AH QUE L’HIVER (air de Vigneault) !

Des experts en physique l’affirment, nous avons par ici (régions boréales)  la plus belle lumière du monde. Bien. À cause des neiges, de la réverbération, sans doute. Est-ce assez pour nos détourner des « si invitants » suds ?

Hum…Nous avons donc la plus fameuse des luminosités, je veux bien,  mais… pas « la chaleur ».  Ne pas confondre. Chez mon camarade exilé à Key West, Tremblay, ils ont cela la chaleur mais, l’ignore-t-il, une lumière bien ordinaire. Oh, ouengne ! Quoi, que préférez-vous, lumière ou chaleur ?

Retraité d’un boulot quotidien (scénographe) pour gagner ma vie (la littérature hen…), me voilà en proie à… la fuite ! Au sud évidemment. Ce sera, dès 1986, les séjours d’hiver en Floride d’abord. Grand plaisir de rouler sur la fameuse 95. Petites plaisantes découvertes en chemin. Enlever du linge à mesure. Arrête à Philadelphie, puis à Washington. Fouiner en Caroline (les deux), niaiser en Georgie, visiter la jolie veille Savannah !

Joie d’enter à Daytona, première plage de sable vraiment chaud. Revoir l’antique St Augustine, premier bourg bâti des États-Unis, du temps des Espagnols. Vouloir voir partir une fusée, certaines années. Enfin, installation à North Miami, à Bal Harbour, à Sunny Isles. À Hollywood ? Non ! Trop c’est trop.

Cela, cette petite migration temporaire, dura quoi, 10 ans, 15 ans ? On découvre la futilité de cette opération-soleil. L’hiver, en fin de compte, passe presqu’aussi (presque !) vite que l’été. Gaspillage.

Nous voici en début de février, un mois qui file assez vite, puis ce sera mars, avec un soleil plus chaud et toujours  notre lumière « la plus formidable de notre univers » ! Viendra avril et la solide délivrance du froid. Et des bourgeons aux arbres. Nous avons, Raymonde et moi, cessé de protester « maudit frette noère », de brailler, et nous avons cessé de nous sauver. En République Dominicaine ou à Cuba, que de vaines illusions ! La Florida, on l’avait vu, on en avait fait le tour, de Naples à Tampa et Clearwater, côté golf du Mexique,  de South Beach « en rénovation » jusque chez Céline et René, côté Atlantique. Ô Worth Avenue, ô dépenses mondaines !

Oui, nous restons ici désormais. Pourtant, cet hiver, avec tant de neiges tombées et tant de jours d’un temps ultra « arctique », nous voilà à parler de nouveau fuite hivernale. Eh oui « la misère des riches », bon, okay, disons des « pets bourgeois ben nantis ». Au prochain hiver, nous songeons à « cent jours » à Carcassonne, à Perpignan. Ou bien pénates posées à Saint-Raphaël !  Pouvoir rester tout à fait des francophones quoi ! Télés, radios, revues et journaux. Livres. Et avoir le train ultra rapide pas trop loin. Chanter : « Revoir Paris » ! Mais… on me parle du fléau terrible, nommé le  mistral. Aller vivre l’hiver à Menton alors,  proche de Nice et Monaco. Ou bien où ? Aidez-nous !

À moins que : décembre 2009 qui s’amène et nous voilà ben calmes tous les deux, patients, endurants… Et puis janvier 2010 qui viendra, tolérable. Attente.. dans notre « plus fantastique luminosité du monde ». Et puis, paf !, qui va là ?  février qui file, comme maintenant, on se retrouvera en mars, et on guettera avril. En réalité, on ne sait plus trop quoi faire. Aidez-nous !

Vrai que l’hiver passe relativement très « assez vite », vrai que certains jours froids on en bave et on maudit le ciel québécois ! Vrai aussi qu’ici, bien, on a nos affaires, habitudes, us et coutumes, on a nos petites choses, les occasions de bon théâtre (voir Christiane Pasquier l’autre soir au Go , oh !) et de films solides (ces écoliers Noirs perdus, à Paris, oh !), de bons repas rares (chez Esmeralda !). Et quoi encore ? Il y a les parents, les amis. Tudieu, est-ce croyable ? La vieille baderne de Louis de Ratisbonne avait donc raison : « Aucune terre n’est si douce que la terre où nous sommes nés ». Croisant de nos migrants, j’ai mal pour eux parfois : en être venus à accepter -pas toujours volontairement- le total déracinement. Aïe ! On y pense pas assez. Le génial Dostoïevski parlait : « Être devenu apatride, le pire des malheurs ! »

Bon, frette pas frette : je reste icitte !

2 réponses sur “AH QUE L’HIVER (air de Vigneault) !”

  1. Je ne vais plus en Floride ou en République Dominicaine…
    Mais j’irais bien à la Martinique ou à la Guadeloupe !
    Hélas ! ma condition cardiaque me complique la vie : les assureurs n’aiment pas mes résultats médicaux, la prime d’assurance est plus chère que tout le voyage, etc…
    Je vais donc demeurer dans mes quatre pieds d’épais de belle neige aux reflets bleutés mais bondance que j’ai hâte de voir arriver avril et son fameux poisson…

  2. Ah que l’hiver…
    nous en parlons aussi ici dans l’Ouest canadien du « frette » du manque de soleil, de la deprime. Mon epoux et moi sommes alles au Mexique, et 1 semaine plutard en republique cette annee, pour justement profiter du soleil, mais malheusement, cette courte visite n’a pas vraiment aidee. C’etait pire en revenant!
    « The grass is always greener on the other side! »Nous avons conclus qu’il est mieux d’aller en vacance pour autre raison. Histoire de relaxer. Comme nous avons fait l’an dernier. Nous sommes alles en France et avons loues une voiture. Avec l’aide de la GPS, nous sommes alles dans la vallee de la loire. Nous avons passes plusieurs jours dans les « chambres d’hotes » a la campagne dans une abbaye. Quel merveilleuse idee!
    Nous avons connus des gens merveilleux, qui prennent le temps de vivre.
    Depuis, nous ne voulont plus frequenter les grand hotels.
    Je ne vois plus l’hiver comme avant. Et puis l’ete viendra bientot. Et nous irons encore en France, histoire de vraiment de resourcer et de se reposer.

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