BATMAN CHEZ MOI !

Aveu : à mon âge, j’ai encore peur des chauve-souris. Enfant on nous disait que ces noires souris volantes, à crocs et à griffes,  s’accrochaient fermement à nos cheveux. Brrr….Tout comme on disait « porte-épic » pour « porc-épic », que ce « mini-sanglier » lançait ses aiguilles avec violence ! Peurs venues de sornettes répandues. Dans les années 1940 nous lisions goulûment ces « comics-books » achetés au kiosque du coin rue. Il y avait « Batman ». On a parodié des œuvres de génie, des « classiques », les transformant en farces grossières, cette fois, à l’inverse ce Batman, banal héros de B.D., est installé dans un film apprécié, à l’aspect philosophique, historiette muée en débat sur le mal (le Joker) et le bien (Batman). Grand succès, unanime. J’aurais pas cru voir cela un jour. Le talent, c’est prouvé, peut amener une telle métamorphose. Un Picasso, avec un guidon de vélo, une selle de cuir, a signé un « taureau » qui est au musée, vaut une fortune.

La mort de Batman

En attendant d’aller voir ce Batman métaphysique, un soir tout récent, j’entends des cris perçants à l’étage. Ma dulcinée et ses appels « au secours » ! Des portes qui claquent ! Je quitte mon « mou » fauteuil et la télé des les « durs » « Tudor », oreilles dressées. Silence là-haut et puis, qui descend prudemment l’escalier du cottage ? Ma femme, front inquiet, yeux quasi hagards : « Fais très attention, la bête est descendue. » L’apocalypse à Ste Adèle, P.Q. ? Toujours tendue à l’extrême, une fébrile Raymonde m’indique d’un index tremblant, la salle à manger: « Une grande chauve-souris ! »

Batman chez moi.  Mise en marche de scanner inouï. Vue d’une boule noire accrochée à un rideau de dessus de fenêtre. Jouer le brave : « Bouge pas, je reviens. » Elle lâche : « Fais ça vite, je t’en supplie ! » Porte-patio. J’ouvre. Dehors nuit noire. Lumière jaune à allumer. L’escalier à descendre et, dessous, m’emparer d’une épuisette. Je remonte, trois par trois marches.

« À nous deux, Vampire de salon ! » Patiente femme, son index m’indique toujours la noiraude protubérance. Et crac ! J’abat mon piège d’un seul geste. Plus rien ne bouge ! Mini-Batman gît au fond du filet. Jeté, il se retrouvera au pied des lilas. Soulagement de la « feummme » (merci Clémence). Enfant de ville, jadis, des légende se tissaient, chauve-souris, sale suceur de sang se soudant à la peau du crâne.

Revenu, la compagne me dira : « Pis ? Elle s’est envolée ? » Moi : « Ah non. Morte. Avec l’épuisette, j’avais visé le cou. » Elle : « C’est plate ça ! Tu aurais pu faire attention, ça bouffe mille moustiques à la minute, le savais-tu ! » C’est comme ça : d’abord les cris d’orfraie et puis : « Méchant, pourquoi tuer !» C’est pour ça que le poète  Aragon a noté : « La femme est l’avenir de l’homme ».

Des animaux partout ma foi ?

Le lendemain, la voix de ma fille revenant d’Ogunquit : « Salut papa, on roule Marc et moi sur la 91, on vient de voir une immense dinde sauvage multicolore en bordure de l’autoroute, un oiseau fantastique, on aurait pu l’écraser… » La veille de mon « mein kamft » (mon combat) contre Batman, ma Raymonde, la 117, la Rivière aux Mulets, qui aperçoit un chevreuil la traversant élégamment. Son brusque freinage :« J’aurais pu m’y cogner, très lourd obstacle, perte de contrôle, pare-brise fracassé, la mort ». Encore ? Avant-hier,  Lynn ma belle-fille de Val David, me narre « son » orignal,  vu « de ses yeux vus », fascinée et craintive à la fois.  Le surlendemain, voilà une saintsauveurienne qui nous raconte : «  Étonnant, je ramassais de nos pommes, soudain, un immense orignal au milieu de mon sentier, qui m’observe, patient. Quand je rentre dans le boisé avec mon panier, il poursuit sa marche, calme, poli. »

Dernière heure : 1- Mon raton-laveur a jeté la brique posée sur mon bac noir et bouffe ! 2- Au rivage, ma pâle bête palmée si bizarre ? Un lecteur m’instruit : « Sans doute une grenouille albinos. » « Albinos », ça existe donc ? Merci.

2 réponses sur “BATMAN CHEZ MOI !”

  1. Bonjour
    Oû est passé la petite souris qui aimait les tomates …….jadis
    elle est remplacée par d’autres aussi désirables !
    Litterature ce matin dans la Presse vous êtes la réponse
    au mot mystère « Jasmin »
    Bravo on ne vous oubli pas un petit clin d’oeil.
    et vous apprécie .
    À bientôt R.Beaudin

  2. Bonjour.
    Une joke facile.
    Vous n’avez rien à craindre car ce n’est pas après ce qui vous reste de cheveux que les chauve-souris en ont ! Je pense même que celui qui vous scalperait n’obtiendrait pas la prime promise par le gouvernement, en Nouvelle-Écosse si je ne m’abuse.

    En passant, merci à votre webmestre pour l’information sur le virus qui a attaqué WordPress !

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