TRUITES BIEN FRAÎCHES !

 

       Je suis d’un type -d’un tempérament?- impatient. Aussi aller à la pêche ne m’excite pas trop. Pourtant… On m’a narré les péripéties énervantes des « vrais » pêcheurs de saumon qui font le tour d’un « trou » – d’une fosse- à saumons », en Gaspésie. Ou ailleurs. Du vrai sport très excitant, semble-t-il. Je l’imagine.

       Mon Jodoin-de-voisin, en fin d’avril, m’a raconté une pêche miraculeuse (biblique !) sur notre petit lac. Une bande, des « Malo », dans sa chaloupe empruntée, qui sortait de l’eau des truites à la dizaine ! Les glaces venaient de disparaître.

      Ces dernières années, j’ai fait quelques essais. Nuls hélas ! Il y a un an, mon Laurent, un de mes petits-fils, a pu exhiber une bien belle truite et sa prise le rendit fou de fierté. Jadis, souvent, sur mon petit radeau, mes gamins, parfois avec des vers, parfois avec des grains de maïs, sortaient du lac des tas de petites perchaudes. Leur vif plaisir ! Ou c’était des crapets-soleil. Immangeables ! En somme, pêcher « comme un jeu », qui les amusait fort.

      L’autre midi, étendu au soleil pour lire « Les années » d’Annie Ernaux, j’ai soudain imaginé à quatre terrains du nôtre, un gars lançant sa ligne sans cesse et guettant qui mordra. Le fameux petit Claude-Henri, étudiant « buissonnier », détestant la belle-mère (m’a -t-on dit), rêvant dans sa barque d’un avenir de pamphlétaire mordant.

      J’ai raconté (dans « Chinoiseries ») mes rares et brèves séances de pêcheur au port de Montréal, en 1935. Quand papa m’amenait chez ses fournisseurs de bibelots Chinois.

     

MAMAN ET LES ÉCAILLES MAUDITES

      Dès 1940 et nos étés à la campagne, ce sera la découverte de la vraie pêche. Que l’on fait  sérieusement.  « Pour manger ». Tels ces Groulx, ces Proulx, des hommes qui se levaient aux aurores, qui partaient pour le fond ouest du Lac des Deux-Montagnes, ou sur l’autre rive à Vaudreuil. Qui nous revenaient des heures plus tard avec leurs « cordes » remplies d’une récolte fructueuses. Si fiers. Maman en achetait un peu et puis s’enrageait à sa table de pique-nique, dehors, les cheveux dans le visage, s’échinant à devoir bien écailler certaines espèces.

        Feu Rudel-Tessier, le journaliste, m’avait donné  une bonne recette pour de la perchaude frite qu’il tenait de Félix Leclerc quand Félix habitait (et pêchait) en face de Pointe Calumet, aux Chenaux de Vaudreuil.

         Jeune adulte, père de famille, revenant l’été au « Château de ma mère » (merci Marcel Pagnol), à la Pointe, ce sera la re-découverte de la pêche, Éliane, ma fille, y pendra un bon plaisir : rares brochets de la Grande Baie qui est juste à l’est de ce qui deviendra le Parc Paul-Sauvé, quelques belles anguilles, si faciles à déshabiller !,  et des barbues bien grasses, plus les inévitables perchaudes, toujours abondantes, elles.

        Bientôt, venu de son cher Saint-Sauveur, l’ami Murray va saucer encore sa barque d’aluminium à moteur électrique. Avec son immanquable « GPS » bien pratique et dont je suis jaloux. Mais je ne l’accompagnerai pas : mon impatience chronique.

       Il y a longtemps, comme tant, en famille. nous allions à Old Orchard. L’ami Théo Mongeon, longtemps « secrétaire dévoué »  de tous les agronomes du pays, un jour, organisa une expédition de pêche « en haute mer ». Je me voyais alors en intrépide et expert pêcheur, Ernest Hemingway. Ce légendaire chasseur d’espadons géants au large de La Havane, à Cuba. Je m’embarquai donc les yeux luisants et la solide canne à pêche louée bien haut portée !

      Trop bercé (brassé ?) par la forte houle, il avait fallu, assez vite -hélas pour mes compagnons au pied marin-  faire un humiliant demi-tour. Le mal de mer ! Et ma honte ! Mon Théo rigolait : « Tout un marin ça, mes amis ! »

 

PROMESSES D’ÉTÉ ?

      Étés de 1965-1969 et, j’y songeais à l’instant, je revois ma petite Éliane dans des matins en or, ses longs cheveux blonds dans les yeux, penchée, courbée plutôt sur les bancs de joncs voisins inondés, pourchassant si habilement -avec son filet fait de torchons à vaisselle- les petits ménées. Ses fabuleuses cueillettes. À pleines chaudières ! Elle irait pêcher encore au crépuscule, sa grande joie. Son frère, lui, Daniel préférait capturer les rainettes si vives. L’été ! La paix ! Ma jeunesse enfuie ! 

        L’an dernier, ici, le beauf’ Albert qui s’amène et, dans ses mains, des cannes à pêcher ! Ah !   « Oui, fini le golf, mon Claude ! »  Le voilà entiché par son nouveau dada : la pêche. Venu avec lui, l’autre beauf’, Tit-Louis, avec une des canes d’Albert, attrapera une bien belle truite « adéloise ». Qu’il remettra dare dare à l’eau : « Oui, trop petite. Je la repêcherai ! ». P

   Le duo parti, on me laisse en cadeau quelques lignes de joli plastique luisant, avec moulinets adéquats et leurs fils de nylon… hélas tout emmêlés, hélas. Me restera à défriser ces cheveux de nylon maudits et, oui, oh promesse !, aller combattre mon impatience congénitale.

       J’irai, je me le promets. C »est si « Zen » la pêche, pas vrai ? Si reposant, non ?,  si dé stressant. J’emprunterai la chaloupe à Jodoin-voisin car je veux combattre mon vice du « va vite, fais vite ». Je serai bien patient, poserai de gros vers bien gras, attendrai les petites gueules qui mordent ! Promis ! 

       Trop tard, m’explique-t-on, pour les mouches, déjà, semble-t-il, dès juin, les truites du lac Rond -ensemencement annuel par ici- se tiennent « dans le creux », bien, c’est noté. Au fond ? Bof, ce n’est pas le fil de nylon qui manque, ça va se dérouler en grande ! Cette « École des p’tit chefs », rue Lesage, peut maintenant fermer pour les vacances. « On mangera des truites fraîches, ma chère Raymonde ! » Elle a des doute, la venimeuse : « Des truites ? Tu aimes tant la raie, la plie, et mes calmars rôtis, non ? »

      J’enrage de nouveau quand elle me dira aussi : « Mon pauvre chou, toi, des heures à guetter, à attendre que ça mordre ? » Oui j’enrage : « Toi, mal assis, durant des heures, lire tes chers ouvrages sur la science quantique avec crampes aux reins ? » Je lui rétorque que notre Rona doit bien vendre de ces dossiers ajustables pour chaloupe de pêcheurs, non ? » Son silence.

     Bon, allons rue Valiquette, au magasin tout bleu de mon cher jaune Vietnamien, juste m’acheter un gobelet de grouillants asticots bien roses !

 

 

 

 

CHEVREUILS AU SOMMET BLEU

Voilà que mon acrobate-écureuil, Jambe-de-bois, ne cesse de vouloir grimper aux oiseaux venus sur ma galerie. Il a changé, a le poil rare, la queue comme rongée, il fait pitié. Raymonde en chasseresse véhémente pour protéger la gent ailée. Tiens, des chardonnerets récemment, joli paquet de volants jaunes. Oh, voilà un pic. Sur une seule patte, cherchant constamment à garder l’équilibre.Pauvre éclopé. Ma compagne attendrie et choquée : « C’est lui ça, « ton » Jambe-de-bois cruel, le salaud ! » Non mais… il est pas « à moi », je proteste.

Loin de Maniwaki-la-réserve, ici, jamais de « lionceau en liberté ». Il y a cette histoire « de l’homme qui a vu l’homme qui a vu…l’ours », on la connaît. Écoutez bien ça : longtemps par ici -légende ?-, on me parlait d’un ours, parfois noir, parfois brun, qui rôderait au Sommet Bleu, Chemin de la Croix ou Chemin du Croissant, en ce quartier haut juché de mon village. Des promeneurs craindraient sa rencontre, me disait-on. Il s’agit un vieil ours goguenard, pas méchant d’allure, fidèlement abonné aux vidanges du coin. La ronde bête apparaîtrait et disparaîtrait au gré des saisons, capricieusement. Était-ce, en ce joli ghetto d’en haut, par besoin de faire peur aux candides bourgeois. En tous cas, je me méfie de cet ours jamais vu -on sait jamais- quand je monte visiter les amis Paltakis et l’auto garée, je file assez vite à leur demeure certains soirs de bonne bouffe-à-la-Carole LaPan.

PLEIN DE CHEVREUILS

Récemment, Luc, un assidu « des devoirs à vendre » de l’École-de-cuisine, me sert son histoire à lui de bêtes sauvages quand je lui cause d’un orignal venu baguenauder effrontément au rivage, à l’aube. Il m’écoute placidement, ne semble point surpris d’une telle visite et…en rajoute. À entendre ce bleusommettien c’est « en troupe » que de jeunes cervidés viennent rôder autour de chez lui, pas loin de la Croix de fer publique… bien mal illuminée, hélas. Je n’en reviens pas quand Luc me dit : « Oui, mais oui, on en voit souvent dans nos parages. Pire, en fin d’hiver, tout un groupe de ces jeunes chevreuils brouta à fond -affamés sans doute- une haie de cèdres entière ! » Légende urbaine encore ? Luc se moque de moi ? « Non, non, continue Luc, tu questionneras mes voisins, de bien belles bêtes, pas farouches du tout. J’en ai vu, et souvent, autour de ma propriété. Encore cet hiver, juré craché. »

Un loustic m’expliquait un jour : « Comme la chasse est totalement interdite dans toutes nos régions laurentiennes habitées, la reproduction de l’espère en est très favorisée. Ils peuvent copuler en paix et se multiplier en très grand nombre. Cela expliquerait ceci. Un hiver avec trop de neige égale donc tous ces nombreux chevreuils dévoreurs de haies !

Ces chevreuils qui s’épivardent dans les haies du Sommet Bleu m’a fait soudan me souvenir d’une randonnée dans un sentier sauvage d’un mont voisin, Loup Garou, pas si loin des condos du Chantecler.

UN ORIGNAL ÉPORMYABLE

Au soleil d’une promenade forestière en fin d’après-midi… soudain : une sorte de lourd et long terrifiant grognement ! Ma peur. Suivent des bruits de souffles… gigantesques. Je fige ! Le sol remua, je le jure, un sinistre tremblement ! J’imagine aussitôt un orignal égaré aux dimensions gargantuesques. Je l’avoue, oui, je panique. Je me penche et, vite, je ramasse un très gros bâton. Je détale. La peur. Je voudrais vous y voir les ricaneurs. Me retournant, je cherche des yeux une vaste forme mais le boisé en haut du Loup Garou est si fourni, d’une telle densité, qu’on n’y voit rien ! Je guette une énorme silhouette, j’imagine voir surgir d’entre les arbres l’ombre effrayante. Sans doute un orignal, peut-être blessé. Donc rendu agressif et dangereux.

Ma compagne a entendu aussi et, comme moi, en est fort intriguée. Un bon sens de la conservation me dicte aussitôt de fuir. Courant devant elle, je lui lance : « Viens vite, suis-moi, sauvons-nous, » Je jonglais,en cas d’attaque de cette bête, à grimper aux arbres. Des yeux, je cherche fébrilement un sapin ou un pin avec des branches basses. Quand je me retourne, ma Raymonde marche calmement, loin derrière moi. Je crie : « Plus vite, trouves-toi une forte branche, rejoins-moi ! ». Quoi ? Elle rigole ma foi.

Une fois éloignées tous deux de la source de ce beuglement épormyable… halte. Repos ! Mon souffle court. Elle, moqueuse : « Ouengne !, tout un homme ça ! Merci pour la protection, belle leçon de solidarité ».

J’en reviens pas de ce flegme… féminin, moi. Longtemps, encore aujourd’hui, cette brève aventure lui fera un fameux sujet de conversation dont je serai l’objet de venimeux quolibets. Mais quoi, quand il faut sauver sa peau, non ? Allez au diable les mâles féministes scandalisés.

Il n’en reste pas moins que l’on a tort en pays laurentien de croire son village tout dépourvu d’animaux sauvages. Ouvrez l’œil, ils y sont, tapis dans de propices ombres. Tel notre immense empanaché, ce « bétail » qui surgit du marais de l’ouest du lac à chaque automne pour, peut-être, dévorer nos pommes tombées.

Chers nouveaux venus, n’allez pas croire que nos espaces civilisés sont dépourvus de sauvagerie, l’hiver prochain surveillez vos haies, la nuit venue. Et, au Sommet bleu, guettez l’ours qui a vu l’homme…

CENT CANARDS, 20 QUISCALES ET UNE DONALDA !

Bien content de ma liberté des matins. Retrouvée, à la radio du 98,5, on m’a jeté après une dizaine de jours. Questionnant du motif, on m’a amicalement répondu que l’on veut quelqu’un d’urbain. Et qui sort ! Qui sort, hen ? J’ai compris qu’il y a donc inconvénient d’être, comme moi, un villageois sédentaire. Au fond : bon débarras, car…commenter la télé en belle saison où elle stagne, bof !

À quoi j’ai pensé quand le jeune boss-Bombardier m’a dit : « On veut quelqu’un qui sort » ? Je me suis souvenu, rue Saint-Denis, d’une volumineuse voisine, « Madame Laramée ». Elle était du genre Jean-John Charest -ombragé en France par une jolie potiche monarchiste- elle était une « cocue contente ». Son mari, M. Laramée, bien mis, parfumé, « sortait ». Trois soirs par semaine il quittait allègrement le logis conjugal.

« C’est un homme qui sort », disait nos mères scandalisées. Laurette, voisine accorte vieille fille : « Hélas ! C’est bien laid et bien triste, un mari qui sort ». Enfants candides, on en restait bouche ouverte : « Où va-t-il donc ? » La voisine d’en bas, pieuse madame Denis, grondait carrément à chacune de ses sorties au red light des : « C’est b’en écoeurant ! »

Notre « grosse-femme-d’à-côté », personne n’en revenait de tant de tolérance. Non seulement « Il sortait », pire, à ce mari volage qui s’épivardait, du haut de son balcon, la bizarre consentante madame Laramée, lui lançait -à très haute voix- d’aimables recommandations. On en état stupéfaits, tous, de ses « Ajuste ta cravate, mon chou ! » Ou : « Redresse ton collet de chemise, mon minou ! » Ou : « Corrige ton mouchoir de poche, mon toutou ! ». Entendez-vous rigoler sous cape sur les balcons voisins ? Volaient des : « La maudite folle ! L’innocente idiote ! La toutoune niaiseuse ! »

«Pas envie donc de sortir en ville pour le 98,5, pour courir les cocktails d’avant-premières, lancements et pré visionnements. Je n’ai rien d’une docile courroie de transmission. Surtout pas quand j’aperçois, un vendredi récent, au dessus de ma tête, une centaine de canards criards. Beauté inouïe ! Vivant caquetage d’une cour d’école en joyeuse récréation ! Grand demi-tour soudain, l’immense, libre, volière sauvage descend en planant sur le lac Rond. Gigantesque défilé d’ailes en mode atterrissage ! Les voir se secouer les ailes puis voguer avec tous ces longs cous qui s’étirent, armada de palmipèdes nageurs renversante ! Observer avec émoi -lunette d’approche sorties- cette horde de plumés qui s’ébroue, le bonheur. Troupe cancanante bruyamment, images absolument bouleversantes ! La belle pause, l’étape adèloise d’une migration voyage annuelle. Le titre de ce spectacle vespéral : « Le grand retour ».

Ah non, pas envie de sortir en ville, ni d’aller nulle part, face à ces troublantes images entre ciel et eau en cette fabuleux crépuscule, ce vendredi-là.

DONALDA GRIGNOTE DE L’INVISIBLE ?

Ne pas regretter ni les cachets plantureux, ni ma sédentarité quand, le lendemain du lac-en-canardière, nous revoyons ma chère Donalda. Marmotte amaigrie par notre long hiver, qui, placide, indépendante, sécurisée, picore tout proche de mes pivoines en pousses, sur le terrain autour de la galerie. Une vraie poule ! Ô la jolie boule brune remuante en toute quiétude au soleil de mai. Dos arrondi, tête à terre, grignotant… de l’invisible à nos yeux ! Elle ne nous voit pas à vingt pas étendus sur nos transats fraîchement sortis. Elle ne voit pas davantage tous ces noirauds quiscales aux si jolis beaux reflets bleutés qui l’entourent, qui picorent comme elle.

Que cherchent-ils tous ces fringants oiseaux poupres dans cet après-neige ? Vive l’été à venir, disparue enfin la froide blancheur. Et pour des mois. Quête donc de ma ronde Donalda…mais de quoi ? Des insectes ?, des graines naissantes de plantes ?, des larves?, des mini vers de terre ? Ne rien savoir sur notre faune et une envie d’aller consulter un encyclopédie. Ou Internet. Ce siffleux, femelle peut-être, réapparu, a-t-il pondu une nichée bien cachée ? Ou est-ce à venir, après de nocturnes et très secrètes aventures ?

« Sortira-t-il » lui aussi, bientôt, comme l’infidèle et prospère monsieur Marlou-Laramée de ma « petite patrie » en 1945 ? Sa marmaille en sécurité, Donalda ira-t-elle fleureter d’autres marmottes bien mâles ? Voilà que « l’heure de la bonne soupe » -chinoise, trouvée à l’École Hôtelière- sonne avec les cloches de l’église du haut de la côte.

C’est l’Angélus, l’ange du soir des Pêcheurs de perles, de monsieur le peintre Millet. Alors on rentre en escaladant le long escalier de la galerie. Nos bruits de pas. Donalda en sera-elle effarouchée, va-t-elle fuir, rentrer at home ? Alors on surveille sa fuite, chez monsieur-le-juge, notre voisin de l’ouest. On y imaginait son terrier habituel, on l’y a vue si souvent. Eh bien non, pas du tout. Voilà la mignonne bestiole fourrée qui file et disparaît sous notre longue galerie. Où? Près des bûches de bois empilés le long du mur de la cave, je découvre tout un monticule de terre remuée. Je n’ose déplacer de mes vieilles planches. À nos pieds : tout un tas de terre sablonneuse. Elle habite donc désormais chez nous. Un progrès ?, ou une simple envie de déménager ? Donalda remuante, pas du tout comme la mythique servante de Séraphin à genoux avec son savon à plancher et sa brosse.

Ou bien ce fut un besoin d’un nouveau statut social, vivre chez un écrivain ? Depuis quand cette fin du gîte chez les bons bourgeois d’à côté, un monsieur-le-juge ? Donalda a donc choisi l’humble terrain d’artistes retraités, nous. Elle deviendrait socialiste, populiste ? Plutôt fut-elle embarrassée par les incessants travaux de l’infatigable « André », fidèle jardinier du juge retraité ? André est ce vaillant et zélé tondeur, sans cesse à son rasoir bruyant. Il possède d’énergiques gènes notre Hongro-roumain, que sais-je, vu son accent particulier ? Je le questionnerai à notre prochaine jasette. Reste que ses méticuleux travaux avec pelouses exemplaires ont sans doute conduit la moufette-Donalda à notre rustique dessous de galerie. Je l’adopte volontiers et ne ferai pas le ménage de ces planches.

Canards descendus du ciel, quiscales en goguette, Donalda… et tout ce qui s’en vient avec la belle saison… font que, non, « je ne sors pas d’ici » et j’en suis très heureux. Adieu radio-critique des matins chez Arcand. Tant pis pour ceux qui appréciaient mes candides boniments. Je me lève assez tard de nouveau. Quoi ? « C’est bon pour le teint », vous dites ? Ah, savais pas ça !

LA VIE, LA VIE…


Ces jours-là, émoi en médias… un lion rôdait très à l’ouest de chez moi. Imaginez un ours polaire qui, en Afrique, rôde à Ouagadougou ! Ou un chameau errant à Saint-Sauveur ! Ou un gorille, mon cher Brassens, qui court dans les rues de Sainte-Agathe ! Un kangourou sur le Plateau ? Un éléphant à une fontaine du Vieux ? Ce lion en liberté, ce fut comme une subite percée de poésie, surréaliste pas mal ! Ça rafraîchit des sobres actualités télévisées. Ça divertit de ce faux pasteur « évangélik », un certain Cormier, pédophile avocassier qui dit : « C’est elle, cette jeune enfant, qui m’a séduit ! » Non mais… Diversion aussi d’avec cet Autrichien dément qui a profité salement de tous ces amis, parents, voisins « aveugles ». Voir à TVA Denise Bombardier qui s’enrage de la conne patience des cours de justice face à d’évidentes écoeuranteries. Elle en était toute pâle, comme ahurie, démontée, renversée et avec raison ! « Quoi, quoi, nous, on se mêle de nos affaires ! », voilà la funeste attitude des gens d’aujourd’hui. L’égocentrisme actuel, à la mode. Bien incroyable en cette toute petite ville autrichienne -chienne d’existence !- de n’avoir jamais rien vu. Le louche, le bizarre. Cela durant tant de décennies. L’atroce jeu pourri d’un dominant sur des dominées !

LA VIE, LA VIE…

C’est aussi -en ce jour du lion domestique qui a rompu sa laisse- trois rencontres amusantes : à 17 heures, à ma quasi-voisine École hôtelière, une gamine délurée à qui la jeune maman offre un petit gâteau enrobé de sucre. Rieuse, elle avale goulûment le crémage, s’en pourlèche les babines, en a plein les doigts d’une main. Quand je sors, accroupie, la maman lèche les petits doigts de sa fillette. Celle-ci me voit : « Veux-tu mes doigts, toi aussi ? » Elle rit. Je ris.

À 18 heures, en ma jolie piscine de L’Excelsior, s’amènent une autre maman et sa gamine. Elle fait l’acrobate dans une bouée de sauvetage. Je la félicite à chaque tour. En silence total mais fière, elle en rajoute, en invente. Quand elle me verra quitter la baignoire, enfin elle parle : « T’en va pas ! »

Ce cri ! Ému, je dis : « Il le faut car on m’attend. » Elle rit. Je ris.

À midi, ce même jour, un sosie très amélioré de François Avard sonne à ma porte. C’est un technicien de la populaire station-radio 98,5. Pressé, il m’installe vite, en riant, un poste domestique, avec mini-régie, fier microphone et chics écouteurs de cuir noir. Me voilà bien mieux équipé pour mes topos-télé de 9h 45. Mais, parti, me voilà privé du téléphone ordinaire ! Connexions erratiques ? Je suppose qu’il reviendra ?

LA VIE, LA VIE…

La vie, la vie… c’est aussi de ranger à la cave les tapis de coco, rouler la clôture à neige du parterre, râteler des restes de feuilles mortes. Puis de sortir nos deux bécanes, les donner à huiler, à graisser chez l’ expert de la jolie vieille gare du quartier Mont Rolland.

Mai et ravi, voir, si grossis, les bourgeons de nos lilas; le violet, les mauves nombreux, le si beau blanc. Éclats bientôt avec leurs fleurs tellement odoriférantes. On formera des bouquets. À offrir. Il y a les boutons des chèvrefeuilles qui s’impatientent, toute la nature, on dirait, semble s’impatienter. Ce si long hiver québécois ! Tant de neige en 2008 !

L’eau du lac, très haute, baigne tout le terrain. Mon quai -où « Monsieur » se cachait- a dérivé pas mal, comment le ramener ? J’y vais voir mais, sous la pelouse, la boue règne et je manque de m’éjarer ! Oups ! Chantons à la Beatle, « Here come the sun » ! Qu’il vienne, vite et souvent, pour assécher mon petit marécage.

La vie, la vie… c’est notre hâte d’aller pédaler tôt, aller petit déj (Paris talk !) en terrasse proche de la gare rénovée de Val David, là, où une proprio charmante, latino exilée, fait du bien bon café. La vie, la vie… ce sera aussi pour moi, dès le 16 mai, la piscine extérieure -chauffée- à L’Excelsior, qui va rouvrir. Youpi !

Pendant quatre fois dix ans j’ai été, comme tout le monde, obligé de vivre-en-ville pour bosser ici et là… Jeunes gens, souffrez et endurez les horaires obligés, patientez, la retraite viendra un jour pour vous aussi et vous verrez, ce sera un bon temps. Ce sera le temps d’avoir le temps. Par exemple, de rire à la vue d’une gourmande gamine-au-gâteau bien sucré, ou à celle, acrobate de cinq ans, à la-bouée-rouge. Aussi avoir le temps d’admirer du haut de la côte Morin, avant d’entrer chez l’ancien-Pep -Casa del Forno- ces tranquilles éléphants, nos montagnes bien assises, sereines bêtes à gros dos plein notre horizon. Gros patafoufs verdoyants assoupis et qui se sont formées en des temps immémoriaux. Ô mes Laurentides !

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LA BEAUTÉ DU MONDE

C’est quoi la beauté ? C’est le fier visage de cette jeune enseignante, déambulante dans la rue Morin, avec, derrière elle, ce vivant joli serpent de jeunes enfants de son école d’en bas de la côte.

Oui, la beauté dans la rue au soleil, ce matin-là. J’ai ralenti, réjoui de cette vision si joyeuse. Je n’en reviens pas chaque fois que je vois de ces  petites troupes de jeunes enfants aux minois rieurs (une sortie !) qui se rendent ou reviennent d’une -comme on dit- « activité scolaire ».

La beauté est partout pour ceux qui ont su conserver la faculté de s’émerveiller, une des deux facultés « indispensables » à la bonne vie, à mes yeux. L’autre étant celle de savoir s’indigner.

La beauté a mille visages. C’est cette modeste fleur pré-printanière dans un jardin enfin débarrassé des neiges. C’est ce grand et beau vieillard, M. Mackay, qui, l’hiver fini, fait souvent le tour de mon quartier. Avec sa jolie canne, son pas encore guilleret, son grand sourire de bonheur quand il me salue à un détour de sa promenade. Sa jeunesse m’épate, malgré son âge très avancée. Monsieur McKay reste fringant. Il va et vient, droit, le nez en l’air, les yeux fouineurs, beau fantôme errant, ambulant, la mémoire chargée de tant de souvenirs. On a ri tous les deux quand je lui criai : « McCaille, p’tit-Kapaill, black-aille ». « Oui, on me criait ça dans ma jeunesse lointaine, en effet.

La beauté c’est elle, que j’aime encore et toujours, celle qui déteste tant les corneilles. C’est lui aussi, lui qui s’en est allé, mon cher Théoret, notre « marchand de fer », parti si tôt.

PAUL DUPUIS

La beauté c’est, loin dans ma mémoire, ce jeune matelot entré dans la Marine Marchande. Le « beau gars » d’en face, fils de petit juge rue Saint-Denis, que mes grandes sœurs admiraient tant. Dont elles rêvaient la nuit.  Dupuis, qui deviendra un acteur en demande à Londres ( chez Rank, le cinéma). La guerre finie, la télé débutant, il revient au pays en 1952. Paul Dupuis, un jeune Québécois aux traits de soleil, blond comme blés, à la voix de velours, comédien épatant aux Compagnons dans le Henri-Quatre de Pirandello. Qui, hélas, quittera sa vie avec fracas un mauvais soir, désespéré au fond d’une chambre du Nymark Hotel  à Saint-Sauveur. Mystère d’une vie…

La beauté des hommes ? Mais oui, on chante plus souvent celle de femmes et c’est justice. Il y avait une autre mâle beauté parmi nos voisins dans Villeray. Ce bel étudiant qui fait soupirer d’aise sœurs et voisines. Un étudiant en philo, « beau comme un acteur-de-film », Jean-Paul Cardinal. Le « Si studieux » les soirs de chaleur sur la galerie voisine. C’est ce sombre hildago, Valentino au visage grave, aux yeux sombres, qui deviendra un jour important Ministre de l’Éducation sous Daniel Jonhson. Il était ce perpétuel « premier de classe » du collège Grasset quand moi je tire de la queue, moi, l’indiscipliné de nature, de tempérament et sans Ritalin aucun, en 1950,  pour m’en sortir !

JOLIE MAITRESSE D’ÉCOLE

La beauté c’est, je le redis, le visage épanoui de cette maîtresse d’école à la proue d’un petit défilé, et c’est aussi ses pupilles aux frimousses vivantes, sa bande, sa jeune horde de petits marcheurs au milieu de la côte Morin. Chaque fois je vois l’avenir, je crois en l’avenir. Tant de jeunes vies brouillonnes qui débutent, tant de petits pieds farouches. Oui, c’est cela la vie qui bat, qui  grandit.

Mangeoires rangées à la cave, voici de nouveaux ailés qui sont comme de suie, on dirait du fusain voltigeant, images d’art japonais, chinois. Mon ignorance ornithologique, merde !, qui ont ces petites boules remuantes, filantes, aux plumages d’une soie bien opaque ? Sont-ce des canards, au loin, tous ces oiseaux nageurs qui bordent ce « faux lac » issu des champs inondées le long de l’autoroute 15 ? La beauté cela aussi, éphémère certes, hélas !

Ouvrons bien les yeux, partout, les sapinières changent de ton, passent à des verts jeunes, neufs, perdent leur verts sombres de l’hiver. Si le mois d’octobre flamboie dans nos collines laurentiennes, le mois de mai, lui, est une fête naturaliste prodigieuse. On en a, tous, le coeur plus léger. Bientôt ma mie, avec un plaisir fécond, arrangera ses corbeilles de fleurs à suspendre. Fameux spectacle « à l’affiche » sous peu dans tous ces jardins où, en vente, s’offriront tant de variétés. Encore, nous en aurons la bouche ouverte de tant de couleurs vives.

Le printemps enfin, l’été annoncé, le rôtisseur de la galerie va chauffer de nouveau. Manger dehors, la bonne et belle joie. Vive nos courtes mémoires car déjà bien oubliés ces lourdes neiges qui nous tombaient dessus, il y a peine quinze ou vingt jours, pas vrai  ?

claudejasmin.com

À LA BELLE « YOLANDE » À JEAN CHAREST !

Chère ministresse (!), j’ai lu votre piètre « défense » face à l’accusation portée contre le régime actuel, auquel vous participez. Ça dit : « Vous devriez pas, il y a des limites au masochisme, enseigner l’anglais aux émigrants, cela aux frais des contribuables » Vous avez rétorqué : « C’est à cause du contexte québécois ». Réponse, chère ministre, bien légère, bien réductrice. La réalité, la vérité -munissez-vous en, honorable ministre, – c’est que la langue des « tout-puissants » actuels est la langue des étatsuniens. Pas vraiment celle de l’Angleterre, enlevez de la mappemonde les USA et la langue anglaise ne serait pas plus répandue ni plus populaire que l’Italien. Ou l’Allemand. Cette langue marchande, ce « basic english » international, ça n’a rien à voir, madame Yolande James, avec ce que vous nommez « le contexte québécois ». C’est un phénomène qui ne découle pas du tout du « contexte québécois »
La langue du plus puisant pays du monde c’est l’anglais pour des raisons historiques évidentes : « USA », c’est ex-colonies anglaises qui se sont émancipées dès 1775. Un empire chasse l’autre et dès après la guerre de 1914-1918, « l’autre » empire, les USA, prenait son envol. À qui le tour ? On annonce que -vers 2040 ?- ça va encore changer. Au Québec, enseignera-t-on le chinois gratuitement à nos émigrants ? Alors, s’il vous plait, lâchez-nous avec ce « contexte québécois », madame. Partout il y a une (paresseuse mais) efficace fascination pour ces USA. Partant, de l’aplatissement, une soumission. Le « fric-US » fait cela, en cinéma, en musique pop, en télés, etc. S’amènent alors, courbés, pleins de valets soumis pour accepter l’humiliant rôle de docile courroie de transmission en nos médias. Hélas !
La culture des USA menace toute les cultures. Sans des lois, fini la variété du monde ! Ce serait la plate et morne uniformité du « all american ». Certes un monde capable de fameuses réussites vus ses énormes moyens. Etats-Unis, en 2008, dominent, ravagent, écrasent. C’est un aimant terrifiant ! Ça n’est pas par indifférence envers, disons la Suède ou le Portugal, que les Céline Dion de l’univers se sont convertis aux USA. De Vancouver à Moscou, en passant par Berlin ou Bruxelles, il s’agit de déracinement consenti. Ah oui, lâchez-nous « le contexte québécois »; à Berlin comme à Paris, à Madrid comme à Rome, c’est « copions, imitons, suivons les USA ». Des Français lucides se décident enfin à freiner cette anglomanie (américomanie ?) galopante. Écoutant la radio, l’autre matin, je rigolais ferme. Chez Christiane Charrette, des Nathalie Pétrovski, des Josée Legault chicanaient l’avocat Julius Grey sur ce thème « des cours d’anglais offerts gratuitement à nos émigrants trop choyés ». Allons, plein de jeunes Québécois francos méprisent nos collèges et, secondaire achevé, filent s’inscrire à Dawson, à Concordia, à McGill. De mes petits-fils y allèrent, voir les raisons ci-haut.
« Attraction mondiale » du géant actuel donc, même en « Chine qui monte » le phénomène se répand désormais. Chère madame James, il n’y aucun « contexte québécois » là-dedans, c’est mondial. Une personne qui veut un bon job ou qui veut brasser la moindre business, à Prague ou à Budapest, un Ukrainien ou un Finlandais, se jette dans l’étude du « basic américain ». Qui est, bien entendu, de l’anglais primaire, utile pour « se comprendre » partout, échanger minimalement en rencontre d’affaires. Rien de québécois là-dedans, parler comme vous le fîtes, madame, c’est du déni de réalité (mondiale). L’émigrant, pas moins intelligent que n’importe quel franco a compris cela, pour un job un peu satisfaisant, il lui faut savoir se débrouiller in english, incontournable « actuellement ». À Rio ou à Lisbonne. Humiliant ? Eh oui ! Je gage que Vercingétorix, chef vaillant des Gaulois, avait appris quelques mots de Latin face à son envahisseur, ce puissant César. En 2008, César-qui-vit-à-Washington a, lui, des moyens séduisants d’assimilation. Oui, ciné, télé, musique rock and pop.
Ici, des masochistes inconscients, se tirent dans le pied, ils gèrent l’abondante promotion de ce gros voisin riche, cela très gratuitement. Ou ben en « voyages organisés et payés » (les junkets).. Ces cons collaborent (comme dans collabos) à leur perte à plus brève échéance qu’ils croient. Tous leurs jeunes publics prêchés une fois mieux anglaisés, iront aux sources. Aux médias-USA. Ce sera la fin de leur lectorat, la faillite, et, donc, se feront congédier. Bin bon, jeunes cons à genoux devant César !

LA VÉRITÉ SUR ISRAEL ?

En Israël on les appelle « les nouveaux historiens ». Ils veulent la vérité, ils osent révéler des choses trop longtemps cachées, tues. Y a-t-il eu, oui ou non, une « nettoyage ethnique » (anti-Palestiniens) lors de l’installation de la neuve jeune patrie nationale ?
On va fêter là-bas : 60 ans. Ici, au Québec, c’est 400 ans et on veut aussi mieux savoir le sort fait aux Amérindiens de 1608 à 1760 (année de la Défaite, ne jamais dire la Conquête s.v.p.).
Nous lisons de ces faits cachés grâce à Dominique Vidal via Le Monde dans le journal « Alternatives ». Vrai ou faux que près d’un million de Palestiniens furent déracinés, forcés à l’exil dans des camps de l’Onu, chassés ?
Y a-t-il eu des massacres ? Y a-t-il eu 11 villes palestiniennes vidées et plus de 500 villages ?
Ces courageux « nouveaux historiens » juifs l’affirment.
« C’est une guerre », disait Ben Gourion. Non ! Faux. Ce fut une sorte de génocide, affirment ces historiens nouveaux juifds. Il y avait un fichier, des listes noires, de ceux qui s’opposaient à Israël naissant. Par des soldats juifs encagoulés, ils furent poursuivis et abattus !
Et la Parole qui dit : « Ne fais pas aux autres… ». En 1947, 1948, les Juifs d’Europe —peuple sans patrie— sortaient pourtant (pas tous !) tout juste de l’épouvantable shoa des Allemands nazifiés. Comme en France face à l’Algérie indépendantiste, c’est encore le silence complice sur ces horreurs. Les révélations actuelles sont faites « par devoir » et « pour l’Honneur », disent ces Juifs lucides. La franchise historique, même en retard, embarrasse Tel Aviv et Jérusalem.
Jérusalem qui devait devenir selon l’ONU de 1948, un troisième terre en partage, zone inviolable, consacrée aux Lieux saints. Il y a eu d’étranges complices : la Jordanie, l’Égypte, des pays d’Arabes !, qui gagnaient —en se taisant— des espaces supplémentaires. Tout comme Israël s’agrandissant.
Ces populations palestiniennes expulsées, chassées, font qu’en 2008, la guerre là-bas continue toujours, avec jeunes kamikazes horribles, on le sait trop.
Enfin, on jette à terre de vieux mythes répandus :
1- Un jeune pays nouveau faible, pauvre quand on sait mieux que UTRSS et USA soutenaient volontiers —ventes d’armes modernes, abondants supports militaires techniques— ces exactions épouvantables.
2- Trahison des promesses d’Israël à Lauzanne, en Suisse —« on fera la paix »—, reniement sur reniement par la suite.
3- Dès juillet 1948, chasse-aux-Palestiniens et, carrément, saisies de leurs biens, des propriétés de ces centaines de milliers d’expulsés de force.
Comme si souvent entre pays fragiles, il n’y a pas eu de solidarité entre les peuples arabes. Là où il y avait du pétrole à vendre, ce sera : bouchons-nous les yeux, fermons nos oreilles. « Business as usual » quoi ! Une honte ? Oui. L’humaine condition toujours égocentrique et trop bien connue. Il reste que les valeureux sionistes des débuts n’avaient certainement pas imaginé cet affreux nettoyage ethnique des Palestiniens.
Reste qu’Israël d’aujourd’hui et ses riches complices USA-URSS —sans un révisionnisme astucieux, calculateur et mensonger— par souci de vérité —et de justice— se doit d’admettre ses bavures gigantesques en ses commencements.
Et réparer cette shoa des Palestiniens (sans fours crématoires, Dieu merci). Ca va de soi, bien entendu de ne plus maintenir des colonies hors-territoire; celui accordé par l’ONU. Cet apartheid (avec muraille) a assez duré. Une vraie paix fera cesser tant de conflits chez tant de jeunes fanatisés un peu partout dans cette partie du monde.