PAS DE PETIT CHAT POUR L’ENFANT-JÉSUS ?

Ce jour-là, on sortait en vitesse du Pub Royal, taverne d’artistes. À côté, « Ruelle de la police », ( elle existe, allez-y voir), des voyous  tuaient un gros (justement en ce lieu !) chat-de-ruelle.

Trop tard pour empêcher et nous traversons la rue Guy vers le théâtre  « Her Majesty » (démoli aujourd’hui). Y joue Louis Jouvet, gloire théâtrale (et de cinéma). Le beau décor rose et gris de Christian Bérard. Puis, on entendit « la » réplique d’Agnès-la-pas-fine au libidineux qui la questionne ( L’École des femmes, Molière) : « Le petit chat est mort  ! » Grands éclats de rire dans toute la rue Guy. Mais, coin Guy et Maisonneuve, l’ex-bon docteur de Mao, monstre totalitaire, notre communisse Norman Bethune statufié ne bougera pas d’un poil.

Au début du mois, dans un caniveau près de chez moi, je vois encore un chat noir. Mort écrasé. Hier matin, neige légère tombée dans la nuit, autour de chez moi, partout des empreintes de pattes… de chat ! Où va-t-il ? Pour qui ? Pour une chatte en rut, une souris, une chauve-souris, espèce qu’on dit « menacées » ?

Est-ce que ça existe cela, cher Guy Maufette, « un oiseau de nuit ? »,ce chat-de-nuit rôde. Midi et,  à notre mangeoire picorent nos rubescents cardinaux,flammes volantes ! En visite chez son nouvel auteur, voici  mon nouvel éditeur, Marcel Broquet. Qui s’y connaît et, voyant la pourpre, s’en étonne. Sur ce, surgissent plusieurs dizaines de mésanges. Mon écureuil acrobatique surgit, tête levée, perd son temps à jouer Le Grand Robert, hypnotiseur. Échec. Enfin, un gras geai bleu fera fuir tout ce petit monde ailé.

Ah les chats ! Enfants, nous avions une grosse minoune tigrée en cas de souris au restaurant du sous-sol. Je découvre un après-midi, journal à la main, pipe au bec, mon papa, lui, si peu affectueux, en homme de douceur : il caressait notre minoune blottie sur ses genoux. Mais que fait donc « aux aurores » cher René Homier-Roy, ce tout petit chat invisible de jour ?

Arrivant dans Outremont en 1985, j’en ai vu une variété, des jolis d’un type éloigné du chat-marcoux de mon père. Persan ou Siamois ?,  je n’y connais rien. Enfant, il y avait dans ma rue, la belle bête ( chère Marie-Claire Blais !) du notaire Corbo, aussi ce petit minet de la belle « veuve Richer ». Là, rue Sainte-Denis, où je n’aimais pas porter des« commandes » car elle voulait toujours me palper, vérifier un je-ne-sais-quoi, un collet, une manche de chandail, ma queue de chemise sortie. Je me méfiais des femmes à 12 ans ! Après, j’ai changé.

Je me questionne, qu’est-ce que je connais, moi, en pistes d’animal, mon soi-disant chat rôdeur est peut-être ma marmotte d’en dessous de l’escalier ou ma mouffette du porche ou encore une ratonne-laveuse (sic). Oh, une image surgit : 1950 sur la Plaza St-Hubert. Qui aimait  s’enrouler autour de la caisse-enregistreuse du libraire Raffin ? Un très long matou. Pour l’argent ? Vrai Séraphin viande-à-chien. Ou pour la sonnerie ? « Possèdent des oreilles raffinées, les félins domestiques », affirmait la grande Colette. Il y a eu des ménages heureux écrivains-chats, c’est bien connu. N’est-ce pas messire Ferdinand Céline, bougon Léautaud ? D’autres !

Ah les chats ! En statues, terre cuite mexicaine ou bronze égyptien ! Mythiques antiquités vénérables. Objets docile aussi  ou chez des potentats de science-fiction, pauvre OO7, Bond. Ce matin encore, neuf tapis blanc qui scintille et, oui, encore ces pattes de chat signant de mystérieuses inspections de territoire.

On n’a jamais vu une image de Jésus avec un chaton dans ses bras ? À quoi ressemblait un chat de Galilée ? Je vous parle de Jésus car cette visite de Broquet, éditeur emeritus, est en rapport avec lui, le Nazaréen. Devenu un vieil homme, je restais hanté par « la belle histoire », ce joli conte de fée d’un  p’tit bébé né d’une vierge dans une étable. Ou jeune garçon qui discute avec les Grands prêtres du Temple à Jérusalem. Eh b’en oui, j’achève « mon » évangile. Quatre ça ne me suffit pas ? Non et je poserai un chat sur les genoux de cet enfant visité par trois rois qui se guidaient sur un étoile. Ce cinquième évangile, promis ( une primeur pour vous !) paraîtra sans l’imprimatur du Vatican (!) en fin d’hiver, promis.

Une réponse sur “PAS DE PETIT CHAT POUR L’ENFANT-JÉSUS ?”

  1. Le Pub Royal ? n’était-ce pas plutôt tout simplement «la taverne royale»? lieu sacré qui a inspiré un bouquin «Les Écrits de la Taverne Royale»? As-tu écrit dans ce bouquin, mon cher Claude ? ma mémoire flanche….
    Quant aux chats, comme dirait André Sauvé, l’humoriste : un bibelot qui chie…

    À BERTRAND L:
    Oui, en effet, j’évoquais cette taverne… »PUB ROYAL » est son vrai
    nom, figurant à son enseigne de néon rue Guy (démolie aujourd’hui).
    ET: oui, on en fit un petit bouquin un jour. J’y avais oui un
    chapitre sur une douzaine, je crois. Livre perdu, introuvable en 2008.
    C. J.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *