DEUX ÉCUREUILS ET TROIS GAMINS !

Ne le répétez à personne, ma femme partie aux courses chèvrefilsiennes, -me voyez-vous ?- je me couche au plancher le long des portes-patio pour observer un gros écureuil. Très  noir. L’alerte acrobate de jadis (Jambe de bois) a changé d’ère (circassiennne). On le voyait plus. Nos suisses agités ? Pareil. Donc, il y a ce couple -père et mère sans doute- deux noirauds, grasses mais vives machines et, c’est comique à voir, totalement indifférents aux nombreux petits oiseaux qui tournoient autour d’eux !

Quand ces bestioles ailées se cherchent des graines tombées de nos deux « magasins » suspendus, quand ils se touchent quasiment, nulle agressivité, pas de chasse, aucun inconvénient. J’ai même vu le père-noiraud se tasser devant deux légères parulines ! Quel mystère et quel naturaliste patenté m’expliquera cet étonnant phénomène ?

Donc ce matin-là, voyant Gras-Noir picosser le long des portes, je me couche pour mieux l’observer. La bête se fige en découvrant ma ronde boule de billard à sa proximité. Elle me fixe et je la fixe. Face à face durable. Ça n’est pas ma première expérience. Ce regard des bêtes ! Si étonnant, comme humain ma foi du bon yeu ! J’en ai une sorte d’émotion, choc de deux natures si éloignées et portant proches parents par l’échange -justement- des regards.

« Les yeux sont le  miroir de l’âme », nous disait-on naguère, enfants aux petites écoles. Vérité, ma foi ! J’ai vécu cela, ce choc avec un quasi-malaise, pour des chiens. Des chats aussi, parfois face à un cheval ou une vache, souvent, pour des singes dans des films montrés à la télé. Oui, une parenté. Plus  insistante, troublante même avec les singes, ça c’est certain, monsieur Darwin sieur De L’Évolution.

Alors, oui, le regard de cet écureuil. Rien pour l’effrayer. Il me dévisage les pattes en l’air comme si on se connaissait quoi. L’expression, comme si on avait gardé les cochons ensemble ! Soudain un Geai bleu surgit et va s’accrocher au rebord de la mangeoire principale dans des images d’ailes énervées. Cela suffit pour que mon écureuil de charbon me délaisse et, peureux ?,  change de posture.

Bon, suffit, je me relève, je vaque à mes travaux du jour. Me reste, comme collé au cerveau, le noir regard du noir rongeur. Bizarre, j’y voyais une trace de…De quo ? De solidarité, oui, de fraternité même. Que c’est regrettable tout ce monde des animaux incapables de communiquer vraiment avec nous tous. Nous verriez-vous?, matins ou soirs, parcourant praires, vallons ou collines et devisant joyeusement avec ces compagnons de vie ? Quels propos échanger avec le monde animal. Hum, on imagine une participation minimum sans aucune complexité, nous causerons comme avec d’éternels poupons, de sempiternels bambins.

Vaisselle rincée et rangée, je retourne aux portes de la galerie, qui je vois ? Lui, Noiraud, le museau dans la vitre. Il m’aperçoit et, aussitôt, se dresse sur ses pattes arrière, alors,  je ramasse un croûton et j’ouvre doucement. Aucune peur, encore les yeux dans les yeux. Mais quand je lui lance le pain, froutch ! Le maudit Geai bleu a foncé, l’enfourche à son bec et repart aussitôt dans son beau fracas bleu et blanc. L’écureuil me jette un coup d’oeil -courroucé, je jurerais- j’y vois de la déception mais, hélas, je n’ai plus de pain.

La belle vie même en froid février ? Oh oui, ce soir-là, à ARTV, ma joie quand défilent les images d’une nature primitive, africaine. Un documentaire sur lions, éléphants, gnous, hyènes. Mes émissions préférés ? Oui, si j’excepte « Les Parent »avec ces trois gamins au naturel absolument renversant.

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2 réponses sur “DEUX ÉCUREUILS ET TROIS GAMINS !”

  1. Ce contact «personnel» avec un animal, moi, ça me donne des frissons. Je sens alors que l’animal prend vraiment conscience de ma présence et qu’il me jauge, me juge même, comme interlocuteur…
    Attirer l’attention d’un écureuil noir, c’est pas facile, même avce un crouton de pain !
    Le monde animal me sert de guide spirituel ces temps-ci ! Ça vaut bien des humains…

  2. Les animaux, anges sur Gaïa, sont une source de bonheur pour tous les humains qui les observent et qui ont la chance de les coyoyer dans leur environnement. Leur présence est souvent préférable à celle des autres humains. J’aimerais juste pour un instant, voir le monde avec leurs yeux.

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