deux rejetons, en sous-sol luxueux à écran large, vissés aux écrans plats pour des jeux vidéos, ces désormais « femmes-au-travail », ambitieuses comme des « hommes », ce maudit routinier job « steady » à sécurité sociale garantie, où s’épanouissent les tabous dont le très maudit tabagisme… tout cela est « la dure réalité d’aujourd’hui. Pour les petits bourgeois désormais instruits, diplômés. C’est la « dégénération » -oh ! cette chanson passéiste !- survenue depuis que les petits-enfants des agriculteurs vont aux universités.  « Maudits progrès » dit le film d’Arcand ? Ténèbres maléfiques ? La critique sophistiquée de Paris a mal pris cette accusation… globale.

En somme ce film pose : « Comment échapper à notre risible, matérialiste civilisation urbaine ? » La réponse d’Arcand : « La campagne ! » Certains jugent, comme moi, que c’est bien court. Arcand aurait-il pu trouver une plus moderne « sortie de secours » pour son héros bafoué ? À cette femme qui gagne plus d’argent que lui, il dira : « Je pourrais te tuer » ! Elle en est stupéfiée. Mais quoi à part l’assassinat ? Un simple divorce ? Un nouvel amour qui l’aurait sorti de sa misère sexuelle, sorti de son cabanon au fond de la cour, derrière sa jolie piscine « pas payée », où, dira-t-il, il va se masturber tel un ado attardé avec des revues porno ? Au bout de sa brillante démonstration en images, toute peuplée de fantasmes éculés, à belles « femmes énamourées », soumises et masochistes, c’est le vide qui surgit. Au bout du pèlerinage visuelle filmé avec un professionnalisme épatant, car Arcand est surdoué, c’est le vide. C’est cette tragique impasse qui enragera tous les  jeunes Cassivi de la presse. Ce néantisme va choquer tous ceux qui réussissent à vivre bien content, bien satisfaits du modus vivendi de 2007.

Le terrifiant diagnostic arcandien est valable, bien mené d’une lucidité justifiée. Mais comme du temps de ce brave Molière, il s’en trouvera pour condamner cette vision. Les avares, les puritains, les précieux ridicules, les donjuanistes, et autres victimes de turpitudes courantes vont s’écrier : éteignez, assez, insupportable, foin du moraliste (jamais moralisateur Arcand). Plusieurs diront : « C’est un cynique » . Allons, on voit bien pire, au théâtre, en littérature, à même la télé parfois. Son lourd constat d’échec ne dérangera que les abrutis.

LA MORT DE JACQUES HÉBERT

Sincères condoléances à toute sa famille. J’ai connu ce dynamique jeune bourgeois, fils de médecin, Jacques Hébert. Un type épatant, courageux, enthousiaste, très ouvert au progrès et décidé à combattre « certaines » noirceurs québécoises, car il n’y a jamais eu, ici, de « Grande noirceur », cette foutaise fut une exagération faisant l’affaire d’esprits au  gauchisme très pressé, au sauvage, ingrat et aveugle anticléricalisme comme automatique. Ce jeune Hébert dirigeait un hebdo fort utile, hélas à public confidentiel, « Vrai ».Avec d’autres jeunes progressistes, j’y collaborai un peu avec joie.

Un bon jour, un fameux jour, un riche imprimeur de la rue Amherst, Edgar Lespérance, lui installait en toute confiance une maison d’édition. Naissaient alors les indispensables Éditions de l’Homme. Jacques, reporter transformé en éditeur, y fabriqua des livres, parfois utiles, souvent essentiels, qui dérangeaient l’establishment conservateur très souvent. Par la suite, je le vis se métamorphoser, sans grands moyens pourtant, en éditeur indépendant. Rue Saint-Denis, sa maison suractive, –avec un lancement tous les mercredis un temps-  se nommait « Les éditions du Jour ». Ce fut le vrai commencement d’un monde du livre enfin très vivant grâce à lui. Y travaillèrent un André Major, un Victor Lévy-Beaulieu. En 1968, Hébert accepta mon manuscrit « Rimbaud mon beau salaud » et le ré-éditait même. Rares à l’époque, Hébert était un éditeur qui versait rapidement nos royalties.

Cet homme actif habitait à Beloeil dans un neuve coopérative verte, là où naquit son fils devenu bon romancier. Jacques, on le sait, s’engagera par la suite dans des mouvements qu’il fondait, où la jeunesse retrouvait de l’idéal, des apprentissages intéressants. Fidèle à son ami de jeunesse, l’anti-nationaliste Pierre Elliot-Trudeau, il joignit la lutte -à Cité Libre et au Parti libéral fédéral- contre le renouveau nationaliste, tel celui du groupe Parti-Pris, ce sera, hélas, une brutale rupture avec plusieurs. Je le regrettais tant cet homme avait du cran, du panache. C’est le moment d’affirmer que ses compagnons de lutte, esprits forts aux tempéraments fervents, auraient pu contribuer à faire advenir encore plus rapidement un nouveau Québec. Quand je discutais avec eux, avec Jean Marchand lors de la célèbre grève de Radio-Canadien en 1958, avec Gérard Pelletier, mon patron de presse en 1961, je découvrais qu’ils étaient, ces aînés, marqués à jamais par l’haïssable duplessisme. Rien à faire : pour eux, notre nationalisme très social-démocrate pourtant et clairement laïc, allait tôt ou tard sombrer dans un néo–duplessisme.

Quoi qu’il en soit, Jacques Hébert restera une figure de batailleur important.

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Un crétinisme anti-religieux ?

C’est le maudit grand « mélange ».  Le grand « ménage » québécois avec plein de gens rancuniers qui fourrent dans un même sac (vert !) : religion, spiritualité, foi. Jésus-le-Christ et le Vatican. Les évangile et les règlements moraux des églises.        Cette actuelle guéguerre québécoise amène un brillant comédien, homosexuel assumé se déclarant « un petit garçon abusé » par un de ces curés-touche-pipi, j’ai nommé  André Montmorency, à faire un « appel-à-tous » : Écrivez au cardinal  Turcotte pour apostasier officiellement le catholicisme ! Le brillant chroniqueur Richard Martineau, en vue d’un deuxième mariage chez les Protestants, l’a fait récemment, c’est correct.

La très grande majorité des Québécois, sans griefs du genre « Orphelins de Duplessis, va reconnaître plutôt les immenses bienfaits du catholicisme québécois. On ne voudra jamais oublier que ce cléricalisme -triomphant de 1850 à 1950- a contribué efficacement à notre survie collective comme nation. À empêcher notre dilution organisée, tant souhaitée par nos conquérants lors du lâche abandon de sa colonie par la France. Pour les adultes d’ici, « bien informés », inutile de dresser la longue liste de ces bienfaits « religieux », dont l’instruction, les soins hospitaliers, etc.

Pas question évidemment de minimiser les graves dégâts commis par des prêtres pédophiles immondes. Maudite Défaite de 1760 ou non, la pédophilie de ces religieux aurait duré. Il y en a eu partout. En France comme aux USA. Les jeunes victimes de ces malheureux malades en sortent souvent avec, à jamais, la perte de la foi. Deviennent des Incroyants, fatalité tout à fait compréhensible.

N’en reste pas moins, qu’en dehors de ces dérives lamentables, le bilan du catholicisme québécois est extrêmement honorable. C’est ignoble, une injustice grave, une ingratitude inouïe, de nier que notre religion d’antan fut un rempart bénéfique, notre salut collectif en tant que nation fragilisée. Je suis donc de ceux, reconnaissants, qui remercient volontiers le catholicisme d’ici.

Le correspondant d’un  journal, F. Gros d’Aillon, y va « gros », signant une charge excessive. Pour lui : tout le mal du monde vient des religions dont les guerres. Toutes ! Il fera mine d’oublier que les plus horribles, celles de 1914, ses boucheries, de 1939, l’holocauste, n’avaient rien à voir avec la religion. Tout comme l’abject soviétisme stalinien à archipel de goulags, ou Pol Pot, ou les génocides -Rwanda ou Darfour.

Si on veut tuer « un chien nommé religion » on dira… n’importe quoi. Affirmons-le, il y a au Québec actuel un nouveau totalitarisme qui ose se montrer : un laïcisme agressif, aveugle, mesquin. Et si vain. Comment peut-on ignorer que depuis le début des hommes sur cette terre, il y a eu besoin de transcendance. Besoin de spiritualité, les antiques tombeaux, primitifs ou somptueux, étonnants cimetières des premiers âges de l’Homme, découverts par des archéologues, des anthropologue, l’illustrent à souhait. Les Gros d’Aillon de ce monde, qui font fi des contextes historiques, laissent voir ce fanatisme d’ignares.

Souhaitons pour un Québec moderne la laïcité publique nécessaire. Mais ce laïcisme vindicatif, renieur de tout le passé, mon pauvre Montmorency, est une bêtise grave. En toute maturité, sachons remettre en contexte historique des lois morales abusives, les « péchés de la chair » d’un puritanisme d’antan. Pire parfois en certaines religions hors le catholicisme, sachons-le. Ces anciennes maternités à répétition, tout le reste d’un rigorisme inhumain, bref, malgré cette vieille morale étriquée, il y a eu d’énormes, oui « énormes » bénéfices sociaux. Dénigrer, oublier, biffer rapidement l’immense générosité, les fabuleux apports sociaux de toutes ces femmes et de tous ces hommes en soutanes -qui oeuvraient dans écoles, collèges, hôpitaux, orphelinats, refuges de vieilles personnes démunis- quand l’État n’était pas encore organisé, bien constitué comme aujourd’hui, c’est truquer sa mémoire. Une défaillance pour vengeurs aveuglés, c’est faire montre d’une dureté abjecte, c’est l’ouvrage néfaste d’une petitesse déshonorante. À bas cette pose ingrate et vive une mémoire de justice.

C’est entendu, le catholicisme actuel résiste encore à des progrès désirables. À cause de ces barrières d’un autre âge, ces freins passéistes, je suis un de ceux qui ne revient pas à sa bonne vieille église. Nous somme nombreux évidemment et aussi nos temple se vendent en condos quand ils ne sont pas de beaux monuments patrimoniaux. À conserver. Cela ne m’empêche pas de… rendre à César… et à la religion de mon enfance tous ces mérites.

UNE FAUSSETÉ RÉPANDUE ?

Tourbillon futile que l’enquête à propos d’arrangements, commandée pour n’avoir pas voulu courageusement légiférer sur la laïcité de l’État.  Pleutre M. Charest. Parlons d’une  fausseté grave qui se répand,propagée par certains nouveaux venus, aussi par de vieux citoyens d’ici. Et vive le « racisme inverti », qui consiste à n’apprécier que les étrangers, à s’auto- mépriser. C’est très courant par les temps qui courent.

« Racisme inverti », une malade pernicieuse qui consiste, à l’inverse des « racistes ordinaires », à non plus à craindre les émigrants, -xénophobie-, au contraire il est celui, complexé, qui se méfie systématiquement de ses propres compatriotes. « Racisme inverti » est l’expression inventée par feu le solide écrivain, Paul Toupin. Un vice, disons le mot. Il est courant chez les peuples colonisés, longtemps dominés. Un exemple : avant l’indépendance, plein d’Algériens se méprisaient, craignaient leur propre liberté, répandaient des  calomnies sur eux-mêmes : « Incapables, on saura pas faire aussi bien que nos « bons maîtres », les Français. Algériens égalent légions d’imbéciles, nation de vauriens ! Classique attitude méprisable, cela dans toutes les ex-colonies aux moments de lutte pour se libérer du colonisateur.

Eh bien, lisez certains de nos gazetiers, des « collabos » qui nous insultent, en répandant ce fiel pernicieux. « Non à la liberté, on est tous des « pas bons! » Triste en diable. Bon, parlons donc de cette fausseté qui est dans l’ordre du « racisme inverti ». On lit, on entend, par exemple chez Bouchard et son acolyte anglo bilingue, ce « Sommes tous des émigrants ! » C’est faux ! La très grande majorité des Québécois, nous avons pour ancêtres, non pas des émigrants mais des « pionniers », de simples modestes.  Nuance importante. IL NE S’AGIT PAS DE CHICANER FUTILEMENT LES MOTS,  MAIS AFFIRMONS QU’ IL Y A UNE DIFFÉRENCE ÉNORME ENTRE DES GENS QUI S’EXILENT DANS DES PAYS DÉVELOPPÉS COMME TOUS NOS NOUVEAUX VENUS et ceux qui s’expatriaient vers des territoire sauvages, au sens strict et accepté du mot. Nos ancêtres, des courageux « apatrides volontaires », défrichaient, semaient, récoltaient. Fondaient une civilisation. Les honnêtes migrants l’admettent volontiers. Rien à voir avec ceux qui profite -ce n’est pas honteux- d’un lieu développé, d’un pays organisé. D’une ville bien installée, construite, depuis des siècles.

Ces « nouveaux venus », d’hier ou de 1800, de 1900 ou 2007 ne sont pas du tout des colons, des pionniers. Ils sont des émigrants et bienvenus. Il faut s’enrager d’entendre nos « raciste invertis » car vouloir amalgamer valeureux et audacieux « pionniers » et « émigrants » est une bêtise grave Et doit être dénoncée.

Tout comme il faut abolir la sotte expression de « deux solitudes » au Canada. Il n’y a pas du tout « deux solitudes », il y a deux nations, le Québec est un pays, les Québécois, une nation (pas un simple solitude ), même Harper en convient.

Il y aura toujours des sophiste pour avancer que même Adam et Ève étaient des émigrants quand ils furent chassés de l’Éden. C’est rigolo… mais la farce cesse quand on refuse de distinguer émigrants et colons. Eux qui traversèrent un océan et cela en des temps effroyablement rudes -sans cargos rapides ou avions à jet- pour « faire de la terre » en arrachant les souches à déterrer avec un soc de charrue antique. Tel mon ancêtre en 1700.

L’émigrant doit s’enligner, le pauvre, aux bureaux chics d’Émigration- Canada, doit jurer « fidélité à la Reine d’Angleterre » dans un joli parterre à fanions unifoliés. Un vaste monde les sépare. Les émigrants honnêtes en conviendront. Tant mieux si l’émigrant trouve, dès son arrivée, des aqueducs, des égouts, de l’électricité, des protections sociales organisés avec les fonds publics des générations de Québécois. Ô lampe à l’huile du temps des abatis ! Ô temps durs des valeureux prédécesseurs aux commencements du Québec !

Soi dit en passant, il n’est pas moins ridicule, nocif et semeur de fausses vilaines querelles que ce film (« Peuple invisible ») du chanteur Desjardins.  Sauf pour ces « missions » sulpiciennes, nos ancêtres n’enfermaient pas les autochtones d’ici.  C’était Ottawa -ni Québec, ni le PQ- qui décidait d’attenter à la moindre intégration.  Il installa ces maudites « réserves », ghettos pour les isoler. Ottawa gérait et gèrent encore les « statuts » des première nations. La tentative de « raciste inverti » du chanteur avec son complice cinéaste, est infantile, mal politisée. C’est démagogique de « monter » de pauvres amérindiens contre nous, les Québécois. Un sale job misérable. C’est un autre sujet, j’y reviendrai.