Ô ANIMAUX !

C’est vraiment l’été. Le temps donc des animaux en plus grande visibilité. Ainsi, certains des canards migrants nagent encore sur le lac. Ils n’iront pas plus loin donc et pas plus au nord ? Ma voisine Savard –madame-docteur hilare– me raconte ses marmottes à elle -là où jadis La Chaumière régnait avec raison et mérites. Sont-ce des descendant de ma Donalda sous l’escalier ? Et  pas gênées pantoutes, elles lui passent entre les pattes alors que Nicole s’affaire au jardin.

Plus étonnant ? Ma fille Éliane, de retour d’une noce jasminienne (on était à Ogunquit) aux rives du Richelieu, à Saint-Antoine où, m’assure-t-elle, sorties de jolis étangs, des rainettes grimpent aux arbres ! Aïe ! Et chantent comme des oiseaux ! Au secours ! Une personne charitable voudra-t-elle confirmer de ces grenouillettes-oiseaux. Ou bien me suggérer qu’à ce mariage on en a fumé du bon. L’autre soir, un soir de douceur rare, attablé avec Aile pour d’excellentes coquilles ( linguini alla vangole ) à l’Esméralda du Chemin Chantecler, de nouveau belle vue sur le lac de canards qui s’épivardent en d’étonnantes taquineries ! Des oiseaux ludiques ? Bon, il n’y a pas que les bêtes pour réjouir l’homme, il y a l’homme aussi. Ainsi, il nous est revenu, rue Valiquette,  comme à chaque été revenu, l’homme aux fruits et légumes si frais avec son modeste étalage de tous les matins. Je souhaite un tel  p’tit-homme-la-joie dans tous nos villages aux alentours. De ces marchands joyeux qui jacassent, pleins d’humour avec le monde de son chaland.

MARCHANDS DE JOVIALITÉ ?

P’tit-homme-la-joie, à chaque visite, me replonge dans cette atmosphère de jadis quand, à deux rues de chez nous, vingt, cent, maraîchers emplissaient l’air du marché de leurs appels, interjections, protestations et cris joyeux. Simple gamin, j’entrais vers les halles (avec ma voiture et ma mère !) avec un sentiment accru de vivre vraiment. Oh le beau tumultueux brouhaha intense du marché Jean-Talon. Cela devenait un spectacle de vie intense. Les cris des poules ! Les bavardages croisés des clientes et marchands, ces négociations incessantes, tout cela formait de grouillantes  tranches d’une existence que l’on chérissait alors.

J’en ai gardé une nostalgie vive. Qui se console un peu chaque fois que je découvre, n’importe où, des tétragones rustiques, vite installés, des paniers, des casseaux, des barquettes, du frais manger offert en plein air avec un marchand guilleret qui vante ses lots sans vergogne.

A BÊTE MARINE SANS NOM

Au fait, pourquoi donc chaque fois que j’entre dans Saint-Sauveur, dans sa célèbre rue principale, cette impression de fête ? À quoi tient cela ? L’air comme festif et qui fait que l’on se sent une sorte d’invité que l’on va choyer, bichonner. Un mystère ? Un lieu rare car du «vieux » Saint-Jérôme-sur-rivière avec ses jolis cafés et ses boutiques, jusqu’à Sainte-Agathe-sur-le-lac avec son noyau rénové, sa place-de-plage d’un parc embelli, il faut l’avouer, Saint-Sauveur, reste unique. Bien entendu il y a la variété des sites -salut à Orange et pamplemousse– où déguster en terrasses. On y trouve la restauration classique : « Italien-Asiate-Grec ».  Mais il y a, supplément peu commun, une électricité d’accueil dans l’air ? J’en jase car, j’y ai des connaissances et on n’y cause jamais animaux, gros ou petits ! Pourquoi cela aussi ? Saint-Sauveur minéral aux falaises minérales inouïes, végétal, bien fleuri et rien pour les animaux ?

Moi, je ne me lasse pas du monde animal, des rainettes-oiseaux aux-branches-d’arbre jusqu’à mes poissons rouges du rivage si loin de la mer caraïbe. De mon géant Alligator mythique ou, si minuscules…toutes ces fourmis noires qui grouillent sur tous les bras de notre escalier. Une biblique plaie d’Égypte et Raymonde, excédée, a concocté une sauce mortelle sur pièces d’ouate imbibées. Espoir d’une mort collective. Hon! Viennent-elles, ces mini-bestioles, de mes si belles pivoines blanches, hélas, qui meurent si vite ? « Tout casse, tout passe, tout lasse », répétait mon père. Ici, ce matin de juillet, nez à terre, voici Valdombre-au-guet. Là, lustré, luisant, mon gros rat musqué, Monsieur, nage sur le dos, bedaine en l’air !

Oh, depuis peu, fugitives visions, j’ai vu fuir devant mon râteau qui ramasse limon noir et feuilles mortes, algues violettes, une étrange petite chose… Qui me fait peur. Ses pattes palmées, son dos bossu, sa peau rosâtre, une sale gueule de travers, des yeux comme deux clous de girofle et sa vitesse de fuite est imbattable dès que je veux l’approcher ! Ma foi on dirait une gargouille de 2008; mon Dieu, on dirait un restant des âges préhistoriques. Je me tais. Je guette avec prudence et je vous reviendrai…

Une réponse sur “Ô ANIMAUX !”

  1. ….Une personne charitable voudra-t-elle confirmer de ces grenouillettes-oiseaux…..

    Et bien moi une fois j’étais couché sous un arbre à sieste et soudain une grenouille m’est tombée d’sus. Elle était très petite, pas plus grosse que mon bouton blanc d’chemise, une Levi’s bleu pâle. Je l’ai photographié comme preuve mais, c’était au temps des films a développer. J’avais pris la photo de trop près et elle était embrouillée.

    Mais je jure que c’est vrai, les grenouilles grimpent aux arbres. Par contre, je ne sais pas si elle chantent là-haut mais, dans l’eau du lac en face de chez moi, oui, les ouaouarons aussi. Bon samedi.

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