MORT DE MICHEL CONTE !

Michel était bien vivant au Salon du livre, voisin de kiosque, vieilli certes, la tête enveloppée d’un foulard, jacassant vivement avec son public et me racontant les désespérés qui naviguaient vers son asile de retraité de tout, ses chères îles au large d’une Afrique pauvre.

J’ai connu Conte quand il fut le zélé chorégraphe des music-halls des dimanches à la télé des débuts. J’avais découvert sa rigueur, car Michel exigeait la perfection de sa troupe de danseuses et danseurs. Répétitions sans cesse. Scénographe pour Michelle Tisseyre, la belle animatrice, j’étais un jeune homme admiratif face aux illustrations mouvementées, ses pas d’un cinétisme inédit, signés Conte, inventeur d’arabesques bien calculées.

Polyvalent, il voulut fureter dans d’autres domaines, il voulut, le premier, créer une comédie musicale et avait choisi l’histoire de Monica-la-mitraile, je lui fis une maquette de ruelle du Red Light… mais son projet sombra, faute de mécène. Quand il m’invita chez lui, ce sera l’étonnante découverte d’un très belle vieille maison historique (ex-sulpicienne !) dans Belle-Rivière. J’y croisai deux « maudites » anglaises bien jolies : Jacques Normand prit l’une et Gilles Vigneault l’autre !

Pour un ballet moderne à Winnipeg, il me commanda un décor d’arches d’un blanc immaculée. Il me recommanda à Fernand Nault, chorégraphe ami, et ce sera une danse en chandails de footballeurs ! Voulant écrire aussi, je lui présentai mon éditeur de ce temps, Jean Basile. Match nul, hélas. C’est VLB qui publiait l’an dernier son dernier livre, une sorte d’autobiographie.

Enfin, Michel trouva sa nouvelle voie : la chanson. Cela donna de merveileuses « tounes » encore entendues, dont le si beau « Kamouraska », son très fameux « Évangéline » et l’étonnant « Shippagan ». Sa mort me fait du chagrin, il était exilé mais bien présent sur les ondes encore par ses beaux poèmes populaires mis en musique. Paix à ses cendres !

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