MARCHER SUR LES EAUX, MIRACLE ?

Dimanche dans deux jours et c’était dimanche, il y a cinq jours.

Nous nous sommes joins aux joyeux marcheurs sur le lac. Hen, quoi, un miracle, tous des Jésus ? Pas vraiment, car l’eau s’est durci, c’est de la glace. Bel après-midi donc de lumière. La beauté éblouissante ! Les experts le redisent : « la plus elle luminosité, elle est ici, parmi nous. » Pauvre camarade Michel Tremblay à Key West pris avec sa piètre lumière !

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Éliane ma fille unique qui me dit : « Marcher sur les eaux du lac hen? Nous aussi, on a marché sur la Mille Îles à Terrebonne et, oui papa,  quelle beauté malgré le froid tous ces costumes aux couleurs bigarrées partout. »

Et les chiens du Lac Rond ? Diable, c’est une véritable exposition canine sur l’eau dure de ce grand anneau. Les pèlerins-en-rond font voir une variété qui m’étonne. Il y a des beautés à quatre pattes époustouflantes, du fier Caniche royal au frou-frou Sheep Dog. Des rasés de près, des « de cuir », des tout poilus, yeux compris, des hauts sur pieds, des bas sur pattes, oui, une diversité qui m’a surpris encore une fois.

Et les patineurs du Lac Rond ?  Chaque fois que j’en croise un, tout mon passé-sur-patins me remonte à la gorge ! Le patin sur glace, c’est l’iconographie classique de tous les pays nordiques. Le symbole archiconnu d’un loisir inévitable. C’est l’envers de l’Afrique et des pays tropicaux. C’est la mise à l’endroit d’une vision caractéristique, celle  de cette longue saison sans chaleur certes mais, insistons car on néglige le fait,  avec la plus belle lumière de tout l’univers.

Ma blonde et moi, en halte sur le banc-à-Maurice, nous admirons cette vie d’ici qui tourne, ces silhouettes tournantes sur la piste bien tapée, toutes ces figures -des vieillards comme des jeunesses- vivifiées, ragaillardies, rougies, ces visages ensoleillés et réjouis. Tous, amis, parents, voisins, visiteurs familiers, touristes venus de loin parfois, inconnus qui socialisent un brin,  nous tournoyons au pas cadencé. Au pas de bonne santé. C’est l’heureuse et fortifiante  sortie dominicale, la joie-épreuve, la résistance affichées face aux timorés restés enfermés. Les encabanés comme on dit.

Des skis de fond glissent en parallèle autour du Rond. Certains chiens sont vraiment des maîtres et on rit de voir le maître ou la maîtresse si obéissant, en suiveurs dociles, entraînés, la laisse bien tendue au bout du bras ! On songe à une danse, ce tournoiement (salut poète St-Denis-Garneau !) qui est, tout autour de ce gigantesque  étang gelé, une étonnante « ronde » dont la musique s’absente. À part des cris de geais bleus ici et là, des aboiements mâles à la vue de femelles frisées, caniches rosés ou poodles bleutés !

« Pendant ce temps »… back to the farm… comme disait les films de cow-boy (de Roy Rogers ou de Gene Autry), de mon enfance, oui, pendant que nous admirions « la lumière des lumières », mon jeune dauphin, le David-poète, s’amenait, lui, au sud du Mexique. À San Cristobal, dans le Chiapas ! Traducteur de métier -car on ne vit pas plus de poésie que d’amour et d’eau fraîche -il a dit « oui » à l’appel d’une belle de là-bas, Priscilla. David va peaufiner un premier roman alors que le très vieil homme, moi, vient d’envoyer chez Broquet-éditeur (rue de L’Église à Saint-Sauveur) rien de moins que …le cinquième évangile ! Eh oui, 200 pages sur « Jésus, son enfance et son adolescence à Nazareth ».

Ce sera faux mais très vraisemblable, vous lirez ça. Hélas, en Galilée pas de bel anneau blanc, aucun petit lac gelé, ni patineurs, ni fondeurs… et les chiens ? En ce temps-là, le chien  était méprisé, pas encore domestiqués, il vivait dehors comme les rats. Les dimanches d’hiver ? Autour du grand lac de Tibériade, là, où Jésus marcha sur les eaux, b’en, ça piqueniquait, buvant des limonades, mangeant des grenades, des figues et des dattes, des amandes et des cerises, surtout des raisins.

Bon. 16 h. On rentre, revoir la galerie en volière avec nos cinq flamboyants cardinaux fidèles et toutes ces parulines qui picorent la tête en bas (étranges hirondelles). Oh ! Nouveauté : Trois mini écureuils qu’on nomme des suisses, qui draguent du museau dans la neige du plancher pour des graines tombées. Il y en de jolis, tout dorés, avec des rayures et un tout gris, si laineux.

Dernière heure : Hydro-Québec est venu chez nous pour abattre une épinette au moins centenaire qui nuisait aux fils. Comme c’est fou : le paysage diffère soudain, la vue n’est plus la même. Un arbre est tombé, un seul, et notre environnement en est tout transformé ! Je planterai ce printemps.

claudejasmin.com

Une réponse sur “MARCHER SUR LES EAUX, MIRACLE ?”

  1. J’ai fait du pédalo sur le lac Rond, il y a longtemps… Ce doit être beau, l’hiver, par un beau jour ensoleillé mais froid, sans doute !
    J’ai hâte de lire ce 5e Évangile selon sant Claude !
    Une œuvre comme «Martha» de Marie Laberge, c’est pour quand ? J’aimerais bien ça recevoir une lettre, de temps en temps, d’un vieux grincheux qui sait se raconter…
    Penses-y, Claude !

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