VIVRE EN LIBERTÉ

(à tous chroniqueurs-chialeurs en média)

Ah oui, si nous pouvions vivre sans tous ces itinérants, vagabonds gênants, avoir une police forte mais nous ne vivons pas en Orthodoxie, nous vivons en Liberté.

Si on pouvait éliminer ces bouges à homos, ces cabarets vulgaires et ces clubs d’échangistes, mais nous ne vivons pas en Orthodoxie.

Le bonheur que ce serait d’emprisonner les ados criards, les excités sur patins, sur skate board, ces jeunes survoltés qu encombrent les voies publiques mais non, nous vivons en Liberté, pays maudit.

Pouvoir nous rassembler partout en paix, les culs-ronds-de-bourgeois, protégés par une forte gendarmerie et goûter la tranquillité des heureux possédants, non, hélas, nous ne vivons pas en Orthodoxie mais en Liberté.

Enrageant ce laxisme qui laisse se répandre cette jeunesse bruyante, ces fous énervés, ces coureurs à défis qu’on n’ose jamais menotter… nous vivons en Liberté, hélas !

Pourquoi se priver ? Pourquoi ne pas multiplier les lois,  les règlements, sans cesse, de nouveaux interdits, de ceci et de cela, pouvoir vivre en toute protection, volontairement cadenassé en « Pays des merveilles », en toute prévention et de façon permanent, bien à l’abri des vandales, des lascars, des malfrats ? Mais non, on ne vit pas encore en Orthodoxie.

Vivre en Liberté, c’est, hélas, hélas !, vivre dans les risques, tolérer les trublions, endurer les jeunes et vieux délinquants, supporter les mal pris, les démunis, aider les déboussolés, les mal instruits, les laisser jouer aux dés dans ce parc au soleil, c’est ne refuser, horreur !, de ne pas vouloir vivre en Orthodoxie.

Vivre en Orthodoxie, ce serait, ô joie !, vivre tranquillement, très au ralenti, bien calfaté et s’épanouir très lentement, sans effort, surveillé, encadré, réglementé, s’éviter ainsi tout ennui, toute blessure, tout risque et, volontiers,  bannir toute surprise, exister en un songe béat, en un pays plat, morne, sage, sans aucune aspérité.

On en connaît, pas vrai ?, de ces chroniqueurs braillards, (télé, radio, presse) reporters froussards, jeunes pépères trouillards, critiques chroniques qui rêvent de perfection « ici et maintenant ». Petits fascistes idéalistes, tranquilles fanatiques d’une sagesse improbable, intolérants et perfectionnistes. Braillards à plume et à micro ou caméra, démagogues assoiffés de mondes imaginaires, abonnés compulsifs aux arguments populistes, amateurs de désespoirs. Experts en descriptions des MOINDRES noirceurs, ils rédigent sans cesse leurs ÉTERNELLES lamentations. Des complaintes sous forme de râles interminables, article après article, ils se font (presse, radio, télé) les chantres masochistes des petits, moyens et grands malheurs quotidiens : trop de neige dans nos rues, trop de malades en hôpitaux, pas assez de garderies ! Ils veulent vivre en Orthodoxie. Là où rien, pas un pli, ne dépasse. Trop-et-pas assez est leur motto… ad vitam eternam !

Cette peur du « mal peigné », ce goût macabre, féroce  désir de tout réglementer, cette crainte de la liberté, conduit toujours -tard ou tôt- en contrée nazifiante.

On finit par tuer le métèque, le juif, l’homo, le gitan, le bohème, l’émigrant. L’artiste…le pas correct, l’audacieux, le « pas comme les autres ». C’est un Hitler ou un Staline qui grimperont sur les épaules des petits bourgeois tranquilles qui rêvent de confort, de paix artificielle, de vie quotidienne « très bien organisée ».

C’est le bel avenir sinistre du bunker-ghetto, là où on installe partout des caméras, où on pose de solides clôtures grillagées, avec des gardiens en guérites et des cartes à puces pour enter au paradis-de-l’ennui-bourgeois. C’est commencé; en 2009, ça n’est plus de la science-fiction ni de l’anticipation, vous le savez bien.  

4 réponses sur “VIVRE EN LIBERTÉ”

  1. Salut Claude,

    le mal dont tu parles en est le mal du siècle, que dis-je, le mal de toujours et c’est celui du manque d’amour de ses semblables. Incapable de s’aimer et d’aimer.
    Et quand on utilise des termes comme ceux-là : amour,compassion,altruisme,penser aux autres et aider les autres on passe pour des  » tapettes, des terroristes et des bohèmes de bons à rien ». Quel paradoxe ! Et, si nous allons plus loin dans notre façon d’exprimer notre Amour et notre tolérance envers les autres en revenant aux valeurs qu’une certaine élite a voulu nous enseigner , lorsque nous étions plus jeune ,mais que nous ne comprenions pas
    ( j’ai 62 ans ) nous sommes , encore une fois mandés de nous fermer le clapet.
    Nous passons pour des illuminés.

    Je m’ouvre aujourd’hui et je le dis Aimons nous les uns les autres.

    Je revois à toutes les après-midi  » La Petite Patrie;  » en  » 74 » ça m’a fait  » flippé »
    (dans le bon sens) et là je sublime.

    Merci Claude de nous avoir pondu ça ….elles sont là toutes les belles valeurs.

    Bonne journée dans la paix et la Lumière .

    Pierre Dulude
    de
    Laval

  2. C’est où le pays «orthodoxie»… Je veux aller y vivre ! Comme ça doit être merveilleux de vivre dans un endroit sans squigee, sans robineux, sans fêtards, sans prostitués, mâles ou femelles, sans gang de rue.
    Nous, les vieux, on serait donc bien ! on vivrait en paix, sans danger, sans crainte de se faire violenter, de se faire voler ses affaires.
    Existe-t-il un village au Québec qui ressemble à votre Eden ?

  3. M. Jasmin,

    Benjamin Franklin l’a bien dit aussi, il y a maintenant plus de deux centenaires: « They that can give up essential liberty to obtain a little temporary safety deserve neither liberty nor safety. »

    Traduit: « Ceux qui peuvent céder liberté essentielle pour obtenir un peu de sécurité , soit-elle temporaire, ne méritent ni liberté, ni sécurité. »

  4. Il est maintenant socialement souhaitable de réclamer à grands cris un nouveau règlement. Malheureusement comment s’y opposer. On se fait automatiquement taxé de rétrograde et même d’anarchiste. Pendant ce temps, nos vies sont contrôlées par une société maternante où nos enfants n’ont plus le droit de courir, rouler, grimper librement. Comme homme adulte, on doit refouler notre besoin de liberté. Même nos chats et nos chiens doivent être attachés en quasi permanence. Laisson un peu liberté à ceux qui en veulent et laissons le droit à ceux qui veulent s’emprisonner de le faire!

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