JEAN FAUCHER LANCE ET COMPTE ENCORE !

D’éminents réalisateurs, une fois retraités, se tournent les pouces. Pas question de rester inactif pour un Jean Faucher. Il vient de publier (Québec-Amérique) une autre excellent « portrait d’artiste ».  Sa consentante victime n’est pas n’importe qui … son « Normand Chouinard » (le titre du bouquin) se lit avec un immense plaisir.    Une fois de plus Faucher a su décortiquer un acteur et il le fait de nouveau avec esprit. L’humour dans ses entretiens avec son «  confessé » fait que de telles biographies se lisent en souriant. L’ironie de l’auteur-questionneur (sa marque de commerce appréciable) n’empêche jamais un forte information.  Ses lecteurs en apprendront donc abondamment sur Chouinard.

En fin de compte, ces livres de Faucher forment un indispensable tissu, une toile tissée richement sur ces gens qui sont des « étoiles », dont, le plus souvent, on ne sait pas grand chose.

On sort de cette lecture fort satisfait : Normand Chouinard en devient davantage qu’un acteur de talent, qu’un comédien brillant, il est un être humain rempli aussi de doutes, de questionnements, c’est cela aussi une réussite. Jamais, avec un Faucher, on reste sur son appétit, son livre (comme ses précédents) forme une mosaïque d’images instructives -il y a un tas de photographies- une murale toute vivante.

La petite fresque de Faucher est l’ouvrage d’un peintre du vivant. Sa « victime », comment en douter ?, doit s’en trouver fort contente. Le « Chouinard » de Jean Faucher est un roman, un conte captivant, un récit -« vrai » bien entendu- qui n’a rien à voir avec certaines pesantes et complaisantes biographies.

Quel est le secret de l’auteur ? Je ne sais trop… Faucher a « sa » recette, qui est séduisante, et on a pas envie de creuser son système, de démonter le mécanisne. Oh non !, on lit, on tourne les pages, on se laisse aller et cela devient un vrai charme. Il s’y trouve des indiscrétions ? Oui mais non sans l’aval du causeur en face de lui. Pas vraiment des indiscrétions, car Faucher rend compte de certains « aveux » francs avec une sorte de distanciation qui est sa manière propre.

Pas de place donc pour les vulgaires voyeurs des magazines populistes ici. Frustration du populo ? Pourtant, au contraire, on quitte -à regret- l’histoire narrée avec la satisfaction de tout savoir. Tout savoir sur Chouinard, c’est savoir l’essentiel, le potinage usuel, les cancans, tout cela  serait de trop. Faucher le sait, il a été l’homme franc qui orchestrait les « Propos et confidences », cette prestigieuse série de jadis quand la télé en contenait généreusement. Dans le temps « d’avant » les vains quizz, les toc-shows stériles et l’humour à tout prix (et à toute hauteurs, hélas).

Lisez ce bon portrait d’acteur, vous verrez, c’est lire sur le talent, le fort talent car Normand Chouinard est d’une trempe rare : celle des surdoués.

Remercions donc Faucher de vouloir capter les propos et les confidences de tout un monde souvent méprisé. Car il existe une sorte d’ingratitude à propos de nos amuseurs chéris, et c’est bien triste. Ce monde – de Françoise Faucher,  premier bouquin du genre,  à Gérard Poirier,  à Rémy Girard- contient des figures publiques plus importantes qu’on croit. Tant de monde apprécie -un si vaste public- nos gitans modernes, nos familiers, amusants, troubadours, nos brillants Arlequins, et sait bien peu sur les commencement, leur carrière d’antan et en cours.

Merci à vous Jean Faucher, ceux qui viendront pourront apprendre sur ces forts talents. Vos « albums » (avec documents, témoignages des proches et abondantes photos) font partie du patrimoine national. Le « milieu » -théâtre, télé et cinéma- vous devra une fière chandelle. Sacrée chandelle de fixer à jamais les destins des actuels romanichels, indispensables le plus souvent. De tels livres ajoutent à des archives nationales, resteront de très solides témoignages. Il y a eu, et il y a encore parmi nous, de ces « vagabonds »  -ô tournées !- riches d’un savoir-faire épatant.

Cher Faucher, vous installez dans les bibliothèques (et les librairies) du pays, une matière précieuse. Vos entretiens alertes, sans jamais aucune lourdeur, sans hagiographie facile, sont autant de solides briques dans un mur bien réjouissant : le mur des talents forts. Voilà une construction épatante, cher maçon fort habile, aux oreilles -au cœur aussi- grandes ouvertes.

TOUS MES BONS VOEUX POUR L’AN NOUVEAU !

POUR MES FIDÈLES DU SITE:

Que 2008 soit une belle vague de bons moments.

Le vieil homme guette impatiemment, fébrilement, le 1er avril 2008, la sortie de ses racontars fabuleux d’un papi aux jeux avec cinq petits garçons que j’aime.

Devenus de grands gaillards désormais.

Je lis, mon grand plaisir :

– Le dernier Pennac : « Un Chagrin d’école », bon.
– Le Roth nouveau : « Un homme ». Triste et bien mené.
– Le récent Kauffmann : en prison au Liban, trois ans. Son déni étonnant. Fascinant.
– Le Leroy-Goncourt : ALABAMA SONG. une bizarre fausse bio sur Zelda Scott. Mélange de vrai et de faux : pourquoi ce mélange ? …ouen !

J’écris :

À partir de janvier 08, en primeur pour ceux qui habitent les Laurentides, une nouvelle chronique hebdomadaire. Sur des riens. Sur la petite vie en Laurentie. Journal LA VALLÉE.

Sera aussi publiée ici, au site.

ET :

Je bûche sur un texte dramatique, une commande du comédien Michel Forget qui veut faire de la tournée avec mon texte en 2008.

Une histoire en 14 stations de métro.

À propos d’un grand « cadre » jeté brusquement à la rue. Qui, honteux, cache le faut aux siens.

Difficile à faire…je sue !

J’en suis à la sixième station : Laurier. Dans les fenêtres de son wagon, rempli de mannequins inertes, on verra des projections animées..

Je sue…

TOUS MES BONS VOEUX POUR L’AN NOUVEAU !

Claude Jasmin