DES NOUVELLES… BESTIAIRES ?

     « Pis, comment vont toutes vos bestioles ? », me lance rigolarde une passante chez IGA. Combien de lecteurs (trices) se questionnent là-dessus, pensai-je. V’là des nouvelles : je ne vois plus nager mes rats sous notre quai. En voyage temporaire ou exilés à jamais ? Mais on m’a jasé de rats musqués se démenant au petit marais deltaïque que la Ville s’est gardé à la charge du lac. Voisin Maurice dit que des castors furent déplacés qui obstruaient la décharge du lac Rond proche de la kioute chapelle, cette mitaine pour des mariages à p’tits Simard ou des vieilles Miss-Richard.

      L’autre après-midi, au bord de l’eau, passage furtif et bruyant de l’oiseau maigre et immense, le grand héron, le héron bleu ? Mon ignorance. Une image, je ne sais pourquoi, qui m’intimide chaque fois. J’ai aperçu, une première cette saison, mon vieux tigre,  Valdombre. Il passait. Si lent. Avec ses grands airs de fauve en chasse, le ridicule sympa.

      L’ACUPUNCTURE DU PORC-ÉPIC  

      Ma belle Carole nous apprend ceci : le chic et si noir Caniche Royal de son Paul est allé s’épivarder nuitamment sur le mont DePassillié voisin. Funeste rencontre d’une fille piquante et rampante et crouncht !, le museau vite couvert d’aguilles ! Celles de Miss Porc-épic ! Il rentra penaud et miauleur. Aïoyoille ! Ce mouton de luxe à la pelote de couturière  fut vite conduit chez le vétérinaire pour une séance de… dé-s-acupuncture. Sortie des épingles ! 

         Quoi encore ? Il y a peu, au salon, fortes odeurs de notre discrète moufette du dessous-de-balcon d’en avant. Pouah ! Il y aurait eu bagarre ? Son pestilentiel parfum aux effluves maudites montèrent vers nous du dessous de l’escalier. Oui, là où pensionnent notre couple de marmottes, Donalda et Alexis. Combat vespéral et perdu par qui ?  Entrant par la fenêtre dans le salon, ce jus-de-marie-laberge empoisonna le visionnement d’un excitant « 24 chrono » toujours si énervant.

       Encore ? Ce vieux grand chien caramel chez Jodoin développe une façon d’aboyer -à tous vents- qui s’apparente à du…feulement !  Y é bin vieux ! Une métamorphose vocale d’avant… la mort ? Sais pas. Et puis quoi ? De ces récents jours s ensoleillés, lecture sur le radeau avec, soudain, l’arrivée d’un  trio de canards, colvert ou chipeau ? Souchet ou Sarcelles ? Mon ignorance. Mon livre aux genoux, j’observe, les voilà sans cesse, la tête dans l’eau et le derrière en l’air, qui picosssent, finissent par se lasser, s’éloignent -le petit air snob du canard, vous savez- reviennent. Toujours  exactement au même endroit… leur manège. À leur énième départ, j’empoigne mon vieux râteau de fer et vais inspecter ce lieu privilégié. Rien. Que des algues. Ni bleues, ni rouges, b’en vertes. Mystère ! Mais il y a par là le bout d’un tuyau d’égout pluvial. Quoi ? Canards rats d’égout ? Serait-ce le motif d’une mangeaille canardienne ?

 

UN HÉRON ME HANTE !

           Plus tard, un certain matin de lumière, on pédalait vers le bistro de la Mexicaine. Voici encore un trio de canards au sud du lac Raymond. Colvert ? chipeau ? En tous cas la beauté calmante du lent, calme et auguste déplacement de ces palmipèdes. Ils font dans l’eau des traces à trois et je lis, très clairement, le sigle archiconnu de Volkswagon. Un V et un W enlacés !

      Ce même beau matin, à l’oeuf chez Plein Air, l’hôtesse nous répond en riant : « Non, je ne m’habitue pas à l’hiver et il va revenir. Je conserve une nostalgie du Mexique et le besoin de revoir mes parents moi qui suis parti de Mexico, il y a longtemps, étant à leurs yeux « la bien vilaine jeune marxiste révoltée ». On rigole. Raymonde lui dit : « Moi, née ici, je ne m’habitue pas davantage à la longueur de nos hivers. »

       Au loin, « mon » héron survole le parc du village. Il me suit ? Il me hante ! Il me cherche ? Avant-hier, je marche et, coup aux yeux,magie, la beauté de ces vignes toutes rougies collées au mur du resto Luau ! Puis, ce bouquet sang et or collé au Café de la rue Morin ! Puis… j’ai examiné des corneilles posés au sol en sortant de l’École Hôtelière : ce noir de suie totale, leurs galbes parfaits, ce port altier, oui, de bien jolies sculptures. Du Harp. Mais Raymonde, à l’oreille si fine, les hait tellement qu’elle m’interdit de leur accorder une seule ligne. Je me retiens donc mais…

         Enfin vous dire que je suis comme en manque de bêtes. Je m’imagine, la nuit, canne à la man, me baladant librement : verrais-je fourmiller plein de petites bêtes. Au rivage du lac ce que je voudrais tant voir : un vison amphibie, une belette, une marte… Rêvons pendant que nos parulines s’en vont au Venezuela, que nos goglus filent vers l’Argentine. Ohé, la belle mexicaine de Val David, l’hiver va revenir.

Une réponse sur “DES NOUVELLES… BESTIAIRES ?”

  1. Pour les corneilles, ma Louise réagit comme Raymonde. Chez moi, il y a un congrès mondial de corneilles tous les matins, vers six heures… Moi, je ferme mon bidule «audio-protèse» et je dors en paix mais pas ma Louise. Elle sort dehors en jaquette et claque vigoureusement des mains pour chasser ces sombres corbeaux. Sans grand succès, faut dire !
    Parlez-moi plutôt des feuilles qui rougissent dans vos arbres…

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