DANS LES PHARMACIES…(air de Trenet)

Jeune, je rigolais de voir ces « vieux » qui traînaient des photos de leurs petits enfants. Leurs « chéris-chéris » enveloppés dans le plastique de leur portefeuille. Je regardais rapidement les binettes et complimentaient par politesse. Par devers moi : « Non mais quels sentimentaux, mes « vieux » camarades radiocanadiens! » Eh oui, plus tard, ce sera mon tour. Je me surprenais, à 60 ans, de montrer à tous les binettes de mes cinq petits trésors chéris ! Leçon de vie.

Autre leçon me revenant en boomerang ? Ces « vieux » encore et leurs descriptions de maladies, leurs précieux remèdes, ces petits bocaux remplis de pilules ! Quels emmerdements ces bavardages descriptifs des malaises divers. Quelle complaisance envers les pharmacies, leurs havres de bonheur… à les entendre glousser de bien-être à ces comptoirs bénis ! Je ricanais. Un jour, encore mon tour : mes « blanches », Lipitor, pour le méchant cholestérol, et mes petites « jaunes », Pantoloc, pour les reflux gastriques. Bien puni, m’sieur le ricaneur d’antan. Sans parler de ces gouttes pour contrer la menace de glaucome en des yeux qui faiblissent.

Dans les familles pauvres comme la mienne l’était, le pharmacien était « le docteur ». Ma mère courait des diagnostics rapides. Et bien fréquents ! Onguents, huiles, sirop, et autres « élixirs ». Dans la file de notre École Hôtelière, on s’amusait à nommer les vieux remèdes de jadis. On a ri. Du liniment Ménard au Sirop Lambert, du Castoria à l’huile de ricin maudite ! C’était moins cher que la visite au médecin. On trouvait un apothicaire (pas de femmes en ce temps-là) à chaque coin de rue dans Montréal. Et Charles Trenet n’en revint pas d’y trouver…de tout.

Mon paternel, à chaque mi-décembre, y trouvait des sirops, et, avec de l’alcool pur, il se montait un bar étonnant pour le temps des Fêtes. Il était fier d’offrir un choix fort varié  d’apéritifs et de digestifs, « home made ». Il fallait le voir calculer ses doses avec des sirops verts, jaunes, bleus, rouges et, à force d’y goûter pour un résultat valable… mon pieux papa devenait complètement « paf ». Il allait se coucher en titubant et en déparlant et ma mère allait le remplacer à sa gargote du sous-sol dans La petite patrie !

Je me souviens encore du pharmacien-peintre Armand  Besner, coin Jean-Talon. Cet apothicaire était davantage passionné par la peinture. Sa pharmacie changée en galerie d’art exposait ses « huiles » et celles de son groupe de «  La monté-St-Léonard ». Comme je me souviens du pharmacien Filion, coin Saint-Denis et Faillon où j’allais me procurer une puante graisse « miraculeuse » pour la gorge malade de ma grande soeur Marcelle, pour, surtout, espérer croiser sa jolie fille dont j’étais amoureux fou à 13 ans !

Les temps changent, à ma pharmacie, celle de notre clinique, que des… pharmaciennes ! Enjouées et sarcastiques quand je veux les taquiner. L’autre jour, une en sarrau immaculée se questionne, voyant une posologie augmentée ( ces gouttes au coucher): « Hum, dit-elle, c’est plus fort maintenant ? » Moi : « Oui et, effet secondaire pervers, mon visage se couvre de poils, je deviens un loup garou,un wherewolf ! » On rigole, j’offre de faire entendre les hurlements qui sourdent de moi à chaque mnise-au-lit ! On a ri.

De tout M. Trenet ? Oui. Des lunettes de plongée et un de mes romans (!) chez Uniprix. Chez Brunet, des piles à prothèses pour mes faibles oreilles mais nulle pharmacie, Charles,  pour « l’œil de vitre » du chat blanc-sale-mal pelé, « Jambe de bois », le copain du tigré « Valdombre » qui est   revenu roder après une longue absence !

Une réponse sur “DANS LES PHARMACIES…(air de Trenet)”

  1. Je m’en mets des gouttes de Xalatan dans les yeux mais je ne ressens aucun effet….
    Seriez-vous en train de nous monter un autre bateau, monsieur Jasmin à l’imagination trop fertile ?
    Dans mon jeune temps, en entrant dans une pharmacie, on sentait tout de suite cette odeur d’alcool ou d’éther, qui nous indiquait qu’on était bien chez un chimiste, fabricant de potions diverses et miraculeuses.
    Aujourd’hui, ça sent les parfums de femme à plein nez, rien d’autre !

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