LES VICTIMES ET LES COUPABLES

Une mode fait se multiplier les victimes. À lire certains éternels « plaintifs » il n’y a plus de responsabilité à assumer. Petit ou grand malheur, tout est TOUJOURS la faute d’un autre, des autres. Il n’y a plus de culpabilité, pour chaque faux pas, bénin ou grave, c’est la faute « aux autres ». Terme vague : « la société actuelle ». Elle a le dos large. Il y a aussi « le système ». Là aussi, vaste dos sur lequel déposer les griefs de ceux qui ont mal tournés.

J’écoutais, au temps des Fêtes, certaines personnes qui fouillaient l’arbre. Oh l’arbre ! Plein de victimes se cherchent des coupables en grattant dans la parenté…lointaine ou moins lointaine. Facile procédé.

Allons : n’importe qui vous le dirait, sans une même famille, avec donc les mêmes antécédents parentaux, l’un est un bandit, l’autre un type très bien. Dans une même famille pauvre, constituée de démunis, intellectuellement peu développés, vous avez un des rejetons qui sombre dans la détresse et un autre qui s’en sort parfaitement. Mêmes avatars, mêmes parents, même généalogie et des enfants aux antipodes, très différents.

Cette mode puante : « il tient de sa mère »… ou « il tient de son père. » Etc.  Pour expliquer une réussite, on sortira les mérites de l’un des géniteurs et, semblablement, pour expliquer une chute, un destin tordu, tout croche, on sortira aussi un parent. Quelle misère ! Besoin de se disculpabiliser. Incapacité de se prendre en charge. Lâcheté? Ça se peut.

Le savant Jacquard expliquai  la télé un jour que l’on pouvait hériter de gènes, de chromosomes., venus de loin. Qu’on ne tient pas toujours de ses deux parents proches. Des arrière arrière grands-parents parfois sont nos « donneurs » héréditaires. Eh oui, disait le professeur célèbre, l’hérédité est une loterie. Un hasard. Ajoutons que -comme pour les signes astrologiques- il y a d’autres facteurs que la naissance, le sang, le sperme, l’ovule. Deux scorpions à même étoile etc. , vous les mettez l’un dans un bouge infect et l’autre au sein d’une société, d’un milieu épanouie et vous obtenez deux scorpions extrêmement différents. Ainsi deux personnes issus du même moule peuvent filer vers une destinée opposée diamétralement. On a vu ça.

Séparer, disons, deux jumeaux identiques et faites élever l’un dans une classe à part, très privilégiée, d’un haut statut social, mettez-le aux écoles bien branchées, avec un entourage toujours stimulant et il y a de bonnes chances qu’il devienne quelqu’un d’intéressant. L’autre, vous l’abandonnez dans un trou infâme, entouré de gens insignifiants et pour lui, ce sera probablement un destin chétif et rapetissant.

Cela dit osons dire qu’il y a encore autre chose : on sait bien que des chanceux, élevés dans d’excellentes conditions, virent fort mal. Voici un voyou, un vrai dégénéré, dont les parents pourtant sont des citoyens valeureux et exemplaires. Mystère ! Cela arrive. J’en ai connu. Plusieurs parmi nous pourraient donner des noms. Je songe à ce petit maquereau, un fou, un sadique, venant d’une famille très illustre, les V. Comme, à l’inverse, des jeunes issus d’un milieu sordide,  vraiment misérable, ont pu accéder à une existence très stimulante. Oui, mystère des vies ! Ou bien quoi dire ? Comment expliquer.

Il reste à redire qu’il est bien facile de blâmer « son arbre » et pleurnicher : « Que voulez-vous, je rate ma vie,  ma mère était si timorée, je n’ose jamais rien entreprendre, la peur, j’ai ça dans le sang ! »  La belle foutaise ! Dans les médias, c’est le défilé, avec l’aide parfois de ces psychologues-pop pour les conforter. « Sniff ! Si je suis tombé si bas, c’est pas m,a faute, c’est « la société » avec toutes ces gammiques, ces offres à gogo, le laxisme, l’ambiance érotique… »

Toujours se disculper et toujours mettre la faute sur les autres. On en entendra de belles face à un râleur dont on contrefait la voix, dont on cache le vrai visage : «  Sniff ! Je sais que je suis tombé bas mais que voulez-vous c’est « le système » aussi, on encourage tant le monde des sens, des plaisirs… » La bonne vieille chanson pour se défiler, pour nier un fait têtu, une réalité : mou, lâche, on n’a jamais rien fait pour résister, pour refuser de jouer les moutonniers, le « suiveux ». J’entendis à une tribune libre de l’ex-CJMS un pédophile incroyable : « C’est eux autres, les enfants, ils viennent m’agacer et me provoquer, quand je suis tranquille sur mon balcon. »

2 réponses sur “LES VICTIMES ET LES COUPABLES”

  1. Mon cher Claude, vous touchez là à un des grands mystères de la vie.
    Pourquoi Obama est devenu président alors qu’un autre Noir de son âge, issu d’une famille similaire est aujourd’hui en prison pour trente ans…
    Il est aussi très vrai qu’au sein d’une même famille on peut trouver des destins diamétralement opposés.
    Je n’ai pas de réponses; je me questionne sans succès. Trop de variables ? probablement…

  2. Bonsoir.
    Pour votre gouverne, cette façon qu’on certaines personnes de faire porter leur croix aux autres s’appellent de nos jours : la « maladie du stacause ».

    En passant ce phénomène des enfants différents n’a-t-il pas été démontré en tout premier lieu par l’histoire avec Caïn et Abel ?

    Il faut aussi réaliser que notre société se prélasse dans un système paternaliste ET maternaliste qui empêche la majorité d’accéder à la phase adulte…..et de la réussir !

    Un adulte ne peut pas d’après moi être un geignard, une victime, ni un hypocrite qui blâme les autres plutôt que lui-même.

    Un adulte s’assume.

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